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Les territoires

Appel à communication

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Publié le mercredi 06 octobre 2004 par Natalie Petiteau

Résumé

Annonce

“ Le territoire : instrument de l’Europe et de l’Etat-nation ”,

6ème COLLOQUE du LADEC-LAS

(présenté : par Ali AÏT ABDELMALEK, Maître de conférences – H.D.R. - de sociologie, docteur de l’E.H.E.S.S.

(Ladec-Las - Université de Rennes 2)

26 novembre 2004, à Villejean

(9h00-17h00)

 

 

Eléments de la problématique et hypothèses :

Une foule d’acteurs qui participent, peu ou prou, au fonctionnement de la société locale. Dans le champ local, le réseau de pouvoir prend la forme de structures institutionnelles qui imposent des normes et distribuent des biens et des services ; ils sont, à ce titre, des enjeux de pouvoir. La décentralisation a multiplié les processus et diversifié les centres de décisions, de telle sorte que les réseaux de pouvoir tendent à s’entrecroiser et parfois même à se recouvrir. En définitive, la “ prolifération des pouvoirs périphériques ” a, elle aussi, considérablement amplifié la complexité du système local et la régulation de la société rurale.

 

            Il semble ainsi possible de conclure à une large autonomie des responsables - les leaders locaux (élus et/ou notables) - dans la détermination de l’action locale. L’intégration des administrés et de la société locale s’opère selon un processus descendant, qui va du pouvoir local à la société civile et permet au système  local de s’assurer la maîtrise du changement social. Ainsi, la présentation de ce qui précède avait pour objectif d’exposer un état problématique des questions que pose aujourd’hui le territoire local, en utilisant autant que faire se peut nos enquêtes et les analyses qui en ont été effectuées à partir d’études de terrain. Le cheminement théorique qui a été emprunté se situe au niveau de la “ théorie intermédiaire ”, celle permettant d’établir des schémas d’analyse qui constituent pour un temps des instruments d’interprétation d’un champ et d’un objet sociologique déterminé : le champ local et sa spécification dans le contexte politique, économique, social et culturel (identitaire). Une telle recherche suppose de sortir de l’univers des évidences et des certitudes alimentées par le sens commun : l’usage du territoire, comme “ instrument de l’action politique ”, correspond à une histoire, à un ensemble d’interventions. Le principe de territorialité s’est, peu à peu, imposé comme instrument de domination au sein de la société. Il suppose que le pouvoir politique s’exerce non pas à travers le contrôle direct des hommes et des groupes, mais par la « médiation » du sol : loin d’appartenir au domaine du donné, de l’inné, ou du naturel, celui-ci relève de la convention ; à ce titre, il appartient à un domaine de sens, et donc à une culture. Instrument de l’action politique, comme l’ont montré tous les politologues - ou politistes - il nous introduit dans le domaine des représentations sociales, comme dans celui des modes de légitimation. Il est clair que chaque culture nourrit une image du territoire qui lui est propre et que l’universalisme excessif a contribué à négliger. Ainsi, la dimension territoriale de l’identité et de la culture est politiquement située, et pour évoquer le tremplin de l’« utopie communautaire » qui se réalise, on dira que l’Europe des quinze progresse encore, bon gré mal gré, sans qu’on y prête, peut-être, une attention suffisante. Demain, cette Europe sera vraisemblablement renforcée par l’adhésion de nouveau pays. Déjà, la Turquie frappe, depuis plusieurs années à sa porte, les pays du PECO... et pourquoi pas la Suisse qui ne pourra longtemps ignorer les forces économiques centrifuges qui l’évitent bien que située géographiquement en son milieu. Les Etats sont les premiers concernés, puisqu’ils ont voulu et contribué à cette construction, mais surtout les agents économiques qui en sont les moteurs, et les habitants de ce pays. En quelques années, serions-nous passés, presque sans s’en apercevoir, de l’Europe des patries à l’Europe des citoyens qui semble s’être concrétisé dans l’Acte unique européen adopté par les chefs d’Etat et de Gouvernement ?

Pour appréhender les dynamiques de structuration des identités individuelles et collectives, mais aussi, en définitive, pour rendre compte de la genèse de systèmes d’échange consacrant l’émergence de pratiques régionales et européennes, il apparaît ainsi essentiel de mettre en évidence l’existence de « territoires politiques ». Il convient, au-delà des découpages administratifs de l’espace, de s’interroger sur les représentations indissociables, mais aussi concurrentes, du territoire : d’une part, la logique qu’on a appelée « idéologie nationale » et, d’autre part, la logique dite de l’« utopie communautaire ».

 

            Dans cette perspective, l’analyse des pratiques régionales et communautaires (Bruxelles) ne conduit nullement à se désintéresser des autres niveaux micro-local et national ! Elle implique, au contraire, de conduire l’observation de ces pratiques en mettant à jour le lien attachant les travailleurs de la terre, en particulier les élus professionnels, pris individuellement et collectivement aux territoires sur lesquels ils sont amenés à intervenir quotidiennement, à se forger une identité, une légitimité de représentant et à participer à la compétition pour la conquête de position de pouvoir dans l’espace politique.

Catégories

Lieux

  • Rennes, France

Dates

  • vendredi 15 octobre 2004

Contacts

  • Laboratoire : LADEC-LAS ~
    courriel : ladec [at] uhb [dot] fr

Source de l'information

  • Ali Ait Abdelmalek
    courriel : Ali [dot] AitAbdelmalek [at] uhb [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les territoires », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 06 octobre 2004, http://calenda.org/189413