AccueilCirculations et territoires dans la migration internationale

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Publié le vendredi 22 octobre 2004 par Natalie Petiteau

Résumé

Les processus de migration internationale sont aujourd'hui caractérisés par d'importantes dynamiques de reconfiguration et de complexification à l'échelle mondiale. Les facteurs qui contribuent à cette transformation des logiques migratoires se situent à plusieurs niveaux et ils agissent selon des modalités et des temporalités variées. On peut tout autant les considérer en termes de transformation des environnements dans lesquels se situent les mouvements qu'en termes de conditions de mise en œuvre de cette mobilité par les acteurs du fait migratoire.

Annonce

Circulations et territoires dans la migration internationale

Colloque international

Université de Toulouse le Mirail

16-18 mars 2005


Informations : http://www.univ-tlse2.fr/colloque-circulation

contact : colloque.circulation@free.fr

Les processus de migration internationale sont aujourd'hui caractérisés par d'importantes dynamiques de reconfiguration et de complexification à l'échelle mondiale. Les facteurs qui contribuent à cette transformation des logiques migratoires se situent à plusieurs niveaux et ils agissent selon des modalités et des temporalités variées. On peut tout autant les considérer en termes de transformation des environnements dans lesquels se situent les mouvements qu'en termes de conditions de mise en œuvre de cette mobilité par les acteurs du fait migratoire. Selon ces grandes catégories, l'amélioration des modes de communication et de transport, la diffusion des images de la modernité et des modes de vie qui lui sont ordinairement associés et -plus largement - l'augmentation des logiques de mobilité et de flux dans un monde en voie de globalisation constituent un élément majeur de transformation du contexte actuel. Du point de vue des acteurs de la migration, le besoin de multiplier les stratégies de réponse à des situations de crise et la nécessité de s'adapter à des conditions d'entrée, de séjour ou d'accès au marché du travail toujours très fluctuantes ont conduit à multiplier les formes du déplacement. Au-delà de l'élargissement des profils des individus en mouvement (en termes d’âge, de genre, de qualification professionnelle ou de statut migratoire) cette complexification s'exprime aussi aujourd'hui à travers les temporalités du déplacement (durée, fréquence, répétitivité individuelle ou générationnelle) comme à travers les formes spatiales du mouvement (diversification des parcours et élargissement des destinations, multiplication des lieux successifs d'installation, utilisation de lieux de transit, etc…).

L'ensemble des flux migratoires, de même que les infrastructures qu'ils génèrent et entretiennent, contribuent à la structuration progressive de champs migratoires significatifs et dynamiques, où des pratiques individuelles et des dispositifs micro-sociaux qu'on pourrait croire marginaux s'agrègent pour donner lieu à de véritables dynamiques de transformation des sociétés et des territoires qu'ils affectent. Ces questions relatives à la circulation migratoire donnent lieu aujourd’hui à un nombre important de recherches, à propos de différents flux de population dans le monde. Le colloque de Toulouse entend approfondir et prolonger de façon collective cette réflexion en posant comme élément fédérateur la question de l'articulation de ces circulations avec le fonctionnement, à différentes échelles, des espaces sur lesquelles elles se produisent.

L’objectif général du colloque s’inscrit dans une double logique. Celle tout d’abord de répondre à un besoin de réflexion théorique sur l’idée de circulation migratoire : la pertinence de la notion, sa portée théorique et méthodologique sont à discuter, tout comme le positionnement des travaux relevant de cette approche dans le contexte plus général de problématiques telles que celles des mobilités, de l’intégration, de la mondialisation ou du multiculturalisme. La seconde logique correspond à un besoin de mise en perspective, voire en comparaison, de travaux empiriques sur l’inscription socio-spatiale des formes migratoires dans différentes régions du monde.

