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Les mobilisations émergentes

Causes, acteurs et pratiques

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Publié le mardi 06 juillet 2004 par Natalie Petiteau

Résumé

Journée d'études de l'IEP de Bordeaux

Annonce

Journées d’études

École doctorale de science politique

Institut d’études politiques de Bordeaux

2 et 3 décembre 2004

Les mobilisations émergentes

Causes, acteurs et pratiques

Comité d’organisation :

Stéphane CADIOU (Docteur CERVL), Stéphanie DECHEZELLES (Doctorante CERVL), Vincent FOUCHER (CNRS-CEAN), Antoine ROGER (MCF-IEP Bordeaux)

Appel à communications

La sociologie du militantisme et des mouvements sociaux a connu, ces dernières années, un essor remarquable (dans le cadre notamment du GERMM) qui a conduit à des avancées conceptuelles et théoriques indéniables, ainsi qu’à des enquêtes empiriques instructives sur des groupes ou des associations particulièrement visibles dans l’espace public : ATTAC, les syndicats SUD, les mouvements alter-mondialistes, etc.

Pour apporter une pierre supplémentaire à l’édifice, nous souhaitons nous pencher sur l’émergence de mobilisations qui n’apparaissent pas légitimes de prime abord et qui se déploient souvent en marge des organisations revendicatives « conventionnelles » (partis, syndicats, associations) dans l’espace public. En ce sens, la focalisation sur les mobilisations émergentes renvoie autant à la conjoncture de constitution d’une mobilisation qu’à l’identité, fragile et non institutionnalisée, du groupe en phase de mobilisation. Ainsi, nous nous inscrivons bien dans le champ d’interrogation des mobilisations collectives en l’éclairant par ses zones d’ombre, c’est-à-dire par un déplacement du regard vers des objets moins stabilisés et, en tout cas, plus labiles. En d’autres termes, la problématique privilégiée ici cherche à fournir un point de vue original sur les mobilisations sociales en ne nous focalisant pas sur des terrains immédiats et déjà bien balisés.

Ces journées d’études ont pour ambition d’analyser des mobilisations non (encore) consolidées n’empruntant pas les canaux institués de la protestation collective, ainsi que des mobilisations impliquant des groupes à expérience militante réduite voire nulle. C’est pourquoi ces mobilisations, aux contours incertains, peuvent parfois être présentées comme « atypiques » ou « improbables ». On pourra se pencher sur les modalités de contournement des obstacles ou freins à la mobilisation, ainsi que sur la construction de l’image des acteurs et des causes.

On prendra soin de s’intéresser aux dynamiques de formation et de mise en mouvement de groupes ‑ à base sociale, territoriale, ethnique ‑ disposant de peu de soutiens « conventionnels », voire d’une faible légitimité, et, à ce titre, marqués par une absence de structuration préalable.

Les questions soulevées par les mobilisations émergentes peuvent se décliner à quatre niveaux :

- les acteurs mobilisés ;

- les causes défendues ;

- les répertoires d’action utilisés ;

- le « contexte » plus ou moins désincitateur.

En posant un objet d’étude centré sur les mobilisations émergentes, nous sommes conscients de reprendre à bon compte des classements pratiques. Si celles-ci sont décrites comme « nouvelles » ou « atypiques », c’est d’abord qu’elles interrogent un ordre établi de l’espace des mobilisations collectives et bousculent des organisations utilisant des registres ritualisés d’action collective. C’est d’une autre manière reposer la question des rapports de l’institué et de l’instituant qui était, par exemple, apparue avec l’émergence dans les années 1980 des « coordinations ». Mais plutôt que de nous prononcer directement sur ces classements aux enjeux principalement extra-scientifiques, nous souhaitons interroger les mécanismes mêmes de leur définition. C’est là l’un des enjeux de ces journées d’études que de voir dans quelle mesure des mobilisations en viennent à remettre en question des représentations immédiates, à la formation desquelles contribuent pour partie les chercheurs. En effet, les multiples travaux scientifiques sur les mobilisations collectives ont acquis une force sociale et se trouvent amenés à renforcer, au moins symboliquement, l’autorité de nombre de ces dernières. Dès lors, se pencher sur les mobilisations émergentes de groupes non pré-constitués, c’est aussi interroger la propre réflexivité du chercheur.

