AccueilLes cérémonies extraordinaires du catholicisme baroque

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Publié le vendredi 18 juin 2004 par Natalie Petiteau

Résumé

Colloque interdisciplinaire au Puy-en-Velay, 27-29 octobre 2005, organisé par le Centre d’Histoire « Espaces et Cultures », Université Blaise-Pascal. Organisation scientifique : Bernard Dompnier

Annonce

 

LES CEREMONIES EXTRAORDINAIRES DU CATHOLICISME BAROQUE


APPEL A COMMUNICATIONS

Colloque interdisciplinaire
Le Puy-en-Velay, 27-29 octobre 2005

organisé par le Centre d’Histoire « Espaces et Cultures »
Université Blaise-Pascal

Formulaire d'inscription sur le fichier joint ci-contre

Organisation scientifique : Bernard Dompnier

Au cours des décennies qui suivent le concile de Trente, les formes du culte catholique connaissent de profondes transformations, étroitement tributaires des inflexions doctrinales et spirituelles internes, mais aussi du contexte désormais solidement enraciné de concurrence confessionnelle. Le développement d’une nouvelle civilisation de cour, qui accompagne l’affirmation des États, n’est sans doute pas étranger non plus à l’émergence d’un cérémonial religieux qui, toujours attaché au respect du rituel, établit de nouveaux critères de la solennité et semble désormais entièrement ordonné par une quête de l’apparat. Le décor du culte et la musique qui lui est associée entrent à partir du début du XVIIe siècle dans un processus de mutations qui témoignent aussi amplement, à leur manière, de la construction d’un ordonnancement cérémoniel selon des valeurs et des règles inédites. Aujourd’hui consacré par l’usage chez les musicologues et les historiens de l’art, le concept de baroque mérite à coup sûr d’être appliqué au culte catholique des XVIIe et XVIIIe siècles, pris dans l’ensemble de ses manifestations.
On pourrait certes contester l’originalité d’une telle proposition. Mais c’est précisément parce que l’usage du terme ‘baroque’ est trop fréquent et trop facile pour qualifier l’ensemble des phénomènes culturels des XVIIe et XVIIIe siècles qu’il semble important de réfléchir collectivement, dans un cadre interdisciplinaire et international, aux caractères du cérémonial catholique rassemblés sous cette étiquette. Plus précisément, au-delà d’une approche descriptive, l’objectif est de mettre à jour les modalités spécifiques de la célébration du culte à l’époque considérée et d’analyser comment l’articulation des divers éléments constitutifs des pratiques cérémonielles (gestuelle, mise en espace et déplacements, vêtements liturgiques, décors temporaires, musique vocale et instrumentale…) est productrice de sens dans le cadre de la culture et des mentalités des XVIIe et XVIIIe siècles.
La notion de « cérémonies extraordinaires » recouvre tout d’abord les formes de solennité qui sortent du cycle liturgique annuel, qu’il s’agisse des jubilés, des fêtes liées aux béatifications et aux canonisations, des transferts de reliques, des célébrations des Quarante Heures, ou encore des pompes funèbres ou du volet religieux des cérémoniaux princiers (sacres, couronnements…). Par extension, sont comprises dans cet ensemble les solennisations propres à une Église locale, dès lors qu’elles prennent un relief particulier par rapport aux usages liturgiques ordinaires (fêtes de la Dédicace ou du saint patron en certaines villes par exemple). Cette définition un peu arbitraire répond au souci de choisir un objet d’étude pertinent par rapport à l’enquête proposée : par leur amplification des effets recherchés et produits, les cérémonies extraordinaires – qui, en règle générale, associent diverses actions liturgiques et/ou « paraliturgiques » (messes, saluts, processions…) – peuvent être tenues pour particulièrement révélatrices des modalités spécifiques du culte baroque.
Divers types d’approche de la thématique générale, qui seront utilisés pour l’ordonnancement des communications, peuvent être suggérés.
• Le premier a trait aux discours sur la solennisation à l’âge baroque. Il vise à mettre en évidence les conceptions du culte et du rapport au sacré. Il inclut les développements sur la place accordée à l’émotion dans l’expérience religieuse et les moyens de la susciter. L’étude des rapports entre cérémonial religieux et cérémonial d’État entre également dans ce cadre. Mais on ne négligera pas non plus les regards extérieurs sur les cérémonies baroques, notamment à travers les témoignages de fidèles d’autres confessions ou religions. Enfin, les débats internes au catholicisme retiendront l’attention (on pense ici particulièrement à la critique janséniste ou jansénisante de la théâtralité du culte).
