AccueilLa publicisation de la science

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Publié le lundi 22 mars 2004 par Anne Gentil-Beccot

Résumé

L’objectif de ce colloque, mis en œuvre par deux laboratoires et équipes d’accueil en sciences de la communication (Culture et communication à l’université d’Avignon et le Gresec à l’université Stendhal Grenoble3), est de réfléchir sur les raisons, les objectifs et les modalités de la « mise en public » de la science.

Annonce

Présentation


L’objectif de ce colloque, mis en œuvre par deux laboratoires et équipes d’accueil en sciences de la communication (Culture et communication à l’université d’Avignon et le Gresec à l’université Stendhal Grenoble3), est de réfléchir sur les raisons, les objectifs et les modalités de la « mise en public » de la science.

Une tradition ancienne

Avant que ne se mette en place, dans la deuxième moitié du 19ème siècle, la forme dominante et historique de la diffusion publique de la science, qu’est la vulgarisation scientifique, les Lumières à travers l’Encyclopédie, s’étaient données comme objectif de faire reculer l’obscurantisme en rendant la Raison publique. Au cours du 20eme siècle, avec le développement de l’industrialisation et la mécanisation des techniques, ouvrages, expositions universelles, médias ont constitué les supports essentiels de la publicisation de la science. La transformation profonde de la société avec les révolutions scientifiques et techniques dans le domaine de l’énergie, de l’infiniment petit, de la conquête spatiale, de la biologie moléculaire, etc. a vu émerger, il y a près de trente ans, la notion ambiguë de culture scientifique (ensemble de savoirs ou de valeurs? modalités des pratiques ? cadre de décision ?). Cette notion s’est inscrite notamment dans les dispositifs publics à travers la création des centres culturels scientifiques techniques et industriels après 1980.

Une question toujours actuelle


On peut penser que la culture scientifique et technique a ainsi contribué à « préparer les esprits » aux diverses formes d’industrialisation que la France a connues plutôt qu’à favoriser le développement d’une posture réflexive et critique sur la place de la science dans nos sociétés. Et pourtant sur ce dernier point, les attentes sont fortes. Il suffit d’en lister quelques éléments : l’actualité met en évidence des inquiétudes et des interrogations ayant trait au domaine de la bioéthique, des technologies du vivant, de la sécurité alimentaire, de l’énergie, par exemple. Le développement économique local, largement impulsé par les collectivités territoriales, renforce les relations entre les activités scientifiques, les pouvoirs locaux et les entreprises. Le domaine scientifique connaît lui-même des évolutions (l’interdisciplinarité renforcée, l’importance prise par la finalisation des recherches, la question de l’acceptabilité sociale) qui renforce la proximité entre science et société et surtout qui remet en cause la linéarité du modèle : science, technique, industrie. Enfin, est bousculé le présupposé habituel (qui renvoie à la séparation entre savoir savant et savoir profane) qui conduit à penser qu’il faut des connaissances pour intervenir dans un débat. Les formes délibératives, la recherche d’une plus grande transparence dans les décisions, la mise en question des autorités imposées et des partages de rôles, ces évolutions sociales indiquent que la Publicité de la science change. Elles mettent en évidence une des spécificités du domaine : le double jeu qui s’y déroule entre les politiques de communication et les exigences de « discrétion » des organisations.
En même temps que la transformation des domaines de diffusion des acquis scientifiques, de vulgarisation et de mise en culture, la question de leur finalité se pose.

Les thèmes du colloque


Le colloque vise ainsi à prendre en compte ces transformations : elles touchent tant le renouvellement de la diffusion de la science que la mise en oeuvre des formes communicationnelles de celle-ci. Les thèmes suivants pourraient être abordés à partir de trois axes organisant les interventions des chercheurs, tous les terrains sont envisageables : expositions, médias et médias spécialisés, journaux d’entreprises, actions de vulgarisation, manifestations publiques, opérations de communication…

    - La communication scientifique en action
    Dans ce thème, sont traités les sujets suivants : les processus de patrimonialisation industrielle, les spécificités de la communication des organisations publiques ou privées, les nouvelles formes de la vulgarisation.

