AccueilEngagement social et cycle de vie

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Publié le mercredi 07 avril 2004 par Natalie Petiteau

Résumé

Dans le cadre du XVIIe Congrès de Sociologie de l’AISLF qui se tiendra à Tours du 5 au 9 juillet 2004, les Sociologues tourangeaux proposent un appel à communication sur le thème « Engagement social et cycle de vie ». La table ronde permettra d’alimenter la réflexion sur l’engagement social au cours du cycle de vie. Les communications attendues devront permettre de repérer des acteurs, de dégager les logiques, les formes et les lieux de l’engagement. Elles diront si les actions repérées suppléent le désengagement de l’Etat ou vont au-delà, en renforçant les solidarités collectives, et notamment en favorisant le développement de certains territoires (quartier, rural isolé,…). Les travaux présentés pourront s’inscrire dans une perspective synchronique (le cycle de vie observé à un moment spécifique) ou diachronique (perspective temporelle pour rendre compte des trajectoires ou de certaines cohortes).

Annonce

Table ronde « Engagement social et cycle de vie »

http://www.univ-tours.fr/infos/socio1.pdf

Université François Rabelais

UMR 6173 - Cité, Territoire, Environnement et Société (CITERES)

AXE Temporalités Sociabilités et Socialisation

L’allongement de la durée de vie, l’évolution des frontières de l’activité, l’extension du temps de formation, l’accroissement de l’instabilité professionnelle (…) modifient le cycle de vie. Les temporalités se transformant, on assiste à une redéfinition des significations que les individus donnent aux périodes de leur vie et à un enchevêtrement entre temps du travail, temps hors-travail, temps de la formation, temps de l’épanouissement personnel. Globalement le temps « libre » augmente mais ce temps n’est pas seulement celui des loisirs à consommer.

Un des enjeux d’une société dans laquelle augmente la longévité et diminue le temps de l’activité rémunérée est la prise en compte de la relation entre ces temps redonnés aux individus et les projets de société. La réflexion sur l’appropriation du temps libre s’impose à un niveau individuel et collectif. Le rôle intégrateur du travail a suffisamment montré ses limites pour que l’on regarde si les usages sociaux du temps hors-travail laissent entrevoir de nouvelles formes de socialisation, facilitent de nouvelles inscriptions dans des territoires locaux et politiques.

Le désengagement des pouvoirs publics de certaines missions donne une autre raison de s’intéresser au temps que s’approprient les individus, car le repli de l’Etat-providence laisse place à des actions reposant sur le bénévolat : associations d’aide aux handicapés, soutien scolaire, prise en charge de la dépendance, associations humanitaires, Restos du cœur… Ces organisations requièrent des formes d’engagement propices à la constitution de nouvelles relations qui participent à la cohésion sociale.

Ainsi l’action collective se recompose par le biais de nouvelles formes d’implication sociale, laissant plus de place à l’autonomie des personnes. En France, la vitalité du tissu associatif au sein duquel se mêlent logiques individuelles et collectives en est un bon exemple.

L’exemple des jeunes retraités est intéressant à prendre en compte dans cette réflexion sur les temporalités et l’implication sociale. Souvent désignés sous l’appellation de « seniors » pour les distinguer de leurs congénères plus âgés de moins bonne santé, les jeunes inactifs (retraités, préretraités et chômeurs âgés dispensés de recherche d’emploi) peuvent mettre une partie de leur temps libre au service des autres et pas uniquement à celui de leur bien-être personnel. « Le schéma social selon lequel la cessation d'activité professionnelle ouvrirait une période d'inactivité est aujourd'hui largement dépassé » écrivait en mai 2001 le C.E.S. dans un rapport sur « Les personnes âgées dans la société ». Malgré son absence dans les débats sur la réforme des retraites, l’objectif d’une retraite « citoyenne » et « solidaire » est bien l’un des défis de société du 21ème siècle : penser les retraités comme des acteurs potentiels du développement social et local est une idée plus stimulante que celle qui consiste à les concevoir comme des « surcoûts » pour la société ou de simples consommateurs. Les représentations sociales entourant le concept de « senior » se rapprochent de cet objectif. On dessine les seniors comme actifs et impliqués socialement. Qu’en est-il effectivement ?

