Accueil Le genre au croisement d'autres rapports de pouvoir

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Publié le vendredi 16 juillet 2004 par Natalie Petiteau

Résumé

Annonce

Journées d'études EFiGiES (Association des jeunes chercheuses et chercheurs en Etudes féministes, Genre et Sexualités) http://efigies.free.fr

Dans le cadre du RING (Réseau interdisciplinaire et interuniversitaire sur le Genre) http://www.sigu7.jussieu.fr/ring/

“ Le genre au croisement d'autres rapports de pouvoir ”

Lieu : IRESCO - Paris

Date : 5 mai 2005

Comité d’organisation : Laure Bereni, Clara Domingues, Elsa Dorlin, Agathe Gestin, Christelle Hamel, Liane Henneron, Anna Jarry, Emmanuelle Latour, Alice Primi, Séverine Sofio.

Comité scientifique : Christine Bard, Christian Baudelot, Marc Bessin, Michel Bozon, Dominique Fougeyrollas, Danièle Kergoat, Nicky Le Feuvre, Brigitte Lhomond, Nicole Mosconi, Michèle Riot-Sarcey, Hélène Rouch, Eleni Varikas, Claude Zaidman.

Appel à communications :

“ L'entrée des minoritaires dans le domaine théorique ne conduit pas à proprement parler à un “ affinement ” ou à une “ diversification ” des connaissances. Cela certes peut se produire, mais l'essentiel n'est pas là, il est dans le bouleversement des perspectives, dans la subversion qu'ils introduisent. (…) Ces textes minoritaires, dont déjà la publication n'est pas aisée, sont à leur parution considérés à la fois comme légers et dangereux, comme plaisanterie de plus ou moins bon goût et menace. Mais après, il n'est plus jamais question de poser les problèmes de la même façon qu'antérieurement. ”

Colette Guillaumin Sexe, Race et Pratique du Pouvoir, pp 223-225

L'association EFiGiES (Association des jeunes chercheur-e-s en Etudes Féministes, sur le Genre et les Sexualités) organise des journées d'études sur l'imbrication de la hiérarchie de genre avec d'autres formes de hiérarchisation sociale, comme l'âge, la "race", l'orientation sexuelle, la classe, la maladie ou le handicap. Ce projet se situe dans le sillage des travaux de Colette GUILLAUMIN et entend lui rendre hommage. En analysant conjointement les notions de race et de sexe, elle a permis d'éclairer les mécanismes à l'œuvre dans chacun de ces systèmes de dominations sociales que sont le racisme et le sexisme. La richesse analytique produite par cette méthode qui consiste à comparer divers types de rapports de pouvoir nous invite aujourd'hui à la reprendre.

L'introduction du concept de genre dans les recherches en sciences humaines et sociales a permis de sortir d'une vision jusqu'alors tronquée des réalités sociales. Ainsi, il ne nous semble plus possible aujourd'hui de parler des ouvriers en oubliant qu'ils sont aussi des ouvrières. Les études féministes – à l’instar d’autres théories produites à partir d’autres mouvements sociaux – ont ébranlé le caractère central et exclusif des rapports de classe dans la définition des mécanismes de domination. Désormais, il ne semble plus possible d’aborder des rapports de pouvoir sans s’interroger sur les effets du genre. De nombreuses catégories politiques et scientifiques établies, comme les oppositions famille/travail ou public/privé ont également été remises en cause à partir des perspectives féministes.

