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Le politique et la dynamique des relations professionnelles

Table-ronde du VIIIème Congrès de l'Association Française de Science Politique (14-16 septembre 2005)

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Publié le samedi 16 octobre 2004 par Natalie Petiteau

Résumé

Mettre à l’épreuve la conviction que la politique des relations professionnelles est source d’enseignements précurseurs pour décrire et comprendre les nouveaux cours de la régulation politique ; explorer les logiques, souvent ambigües en France, du rapport du politique aux organes et institutions de la démocratie sociale : tel est le double fil conducteur proposé aux travaux invités autour de la table ronde.

Annonce

Mettre à l’épreuve la conviction que la politique des relations professionnelles est source d’enseignements précurseurs pour décrire et comprendre les nouveaux cours de la régulation politique ; explorer les logiques, souvent ambigües en France, du rapport du politique aux organes et institutions de la démocratie sociale : tel est le double fil conducteur proposé aux travaux invités autour de la table ronde. Aux côtés des approches de science politique, les contributions relevant de la sociologie — notamment de la sociologie du droit — ou de l’économie pourront couvrir un ou plusieurs des quatre axes thématiques suivants :


1. L’enracinement historique des systèmes de relations professionnelles et de leur rapport au politique

Les exercices de comparaison internationale portant sur la structuration des intérêts organisés et leur implication dans les politiques publiques ont souvent rendu les armes devant la spécificité du « cas français » : les grands index comparatifs de la littérature néo-corporatiste anglo-saxonne le traitent généralement à part, quand ils ne l’ignorent pas prudemment... Pourtant, ainsi qu’a pu le montrer notamment Colin Crouch, des analyses empiriques fines, rendant compte des processus historiques de différenciation de «modèles nationaux » de relations professionnelles, dans leur rapport au politique, sont à même de faire émerger la singularité de la situation française. L’institutionnalisation du « partenariat social », et ses déclinaisons nationales, pourrait constituer l’un des objets traités dans cet axe.


2. Les cadres théoriques revisités

A trop vouloir prendre des distances avec la première « vague » du néo-corporatisme — et avec des approches typologiques il est vrai peu opératoires au regard des caractéristiques des intérêts sociaux en France — n’a t’on pas mésestimé les potentialités que recelait une lecture dynamique des mécanismes d’échange politique entre pouvoirs publics et intérêts sociaux organisés ? La revitalisation des études européennes sur les pactes sociaux et les différentes figures du competitive corporatism (M. Rhodes) depuis la fin des années 1990 contraste singulièrement avec la rareté des travaux français. A tout le moins, de nombreux enseignements restent à tirer de l’application des cadres théoriques revisités de la « politique des intérêts » au contexte national, a fortiori si elle s’insère dans une perspective comparative.


3. Politiques publiques et relations professionnelles : dépendances croisées

En dépit du sens commun libéral ou des tentations étatistes, les interactions entre les systèmes d’action publique et la sphère des relations professionnelles apparaissent de plus en plus fortes. Bien qu’elles voient leur place contestée par de nouveaux porteurs d’intérêts, les organisations représentatives du monde du travail sont toujours les partenaires obligés des pouvoirs publics pour de très nombreuses politiques, bien au-delà du champ travail-emploi-protection sociale (par exemple en matière de développement économique local). De nombreux travaux mériteraient d’être confrontés pour cerner le faisceau de dépendances croisées entre systèmes de relations professionnelles et politiques publiques : quel est l’impact des nouvelles logiques de l’action publique (décentralisation, partenariat, négociation…) sur les stratégies, les logiques d’action collective et les modalités d’organisation de la représentation des intérêts ? Quel est en retour le degré de dépendance de l’action publique — dans les objets qu’elle se donne, les « solutions » qu’elle promeut et ses modes opératoires — à l’égard des stratégies et des modes d’organisation des intérêts sociaux ?


4. Le « dialogue social » comme instrument d’une action publique négociée : quels objets, quelles garanties collectives, quels acteurs ?

La recherche d’une « bonne articulation » entre démocratie politique et démocratie sociale sert souvent de prétexte à une instrumentalisation du dialogue social dans l’action publique, en vue de conformer le produit de la négociation à une certaine “normalité” sociale et économique (cf. l’échange “RTT/flexibilité contre emploi” dans les lois « Aubry »). Le cas n’est pas isolé et peut renvoyer, de façon générale, à l’élargissement des fonctions de la négociation à des questions (l’emploi, l’égalité professionnelle, l’impact environnemental etc.) qui excèdent les termes traditionnels de la relation salariale. Ce mouvement est perceptible au travers d’un renouvellement des espaces de régulation pertinents (le territoire, le système productif local ou mondial…), des « porteurs d’intérêts » (au-delà du salarié, le consommateur), des types de droits et garanties collectives produits par la négociation et des outils de normalisation. Des travaux à visées plutôt empiriques portant sur des thèmes, des espaces et des acteurs récemment institués dans le dialogue social, à l’échelle nationale ou européenne, seront ici particulièrement appréciés.


Les propositions doivent être transmises par e-mail aux trois organisateurs au plus tard le 15 octobre 2004 (nouvelle date : 1er novembre) : elles devront en deux ou trois pages exposer de manière explicite l’objet, l’argumentation développée et la nature des matériaux utilisés. Les auteurs sélectionnés seront informés au plus tard le 15 novembre 2004 et devront remettre une première version du texte complet de leur communication au plus tard le 15 avril 2005 (pour des raisons liées à l’édition d’un CR-ROM de l’ensemble des textes présentés au congrès).
Les communications pourront être présentées et rédigées en anglais ou en français. Dans la perspective d’une publication rapide d’une sélection des textes présentés sous forme d’ouvrage collectif, priorité sera donnée aux travaux contribuant de manière cohérente à nourrir la problématique proposée.

Laurent Duclos (lduclos@plan.gouv.fr)
Guy Groux (guy.groux@sciences-po.fr)
Olivier Mériaux (olivier.meriaux@iep.upmf-grenoble.fr)

Catégories

Lieux

  • Lyon, France

Dates

  • lundi 01 novembre 2004

Contacts

  • Olivier Mériaux
    courriel : olivier [dot] meriaux [at] iep [dot] upmf-grenoble [dot] fr

Source de l'information

  • Olivier Mériaux
    courriel : olivier [dot] meriaux [at] iep [dot] upmf-grenoble [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le politique et la dynamique des relations professionnelles », Appel à contribution, Calenda, Publié le samedi 16 octobre 2004, http://calenda.org/189480