AccueilExil du sens - Sens de l'exil

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Publié le jeudi 04 mars 2004 par Natalie Petiteau

Résumé

Annonce

EQUIPE DE RECHERCHE

Voi(es)x de l’Exil et des Migrations

de l'Université de Caen Basse-Normandie

COLLOQUE INTERNATIONAL

EXIL DU SENS – SENS DE L’EXIL Maison de la Recherche en Sciences HumainesUniversité de Caen (23-25 septembre 2004)

L’idée de ce colloque se fonde sur la diversité des champs sémantiques et culturels couverts par les deux vocables choisis comme supports de la réflexion.

On admettra, pour faciliter les premiers essais d’orientation au sein de ce paysage paradoxal, que le premier terme « exil du sens » fournira essentiellement matière à réflexion aux littéraires, philosophes et éventuellement philologues, puisqu’il s’agit d’analyser tout texte dans lequel le mot et son sens ne seraient pas dans leur rapport d’adéquation habituel – sinon naturel. Les mutations du sens d’un mot, à travers les époques et/ou à travers les pays peuvent aboutir à une sorte d’exil du sens originel par rapport à son support ; il arrive aussi qu’au sein d’une autre langue, un même mot, ou tout au moins une même racine, se « réincarne » et prenne alors un sens autre. La littérature et la philosophie, par ailleurs, abondent en textes que l’on qualifie volontiers d’« hermétiques », car ils semblent impénétrables à la logique du sens, à la logique binaire qui veut apparier le mot et le sens en un rapport contraignant et souvent réducteur. Beaucoup d’écrits poétiques, comme par exemple ceux de Paul Celan, se montrent essentiellement rebelles à cet ordre des choses. Dans ce type de processus l’écriture renonce à elle-même, se disloque, exilant le sens par rapport au mot – elle déconstruit la langue, non pas par non-cohérence, mais comme signe tangible de non-conformité. Les grands maîtres auxquels Celan se réfèrent volontiers : Hölderlin, Nietzsche ont fait l’expérience existentielle la plus drastique de cet « exil du sens » ; pendant les longues années de la fin de sa vie, enfermé dans la tour de Tübingen dominant le Rhin, Hölderlin échappait certes à la logique habituelle, il se livra à une écriture sauvage, mais que la beauté habite toujours. Les dernières années de Nietzsche furent elles aussi obscurcies par la folie et la maladie, mais l’écriture continua, et nous livre des textes qui sont comme des lettres d’exil ou des poèmes inachevés. L’exil du sens caractérise donc des pans entiers de l’écriture, ses versants les plus obscurs car, dans la plupart des cas, il s’agit d’un exil sans retour.

On pourrait également considérer le cas où cet exil du sens procède d’un détournement volontaire, donc tendancieux, du sens. On en arrive alors à l’exploration des écrits de propagande, qui pervertissent les mots, et à tous les jeux de mots, qui impliquent une distorsion du sens.

Le second volet de la réflexion, orienté vers le « sens de l’exil », s’inscrit plus directement dans la ligne de recherche poursuivie par notre équipe, et vient en prolongement des colloques précédents. C’est un cadre d’expression idéal pour les civilisationnistes, ethnologues et historiens. On pourra jouer sur l’ambiguïté du mot sens : quelle est la signification de l’exil – et quelle est sa direction ? Les données économiques et géographiques ne peuvent bien sûr être ignorées dans un tel contexte, non plus que les implications politiques. « L’exil a-t-il un sens ? » peut alors vouloir dire : « à quoi bon s’exiler aujourd’hui ? », « quel horizon peut désirer celui qui s’exile aujourd’hui ? » ou même être l’occasion d’analyser la souffrance de l’ « exil intérieur » que connaissent maints artistes et intellectuels au sein de leur propre monde.

Dans les deux volets de cette exploration multidisciplinaire il conviendra de considérer les interférences entre le fait « exil » et le concept « sens », les deux étant porteurs d’une dynamique, pouvant procéder d’une volonté ou au contraire d’une nécessité, et nous amenant à nous poser la question fondamentale : le sens, qui est la vie de l’esprit peut-il être insufflé par l’homme à la « matière humaine » de son existence – de ses errances, de ses exils et de ses migrations ? Ou bien faut-il au contraire renoncer à trouver le sens - et admettre alors que seule l’œuvre d’art permet à la matière et à l’esprit de se conjuguer ?

Le colloque se tiendra à la Maison de la Recherche en Sciences Humaines de Caen

Responsables scientifiques :

Fawzi BOUBIA (boubia@mrsh.unicaen.fr)

Anne-Marie GRESSER (am.gresser@wanadoo.fr)

Catégories

Lieux

  • Caen, France

Dates

  • jeudi 23 septembre 2004

Contacts

  • Fawsi BOUBIA
    courriel : boubia [at] mrsh [dot] unicaen [dot] fr
  • Anne-Marie GRESSER
    courriel : am [dot] gresser [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Fawsi BOUBIA
    courriel : boubia [at] mrsh [dot] unicaen [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Exil du sens - Sens de l'exil », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 04 mars 2004, http://calenda.org/188875