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Les recherches sur les homosexualités

Appel à communications

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Publié le mercredi 07 avril 2004 par Natalie Petiteau

Résumé

Annonce

Journées d’études interdisciplinaires

« Les recherches sur les homosexualités »

Mardi 19 et mercredi 20 octobre 2004

Organisation :

Journées organisées par le CADIS-EHESS (Centre d’Analyse et d’Intervention Sociologiques-École des Hautes Études en Sciences Sociales). Les journées se tiendront à l’EHESS, salle Maurice et Denys Lombard (96 boulevard Raspail 75006 Paris), les 19 et 20 octobre 2004.

Responsables scientifiques :

Françoise Gaspard (CADIS-EHESS) et Bruno Perreau (Sciences-Po-Université Paris I)

Comité scientifique :

Nicole-Claude Mathieu (EHESS-LAS), Francine Muel-Dreyfus (EHESS-CSE), Rémi Lenoir (EHESS-CSE), Marie-Elizabeth Handman (EHESS-LAS), Cyril Lemieux (EHESS-SHADYC), Rose-Marie Lagrave (EHESS-CEMS), Farhad Khosrokhavar (EHESS-CADIS), Daniel Borrillo (Univ. Paris X-CERSA), Éric Fassin (ENS), Janine Mossuz-Lavau (Sciences-Po-CEVIPOF), Michel Tort (Univ. Paris VII), Christine Bard (Univ. Angers-IUF).

Envois :

Les propositions de communication doivent mentionner problématique, méthodologie et terrain. Elles seront précédées d’une courte présentation de l’auteur∙e (formation achevée et/ou en cours, thèmes de recherche, directrice ou directeur de recherche, principales publications). L’ensemble ne devra pas excéder deux pages.

Chaque proposition doit être adressée par document électronique attaché RTF ou DOC à Françoise Gaspard (gaspard@ehess.fr) et Bruno Perreau (bruno.perreau@sciences-po.org).

Calendrier :

Clôture des dépôts de proposition de communication : 5 juin 2004

Sélection des propositions par le comité scientifique : deuxième quinzaine de juin 2004

Envoi des communications écrites (en vue d’une publication des actes) : 30 septembre 2004

Appel à communication

En 1998 est ouvert le séminaire « Sociologie des homosexualités ». Dirigé par Françoise Gaspard et Didier Éribon, il réunit deux fois par mois à l’EHESS chercheurs∙euses et étudiant∙e∙s de toutes disciplines. Ce séminaire a d’abord permis de réaliser un tour d’horizon des principaux travaux sur les homosexualités. Il a ainsi accueilli Judith Butler, Pierre Bourdieu, Leo Bersani, Elisabeth Ladenson, David M. Halperin, Michael Lucey, René Schérer, Anne F. Garréta etc. Mais, le séminaire « Sociologie des homosexualités » a également été l’occasion pour de nombreux∙euses étudiant∙e∙s d’exposer leurs travaux, accomplis ou en cours. Est alors apparue la nécessité de prolonger ces échanges par l’organisation de journées d’études afin de leur apporter une visibilité plus grande. Ces journées consisteront donc en la réalisation d’un état des lieux des travaux des jeunes chercheurs∙euses (DEA, doctorat, post-doctorat) sur les questions gays et lesbiennes. Elles mettront en présence les différent∙e∙s contributeurs∙trices et des maîtres∙esses de conférences et professeur∙e∙s de l’École et des Universités.

Quatre thématiques ont été retenues. Elles n’épuisent toutefois pas l’ensemble des possibilités de communication. Nous attirons l’attention des candidat∙e∙s sur la nécessité de proposer une communication soucieuse de réflexivité méthodologique quant à la conduite de recherches sur les homosexualités. Les axes de travail envisagés sont les suivants :

  1. Territoires et histoires

  2. Identités et mobilisations

  3. Droit et politiques publiques

  4. Modes de vie : pratiques sexuelles, conjugalité et parentalité

Les lieux appropriés, fréquentés ou évités par les gays et les lesbiennes ont fait l’objet d’études dispersées. Or, sont concernés de nombreux territoires (la ville, la campagne etc.) et micro-territoires (le quartier, la rue, la plage, l’espace domestique etc.) Plusieurs pistes peuvent ainsi être envisagées : d’une part l’étude de la pluralité des géographies homosexuelles (gay/lesbienne, urbaine/rurale etc.) et de leurs évolutions (lieux de drague extérieurs, boîtes, internet etc.), et, d’autre part l’analyse des rapports entre géographie et identités (apport des identités gays et lesbiennes à la forme urbaine, à travers la place des commerces dans la vie de quartier, et, inversement, apport de la forme urbaine aux identités gays et lesbiennes : fuite vers la ville, intensification des solidarités etc.). Les recompositions de ces territoires invitent également à une réflexion historique : de la répression du crime de sodomie à l’émergence de groupes révolutionnaires homosexuels, de la médicalisation au XIXème siècle à la marche des fiertés à la fin du XXème siècle, quels ont été, selon les époques, les ressorts de l’expression et de la répression des cultures homosexuelles ? Comment se sont tissés des réseaux relationnels lesbiens et/ou gays ? Comment se transmis leurs savoir-faires et leurs faire-savoirs ? Quel a été le rôle de la littérature, de la chanson populaire, des bals etc. ? L’analyse de ces histoires des cultures homosexuelles nous conduira ainsi jusqu’aux portes des mobilisations contemporaines.

