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Entre l'atelier et le laboratoire

Recherche et innovation dans l'industrie électrique du milieu du XIXe à nos jours

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Publié le mercredi 29 décembre 2004 par Claire Lemercier

Résumé

Annonce

Entre l’atelier et le laboratoire
Recherche et innovation dans l’industrie électrique
du milieu du XIXe siècle à nos jours

Mulhouse, 8-9 décembre 2005

Appel à communications


Au cours de la première moitié du XXe siècle, la recherche des innovations est passée d’une activité menée par quelques individus hautement créatifs, la plupart d’entre eux travaillant comme inventeurs indépendants, à une activité portée par des équipes de spécialistes travaillant dans des structures industrielles spécifiquement consacrées à cette activité de recherche.

Pour les historiens, la technologie électrique a connu, comme les autres secteurs industriels, cette transition de l’atelier au laboratoire, transition qui se prolonge jusqu’à nos jours. Avant 1914, les laboratoires intégrés restèrent en petit nombre, et leurs travaux n’étaient pas orientés vers la recherche de nouveautés, mais vers les tâches routinières que sont les essais et le contrôle-qualité. Les inventeurs, quant à eux, continuèrent à jouer un rôle important jusqu’à la Première Guerre mondiale, que ce soit en restant indépendants ou en travaillant en association avec des entreprises. Mais, durant le XXe siècle, l’innovation a de plus en plus émané d’autres structures. Souvent, les ruptures radicales ont été conçues et mises en oeuvre par de petites entreprises très innovantes dont les brevets furent, par la suite, acquis par des firmes plus importantes, parfois à travers un processus de fusion. Bien entendu, d’importantes contributions à la recherche sont aussi venues des institutions publiques de recherche, qu’il s’agisse des laboratoires ou des départements de science dans les organismes de formation de haut niveau.

Les études sur l’innovation et sur l’histoire des origines des structures de R&D confirment qu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale, la plus grande partie du changement technologique venait de l’industrie. Des laboratoires ont été établis dans toutes les grandes firmes électriques et les effectifs du  personnel hautement qualifié travaillant dans ces structures ont nettement augmenté. La conviction sous-jacente était que la recherche était plus efficace si elle était menée par l’industrie elle-même. Les entreprises américaines, et principalement les grandes firmes, ont été particulièrement promptes à reconnaître l’importance des contributions provenant de la recherche intégrée, et elles ont pris la tête de ce processus. De fait, la création précoce de ces structures et la croissance des investissements peuvent être considérées comme deux des principales raisons du succès commercial de l’industrie électrique américaine. Les travaux de David C.Mowery et Nathan Rosenberg vont dans ce sens. Sans diminuer l’importance de la partie plus fondamentale de l’activité de recherche, ces auteurs ont mis l’accent sur la partie D (Développement) du couple R&D : la principale contribution des laboratoires industriels consiste en un flux d’innovations évolutives, dans l’adaptation des technologies existantes à de nouvelles applications et dans la quête de qualité et d’efficacité aussi bien que dans la réduction des coûts.

Aujourd’hui, si l’accent est mis sur l’innovation radicale ou sur le changement incrémental, l’attention des chercheurs en innovation et en R&D a tendance à se focaliser sur le laboratoire comme lieu de l’innovation technologique. C’est ainsi que la recherche industrielle est avant tout comprise comme une activité menée dans des espaces qui lui sont spécifiquement dédiés. A ce titre, les laboratoires des plus grandes compagnies, habituellement traités dans ces études, constituent des références indispensables à toute évaluation de l’efficacité de la politique d’innovation.

Malgré tout, l’innovation, radicale ou incrémentale, n’est pas toujours apparue dans les laboratoires. En réalité, de nombreuses avancées de la technologie électrique datant d’avant la Première Guerre mondiale ne sont pas nées dans des organismes que l’on peut identifier comme consacrés à la recherche. Par voie de conséquence, lorsque la recherche a commencé à acquérir un rôle prééminent à l’intérieur des établissements industriels, son organisation et ses pratiques, ses philosophies, ses localisations physiques et institutionnelles, variaient considérablement parce qu’elles étaient le résultat des circonstances particulières aux firmes qui l’avaient fait émerger. Ses caractéristiques dépendaient d’une grande variété de facteurs comme les cultures managériales, les données économiques et géographiques, les stratégies de propriété industrielle et les niveaux de savoir technologique. Si nous voulons explorer le processus par lequel une croissance si extraordinaire, qualitativement et quantitativement, a été menée, il convient d’adopter une interprétation plus large mais aussi plus souple du terme de « recherche » et de la façon dont il s’est imposé.

