AccueilAction publique de l’emploi et mouvements de chômeurs

*  *  *

Publié le lundi 26 juillet 2004 par Natalie Petiteau

Résumé

L’objectif du colloque est double. Il s’agit d’une part de mieux comprendre en quoi les stratégies (nationales et/ou européennes) pour l’emploi influent sur la condition des chômeurs (au niveau individuel et collectif), et d’autre part d’examiner comment et pourquoi ces derniers se mobilisent.

Annonce

Action publique de l’emploi et mouvements de chômeurs

Colloque organisé par le Centre de Politologie de Lyon,
avec le soutien de l’IEP de Lyon et
du Centre d’Etude de la vie politique (Cevipol) de l’Université libre de Bruxelles.

Lyon – 19-20 novembre 2004

Comité de sélection

Richard Balme (Hong Kong University), Didier Chabanet (CERIEP),
Jean Faniel (Université libre de Bruxelles), Marco Giugni (Université de Genève)

Depuis la fin des années 1970, la plupart des Etats d’Europe occidentale connaissent un niveau élevé de chômage. Malgré des fluctuations importantes dans le temps d’une part, des disparités très fortes entre pays d’autre part, la situation est aujourd’hui partout préoccupante et a entraîné la mise en place de réponses de différents types : politiques publiques de lutte pour l’emploi et/ou contre le chômage, émergence d’associations d’aide aux chômeurs, actions syndicales en faveur des travailleurs sans emploi, ainsi que mobilisations de chômeurs eux-mêmes dans certains cas.

La dernière décennie a vu un renouvellement des liens entre chômage et action publique de l’emploi. Dès 1992, la mise en œuvre des critères de Maastricht a fortement contraint et orienté les politiques économiques des Etats membres de l’Union européenne et a, de fait, limité les programmes de relance ou de plein-emploi. Progressivement, une politique de l’emploi et de lutte contre le chômage décidée au niveau communautaire, bien qu’appliquée par les gouvernements nationaux, a également été développée. Le sommet de Lisbonne, en mars 2000, marque à cet égard un tournant important, les quinze prenant un certain nombre d’engagements pour stimuler la " nouvelle économie " et définissant des priorités (" modernisation " des systèmes de protection sociale et de retraites, lutte contre l'exclusion, etc.) qui laissent entrevoir - à nouveau - la perspective " du plein-emploi d’ici 2010 ". Les orientations de politique européenne sont donc à la fois nombreuses et relativement contrastées. L’influence, directe ou indirecte, de l’UE dans les politiques publiques nationales suggère néanmoins que des convergences en matière de lutte pour l’emploi sont sans doute à observer.

L’aggravation généralisée des phénomènes de paupérisation et l’incapacité à résoudre durablement le problème du chômage expliquent en grande partie que des organisations de sans-emploi apparaissent, dans plusieurs Etats, comme des acteurs politiques à part entière au travers de mobilisations inattendues. Le mouvement des chômeurs français de l’hiver 1997-98 en est assurément l’exemple le plus spectaculaire, mais il n’a pas été le seul. L’apparition de ces (nouveaux ?) acteurs collectifs soulève des enjeux essentiels, relatifs notamment aux conditions de leur mobilisation. En outre, des mouvements transnationaux de sans-emploi se sont également constitués, tels que les Marches européennes contre le chômage, la précarité et les exclusions ainsi que l’European Network of the Unemployed (ENU). Ces phénomènes interrogent l’éventuelle constitution d’un champ de contestation européen lié aux questions de l’emploi et s’inscrivent plus largement dans l’européanisation naissante des protestations, elle-même plus ou moins directement associée à l’émergence d’un courant " alter-européen ".

L’objectif du colloque Action publique de l’emploi et mouvements de chômeurs est donc double. Il s’agit d’une part de mieux comprendre en quoi les stratégies (nationales et/ou européennes) pour l’emploi influent sur la condition des chômeurs (au niveau individuel et collectif), et d’autre part d’examiner comment et pourquoi ces derniers se mobilisent. Autour de ces deux thématiques croisées, nous entendons mettre en rapport des chercheurs spécialisés afin de leur permettre d’échanger le résultat de recherches récentes.