Or ces études, tout en contribuant à complexifier les catégories sociales, ont aussi eu parfois tendance à créer une catégorie unifiée et uniforme, celle des “ femmes ”. Si la construction d’un tel référent a été historiquement indispensable à l’élaboration d’une conscience politique commune – et donc au développement des perspectives féministes dans la recherche –, elle a cependant induit certains points aveugles. En effet, les mécanismes de domination dont les femmes sont les victimes ont longtemps été mesurés à l’aune de la vie des seules femmes des classes moyennes, et les textes produits par les féministes issues des groupes minoritaires racisés sont demeurés largement inconnus. Or on sait que la multiplicité des appartenances sociales module les manifestations de chaque système de domination: par exemple, le racisme prend des formes différentes selon qu'il s'applique aux hommes ou aux femmes d'un même groupe, et le sexisme ne s'exprime pas de manière identique envers une femme hétérosexuelle ou envers une femme lesbienne.

Les communicant-e-s sont ainsi invité-e-s à analyser les modalités d’articulation entre la hiérarchie de genre et les autres principes de domination, en développant par exemple l’un des thèmes suivants :

1.D’abord, il est suggéré d’analyser les situations de cumul des modes de domination : que signifie être simultanément victime de discriminations liées au sexe, à l’âge et à l’orientation sexuelle par exemple ? Comment s’articulent ces différents types de domination, quels sont les paramètres qui font primer certains sur d’autres dans divers contextes historiques et sociaux ?

2.En outre, nous invitons les communicant-e-s à étudier les effets des positionnements multiples des individu-e-s sur les différentes échelles de hiérarchisation sociale : comment se combinent par exemple la situation d’infériorisation d'une femme sur l’échelle “ raciale ” avec une position dominante sur l’échelle de l’âge ou de la maladie ? Une telle approche permet de complexifier le statut de “victime” des rapports de pouvoir, en montrant que la multipositionnalité des individu-e-s leur permet parfois de développer des stratégies de résistance, en jouant sur plusieurs types d’appartenance et en les faisant jouer le cas échéant les uns contre les autres. Dans cette perspective, nous invitons notamment à réfléchir sur les rapports de domination parmi les femmes (entre « blanches » et « noires » ou « arabes », entre « nationales » et « migrantes », « immigrées » ou « étrangères », entre travailleuses et chômeuses, entre « femmes actives » et « femmes au foyer », « femmes de ménage », entre « vieilles » et « jeunes », entre hétérosexuelles et lesbiennes, etc.).

3.Il est également proposé d'appréhender les mécanismes par lesquels la hiérarchie de genre et les autres rapports de pouvoir se perpétuent, tout en subissant des évolutions au cours du temps. Quelles stratégies de résistance, individuelles et/ou collectives, sont déployées face à ces situations croisées de domination ? Quelles transformations sociales et cognitives les luttes collectives ou les pratiques individuelles permettent-elles ?

4. Enfin, il est suggéré de se demander dans quelle mesure cette appréhension croisée des rapports de domination permet d’affiner ou de redéfinir non seulement le concept de genre lui-même, mais aussi les autres rapports de pouvoir étudiés.

Ces journées d'études sont ouvertes aux doctorant-e-s et post-doctorant-e-s et requièrent des communicant-e-s qu’ils/elles présentent des travaux conjuguant au moins une approche transversale avec celle du genre tels que rapports de classe sociale, rapports de race, etc. Les propositions peuvent relever des différentes disciplines propres aux Lettres, à l’Histoire de l’Art ou aux Sciences Humaines et Sociales, et pourront être tout autant des réflexions théoriques et/ou épistémologiques que des exposés empiriques ou des études de cas.

Calendrier
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Date limite d’envoi des propositions de communication (1 page minimum + un bref cv) : le 15 octobre 2004

Sélection des communications : le 15 décembre 2004

Envoi des communications : le 30 mars 2005

Toutes les propositions sont à envoyer à efigies@free.fr

Pour tous renseignements vous pouvez contacter laure.bereni@ens.fr



Catégories

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • vendredi 15 octobre 2004

Contacts

  • EFIGIES #
    courriel : efigies [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • Elsa Dorlin
    courriel : elsa [dot] dorlin [at] univ-paris8 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le genre au croisement d'autres rapports de pouvoir », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 16 juillet 2004, http://calenda.org/189244