AccueilLes migrations internationales : connaître et comprendre

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Publié le mardi 30 mars 2004 par Natalie Petiteau

Résumé

L’analyse des migrations internationales est un bon révélateur de la santé des sociétés et de leurs perspectives d’avenir. Entre le refus de la présence de l’autre, le filtrage des entrées, les expulsions massives, l’exploitation de ceux qui viennent ou l’organisation de leur accueil, toutes les solutions sont envisageables et ont été mises en pratique, ici ou ailleurs, elles ne sont jamais neutres. Entre l’organisation des flux de circulation des personnes et les assignations à résidences, les choix sont multiples : ils relèvent de responsabilités collectives rarement assumées.

Annonce



Géoforum
11 et 12 juin 2004 à Poitiers

Les migrations internationales : connaître et comprendre


Accueil de la manifestation :

Université de Poitiers
Département de Géographie
Ville de Poitiers    UMR Migrations Internationales (UMR n°6588), Territorialités et Identités
Équipe Migrinter (Poitiers)


Maison des Sciences de l’Homme et de la Société
99, Av. du Recteur Pineau
F.-86022 Poitiers cedex

Le monde des migrations internationales ?

L’analyse des migrations internationales est un bon révélateur de la santé des sociétés et de leurs perspectives d’avenir. Entre le refus de la présence de l’autre, le filtrage des entrées, les expulsions massives, l’exploitation de ceux qui viennent ou l’organisation de leur accueil, toutes les solutions sont envisageables et ont été mises en pratique, ici ou ailleurs, elles ne sont jamais neutres. Entre l’organisation des flux de circulation des personnes et les assignations à résidences, les choix sont multiples : ils relèvent de responsabilités collectives rarement assumées.

Les nouvelles mobilités internationales concernent la plupart des pays de la planète ; elles sont au cœur des préoccupations des États et des populations et se résument simplement : partir ou rester pour certaines d’entre elles, ouvrir ou fermer les frontières pour d’autres. Mais quelles sont les réalités statistiques et les nouvelles tendances dans l’organisation du monde des migrations internationales ?

Les populations concernées par ces déplacements sont une minorité face à l’immense majorité de la population mondiale qui reste stable. Malgré cette très grande stabilité (97 % de la population mondiale est sédentaire), les migrations internationales sont au cœur de tous les débats et des craintes collectives. Ce Géoforum a pour ambition de faire un bilan de la recherche dans ce domaine.

La réalité migratoire d’aujourd’hui est très éloignée des représentations collectives ou de l’image que d’aucuns souhaitent en donner. À l’image du monde qui nous entoure, les dynamiques migratoires sont diverses, elles ne fonctionnent pas de façon mécanique. D’un point de vue quantitatif le nombre d’immigrés concerne de façon égale les pays du Nord et ceux du Sud, mais cette importance numérique connaît des évolutions rapides tant sur le plan spatial que sociologique. Les pays de départ sont aussi des pays d’arrivée et réciproquement. Émigration et immigration sont des catégories plurielles, changeantes et variables ; elles concernent les pays riches et pauvres, les campagnes mais aussi les villes, des personnes peu qualifiées aux plus instruites. Bien évidemment les différentiels économiques sont de puissants facteurs des circulations internationales, ce qui est vrai pour les marchandises l’est aussi pour les personnes. La mondialisation produit aussi des passe-frontières, légaux et clandestins. Mais elle n’est en aucun cas mécanique et exclusivement un fait économique. Partir ne veut plus dire uniquement quitter son pays d’origine, s’installer dans un nouveau pays n’implique pas forcément l’intégration ou la marginalisation. Le va-et-vient est désormais un élément constitutif de l’espace migratoire. Les flux et les circulations internationales se sont fortement complexifiés.

Face à ces nouvelles donnes économiques, sociales et politiques, ce Géoforum propose de faire le point tout d’abord sur l’état des connaissances dans le champ des migrations internationales. Pays de départ et pays d’arrivée, émigré et immigré, figure de l’étranger sont des notions qui méritent d’être confrontées à la réalité des champs migratoires, de la diversité des formes de dispersion, des migrations forcées et du transnationalisme. Par ailleurs on s’interrogera sur les conséquences pour les circulations des personnes de l’ouverture de l’Union Européenne aux pays de l’Europe médiane dans la mesure où les migrations internationales s’organisent aussi à l’échelle de sous-régions de plus en plus interdépendantes socialement et économiquement. Les migrations internes à cet espace vont-elles se substituer aux migrations internationales des pays tiers et donner lieu à une amplification des circulations ? Face à ce nouveau contexte, que penser des évolutions actuelles sur le droit d’asile ?

