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Risques et industrie. Pratiques quotidiennes des risques industriels

XVIèmes Journées scientifiques de la Société d'Ecologie Humaine

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Publié le jeudi 16 septembre 2004 par Natalie Petiteau

Résumé

L’objectif de ces journées est de comprendre le processus par lequel les risques industriels sont construits, appréhendés et intégrés ou exclus du quotidien. Comment les acteurs cohabitent avec ces risques, comment leurs existences et leurs conséquences sont pensées dans le long terme, individuellement et collectivement. Trois temps de ce processus de construction des risques industriels sont retenus la mise en alerte, la vie quotidienne au coeur et autour des sites dangereux, les fermetures de site et la gestion du futur

Annonce

Les 16èmes Journées Scientifiques de la Société d’Ecologie Humaine


Bordeaux, 1er- 3 décembre 2004


APPEL A CONTRIBUTIONS

Risques et industrie

Pratiques quotidiennes des risques industriels



La Société d’Ecologie Humaine réfléchit depuis 16 ans aux relations entre les populations humaines et leur environnement. Elle consacrera ses 16èmes journées scientifiques aux pratiques quotidiennes des risques industriels.
Ces journées auront lieu du mercredi 1er au vendredi 3 Décembre 2004 à Bordeaux et sont organisées en collaboration avec le laboratoire Sociétés, Santé, Développement (UMR 5185 ADES) et le laboratoire DESMID (UMR 6012 ESPACE). Elles s’adressent aussi bien à la communauté scientifique (chercheurs et doctorants de toutes disciplines) qu’aux acteurs (professionnels, membres de la société civile, experts, etc.) des risques industriels.

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L’activité industrielle apparaît comme une forme particulièrement sophistiquée et extrême d’intervention de l’homme sur son environnement. Après s’être adapté pour vaincre l’aridité ou le froid, il a commencé à tirer profit des diverses ressources disponibles pour enfin développer celles de l’agriculture et de l’élevage. Avec l’industrie, il va également chercher à modifier, à contraindre et à maîtriser son environnement, pour satisfaire des besoins sans cesse renouvelés. Dans la société industrielle, l’homme invente, innove, sans toujours se soucier - ou du moins prendre en compte - les conséquences de processus de production de plus en plus complexes, modifiant toujours et plus son environnement. Les modifications ainsi engendrées ne sont pas sans conséquences : que l’on songe à Tchernobyl ou à une échelle plus restreinte, à l’amiante. La société industrielle produit des risques qui, peu à peu, remettent en cause des choix industriels, économiques et politiques, des modèles de développement ou de société.
La notion de risque présente un caractère polysémique et historique. Tous les acteurs sont loin de s’accorder sur le sens de cette notion. De fait, un même risque renvoie à une multitude de visions du monde. Quelle que soit l’échelle à laquelle il est appréhendé, ce sont les acteurs eux-mêmes qui définissent la réalité de ce risque. Ils le « construisent » mentalement, le dénoncent ou non, discutent sa réalité et négocient sa légitimité, le côtoient quotidiennement ou tentent de le faire disparaître.
Pendant longtemps, le risque a été considéré comme un phénomène objectif qui pouvait être calculé et mesuré avec des statistiques. Puis une autre approche a développé l’idée d’un risque inscrit dans la culture dont il est issu, considérant un risque subjectif c’est-à-dire construit par les populations. Enfin, des approches contemporaines ont mis l’accent sur l’idée que le risque est constitutif de nos sociétés.
Les processus de construction des risques industriels sont fonction des positions que les acteurs occupent par rapport à l’activité, mais pas seulement. Ces risques recouvrent différentes significations et ont des incidences qui ne sont que partiellement étudiées notamment dans leur dimension quotidienne. Par exemple, le risque industriel - comme tous les risques - s’inscrit dans un ensemble de risques qui sont hiérarchisés et, dans cet ensemble, les risques économiques semblent occuper une place importante.

