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Que faire des fous ?

Les "alternatives" aux asiles (1800-1914)

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Publié le mercredi 29 septembre 2004 par Natalie Petiteau

Résumé

Cette journée d’études a pour but de faire émerger des aspects méconnus de l’histoire de l’assistance des malades mentaux. On découvrira qu’au XIXe siècle tout le monde n’acceptait pas l’idée que les fous soient des malades ou des dégénérés.

Annonce

Dans le cadre de l’ACI/CNRS « De l’âme au corps au corps esprit : les concepts mis en pratiques et les pratiques mises en concepts. Histoire croisée de la psychologie, de la psychiatrie et de la psychanalyse (XIXe-XXe siècles) » (responsable Régine PLAS)

En collaboration avec le Centre Koyré

Centre Alexandre Koyré Museum national d'Histoire naturelle/Pavillon Chevreul 3ème étage 57, rue Cuvier 75005 PARIS

Journée d’études

Organisée par Aude Fauvel

Vendredi 15 octobre 2004

Que faire des fous ?

Les « alternatives » aux asiles. 1800-1914

Du traitement des fous au siècle dernier, le public a généralement une image noire. Image d’une période où l’on enfermait à vie les malades dans de gigantesques asiles plutôt que de chercher à les soigner. Dans le meilleur des cas, ils y connaissaient une vie triste et monotone. Parfois, ils y subissaient des traitements pires que des tortures, infligés par des soignants en mal de sadisme : camisoles de force, électrochocs…

Les sciences humaines ont largement contribué à relayer cette vision négative du passé de la psychiatrie. Dans le sillage de Michel Foucault et du mouvement anti-psychiatrique, nombreux sont ceux qui se sont ainsi employés à dénoncer les abus de la médecine mentale. Leurs travaux ont eu pour intérêt non négligeable de relancer l’intérêt pour l’histoire de la psychiatrie en France. Mais ils ont aussi eu pour effet de passer sous silence tout un autre aspect de l’histoire de la folie. L’insistance sur l’omniprésence de l’asile a fait oublier d’autres modes de compréhension et de traitement de l’aliénation qui ont également existé, concurremment ou parallèlement à l’institution asilaire et au « pouvoir psychiatrique ».

Cette journée d’études a justement pour but de faire émerger cet aspect méconnu de l’histoire de l’assistance des malades mentaux. On découvrira qu’au XIXe siècle tout le monde n’acceptait pas l’idée que les fous soient des malades ou des dégénérés. Certains, y compris des médecins, proposèrent donc d’autres lectures de l’expérience de la déraison. Tout comme il n’y avait pas que les asiles traditionnels pour soigner les aliénés. Bien avant le secteur, bien avant les expériences anti-psychiatriques, existèrent des « alternatives » aux structures fermées.

Il s’agira donc d’opérer une relecture de l’histoire de la folie ; de montrer que dès ses débuts la médecine mentale s’est heurtée à des résistances et que le mouvement anti-psychiatrique des années 1970, loin d’initier une rupture inédite avec la psychiatrie comme cela a pu être dit, est en fait l’héritier d’une longue tradition de critiques largement méconnues.

MATIN : Vers d’autres lectures et d’autres écritures de la folie

PRESIDENCE : François Labadens (collectionneur privé), Luis Montiel (Faculté de Médecine. Universidad Complutense-Madrid)

9h00 : Ouverture de la journée et accueil des participants

9h15-9h35 : Introduction Aude FAUVEL ; Présentation François LABADENS

9h40-10h25 : Anouck CAPE (doctorante, Université Paris X-Nanterre)

Les Libérés : thérapeutiques expérimentales dans un roman français du début du XXe siècle

10h25 pause

10h40-11h25 : Florence CHOQUARD (chargée de recherche à l'Institut Romand d'Histoire de la Médecine et de la Santé, Lausanne)

L’interaction des savoirs entre les écrits asilaires et scientifiques (1850-1950). La correspondance d’Eugénie Nogarède au Dr Hans Steck

11h25-12h10 : Andréas MAYER (Institut Max Planck de Berlin)

Un 'transfert' difficile : la réception de l'hypnotisme français dans la psychiatrie autrichienne (1875-1900)

12h10-14h40 : Pause déjeuner

APRES-MIDI : Comment soigner les fous en dehors de l’asile

PRESIDENCE : Nicole Edelman (Paris X-Nanterre)

14h45-15h30 : Luis MONTIEL (Faculté de Médecine. Universidad Complutense-Madrid)

Une médecine pour le corps esprit. Le magnétisme animal dans l'Allemagne romantique

15h30-16h15 : Thomas MUELLER (Institut pour l’Histoire de la médecine, Berlin)

Le placement familial des aliénés en France et en Allemagne (1870-1914)

16h15-16h30 : Pause

16h30-17h15 : Aude FAUVEL (doctorante, EHESS/Koyré)

Du débeurdinoire à la névrosthénine ou comment les Français tentaient d’échapper aux asiles (1838-1914)

17h15-17h30 : Conclusion et bilan général : Nicole EDELMAN, Luis MONTIEL

La journée se déroulera au Centre Alexandre Koyré

Muséum national d’Histoire naturelle – Pavillon Chevreul 3ème étage

57, rue Cuvier 75 005 Paris

Pénétrer dans le jardin des Plantes par l’entrée située à l’angle des rues Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire. Premier bâtiment à gauche en entrant au 3ème étage

Métro : Jussieu

Contact : Aude FAUVEL, 01 43 20 24 99 archipel@ifrance.com

Catégories

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • vendredi 15 octobre 2004

Contacts

  • Aude Fauvel
    courriel : archipel [at] ifrance [dot] com

Source de l'information

  • Fauvel Aude
    courriel : archipel [at] ifrance [dot] com

Pour citer cette annonce

« Que faire des fous ? », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 29 septembre 2004, http://calenda.org/189377