Ce Géoforum s’intéresse aux migrants acteurs de processus complexes, éléments constitutifs de la diversité et de l’altérité.
 Programme

Ce Géoforum de 2004 se déroulera sur deux journées. Il propose:

Quatre tables-rondes :
* États des connaissances sur les migrations internationales
* Migration internationale et construction européenne
* Lectures croisées et approches disciplinaires des migrations internationales
* Société et migration

Six ateliers de réflexion :
* L’enseignement des migrations internationales dans le secondaire
* Élargissement de l’Europe et mutations migratoires
* Les circulations Afrique - Union Européenne
* Stocks, flux et représentations cartographiques
* Les enfants issus de l’immigration
* Migrations et Développement : faux-semblants et vrais enjeux

Des témoignages, films et expositions :
* Les enfants de la guerre d’Algérie
* Animateurs de projets de développement (Maliens et Marocains de France)
* Associations de migrants
* ONG
* Projections de films et expositions


Il est possible de soumettre au Comité d’organisation des interventions et des témoignages sous diverses formes : communications, films, diaporamas, expositions, stands…


Vous pouvez nous écrire :

Comité d’organisation Géoforum : Migrations internationales ; connaître et comprendre
Patrick Gonin
MSHS 99, Av du Recteur Pineau
F.-86022 Poitiers Cedex

Téléphone :05 49 45 46 52
Secrétariat : 05 49 45 46 60
Télécopie : 05 49 45 46 45

Courriel : Patrick.Gonin@univ-poitiers.fr


Comité d’organisation :
Madeleine Brocard (Professeur des Universités)
Kamel Doraï (Chargé de Recherche, CNRS)
Patrick Gonin (Professeur des Universités)
Véronique Lassailly-Jacob (Professeur des Universités)
Naïk Miret (Maître de Conférences)
Philippe Venier (Professeur)


* Atelier n°1 : Stocks, flux et représentations cartographiques

La carte, le dessin qui tentent de recomposer les réalités des migrations internationales, visent généralement à mettre en valeur des parcours, des flux, des étapes mi-gratoires mais aussi des mutations territoriales, la redistri-bution spatiale des populations liées à ces mobilités. Comme pour la production des statistiques, il est donc important de s’interroger sur la création de ces illustra-tions (utilisation et sens des couleurs, des signes conven-tionnels…). Ces traits caractéristiques représentant des portions d’espace, des populations migrantes sont-ils simplement des miroirs fidèles à une réalité, ou partici-pent-ils de sa reconstruction, comme autant de miroirs échouant dans le rendu d’une réalité devenue trop com-plexe ? Sur le papier, de quelle manière pouvons-nous retranscrire au mieux les flux migratoires dans une pers-pective dynamique ? N’y a-t-il pas une contradiction entre le trait qui fige et ce qu’il est censé représenter, le mou-vement ?
Atelier animé par O. Clochard et F. Boyer et F. Dureau

* Atelier n°2 : Les enfants issus de l’immigration

Enfants immigrés et générations suivantes sont des popu-lations que l’on dissocie rarement, malgré leur extrême diversité socioculturelle. Ces enfants sont l’enjeu de l’ascension sociale des migrants, des formes des relations interethniques dans nos sociétés mais aussi de crispations identitaires et de reproductions d’inégalités sociales. Dans le système scolaire, ces populations sont souvent appré-hendées comme “supports“ des initiatives de compréhen-sion des questions migratoires aussi bien que de transmis-sion des valeurs de respect de l’altérité. L’école assume son rôle dans les modalités d’insertion sociale de ces enfants. Cet atelier sera l’occasion de présenter les re-cherches sur ces populations en France, mais aussi de confronter les résultats et évaluations de diverses expé-riences pédagogiques dans les écoles et lycées. Nous souhaitons pouvoir entendre à la fois des synthèses de chercheurs et des témoignages sur l’expression de ces enjeux dans le système scolaire ; l’objectif est de débattre de la manière dont les projets pédagogiques articulés autour des migrations et des relations interethniques peu-vent s’enrichir de cette réflexion.
Atelier animé par Naik Miret et Catherine Barthon