Axe 1 : les stratégies nationales et européennes pour l’emploi. Un premier objectif consistera à identifier les grandes orientations des différentes politiques de l’emploi dans les Etats membres de l’Union. Peut-on à cet égard dégager des divergences ou des convergences significatives ? A quels facteurs peut-on les attribuer ? Que dire du traitement statistique du chômage ? On cherchera à savoir à quelles logiques administratives et politiques celui-ci renvoie. Que dire également de l’accompagnement, du traitement social et du contrôle du chômage et des chômeurs, au moins aussi importants que les politiques de lutte contre le chômage proprement dites ? Il sera utile d’en cerner les effets sur la constitution des " identités de chômeurs " et par conséquent des chômeurs en tant que groupe. Seront également examinées les conséquences du chômage de masse sur les conditions de vie et de travail des salariés avec emploi et leur perception des chômeurs. Par ailleurs, on n’oubliera pas d’analyser la stratégie européenne pour l’emploi en tant que telle, mais aussi les effets de la politique générale de l’Union européenne et de ses Etats membres sur l’emploi et la situation des chômeurs. Surtout, on cherchera à interroger les liens entre ces politiques économiques et/ou de l’emploi et la situation sociale des pays de l’Union européenne, en particulier en direction des populations les plus fragiles susceptibles d’être touchées par la précarité et le chômage.

Axe 2 : la mobilisation des chômeurs. Nous nous intéresserons à la situation française évidemment, mais aussi aux expériences de mobilisation à l’étranger, qu’elles soient contemporaines ou passées. Les analyses comparatives et/ou historiques seront particulièrement bienvenues. A partir d’études de cas, ou d’une réflexion plus théorique, il sera intéressant de procéder à une sociologie de tous ceux qui participent à des actions collectives de chômeurs. La question qui se pose est alors celle des conditions d’émergence de mobilisations certes improbables mais dans certains cas effectives et qu’il s’agit donc d’expliquer. En fonction de quelles ressources (financières, culturelles, sociales, politiques…) l’engagement et la participation des " sans-emploi " deviennent-elles possibles ? Dans cette perspective, on cherchera à comprendre le jeu des alliances, politiques et sociales, qui se développent (ou non). Dans ce cadre, les liens entre travailleurs avec et sans emploi pourront constituer un objet d’analyse intéressant. Le rôle des médias et de l’opinion publique sera également pris en compte, à travers notamment les conditions de " visibilité " des chômeurs en action. De même, il conviendra de voir comment le chômage et, plus largement, l’exclusion sont traités dans des espaces publics. Les effets de ces mobilisations seront aussi étudiés, tant pour le groupe des chômeurs que pour les autres catégories d’acteurs collectifs impliqués (partis politiques, syndicats, associations de chômeurs, etc.) ou encore pour les institutions nationales et/ou européennes et les politiques publiques qu’elles développent.

Ces deux axes doivent être envisagés comme des cadres souples, ayant une valeur suggestive. D’autres propositions en lien avec l’action publique de l’emploi et les mouvements de chômeurs - notamment celles qui se trouvent à la croisée de ces deux thématiques - sont encouragées. Le colloque est ouvert à toutes les disciplines de sciences sociales (science politique, sociologie, histoire, droit, anthropologie) et à toutes les méthodologies. Dans une Europe à 25, les analyses portant sur les nouveaux Etats membres en provenance de l’Europe centrale et orientale seront particulièrement appréciées.

Les propositions de communication sont à envoyer sous la forme d’un résumé de deux pages environ (format .doc ou .rtf) avant le 27 septembre 2004 à :

Didier Chabanet : didierchabanet@hotmail.com

et

Jean Faniel : jfaniel@ulb.ac.be

Ces propositions seront examinées par le Comité de sélection. Les candidats (retenus ou pas) seront avertis au plus tard le 8 octobre 2004. Ceux dont les communications auront été retenues seront priés de faire parvenir le texte intégral (maximum 50.000 caractères) de leur intervention avant le 8 novembre 2004. Il est important de respecter ces délais pour que les discutants puissent faire leur travail dans de bonnes conditions.

Les travaux du séminaire se dérouleront en français et en anglais (sans traduction). Chaque présentation durera une vingtaine de minutes.

Le colloque se déroulera les vendredi 19 et samedi 20 novembre 2004 à l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon.

 

Didier Chabanet

Jean Faniel

Catégories

Lieux

  • Lyon, France

Dates

  • lundi 27 septembre 2004

Contacts

  • Jean FANIEL
    courriel : jfaniel [at] ulb [dot] ac [dot] be
  • Didier CHABANET
    courriel : didierchabanet [at] hotmail [dot] com

Source de l'information

  • Jean FANIEL
    courriel : jfaniel [at] ulb [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« Action publique de l’emploi et mouvements de chômeurs », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 26 juillet 2004, http://calenda.org/189255