AccueilLes objecteurs de conscience, entre associations et pouvoirs publics. Au "service" de qui ?

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Publié le mercredi 15 décembre 2004 par Natalie Petiteau

Résumé

Annonce

En 2002, la conscription a pris fin en France. Depuis le premier statut des objecteurs de conscience de 1963, ce sont quelque 75 000 jeunes gens qui en ont bénéficié. Aujourd'hui, cette population est devenue objet d'histoire.

Les objecteurs, il en existe en France depuis au moins la fin du XIXe siècle, avec la naissance de la conscription obligatoire ; la Première Guerre mondiale amplifie et légitime leur cause. C'est seulement en 1963, à l'issue de la guerre d'Algérie, qu'ils obtiennent une première et timide reconnaissance légale. Ce statut, considéré comme inachevé, est confirmé par la loi de 1983 qui l'inclut comme une forme civile du service national.

La gestion des affectations est confiée successivement à différents ministères (Intérieur, Santé, Agriculture, Affaires sociales). Les objecteurs atterrissent d'abord à Brignoles, sorte de camp paramilitaire, avant d'obtenir, à partir de 1966, la possibilité d'effectuer leur service civil dans des organismes d'accueil. Devant l'augmentation constante des effectifs, une politique d'agrément évolutive est menée, diversifiant le panel des lieux d'affectation (associations, collectivités locales, services de l'Etat). Les associations en constituent l'essentiel, notamment celles du secteur jeunesse et éducation populaire (et tout particulièrement les associations de chantiers), mais aussi celles du secteur culturel, des milieux humanitaires, etc.

Ceux qui ont fait le choix de l'objection sont souvent des militants, qui s'organisent dans des groupes ou des collectifs visant à défendre leurs droits. Ces dynamiques d'engagement varient dans leurs formes et leurs contenus selon les périodes, en fonction de l'attitude des pouvoirs publics à leur égard. En 1968 par exemple, se créent les CSOC (Comités de soutien aux objecteurs de conscience), suite à la condamnation de quelques-uns par les tribunaux militaires. En 1972 encore, l'affectation "autoritaire" à l'ONF (Office national des forêts) provoque l'insoumission d'une majorité d'objecteurs, et engendre une radicalisation des attitudes pour certains d'entre eux.

Au moment où des fonds d'archives commencent d'être versés, une journée, organisée par un collectif de chercheurs, est proposée le 29 janvier 2005. Elle vise à faire se rencontrer des acteurs, des chercheurs, des archivistes, représentant différentes générations.

Programme

8 h 30

Accueil

Matinée

9 h 00 - 13 h 00

Présidence de la matinée

Jean-Louis Robert, professeur d’histoire contemporaine, Paris 1

Ouverture à quatre voix

Régis Forgeot, Clément Grenier, Arnaud Loustalot, Françoise Tétard

Introduction

Danielle Tartakowsky, professeur d’histoire contemporaine, Paris 8

Françoise Tétard, historienne, ingénieur CNRS, Centre d’histoire sociale du XXe siècle
1963, 1971, 1983 : quelle reconnaissance légale pour les objecteurs ?

Clément Grenier, doctorant en histoire Paris 1
L'ACNV (Action civique non-violente) de 1959 à 1962 : la revendication de l'objection de conscience pendant la guerre d'Algérie

10 h 45 à 11 h 15 pause

Arnaud Loustalot, doctorant en histoire Paris 1

Les associations de chantiers accueillent les premiers objecteurs de conscience en service (1963-1972). L'exemple du SCI (Service civil international)


Régis Forgeot, maîtrise d’histoire sur les objecteurs, préparation CAPES
La naissance du CCSC (Comité de coordination pour le service civil) : un espace conflictuel entre objecteurs, associations et pouvoirs publics (1972-1976)


Michel Auvray, objecteur puis insoumis, auteur d’ouvrages sur la question
Les objecteurs insoumis : le refus du service civil (1972-1983)

Débat général et synthèse de la matinée

13 h 00 - 14 h 30

Repas-buffet servi par des jeunes de l’association Feu vert

Après-midi

14 h 30 - 19 h 00

Présidence de l’après-midi

Myriam Tsikounas, professeur en histoire et communication, Paris 1

14 h 30 - 16 h 30

Gestion des affectations et expériences du service civil (1983-2002)

Table ronde animée par :

Axelle Brodiez historienne, ATER, Paris 8

Samuel Boussion, doctorant en histoire, chargé de cours, université d’Angers

Questions :

- la gestion des affectations face à la loi de l'offre et de la demande : quelle marge de manœuvre ?

- travailleurs à bon marché ou main-d’œuvre encombrante ?

- les attentes des objecteurs face à celles des associations

- entre objection militante et objection "de confort"...

Avec :

Jean-Marc Bellet-Daguin, responsable de la gestion des objecteurs (1983-1993), au ministère de la Jeunesse, des Sports, et de la Vie associative

Louis Joinet, ancien conseiller de Pierre Mauroy (Premier ministre), ancien président de la sous-commission des Droits de l'Homme des Nations unies

Thierry Laquittant, responsable associatif (MRJC, Foyers ruraux), directeur du Toit du monde à Poitiers, puis du centre social Saint-Jean à Villeurbanne

Alain Pelle, ancien responsable du MOC (Mouvement des objecteurs de conscience) de 1986 à 1996

Laurent Urfer, journaliste au Secours populaire français, ancien objecteur de conscience

16 h 30 - 17 h 00 : pause


Jean-Pierre Brière, chef-adjoint mission des Archives nationales auprès du ministère des Affaires sociales
La collecte et mise en valeur des archives ministérielles

Gaëtan Sourice, archiviste, Fonjep, chargé de mission au Pajep
Les objecteurs dans les archives déposées au Pajep (Pôle pour la conservation des archives des associations de jeunesse et d'éducation populaire)


Valérie Becquet, sociologue, chercheur associé Cedictec-Paris 12
De l'obligation aux volontariats (1997-2004) : une fausse continuité ?


Conclusion générale
Michel Pigenet, professeur d’histoire contemporaine, Paris 1

18 h 30 - 19 h 00

Apéritif, pour prolonger les conversations

Renseignements pratiques

Lieu : Maison départementale des syndicats, 11, rue des Archives, 94000 Créteil

(juste en face des Archives départementales)

Métro : Créteil-Préfecture (terminus ligne 8), prendre la sortie à droite après les tourniquets. Itinéraire fléché par nos soins à partir de la sortie du métro

Voiture : prendre l'autoroute A4, direction Créteil, sortie Créteil-Préfecture


Pour tout renseignement :

e-mail : histoire29janvier@yahoo.fr


Bulletin d'inscription


Nom : Prénom :

Adresse :

Organisme :

Tel : Fax :

Mail :


Inscription :

Sans repas (tarif unique) :

5 euros


Avec repas (Boissons et café compris) :

Plein tarif : 16 euros

Etudiants, chômeurs, précaires : 11 euros

Par courrier postal avant le 21 janvier 2005auprès d'Axelle Brodiez, 100, rue d'Avron, 75020 Paris. Chèque à l'ordre du GRMA


Catégories

Lieux

  • Créteil, France

Dates

  • samedi 29 janvier 2005

Contacts

  • Clément Grenier
    courriel : histoire29janvier [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Clément Grenier
    courriel : histoire29janvier [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les objecteurs de conscience, entre associations et pouvoirs publics. Au "service" de qui ? », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 15 décembre 2004, http://calenda.org/189720