Trois axes de réflexion seront ici privilégiés :

- Tout d’abord, il s’agira de s’intéresser aux conditions et aux processusqui rendent possibles à un moment donné des mobilisations précédemment improbables. Pour cela, il faudra être attentif aux contraintes, internes (ressources réduites, cause stigmatisée…) et externes (répression, interdiction…), qui pèsent à la fois sur les mobilisations et les acteurs. Pensons par exemple aux rapports qu’ils entretiennent avec les médias. Pensons également aux rapports entre des collectifs de lutte et des organisations dites conventionnelles (syndicats, partis) et présentes, depuis longtemps, sur le terrain de la protestation. Autrement dit, il ne s’agit pas d’en rester aux facteurs « génétiques » de structuration des mobilisations, mais bien de prendre la mesure des coûts/coups, tactiques et interactions qui sont constitutifs du caractère « atypique » de ces mobilisations émergentes. De surcroît, il conviendra d’explorer le rôle et la trajectoire des « entrepreneurs » de mobilisations pour saisir les raisons d’un investissement pouvant apparaître, au moins au départ, relativement coûteux. À ce titre, on s’intéressera aux mobilisations confrontées à des pressions, ou ayant lieu dans régimes peu ou pas démocratiques, ou encore sur les premiers temps de mobilisations aujourd’hui plus routinisées (notamment les chômeurs, les sans-papiers…).

- Ensuite, il conviendra de se pencher sur les pratiquesmises en œuvre dans ces mobilisations. Sont-elles le lieu d’invention de nouveaux modes d’organisation et de nouvelles pratiques ? Peut-on lier, de ce point de vue, d’éventuelles innovations aux propriétés des groupes mobilisés ? Les travaux à dimension historique pourront ici être d’une grande utilité pour mettre en perspective les obstacles rencontrés dans la mise en mouvement de groupes sociaux.

- C’est enfin la question des effets de ces mobilisations émergentes qui sera soulevée, c’est-à-dire de leurs succès et échecs ainsi que de leurs conséquences sur les configurations d’acteurs.

Cette problématique ne vise pas à établir une sorte de palmarès des mobilisations. Elle doit davantage servir à interroger des terrains d’investigation variés et à étudier différentes mobilisations tant sociales que territoriales. En ne posant pas de limites dans le temps et dans l’espace, elle vise à encourager des comparaisons fructueuses.

CALENDRIER :

- Les propositions de communication sont à envoyer, sous la forme d’un résumé d’une à deux pages (en format .doc ou .rtf), avant le Mardi 20 juillet 2004 à :

Stephane.Cadiou@wanadoo.fr et sdechezelles@wanadoo.fr

- Les propositions seront ensuite sélectionnées par le Comité d’organisation. Les auteurs de propositions de communications (retenues ou pas) seront avertis au plus tard fin août-début septembre.

- Les auteurs seront priés de faire parvenir le texte de leur communication avant le 15 novembre pour permettre aux discutants de préparer dans des conditions raisonnables leurs interventions. Les organisateurs de ces journées d’études ont en effet fait le choix de laisser un temps suffisant à la présentation orale des communications, ainsi qu’à leur discussion.

- Ces Journées d’études se dérouleront les Jeudi 2 et Vendredi 3 décembre (matin) à l’Institut d’études politiques de Bordeaux.

Dates

  • mardi 20 juillet 2004

Contacts

  • Stéphane Cadiou
    courriel : Stephane [dot] Cadiou [at] wanadoo [dot] fr
  • Stéphanie Dechezelles
    courriel : stephanie [dot] dechezelles [at] sciencespo-aix [dot] fr

Source de l'information

  • Stéphanie de Chezelles
    courriel : sdechezelles [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les mobilisations émergentes », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 06 juillet 2004, http://calenda.org/189227