AccueilLes zones humides européennes : espaces productifs d'hier et aujourd'hui

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Publié le mardi 23 novembre 2004 par Natalie Petiteau

Résumé

A l'heure où les espaces humides font l'objet d'une revalorisation tout en restant menacés, il paraît opportun de voir l'importance que ces espaces ont eu dans le passé sur un plan économique et d'apprécier aussi comment les populations ont pu tirer parti de leurs richesses.

Annonce

Les zones humides européennes : espaces productifs d'hier et aujourd'hui.

Parc Naturel Régional de Brenne – 20, 21 et 22 octobre 2005

A l'heure où les espaces humides font l'objet d'une revalorisation tout en restant menacés, il paraît opportun de voir l'importance que ces espaces ont eu dans le passé sur un plan économique et d'apprécier aussi comment les populations ont pu tirer parti de leurs richesses.

Des comparaisons internationales permettront de bien mettre en valeur les spécificités de ces espaces, analysés autour de quatre axes :

1. Les productions des espaces humides : de la cueillette à la spéculation

Les Physiocrates blâmèrent sur tous les tons les espaces humides, domaine du vague, de l'extensif, de l'inculte, voire du chaotique. De là à considérer que tous les espaces humides n'avaient d'intérêt que lorsqu'ils étaient desséchés, il n'y avait qu'un pas que les économistes et politiques des XIXe et XXe siècles franchirent allégrement. Mais ces espaces méritaient-ils cet opprobre ? En cédant à la tyrannie des céréales, ce mal “ encore nécessaire ”, la “ nouvelle agriculture ” marginalisa tout un pan de l'activité rurale qui n'entrait pas dans la logique officielle. C'était oublier qu'une “ autre agriculture ” coexistait dans ces espaces humides à côté de celle des terres sèches ; que toute une gamme de produits témoignait de l'ingéniosité d'adaptation du monde paysan. Les produits de ces milieux humides n'étaient pas tous issus du monde végétal ou animal. D'autres produits étaient destinés à des usages bien diffé-rents : ceux destinés à la salaison, ceux à l'amendement des sols ; ceux fournis-sant les matières premières pour l'artisanat et l'industrie ; ceux enfin constituant une source énergétique comme la tourbe. S'interroger sur la richesse de ces espaces, du milieu du XVIIIe siècle à aujourd'hui, ne revient donc pas seulement à énumérer, famille de produits par famille de produits, les biens auto-consommés ou commercialisés. Il faut surtout en comprendre la pertinence économique et analyser l'optimisation d'un ordre hydrologique disparu.

2. L'évolution du foncier


Les zones humides ont trop souvent été considérées comme des espaces non appropriés, ce qui allait de pair avec l'idée qu'ils étaient peu productifs et qui est sans doute la cause du faible intérêt accordé aux structures foncières. En fait, si de nombreuses zones humides sont des communaux, d'autres sont appropriées et utilisées par des propriétaires à des époques anciennes, très antérieures aux “ révolutions ” agricoles des XVIIIe, XIXe et XXe siècles. Il faut s'interroger sur la nature de cette emprise et sur son évolution dans les zones humides avec un nécessaire effort de comparaison à l'échelle européenne en fonction de critères multiples comme les caractères géographiques de ces zones (étendue, origine, utilisations), les droits régissant leur utilisation, la nature des usagers et celle de tous les acteurs qui interviennent dans leur gestion, l'efficacité des débats les concernant et les conflits résultant de visions divergentes des structures foncières à préserver ou à créer. L'insertion des zones humides dans des systèmes agraires spécifiques et le rapport entre des structures foncières différentes mais complémentaires constituent des clés essentielles pour la compréhension de l'utilisation et du fonction-nement de ces espaces. Les récentes analyses concernant les apparentes zones de friche dans les bocages de l'Ouest et leur insertion dans les systèmes agricoles sous des formes variées peut apparaître comme un modèle pour l'étude des zones humides.
La comparaison entre les mises en valeur privées et celles opérées dans des structures plus communautaires peut déboucher sur la mise en place de modèles socio-économiques qu'il faudra certes utiliser avec prudence et pragmatisme mais qui peuvent contribuer au débat sur l'intérêt de la protection des zones humides. Toutes les époques sont concernées, de l'Antiquité à nos jours. Il semble certes plus difficile de reconstituer le parcellaire et les structures foncières pour les époques les plus anciennes mais les formes des paysages des zones humides ne peuvent être comprises que par une étude menée sur la longue durée qui tienne compte des héritages.

3.“ Emprise et déprise humaines dans les zones humides ”

Les zones humides, littorales ou continentales ont été vues au cours des siècles comme des lieux à conquérir sur le néant ou la désolation. Depuis peu, les recherches entreprises révèlent que ces milieux humides, comme d'autres, ont vu en réalité se succéder emprises et déprises humaines. Ces espaces, qui ne sont plus le lieu d'une exploitation économique, connaissent ainsi un retour à leur milieu naturel d'origine. Les communications porteront sur l'évolution de ces espaces en voyant comment leurs productions donnaient lieu à des courants d'échange avec les autres espaces. Elles porteront aussi sur les conflits d'usages inhérents à ces productions, les risques naturels et/ou induits par les activités, les changements d'activités, les aménagements humains de ces zones, les richesses naturelles renouvelées des zones humides en déprise, et la perception sociale de ces espaces ambivalents, tour à tour exploités et habités ou abandonnés et protégés.