L’objectif de ces journées est de comprendre le processus par lequel les risques industriels sont construits, appréhendés et intégrés ou exclus du quotidien. Comment les acteurs cohabitent avec ces risques, comment leurs existences et leurs conséquences sont pensées dans le long terme, individuellement et collectivement.

Trois temps de ce processus de construction des risques industriels seront retenus. D’ores et déjà, certains thèmes soulèvent des questions :

1. La mise en alerte
Des « lanceurs d’alerte » aux controverses qu’ils suscitent, les manières dont les risques investissent l’espace public ou sont gérés par la sphère politique sont les aspects qui ont donné lieu aux écrits les plus nombreux. Ils renvoient à la démocratie technique, à la décision politique, à la responsabilité en matière de risques majeurs et ces perspectives ne sont pas épuisées.
La dimension diachronique est ici essentielle dans la mesure où un objet de risque n’est pas élevé rapidement au rang de danger. Par exemple, le premier rapport signalant de nombreux problèmes respiratoires dans une usine textile dont les employés manipulent de l’amiante, date de 1909. Or il faudra attendre 1997 pour qu’elle soit interdite de vente en France. De la même manière, l’amiante n’est pas l’objet de mesures universelles. Interdite ici, l’exploitation de la fibre est autorisée ailleurs.
D’autres substances, reconnues dangereuses par la communauté scientifique et le politique font l’objet de demi-mesures. C’est le cas de certains éthers de glycol dont l’usage est interdit chez les professionnels, mais pas dans le cas d’une utilisation domestique.
Thèmes retenus :
Analyse des processus sociaux de catégorisation du risque
Statut et influence du discours scientifique dans le processus de catégorisation
Effets de pouvoir dans les controverses et légitimités des discours
Création de nouveaux espaces autour du risque
Effets créateurs du risque en termes :
- structurel (associations, regroupements de communes, recomposition rural/urbain)
- politique (mouvement écologiste, nouveaux acteurs locaux, etc.)
- économique (création d’activités spécialisées)

2. La vie quotidienne au cœur et autour des sites dangereux
Là encore, il n’existe pas d’unanimité sur la réalité du risque. Pour un même site, certains acteurs se mobiliseront pour son arrêt alors que d’autres continueront d’y travailler, créant une culture autour du risque (vocabulaire, pratiques, etc.), gérant au mieux - collectivement et individuellement - les conséquences d’activités dangereuses qu’ils expérimenteront dans leur chair. Des questions se posent alors quant à la quotidienneté du danger, aux fonctionnements des groupes et aux pratiques mises en œuvre au sein et autour de sites reconnus dangereux.
Thèmes retenus :
Construction positive de l’activité industrielle au détriment du risque
Organisation du travail autour du risque (procédures, législation, rémunération, etc.)
Réappropriation par les individus et/ou les collectifs de travail, organisés ou non
Cultures du risque (valorisation d’actes dangereux, vocabulaire du risque, limites, etc.)
Protection par rapport au risque :
- mesures (fixation des normes et conception des procédures)
- acteurs (individus, collectifs de travail, métiers, qualifications requises)
- moyens disponibles et contraintes existantes
Interaction idéologies/risques

3. Les fermetures de site et la gestion du futur
Les risques – et les dangers qu’ils sous-tendent – sont loin d’être tous traités lors de la fermeture des sites. Ils peuvent être appréhendés au moment de la localisation du site. C’est ainsi que les pays du Sud sont utilisés comme lieu d’accueil d’une industrie particulièrement polluante. Ils offrent l’avantage de ne pas appliquer de contraintes réglementaires et législatives en matière de danger industriel et, bien entendu, en matière de sécurité au travail. Ce sont alors non seulement les employés de ces sites mais aussi les populations vivant autour qui seront les premiers pénalisés.
Certaines industries peuvent anticiper leur fin et mettre au point des procédures leur permettant de dépolluer à moindre coût ou bien d’autres préfèrent laisser leur site en l’état, malgré les législations contraignantes existantes, ou tardent à mettre en œuvre des processus coûteux et parfois complexes d’un point de vue technique.
Thèmes retenus :
Délocalisation du risque
Prospective du risque industriel
Fermeture : gestion des ressources humaines et prospectives des conséquences du risque
Effets destructurants et structurants (friches, reconversions)
Mémoires des sites, mémoires des risques (acteurs de la mémoire, formes du souvenir)