Aujourd’hui en effet, le mouvement associatif homosexuel est riche de composantes très diverses, religieuses, culturelles, économiques, politiques, géographiques etc. Nous nous proposons d’interroger à la fois l’impact de la question gay et lesbienne sur l’analyse des formes de mobilisation et, en retour, la place du militantisme dans la définition même des cultures homosexuelles. Quelles dispositions induisent l’adhésion et la mobilisation associatives chez les gays et les lesbiennes ? En quoi peut-on parler d’une démarche de vérification des idéaux ? Quelle est la rétribution du militantisme gay et lesbien ? Quels sont les liens entre ces associations et les institutions locales, nationales et européennes ? En quoi le militantisme contribue-t-il à la construction d’identités homosexuelles radicales ? Des thèmes tels que le séparatisme lesbien, les liens tissés avec les mouvements féministes, le développement de groupes orientés vers le lobbying économique et politique, les méthodes d’action héritées de la lutte contre le sida, le rôle des associations de jeunes gays et lesbiennes dans l’accès à la citoyenneté, seront autant de pistes de travail à aborder.

Les mobilisations homosexuelles renvoient directement au droit. En effet, toutes convergent plus ou moins vers la demande d’un traitement juridique égal des citoyen∙ne∙s, quelle que soit leur orientation sexuelle. Nous aborderons donc dans un troisième temps la fonction régulatrice du droit et les modalités d’élaboration des politiques publiques relatives aux homosexualités. Cette analyse concerne aussi bien l’État que les organisations infra et supranationales (notamment européennes). Elle implique un regard à la fois juridique et sociologique sur l’action publique et ses participant∙e∙s (législateur, administration, expert∙e∙s, associations etc.) et sur la législation elle-même et sa mise en oeuvre (conventions internationales, constitutions, lois, décrets et jurisprudence). Les propositions de communication pourront ainsi concerner les thèmes du mariage et des contrats de vie commune, de la filiation, de la dépénalisation de l’homosexualité, de la non-discrimination et de la pénalisation de l’homophobie. Elles étudieront aussi bien le cas français, seul ou dans une perspective comparée, que la situation d’autres pays, européens ou non.

Enfin, nous proposons d’aborder la question des modes de vie homosexuels (pratiques sexuelles, relations et relationnalités, conjugalités, parentalités). Nous entendrons ici par relationnalité l’ensemble des pratiques sexuelles gays et lesbiennes sans inscription affective durable (relations anonymes, pratiques à plusieurs etc.), par conjugalité toute la gamme des rapports de couple, où entrent en jeu des relations affectives, amoureuses, sexuelles voire économiques caractérisées par une certaine stabilité, qu'elles soient institutionnalisées ou non, et, par parentalité, l’ensemble des comportements qualifiés par les intéressé∙e∙s de familiaux, et, où entre en jeu l'homosexualité de l'un ou plusieurs des enfants ou parents. Nous chercherons ainsi à comprendre comment se joue l’identification comme homosexuel∙le dans le contexte d’une plus grande visibilité. Nous formulons ainsi l’hypothèse de l’existence de subjectivités multiples puisque coexistent aujourd’hui des gays et des lesbiennes ayant vécu la répression et le placard forcé, des gays et des lesbiennes ayant participé aux mouvements de sortie du placard, et, enfin, certain∙e∙s jeunes gays et lesbiennes pour lesquel∙le∙s la notion même de placard ne fait plus tout à fait sens. Comment se dit-on et se vit-on aujourd’hui homosexuel∙le à l’école, dans sa famille, dans son travail ? Quel rôle les médias ont-ils joué dans ce mouvement ? Quels types de pratiques et de relations (amicales, amoureuses, de couple) développent majoritairement les gays ? Quels types de pratiques et de relations développent majoritairement les lesbiennes ? Quelle place est accordée aux comportements plus dissidents ? Quelle a été l’influence du sida sur les comportements sexuels et sociaux des gays ? Comment s’articulent les modes de vie gays et lesbiens aux modes de vie traditionnellement désignés comme hétérosexuels (parentalités notamment) ? Comment les individus synthétisent-ils des identités plurielles, parfois convergentes mais parfois aussi contradictoires (identités culturelles, religieuses, de classe etc.) ? Ce dernier sous-thème permettra donc de photographier le rapport assujettissement/subjectivation à la lumière des bouleversements des représentations dominantes sur les gays et les lesbiennes depuis une dizaine d’années.

Catégories

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • samedi 05 juin 2004

Contacts

  • Bruno Perreau
    courriel : bruno [dot] perreau [at] sciences-po [dot] org

Source de l'information

  • Coulmont #
    courriel : coulmont [at] hotmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Les recherches sur les homosexualités », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 07 avril 2004, http://calenda.org/188992