4. Les nouveaux modes de “ consommation ” des espaces naturels

Les zones humides ont longtemps été considérées comme des zones à aménager pour développer une agriculture capable de satisfaire les besoins des populations (céréales, tourbe, etc.). Ce mouvement a concerné toute l'Europe depuis le Moyen Age jusqu'au XXème siècle même si les zones humides ont été le support d'une économie fongique proto-industrielle (rouissage, tannerie). Mais dès le XIXe siècle, des voix se font entendre pour défendre ces terres originales du point de vue de la faune, de la flore et des paysages. Ces défenseurs n'hésitent pas à mettre en avant des modes de vie originaux, proches de la nature et en harmonie avec elles face à un monde moderne, productiviste et urbain.
Ce souci de protection a correspondu à un changement de regard sur les zones humides. De répulsives elles sont devenues attrayantes, provoquant l'extension de certains usages comme la chasse et la pêche qui profitent de l'abondance et de la variété de la faune et attirent des populations extérieures. Ces pratiques de loisirs, très lucratives, imposent parfois un fonctionnement hydraulique spécifique comme en Camargue pour mettre en eau plus tôt les marais et ainsi avoir plus de canards. Le tourisme de masse et le tourisme de nature constituent un autre usage de l'espace des zones humides et une nouvelle façon de créer de la richesse dans ces espaces réputés autrefois ingrats. Ces nouveaux consommateurs d'espaces naturels constituent une réalité économique incontournable qui parfois se substitue aux activités agricoles traditionnelles et modifient profondément les milieux naturels et humains.



Comité scientifique du colloque

ALLARD Paul
-professeur d'histoire contemporaine, UMR Espace, Université de la Méditerranée
-membre du conseil scientifique du parc régional de Camargue
BECK Corinne
-maître de conférence en histoire médiévale, Université de Nantes
BENARROUS Renaud
-doctorant en archéologie, Université de Paris I - Panthéon Sorbonne
CIZEL Olivier
-journaliste au Code permanent Environnement et nuisances (Editions législatives)
-membre du groupe zones humides (MEDD)
-membre du comité scientifique et technique du pôle-relais zones humides intérieures
-membre du comité scientifique et technique du pôle-relais lagunes méditerranéen-nes
DEREX Jean-Michel
-Président du Groupe d'Histoire des zones humides, docteur en histoire
-membre du comité scientifique et technique du pôle-relais zones humides intérieures
FOURNIER Patrick
-maître de conférence en histoire moderne, Université Blaise Pascal, Clermont II
-membre du Centre d'istoire "Espace et Cultures, université Blaise Pascal, Clermont II
GOELDNER-GIANELLA Lydie
-maître de conférence en géographie humaine, Université de Paris I - Panthéon Sor-bonne
GRAMOND Delphine
- maître de conférences en géographie physique, Université Paris IV-Sorbonne
GREGOIRE Fabrice
- ingénieur d'études CNRS,
- membre du Conseil Scientifique du Pôle-Relais Tourbières
- membre du Comité de Pilotage du Pôle-Relais Mares et Mouillères
LIMOGES Olivier
- chargé de mission, Institut Européen du Développement Durable et Centre de Bio-géographie ENS LSH CNRS FRE 2545
MARINVAL Marie-Christine
- maître de conférences en archéologie, Université de Paris I - Panthéon Sorbonne
responsable scientifique de l'axe biodiversité du programme zone atelier Loire, label-lisé par le CNRS
SAJALOLI Bertrand
- maître de conférences en géographie, Université d'Orléans
VERGNE Virginie
- maître de conférences en géomorphologie et palynologie, Université de Lille I



Les propositions de communications (titre, mots-clés, résumés en 15 lignes), doivent parvenir avant le 15 MARS 2005 à :


Delphine Gramond
Secrétaire du Groupe d'Histoire des Zones Humides
Université Paris IV-Sorbonne
191 rue Saint-Jacques - 75005 Paris

E-Mail : Delphine.Gramond@paris4.sorbonne.fr
Fax : 01 44 32 14 38

Ces propositions seront examinées par le conseil scientifique qui établira une sélection et définira le mode d'exposition au colloque. Les textes définitifs accompagnés d'un résumé de 1000 à 2000 mots (avec en outre une traduction en anglais) devront nous parvenir au plus tard le jour du colloque.



Contact

Catégories

Lieux

  • Vernou-sur-Brenne, France

Dates

  • mardi 15 mars 2005

Contacts

  • Delphine GRAMOND
    courriel : Delphine [dot] Gramond [at] paris4 [dot] sorbonne [dot] fr

Source de l'information

  • Groupe d'Histoire des Zones humides
    courriel : delphine [dot] gramond [at] paris4 [dot] sorbonne [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les zones humides européennes : espaces productifs d'hier et aujourd'hui », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 23 novembre 2004, http://calenda.org/189644