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Les villes nouvelles

Quels enjeux pour les partis politiques ?

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Publié le jeudi 09 décembre 2004 par Olivier Tur

Résumé

Les travaux sur les villes nouvelles mettent régulièrement en exergue l’aspect technicien du phénomène, beaucoup plus rarement son caractère politique (...)

Annonce

Responsables :

- Jean-Dominique GLADIEU, Musée de la ville, Saint-Quentin-en-Yvelines.
- Julie GUIYOT-CORTEVILLE, conservatrice du patrimoine, directrice du Musée de la ville, Saint-Quentin-en-Yvelines
- Frédéric THEULE, CHCSC, UVSQ
- Loïc VADELORGE, CHCSC, UVSQ

Présentation :

Les travaux sur les villes nouvelles mettent régulièrement en exergue l’aspect technicien du phénomène, beaucoup plus rarement son caractère politique. Le volontarisme des pouvoirs publics en matière d’urbanisme est manifestement plus analysé comme une réaction face à une situation d’urgence que comme une détermination profonde à promouvoir les principes fondateurs d’un système d’organisation de la société. La présente journée d’études tentera donc d’identifier les enjeux politiques des villes nouvelles.
Lorsque le Général De Gaulle confie à Paul Delouvrier la mission de remettre de l’ordre dans le foutoir de la région parisienne, il ne s’agit pas seulement, de son point de vue, de résoudre localement un problème, au demeurant réel, de démographie galopante. Il convient aussi et surtout de planifier un aménagement harmonieux du territoire français tout entier. Au-delà de l’équilibre recherché entre emplois, logements, équipements et espaces verts, se profile la question du développement économique – notamment de la région parisienne –, élément indissociable du grand dessein gaulliste d’indépendance nationale. Si la fonction essentielle des villes nouvelles relève de l’aménagement du territoire, on ne saurait néanmoins méconnaître qu’elles participent d’un programme politique d’ensemble.
Instrument, à leur échelle, de la politique gaulliste, les villes nouvelles vont être fermement combattues, au nom de la défense de l’autonomie communale et de la lutte anti-capitaliste, par le Parti communiste français, principale force d’opposition dans les années 1960.  Pour celui-ci, la commune constitue la cellule de base de la démocratie et la structuration du parti est organisée autour de son implantation locale. Le PCF voit ainsi dans les villes nouvelles un danger pour la démocratie et une menace pour la « ceinture rouge ». Sous couvert de résorber la crise urbaine, l’intervention du pouvoir d’Etat, ne poursuivrait, aux termes du discours communiste, d’autre but que faire supporter aux collectivités locales le financement d’opérations qu’on leur impose.
Récusé par la gauche, le projet gaulliste des villes nouvelles fera également l’objet de remises en cause de la part d’une frange de la droite conduite notamment par Albin Chalandon, ministre de l’Equipement entre 1968 et 1972. Selon ce tenant du libéralisme économique, l’Etat n’a pas vocation à faire de l’urbanisme opérationnel et doit chercher la relève de l’initiative privée. A l’urbanisme d’état va donc s’opposer l’urbanisme concerté qui met face à face collectivités locales et promoteurs. Cependant, la crainte d’une hégémonie du capital privé provoque l’hostilité des collectivités locales qui, à tout prendre, préfèrent la politique urbaine de Paul Delouvrier. Le projet libéral ne verra par conséquent jamais tout à fait le jour. Toutefois, la dynamique du projet gaulliste en ressortira affaiblie.
Si les communistes adoptent dès le départ une posture extrêmement tranchée au sujet des villes nouvelles, il n’en va pas de même du Parti socialiste. C’est à l’occasion d’un colloque organisé à Evry que paraît être élaborée une stratégie en la matière. Bien que critique à l’égard des villes nouvelles, le PS intègre rapidement leur réalité dans son analyse politique et joue cette carte à fond. Choix judicieux  qui lui permettra, en s’appuyant sur le tissu associatif et le « mouvement pionnier » d’y trouver, dès les élections municipales de 1977, un terrain favorable d’élection sur lequel il édifiera une véritable « ceinture rose » jusqu’à diriger, à l’orée des années 2000, huit villes nouvelles sur neuf.
Au-delà de la présentation des projets des différentes composantes de l'échiquier politique, la présente journée nous permettra de mettre en relief leur évolution quant à la question des villes nouvelles. Elle nous fournira aussi l’occasion de nous interroger sur la place des villes nouvelles dans leur programme : s’agit-il d’une préoccupation purement tactique ou ponctuelle ou bien au contraire d’une problématique de fond ?