    - Les modalités du débat sur la science
    Ce thème comprend les sujets suivants : l’utilisation des techniques d’information et de communication dans le partage de l’expertise, la « professionnalisation » des individus et des associations, la caractérisation des formes de débats et la place des médias dans celles-ci.

    - La culture scientifique et technique en question
    Dans ce thème sont abordés les sujets suivants : le rôle des médias dans l’acculturation scientifique, la mise en exposition de la science, les politiques publiques en matière de diffusion de la culture scientifique.

Programme


Le colloque aura lieu les 24, 25 et 26 mars 2004 à l’Institut de la Communication et des Médias, Université Stendhal, (11 avenue du 8 mai 1945, Echirolles, 38130).

Première journée - mercredi 24 mars

9h  : accueil

9h30 : discours d'ouverture

10h - 12h30 : conférence inaugurale de Bernard Schiele, professeur à l'Université du Québec à Montréal

12h30 - 14h : déjeuner

14h - 17h : Atelier n° 1 : La mise en culture de la science
Présidence de séance : Jean Davallon, professeur à l'Uiversité d'Avignon

Véronique Brumm. Le développement de la valorisation du patrimoine verrier et cristallier, un exemple de patrimonialisation industrielle

Gaëlle Crenn. La mise en public de l’environnement et ses limites. Le cas du Biodôme de Montréal

Dominique Dalbin. Un nouvel outil du réseau des Foyers ruraux : l’exposition « Les Leçons de Choses (Vis à Vis ://) »

Maud Gauchet-Lopez et Marie-Sylvie Poli. Musées de sciences et publics : du modèle de la diffusion du savoir au principe d'interaction sociale.

Olivier Baude.     Les corpus oraux entre science et patrimoine. L'expérience de l'observatoire des pratiques linguistiques

Azoulay Gérard.    Culture spécialisée ou culture commune ?

17h30 : apéritif offert par la Ville d'Echirolles.


Deuxième journée - jeudi 25 mars


8h30 : accueil

9h - 12h30 : Atelier n° 2 : La médiatisation des sciences et la vulgarisation scientifique
Présidence de séance : Joëlle Le Marec, maître de conférences (HDR) à l'ENS-LSH Lyon, responsable de l'équipe de recherche « Communication, culture et société »

Matthieu Buchs.    La médiatisation de la science dans la « grande » presse quotidienne française (Le Monde, Le Figaro, Libération)

Dominique Cartellier.     Le livre scientifique de vulgarisation, Etude d’un secteur éditorial

Francis Gast.     Cinéma et recherche : une image de la science

Marc Lalvée.     “ Mondes en collision ” et “ Planète X ” dans la presse de vulgarisation scientifique et la presse de vulgarisation ésotérique : analyse comparative de deux types de communication en action

Yves Ardourel.     L’audiovisuel, modalité ambiguë de la communication scientifique

Philippe Prévost.     La communication agriculturelle : Pour une culture scientifique et technique agricole territorialisée

Guillaume Reuiller.     Initier à la démarche expérimentale pour publiciser la science

12h30 - 14h : déjeuner
 
14h - 17h : Atelier n° 3 : La science en débat
Présidence de séance : Uli Windish, professeur de sociologie à l'université de Genève

Claire Brossaud. Les technologies de l'information et de la communication, objet et outil d'une science en action : l'exemple du site technorisque.org

Guillaume Courot. Communication et risque technologique

Mathieu Jahnich. Pollution de l’air : traitement médiatique et perceptions

Jean-Paul Natali et Olivier Laügt. Circulations et (re)constructions des savoirs : une démarche de recherche.

