AccueilLes arts du feu en Normandie

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Publié le vendredi 12 mars 2004 par Natalie Petiteau

Résumé

XXXIXe congrès des sociétés historiques et archéologiques de Normandie organisé par la Fédération des sociétés historiques et archéologiques de Normandie, avec le concours de la ville d’Eu, de l’association des amis du vieil Eu et de l’association des amis du musée Louis-Philippe.

Annonce

XXXIXe congrès des sociétés historiques et archéologiques de Normandie
organisé par la Fédération des sociétés historiques et archéologiques de Normandie, avec le concours de la ville d’Eu, de l’association des amis du vieil Eu et de l’association des amis du musée Louis-Philippe.

Pour tout renseignement sur l’organisation du congrès, s’adresser aux :
Archives départementales de la Manche (BP 540 - 50 010 Saint-Lô Cedex), tél. 02 33 75 10 10

Eu (Seine-maritime)
21-24 octobre 2004

Les arts du feu en Normandie

 

ORIENTATIONS DE RECHERCHE ET BIBLIOGRAPHIE


par Mathieu ARNOUX,
maître de conférences à l’université de Paris VII

Il n’est nul besoin d’insister sur l’importance du secteur artisanal et industriel dans la société normande traditionnelle. Plusieurs colloques récents ont été consacrés à ce thème, en partie ou en totalité. En choisissant les arts du feu comme sujet de son prochain congrès annuel, la Fédération des sociétés historiques et archéologiques de Normandie entend attirer l’attention sur le travail lui-même, sur ses acteurs, artistes et artisans, et sur ses productions. Dans les lignes qui suivent, en essaiera de recenser quelques-unes des perspectives possibles.

1. Définition et inventaires : problèmes, méthodes, acquis


La définition de l’activité et l’inventaire de ses différentes formes seront le premier objectif du congrès. Une première présentation des activités liées à l’usage du feu pourrait se faire par secteur, en insistant sur la diffusion locale de ces activités, son évolution dans le temps, en insistant sur les dynamiques de spécialisation régionale et les phénomènes de complémentarité. Un premier inventaire, non exhaustif, des activités concernées met en évidence les secteurs suivants :
- Métallurgie du fer : on aura soin de distinguer les forges de production (bas et haut-fourneaux), les ateliers de transformations (par exemple les entreprises liées à l’équipement des chevaux), et les forges de services (maréchaux-ferrands, maignens, serruriers).
- Métallurgie des non-ferreux (dinanderie de Villedieu, par exemple).
- Production céramique (on sera attentif à ne pas séparer dans ce premier inventaire les centres de production ruraux, Ger ou le Molay, par exemple, des ateliers urbains, comme ceux de Rouen).
- Verrerie.
- Autres.

La question des méthodes qui permettent de mener une telle enquête appartient évidemment à ce premier thème : on s’interrogera en particulier sur l’intérêt et les limites des recherches d’archives, sur l’apport de l’archéologie industrielle et des inventaires de sites et sur la nécessité d’études conduites à partir des produits.

2. Problèmes d’approvisionnement


La catégorie même des arts du feu comporte dans sa définition l’usage de quantités importantes de combustibles. Dans la période considérée, il s’agit principalement de bois et de charbon de bois, mais on n’aura garde d’oublier le charbon de terre, qu’il soit produit localement (Littry) ou importé des îles britanniques, ou la tourbe. Les ressources locales en combustible et les possibilités d’acheminement constituent bien évidemment une clé de lecture importante de la localisation des ateliers. Le prélèvement sur les massifs forestiers devra être considéré avec attention, en particulier pour comprendre les situations de concurrence qui peuvent s’établir entre différentes activités, ou avec d’autres secteurs économiques (consommation urbaine pour le chauffage ou pour la construction, construction navale).

Les matières premières posent elles aussi de délicats problèmes d’approvisionnement, et éventuellement de concurrence. Beaucoup de progrès ont été accomplis dans la connaissance des verres et des pâtes céramiques. Il sera utile de tirer parti de ces recherches pour comprendre la part que les choix de matières premières ont pu avoir dans l’organisation des centres de production et des ateliers et dans l’évolution des produits. Il sera donc utile de mettre en évidence les sources et flux de matériaux et leurs rapports avec la situation des ateliers : les forges s’établissent à proximité des mines, mais les verreries doivent disposer de fondants et de silices, que fournissent les littoraux et les espaces forestiers.

3. Les hommes du feu


La mise en évidence de leur spécificité est à la base de toute enquête sur les arts du feu. On s’interrogera donc sur leur origine, locale ou étrangère, et sur les réseaux qui donnent leurs formes aux groupes professionnels. Dépassant certaines figures obligées, comme les gentilshommes-verriers, il sera bon d’attirer l’attention sur les marchés de main d’œuvre, parfois très fermés, comme dans le cas de la sidérurgie ou de la verrerie, et sur les filières de formation. Dans le cas normand, une telle réunion permettrait d’en savoir plus sur les métiers, nombreux dans les villes comme à la campagne, et sur leur rôle dans l’apprentissage et le contrôle de l’embauche. À l’intérieur même du groupe, on mettra en lumière les principes de hiérarchie (les groupes de maîtres) et les conflits qui peuvent opposer les différents acteurs, soit en raison de leurs spécialités (concurrence entre activités) soit pour le maintien de positions acquises.

Une approche très « institutionnelle », obligée pour les périodes les plus anciennes risquerait de négliger la personnalité même des artisans du feu. Durant la période révolutionnaire et au XIXe siècle, verriers et ouvriers de forges ont eu un rôle politique actif dans certaines parties de notre province. Il sera bon de mettre en évidence l’évolution sociale du groupe au travers des transformations du monde politique et du bouleversement de l’industrialisation, qui n’a pas fait disparaître, loin de là, ses spécificités et ses traditions.