• Un deuxième angle d’approche est celui des modèles et de leur circulation. La première question est ici celle du modèle romain : les cérémonies de la capitale des papes se revêtent à l’âge baroque d’une splendeur inédite, dans un espace urbain et un cadre architectural profondément renouvelés, aux significations consonantes avec le cérémonial déployé. Ce modèle, qui mérite d’être précisément analysé, se diffuse ensuite dans la catholicité par imitation (les solennités des canonisations constituent sans doute des répliques plus ou moins fastueuses des fêtes de canonisation elles-mêmes), ce qui témoigne à la fois de fidélité religieuse et d’emprunts de formes culturelles. Mais l’on peut aussi supposer des rapports entre centre romain et périphérie plus distendus et des modes de solennisation marqués par des caractères « nationaux » affirmés, notamment du point de vue musical et artistique, sans négliger la question de l’émergence de liturgies particulières au cours de la période considérée. Le rôle des grands ordres religieux (à commencer par la Compagnie de Jésus) mérite assurément d’être examiné attentivement à cet égard.
• Du point de vue de l’histoire des cultes et de la spiritualité, le questionnement doit particulièrement s’attacher à repérer quelles sont les fêtes et les dévotions qui sont privilégiées par les cérémonies de l’âge baroque. Au-delà, il convient d’examiner si les modalités de la solennisation varient avec les types de fêtes, la cérémonie étant alors considérée comme un indicateur sur la tonalité spirituelle qu’elle a pour mission de transmettre (on pense ici particulièrement aux formes du culte du Saint-Sacrement). Dans cette perspective, les décors éphémères méritent d’être décryptés minutieusement et les motets analysés selon une approche thématique, associant étroitement les textes et leur mise en musique.
• Enfin, l’on ne saurait négliger non plus les aspects concrets des grandes cérémonies. Leur coût, parfois élevé, suppose de réunir des financements, qui peuvent provenir d’institutions ecclésiastiques, de prélats, de mécènes aussi dévots que généreux ; les uns et les autres en attendent nécessairement une forme de retour symbolique sur investissement, que l’historien ne saurait négliger. Concrètement, l’organisation des solennités exige aussi de réunir des compétences multiples, en particulier dans le domaine musical, de manière à renforcer les effectifs habituels des maîtrises et des chapelles et à donner un éclat particulier aux cérémonies. Les maîtres de musique sont évidemment invités à produire de nouvelles compositions, à moins qu’une commande ne soit passée à un maître renommé. Envisagées sous cet angle, les cérémonies extraordinaires représentent un observatoire des pratiques culturelles.
Ce colloque, qui se déroulera au Puy-en-Velay, s’inscrit dans le sillage de celui qui avait été organisé en 2001 et dont les Actes ont été publiés en 2003 aux Presses de l’Université Blaise-Pascal (Maîtrises et chapelles. Des institutions musicales au service de Dieu), c’est-à-dire qu’il se veut une occasion de confrontation internationale des démarches et des approches de spécialistes de diverses disciplines. Il représente aussi une contribution à la valorisation scientifique du fonds de partitions du XVIIIe siècle découvert à la cathédrale du Puy et sera accompagné d’un concert restituant certaines de ces œuvres.
Les chercheurs désireux de présenter une communication sont invités à proposer un titre et à adresser un bref résumé de leur argument au plus tard le 15 septembre 2004. Le comité scientifique établira le programme définitif au cours du dernier trimestre de l’année 2004.




Centre d’Histoire « Espaces et Cultures »
Maison de la Recherche
4 rue Ledru
F-63057 Clermont-Ferrand cedex 1 – France
Tél. 04 73 34 68 48 chec@lettres.univ-bpclermont.fr

Catégories

Dates

  • mercredi 15 septembre 2004

Contacts

  • Centre d’Histoire « Espaces et Cultures » ~
    courriel : chec [at] lettres [dot] univ-bpclermont [dot] fr

Source de l'information

  • CHEC #
    courriel : chec [at] lettres [dot] univ-bpclermont [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les cérémonies extraordinaires du catholicisme baroque », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 18 juin 2004, http://calenda.org/189208