Cécile Méadel et Madeleine Akrich. Savoirs profances ou patients experts ?


14h - 17 h : Atelier n° 4 : La science en débat
Présidence de séance : Suzanne de Cheveigné, chargée de recherche au CNRS, SHADYC

Emmanuelle Simonian.     De l’acte d’informer au partage d’une expertise. Le rôle et la place de Gène Ethique dans le débat sur la bioéthique
Virginie Tournay.  La mise en politique des savoirs biomédicaux contemporains

Olivia Belin.     Une nouvelle intelligence scientifique comme forme de réponse à la société ?

Philippe Ponet.    La médecine à l'épreuve de la "publicisation". Le cas des "palmarès des hôpitaux"

Julien Leplaideur. Pratiques et représentations de la science au cours d'une interaction partisane. Etude du débat autour des Organismes Génétiquement Modifiés

18h - 20h :
Les usagers de la santé face aux techniques numériques : quels enjeux ?

A l'auditorium du Musée de Grenoble : 5, place de Lavalette - 38010 Grenoble. Prendre le Tram B, arrêt Notre-Dame-Musée.
Table-ronde animée par Laurent Chicoineau, directeur du CCSTI de Grenoble, avec la présence de scientifiques, de sociologues et d'industriels.
L'entrée est libre et gratuite dans la limite des places disponibles

Le domaine de la santé, comme celui de l’éducation ou des entreprises, n’échappe pas à la mise en œuvre de nouvelles techniques et aux innovations qu’elles favorisent. Depuis le traitement informatique des dossiers médicaux jusqu’au geste chirurgical assisté par ordinateur, les nouvelles possibilités techniques tendent à optimiser les conditions d’intervention des médecins et à rendre les patients acteurs de leur santé, tout au long de leur vie. À l’heure où les dépenses de santé représentent 10% du PIB national, est-ce que ces innovations contribuent à une meilleure maîtrise des dépenses et renforcent la qualité des soins ?
Dans ce contexte, quels sont les enjeux pour les usagers en termes d’égalité de l’accès aux soins, de protection de la vie privée, et de gestion de leur patrimoine santé ?

Avec la participation de :
• Jacques Demongeot, Professeur au CHU de Grenoble, directeur du laboratoire
TIM C - IMAG
• Nicolas Dodier, Directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales
• Stéphane Lavallée, Directeur de la société Praxim
• Dominique Carré, Professeur en sciences de la communication à l’Université
Paris-Nord, chercheur au Labsic-MSH Nord
• Débat animé par Laurent Chicoineau, directeur du CCSTI – Grenoble.


Troisième journée : vendredi 26 mars


8h30 : accueil

9h - 11h : Atelier n° 5 : La communication des activités scientifiques
Présidence de séance : Daniel Jacobi, professeur à l'université d'Avignon, responsable du laboratoire « Culture et communication »

Olivier Arifon.    La communication scientifique en contexte interculturel :
un processus sous contrainte

Bernard Delforce. La médiatisation de la science : processus, dynamiques
et enjeux d’une forme spécifique de publicisation

Nathalie Pignard-Cheynel. Les enjeux de la publicisation de la science sur Internet

Olivier Pulvar.    Quelle diffusion publique des Sciences humaines et sociales dans les sociétés créoles ?

Ilya Kiriya. La médiatisation des sujets scientifiques en Russie.
 
11h - 12h : conférence de Jean Caune, professeur à l'Université Stendhal

Lieux

  • Échirolles, France

Dates

  • mercredi 24 mars 2004

Mots-clés

  • publicisation, sciences

Contacts

  • Cécile Poncin
    courriel : cecile [dot] poncin [at] u-grenoble3 [dot] fr

Source de l'information

  • Isabelle Pailliart
    courriel : isabelle [dot] pailliart [at] u-grenoble3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La publicisation de la science », Colloque, Calenda, Publié le lundi 22 mars 2004, http://calenda.org/188937