 

Programme de la journée

Matin :

- Présidence : Yves Poirmeur, professeur de sciences politiques, université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines.

9h.30 : Accueil par Arnaud Ramière de Fortanier, conservateur général du patrimoine, directeur des Archives départementales des Yvelines et présentation de la journée par Julie Corteville, conservatrice du patrimoine, directrice du Musée de la ville.

10h. : Sabine Effosse, maître de conférences en histoire, université de Tours,  « Le projet gaulliste des villes nouvelles ».

10h.20 : Témoignages de  Michel Aurillac, ancien ministre, ancien préfet de l’Essonne et Jean-Eudes Roullier, chargé de la Mission interministérielle d’histoire et d’évaluation des villes nouvelles françaises, ancien secrétaire général puis président du Groupe central des villes nouvelles.

10h.50 : Jean-Dominique Gladieu, Musée de la ville, Saint-Quentin-en-Yvelines, « Les fondements de l’opposition communiste à la politique gaulliste des villes nouvelles ».

11h.10 : Témoignages de Pierre Sellincourt, maire de La Verrière, vice-président de la Communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, ancien président de l’Etablissement public d’aménagement de Saint-Quentin-en-Yvelines, Bernard Haumont, sociologue, directeur de l’UMR CNRS Laboratoire des organisations, espaces, sociétés, temporalités et Jean Lojkine, sociologue, directeur de recherche au CNRS.

11h.40 : Débat.

Buffet (12h.30/13h.30).

Visite des Archives départementales (13h.30/14h.15).

 

Après-midi :

- Présidence : Thibault Tellier, maître de conférences en histoire contemporaine, université Lille III-Charles De Gaulle.

14h.30 : Loïc Vadelorge, maître de conférences en histoire contemporaine, université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, « La droite libérale et les villes nouvelles : adhésion ou réticence ? ».

14h.50 : Témoignages de Janine Cayet, conseillère municipale de Trappes, conseillère régionale de l’Ile-de-France, membre du Conseil économique et social et Michel Carmona, directeur de l’Institut de géographie et d’urbanisme de l’université Paris IV-Sorbonne, ancien directeur de cabinet d’Albin Chalandon.

15h.20 : Frédéric Theulé, doctorant en histoire contemporaine et en sciences politiques, université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, « Changer la vie, changer la ville : l’évolution du Parti socialiste sur la question des villes nouvelles (1970/1983) ».

15h.40 : Témoignages de Jacques Guyard, ancien président du Syndicat d’agglomération nouvelle d’Evry, ancien ministre et Alain Danet, ancien vice-président du Syndicat d’agglomération nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines, ancien maire d’Elancourt.

16h.10 : Débat.

17h. : Allocution de clôture de Robert Cadalbert, président de la Communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, maire-adjoint de Guyancourt, conseiller régional de l’Ile-de-France.

Lieux

  • Montigny-le-Bretonneux, France

Dates

  • jeudi 16 décembre 2004

Mots-clés

  • ville, urbain, habitat, politique

Contacts

  • Archives départementales des Yvelines
    courriel :

Source de l'information

  • Françoise Hache-Bissette
    courriel : francoise [dot] hache-bissette [at] uvsq [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les villes nouvelles », Journée d'étude, Calenda, Publié le jeudi 09 décembre 2004, http://calenda.org/189707