4. Représentations


L’expression même d’« arts du feu » renvoie à une série de représentations sociales et culturelles de l’activité, conçue comme spectaculaire et parfois périlleuse, donc virtuellement magique. À l’intérieur du groupe, cette originalité fonde des pratiques de dévotion spécifiques, parfois très anciennement attestées. On montrera la manière dont celles-ci s’insèrent dans le contexte religieux local : cultes associés a ces activités, mythologies et hagiographie, pratiques collectives. Liées aux métiers, les confréries, si nombreuses en Normandie, feront l’objet d’une attention particulière.

Une autre piste sera constituée par la représentation littéraire et artistique des professions et des ouvriers. La littérature populaire des XVIIIe et XIXe siècles livre de tels témoignages en quantité. Dans cette perspective, on n’oubliera pas de s’interroger sur les phénomènes de réputation, bonne ou mauvaise, qui peuvent s’attacher à tel ou tel groupe. Ce sera en particulier l’occasion de vérifier s’il existe un lien entre la maîtrise du feu et les pratiques, réelles ou supposées, de sorcellerie.

5. Orientation bibliographique


- La céramique (Ve-XIXe siècles). Fabrication, commercialisation, utilisation, Caen, 1985.
- La Normandie au XVe siècle. Art et histoire, Saint-Lô, 1999.
- ARNOUX (M.), Férons, mineurs et maîtres de forges. Études sur la production, le commerce et le travail du fer en Normandie (XIe-XVe siècles), Paris, CTHS, 1993
- BARRAL I ALTET (X.), éd., Artistes, artisans et production artistique au Moyen Age, 3 vol., Paris, 1986-1989.
- BELHOSTE (J.-F.), LECHERBONNIER (Y.), ARNOUX (M.), et al., La Métallurgie normande (XVe-XVIIe siècles), Paris, 1991 (Cahier de l'Inventaire, 14).
- BENOIT (P.), CAILLEAUX (D.), Hommes et travail du métal dans les villes médiévales, Paris, 1988.
- BOÜARD (M. de) et BERTAUX (J.-J.), L’artisanat en Normandie, Wettolsheim, 1978.
- MOUSNIER (M.) dir., L’artisan au village dans l’Europe médiévale et moderne, Toulouse, 2000 (Flaran, 19).
- PHILIPPE (M.), Naissance de la verrerie moderne (XIIe-XVIe siècles), Turnhout, 1998.
- SAN JUAN (G.) et MANEUVRIER (J.), L’exploitation des roches anciennes dans le Calvados. Histoire et archéologie, Caen, 1999.
- VIDALENC (J.), La petite métallurgie rurale en Haute Normandie sous l'Ancien Régime, Paris, 1946.
- WORONOFF (D.) dir., L’homme et l’industrie en Normandie du Néolithique à nos jours, Alençon, SHAO, 1990.
- WORONOFF (D.), Histoire de l’Industrie en France du XVIe siècle à nos jours, Paris, 1994.

XXXIXe congrès des sociétés historiques et archéologiques de Normandie


PROPOSITION DE COMMUNICATION


A retourner avant le 15 avril 2004 (délai de rigueur)
aux archives départementales de la Manche - BP 540 - 50 010 Saint-Lô cedex

NOM : Prénom :


Adresse :



Société savante ou organisme :


propose de présenter une communication sur le thème suivant :



Cette proposition doit impérativement être accompagnée d’un résumé à faire figurer au verso de cette feuille, avec indication des sources utilisées.
Les propositions de communication seront examinées par le comité scientifique du congrès qui retiendra en priorité les travaux les plus innovants par leur problématique ou leurs sources et ceux qui s’inscrivent le mieux dans le thème tel qu’il est défini par les orientations de recherche indiquées dans la circulaire d’annonce.
La durée des communications ne saurait excéder vingt minutes. Le comité scientifique pourra donc être amené à refuser des propositions dont le sujet, quels qu’en soit l’intérêt ou l’originalité, ne lui semblerait pas pouvoir être présenté dans le temps imparti.
Les auteurs dont la proposition de communication sera retenue s’engagent à la présenter aux jour et heure qui lui seront fixés par l’organisation du congrès. Les auteurs demeurent propriétaires de leur texte, mais ils réservent, à titre gracieux, la priorité de publication aux actes du congrès. Ils remettront aux responsables du congrès le texte rédigé de leur communication (12 pages maximum en corps 10, soit environ 30 000 caractères), si possible sous forme d’une disquette 3,5 " ou par courrier électronique (gilles.desire@cg50.fr), en précisant le type de matériel et le logiciel utilisés. Il sera éventuellement accompagné d’illustrations. Cette remise ne vaudra pas engagement de publication de la part des organisateurs.

N’OUBLIEZ PAS DE REMPLIR LE VERSO
AUTEUR :



TITRE DE LA COMMUNICATION PROPOSEE :




RÉSUMÉ (20 lignes maximum) :



SOURCES UTILISEES :



MATERIEL SOUHAITE :

Projecteur de diapositives (carrousel) oui non
Panier à diapositives (carrousel) oui non
Rétroprojecteur oui non
Chevalet de conférence oui non
Autres (préciser)



Catégories

Lieux

  • Eu, France (76)

Dates

  • jeudi 15 avril 2004

Contacts

  • Gilles DESIRE
    courriel : gilles [dot] desire [at] cg50 [dot] fr

Source de l'information

  • Jean-Paul Hervieu
    courriel : hervieu [dot] jean [at] numericable [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les arts du feu en Normandie », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 12 mars 2004, http://calenda.org/188911