Renseignements pratiques


Les intentions de communication (une page maximum) seront adressées (par courrier ou par mail) aux organisateurs avant le 15 septembre 2004 et les textes (40 000 signes maximum) pour le 17 novembre 2004. Les textes issus des journées seront publiés ultérieurement sous la forme d’un ouvrage collectif aux Editions Edisud.

Les langues de travail seront le français et l’anglais. L’interprétation simultanée ne sera pas assurée.
Les dépenses relatives à ces journées pourront être imputées au poste de formation professionnelle continue.

Les organisateurs scientifiques

Françoise Lafaye, fralafaye@hotmail.com, Tél. 05 57 57 15 59
Dominique Durand, dominique.durand@orange.fr, Tél. 06.08.09.90.43

Adresse postale :
Françoise Lafaye,
Université Victor-Segalen, Bordeaux2
SSD - UMR CNRS 5185 ADES. Case 71,
146 rue Léo-Saignat 33076 Bordeaux cedex, France
Tél 33(0)5 57 57 15 59 - Fax 33 (0)5 56 51 85 64 email : ssd@u-bordeaux2.fr

Comité d’organisation :
Eduardo Britto Santos, Bernard Chanfreau, Charles Cheung, Catherine Dumora, Marie-Dominique Ribéreau-Gayon, Francis Ribeyre, Nicole Vernazza.

Comité scientifique
S.C. Abéga (anthropologue, Yaoundé), R.J. Assako (géographe, Douala), Yannick Barthe (Politologue, Grenoble), Daniel Bley (anthropologue biologiste, Bordeaux), Simon Charbonneau (juriste, Bordeaux), Daniel Compagnon (politologue, Bordeaux), Guy Di Méo (géographe, Bordeaux), Jean Dos Santos (chimiste, Bordeaux), Maryse Gaimard (démographe, Bordeaux), Michel Lesbats (biologiste, Bordeaux), Pascal Millet (biologiste, Bordeaux), Gaspar Mairal Buil (anthropologue, Saragosse), Philippe Mioche (historien, Aix-en-Provence), Dominique Pécaud (philosophe, Nantes), Bernard Picon (sociologue, Arles), Louis Rachid Salmi (médecin santé publique, Bordeaux), Marie-Gabrielle Suraud (SIC, Toulouse), Peter Simmons (sociologue, East Anglia), Alain Simoncini (médecin, Marseille), Annie Thébaud-Mony (sociologue, Paris), Pierre Trinquet (ergologue, Marseille), Françoise Zonabend (anthropologue, Paris).

Soutiens
(en cours)
CNRS (UMR 5185 et 6012), SSD/ADES (Universités Bordeaux2&3), IUT département HSE (Bordeaux 1), DESS gestion des risques dans les pays du Sud (Université Bordeaux 4), S3Pi, Certificat International d’Ecologie Humaine, Revue Industrie en Provence, Mutuelles des Fonctionnaires des Collectivités Territoriales, Mutuelle Générale de l’Equipement et des Territoires, Caisse des Dépôts et Consignations (branche prévention).

Catégories

Lieux

  • Bordeaux, France

Dates

  • mercredi 17 novembre 2004

Contacts

  • Françoise Lafaye, ~
    courriel : ssd [at] u-bordeaux2 [dot] fr
  • Dominique Durand
    courriel : dominique [dot] durand [at] orange [dot] fr

Source de l'information

  • Lafaye Françoise et Dominique Durand ~
    courriel : ssd [at] u-bordeaux2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Risques et industrie. Pratiques quotidiennes des risques industriels », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 16 septembre 2004, http://calenda.org/189324