Ces préoccupations d’engagement se retrouvent dans le cas d’une autre population étudiée : les « néo-ruraux » des Cévennes. Nous entendons ici par « néo-ruraux » des personnes qui ont choisi de s’installer dans ce que l’INSEE appelle le rural isolé, rompant généralement avec leur mode de vie antérieur, et porteuses d’un projet d’activité professionnelle et locale. Leur insertion géographique qui, pour les premiers arrivants des années 1970, remonte à plus de trente ans, passe par une affirmation à rester maître de leur propre destinée et par une implication sociale importante, notamment au sein d’associations qui situent leur action au niveau local, national, voire mondial. A vocation culturelle, économique, politique ou scientifique, le riche tissu associatif qui s’est développé dans certaines régions des Cévennes implique une grande majorité de « néo-ruraux ». Ce réseau contribue-t-il à l’expression de certaines valeurs et actions ? Quelles formes de sociabilité y rencontre-t-on ? Cette implication sociale est-elle analogue selon les générations et les phases d’installation en Cévennes ?

Dans les deux exemples, s’intéresser à l’engagement social de ces populations passe par un travail qui ne peut ignorer leur inscription dans le temps et dans l’espace. Quel arbitrage entre temps de la production et temps de l’implication sociale chez les Cévenols ? Quel processus conduit de jeunes retraités à opter pour des actions orientées vers autrui plutôt que pour des activités tournées vers l’épanouissement personnel ? Quels liens entre les modalités de l’engagement social des seniors et leur histoire professionnelle antérieure ? Dans les deux cas, compte tenu de l’inscription territoriale de ces populations, quelles sont les retombées locales de leur implication sociale ? En outre, les collectivités territoriales encouragent-elles certaines initiatives « localisées » ?

Pour mieux cerner et comprendre ces mouvements de mobilisation, il convient de questionner à la fois les publics concernés et la trajectoire sociale et individuelle des acteurs, au regard des activités professionnelles actuelles ou antérieures, de la structure familiale, du genre, des activités militantes…

Propositions de communication

Dans le cadre de la problématique exposée ci-dessus, de nombreux exemples sont susceptibles d’alimenter la réflexion sur l’engagement social au cours du cycle de vie. Ils pourront s’inscrire dans une perspective synchronique (le cycle de vie observé à un moment spécifique) ou diachronique (perspective temporelle pour rendre compte des trajectoires ou de certaines cohortes).

Les recherches peuvent identifier d’autres acteurs (populations actives, personnes d’origine étrangère, jeunes en formation,…) et d’autres publics cibles (personnes âgées dépendantes, populations scolaires, demandeurs d’emplois, jeunes en cours d’insertion professionnelle,…). Les communications attendues devront permettre de dégager les logiques, les formes et les lieux de l’engagement. Elles diront si les actions repérées suppléent le désengagement de l’Etat ou vont au-delà, en renforçant les solidarités collectives, et notamment en favorisant le développement de certains territoires (quartier, rural isolé,…).

Les propositions seront reçues jusqu’au 5 mai 2004. Elles doivent présenter en une ou deux pages (3000 à 5000 caractères) la problématique, les populations concernées, la méthodologie (…) et l’identité du chercheur (organisme de rattachement…). Les jeunes thésards sont encouragés à proposer leur communication. Elles feront l’objet d’une attention particulière.

Les propositions doivent être adressées par fichier électronique ou courrier postal à :

Par courriel (fichier attaché au format RTF) :

Nathalie Bonini :

nathalie.bonini@univ-tours.fr

Laurent Nowik :

laurent.nowik@univ-tours.fr

N.B. : N. Bonini et L. Nowik sont membres du Comité local d’organisation du congrès

Par courrier postal :

Université François Rabelais

Département de Sociologie

A l’attention de N. Bonini et L. Nowik

3, rue des Tanneurs

37000 TOURS

Calendrier

Clôture des dépôts de proposition de communication : 5 mai 2004

Sélection des propositions : 15 mai 2004

Envoi des communications écrites : 20 juin 2004.

Organisation de la table ronde

La séance sera organisée le 9 juillet 2004 à partir des présentations orales des chercheurs qui s’exprimeront brièvement (15 minutes maximum). Suivra un débat intégrant des membres sollicités de l’AISLF.

Catégories

Lieux

  • Tours, France

Dates

  • mercredi 05 mai 2004

Contacts

  • NOWIK Laurent
    courriel : nowik [at] univ-tours [dot] fr

Source de l'information

  • Laurent NOWIK & Nathalie BONINI ~
    courriel : nowik [at] univ-tours [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Engagement social et cycle de vie », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 07 avril 2004, http://calenda.org/188990