* Atelier n°3 : Migrations et développement : faux-semblants et vrais enjeux

La relation entre migration et développement est déclinée sous deux perspectives. La migration est-elle un facteur ou un frein au développement ? Inversement, le dévelop-pement est-il un facteur ou un frein de la migration ? Pour certains, les transferts migratoires compenseraient le dé-séquilibre des échanges commerciaux Nord/Sud. Pour d’autres, l’émigration tendrait à diffuser des pratiques consuméristes improductives qui renforceraient au contraire la dépendance des pays du Sud. Enfin, certains font re-marquer que l’apport migratoire en matière de dévelop-pement profite surtout aux Etats d’immigration qui béné-ficient d’une main-d’œuvre peu onéreuse génératrice de plus-value. La seconde approche du couple migra-tion/développement a récemment été réactualisée en France par la politique de codéveloppement. Celle-ci s’appuie sur l’idée que le développement des régions d’origine est un moyen de tarir la pression migratoire. Cette politique a été vivement critiquée. De leur côté, les migrants porteurs de projets inventent, en silence, une nouvelle forme de citoyenneté entre ici et là-bas. Pour y voir plus clair, ne faut-il pas aussi leur donner la parole ?
Atelier animé par Thomas Lacroix et Patrick Gonin   

* Atelier n°4 : L’enseignement des migrations internationales dans le secondaire

Cet atelier se propose d’analyser le traitement du thème des migrations internationales dans les programmes de géographie du secondaire à travers le contenu des manuels scolaires. Deux approches seront ici privilégiées. La première interrogera les modalités de retranscription dans l’enseignement des différentes étapes de la politique d’immigration française depuis une quarantaine d'années. Quelles relations peut-on noter entre l’évolution de cette politique et celle fournie dans les programmes ? Sous quels angles et dans quelles thématiques (démographie, géographie économique, etc.) étaient évoquées les migrations internationales au cours des décennies passées ? La seconde se concentrera sur une analyse des programmes actuels qui placent dorénavant le thème des migrations internationales dans un chapitre spécifique (la mobilité des hommes en France et en Europe). Quelles sont les concepts opératoires et les principales problématiques qui ressortent dans les manuels ?
Atelier animé par : Philippe Venier et Antoine Dumont

*Atelier n°5 : Élargissement de l’Europe et mutations migratoires

L’Europe communautaire en cours d’élargissement connaît des changements accélérés en matière de mouvements migratoires. Tout en demeurant zones de départ pour nombre de leurs ressortissants, les Etats qui entreront dans l’U.E. au printemps 2004 et les Etats candidats (Bulgarie, Roumanie, Turquie) sont aujourd’hui espaces de transit et deviennent peu à peu aussi des destinations prisées. La transformation de pays de départ en pays d’arrivée a déjà été observée pour les pays d’émigration du pourtour méditerranéen (Espagne, Grèce, Italie, Portugal). Cette évolution sera au cœur de la réflexion : l’entrée dans l’Union Européenne génère-t-elle des configurations migratoires similaires ? Comment et pourquoi ? Dans ce contexte, on assiste à un déplacement “vers l’Est“ de problématiques migratoires déjà connues des pays membres de l’Union : quelles sont les modalités sociales et spatiales de ce transfert ? Quelles sont les réponses politiques et institutionnelles mises en place, tant au niveau des pays concernés qu’au niveau des institutions européennes ?
Atelier animé par :  Bénédicte Michalon et G. Lepesant


* Atelier n°6 : Les circulations Afrique - Union Européenne

Les migrations entre l’Afrique et l’Union Européenne sont la plupart du temps appréhendées de façon unilatérale, les deux pieds au nord de la Méditerranée.
L’espace d’arrivée, où sont exposés les « problèmes » de l’immigration, occulte dans les débats l’espace de départ. Pourtant celui-ci est loin d’être absent dans les pratiques et les représentations des migrants africains qui, depuis 50 ans, ont changé de stature.
Derrière la figure double de l’immigré/émigré, se trouve aujourd’hui des hommes et des femmes devenus des circulants, des transmigrants entre espace d’origine et espace d’arrivée.
Les conséquences de ces nouvelles formes de circulation se développent donc sur les deux espaces, au Nord et au Sud, et posent la question de l’angle d’approche des études sur les phénomènes migratoires.
La proposition de penser en termes de va-et-vient, d’articulation peut permettre de reconsidérer la place de ces personnes aussi bien dans leur pays d’origine que dans le pays d’accueil, au-delà des « assignations spatiales »….
Atelier animé par Stéphanie Lima et Patrick Gonin



Catégories

Lieux

  • Poitiers, France

Dates

  • vendredi 11 juin 2004

Contacts

  • Patrick Gonin
    courriel : Patrick [dot] Gonin [at] univ-poitiers [dot] fr

Source de l'information

  • Département de géographie de Poitiers
    courriel : dpt [dot] geo [dot] sha [at] univ-poitiers [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les migrations internationales : connaître et comprendre », Colloque, Calenda, Publié le mardi 30 mars 2004, http://calenda.org/188960