Thèmes du colloque

Le but du colloque est d’explorer la variété des cheminements par lesquels les activités innovantes ont fait émerger l’industrie électrique depuis la phase pionnière du milieu du XIXe siècle jusqu’à nos jours. Le secteur de l’industrie électrique (incluant l’électro-métallurgie, l’électro-chimie et l’électronique appliquée) devra fournir le thème de la plupart des interventions ; les études de cas d’autres secteurs industriels peuvent être proposées dans la mesure où elles apportent des éléments intéressants de comparaison.

Les contributions portant sur les laboratoires de recherche intégrés, particulièrement dans les entreprises européennes ou basées en Europe, sont les bienvenues. C’est également le cas pour les papiers traitant des interactions entre l’industrie et les laboratoires publics ou les laboratoires privés indépendants. Nous encourageons plus spécialement les présentations sur le travail mené au niveau de l’atelier, en étroite connexion avec la production.

Les questions que nous souhaitons aborder sont les suivantes :
- Dans quelle mesure les organisations de recherche dépendaient-elles de l’état du développement des nouvelles technologies ?
- Comment l’innovation a-t-elle été menée dans les entreprises où les départements d’ingénierie étaient les seuls à définir les grandes lignes de production ?
- Si nous supposons que l’adaptation et l’ajustement des technologies existantes requiert une forme d’engagement dans la recherche, comment cet engagement a-t-il été mené dans les entreprises qui n’avaient pas d’investissements significatifs dans les laboratoires ? Est-il possible d’identifier des approches de l’innovation par firme-spécifique ou dépendance du lieu ? Si tel est le cas, qui étaient les agents concernés ?
- Que savons-nous des relations entre l’industrie et les laboratoires publics ou universitaires lorsque les laboratoires intégrés ne fournissaient pas l’interface ?
- Où les laboratoires ont-ils été créés ? Dans quelle mesure reflètent-ils les approches spécifiques de l’innovation des firmes auxquelles ils appartenaient ?

La sélection des communications s’effectuera en cherchant à respecter un équilibre, tant entre les thèmes abordés qu’entre les périodes, des années 1850 au temps présent.

Organisation

Le colloque, qui se tiendra sur deux jours, sera organisé en sessions de trois ou quatre interventions chacune. Un temps suffisant sera consacré aux discussions, qui seront fondées sur la circulation préalable des papiers. L’un des objectifs de cette rencontre est d’encourager la participation de chercheurs post-doctorants et de doctorants.

Les propositions doivent prendre la forme d’un court résumé d’environ 300 mots, en français ou en anglais, accompagné d’un bref CV mentionnant les projets de recherches en cours et/ou les publications sur le thème du colloque. Ces propositions peuvent être envoyées par e-mail (fichier Microsoft Word de préférence), avant le 25 février 2005, à :

Yves Bouvier
Chargé de mission Histoire
Fondation EDF
9, avenue Percier
75008 PARIS
yves.bouvier@edf.fr
01-40-42-79-29 (33-1-40-42-79-29)

Comité scientifique

Robert Fox, University of Oxford
Anna Guagnini, Università di Bologna
Pascal Griset, Université de Paris Sorbonne – Paris IV (CRHI)
Muriel Le Roux, IHMC (Institut d’Histoire Moderne et Contemporaine), CNRS
Yves Bouvier, Fondation EDF

François Caron, Président du Comité d’Histoire de l’Électricité de la Fondation EDF, Professeur émérite de l’Université Paris Sorbonne – Paris IV
Dominique Barjot, Université de Paris Sorbonne – Paris IV
Alain Beltran, IHTP (Institut d’Histoire du Temps Présent), CNRS
Pierre Fluck, Université de Haute-Alsace
Paul Israel, Thomas A.Edison Papers, Rutgers University
Pierre Lamard, Université technologique de Belfort-Montbéliard
Philippe Mustar, Centre de sociologie de l’innovation
Florence Ott, CERARE (Centre Rhénan d’Archives et de Recherches Economiques)
Serge Paquier, Université de Genève
Girolamo Ramunni, Université Lyon Lumière – Lyon 2
Denis Varaschin, Université d’Artois
Claude Welty, Musée EDF Electropolis

Lieux

  • Mulhouse, France

Dates

  • vendredi 25 février 2005

Contacts

  • Bouvier Yves
    courriel : yves [dot] bouvier [at] edf [dot] fr

Source de l'information

  • Yves Bouvier
    courriel : yves [dot] bouvier [at] edf [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Entre l'atelier et le laboratoire », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 29 décembre 2004, http://calenda.org/189743