Du point de vue des logiques territoriales, les formes de va et vient, de renouvellement des mouvements et d'investissement dans différents lieux placent les migrants internationaux dans des situations de multipolarité des espaces de vie. L’organisation des mobilités au-delà de différents types de découpages spatiaux et au travers de plusieurs types de frontières implique une remise en question des entités territoriales communément considérées. Et cela aussi bien au sens des territoires de fonctionnement institutionnel et politique qu'au sens des espaces de vie et des territoires d'identification. De même, les logiques de réorganisation du travail à l'échelle mondiale continuent de produire des différentiels spatiaux dont les logiques migratoires sont le plus souvent les reflets directs. Dans un contexte général marqué à la fois par une plus grande fluidité des échanges et la persistance de contraintes politiques ou géographiques au déplacement, la question du rapport dynamique entre circulation et transformation du rapport aux lieux apparaît pertinente. La multiplication et l’articulation des niveaux possibles de l’analyse donnent à cette perspective une certaine richesse. Les dynamiques et les impacts des circulations migratoires peuvent simultanément être considérés à différentes échelles (locales, régionales ou continentales) mais aussi être observés comme des éléments forts de l’articulation entre ces échelles, en mettant en relation dynamique et permanente le local et le global. Enfin, au-delà même des échelles spatiales, ces circulations migratoires présentent la particularité de mettre en relation des environnements différenciés, entre groupes et individus aux statuts différents, entre milieu urbain et milieu rural, entre pays développés et en développement, entre cœur et périphérie de l'économie mondiale, etc… Les dispositifs que ces circulations produisent s’appuient sur des réseaux de différents types, plus ou moins formels, plus ou moins organisés, mais qui présentent la particularité d’articuler sur des espaces distants un jeu des acteurs en interaction avec des environnements différenciés. Dans ce sens, c’est aussi la transgressivité des processus de circulation vis-à-vis d’un certain nombre de constructions, territoriales mais aussi normatives ou lexicales, qui constitue l’une des dimensions qui méritent analyse.

Le colloque de Toulouse visera à rendre compte des travaux sur ces questions et à échanger à partir d'expériences dans des contextes régionaux variés. Les organisateurs postulent que la prise en compte des formes de la circulation migratoire internationale sont à la base d'une compréhension plus fine des logiques de réajustement des systèmes territoriaux. En même temps, l'observation et l'analyse de processus précisément situés et contextualisés permettront d'enrichir la réflexion sur le fonctionnement contemporain des migrations internationales pour lesquelles la demande de la part des acteurs publics est particulièrement importante aujourd'hui.


Le colloque est organisé conjointement par les équipes CIRUS-CIEU, IPEALT et Dynamiques Rurales de l’Université de Toulouse le Mirail et l’équipe Mutations des Territoires en Europe de l’Université de Montpellier 3.

Comité scientifique :

Michel Agier, IRD, CEAf-EHESS Paris ; Chantal Bordes-Benayoun, EHESS Toulouse ; Michel Bruneau, CNRS-MITI ; Luc Cambrézy, IRD ; Maria-Eugenia Cosio, Université Paris 3 ; Christian Grataloup, Université Paris 7 – Denis Diderot ; Rémy Knafou, Université Paris 7 – Denis Diderot ; Emmanuel Ma Mung, CNRS-Migrinter ; Catherine Quiminal, Université Paris 7 – Denis Diderot ; Alain Tarrius, Université Toulouse 2 ; Catherine de Wenden, CNRS-CERI

Comité d’organisation :

Laurent Faret, Université Paris 7 – Denis Diderot ; Geneviève Cortes, Université de Montpellier 3 ; Virginie Baby-Collin, Université Aix-Marseille ; Guénola Capron, CNRS-CIEU ; Hélène Guétat, Université Toulouse 2 ; Dominique Coquard, INP-ENSAT ; Marie-Christine Jaillet, CNRS-CIEU ; Richard Marin, IPEALT-Université Toulouse 2

Informations : http://www.univ-tlse2.fr/colloque-circulation

contact : colloque.circulation@free.fr

Catégories

Lieux

  • Toulouse, France

Dates

  • mercredi 16 mars 2005

Contacts

  • Laurent Faret
    courriel : colloque [dot] circulation [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • Laurent Faret
    courriel : colloque [dot] circulation [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Circulations et territoires dans la migration internationale », Colloque, Calenda, Publié le vendredi 22 octobre 2004, http://calenda.org/189506