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Xès Journées Internationales de sociologie du travail

Relations au travail, relations du travail

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Publié le mardi 04 janvier 2005 par Inès Secondat de Montesquieu

Résumé

Annonce

RELATIONS AU TRAVAIL, RELATIONS DE TRAVAIL

Les nouvelles formes d’organisation du travail et des organisations (entreprises, administrations, associations…) constituent un objet d’étude central pour la sociologie contemporaine. Si les controverses à ce sujet ne sont pas closes, il ne fait plus guère de doute cependant que les relations au travail ont bien changé et qu’elles cadrent de moins en moins avec le modèle taylorien et bureaucratique hier prédominant. Un constat similaire vaut pour les relations de travail. A l’heure des transformations qui affectent les relations de travail dans nombre de pays développés, force est de constater que les régulations évoluent rapidement pour laisser de plus amples marges de manœuvre à l’entreprise, voire à de nouveaux acteurs des relations professionnelles. L’objectif de ces journées est de réactiver le débat entre différents segments de notre communauté professionnelle en réactualisant de la sorte certaines questions traditionnelles de la discipline et en formulant les nouvelles que suggèrent les transformations du contexte évoquées ci-dessus.

Qu’en est-il du lien entre les transformations des relations au travail et des relations de travail ? Faut-il penser que les modèles de régulation et de lutte en vigueur sont en retard sur la réalité des relations sociales au travail ? Assiste-t-on plutôt à une disjonction qui renvoie à des logiques autonomes ? Dans quelle mesure les transformations des relations de travail informent-elles également les relations au travail ? Ces questions seront au centre des Xèmes journées de sociologie du travail. Elles seront traitées à partir de quatre axes d’interrogations.

1. Acteurs et action collective : quelles figures nouvelles ?

C’est désormais un lieu commun que de diagnostiquer une crise, voire une transformation du syndicalisme salarié. Que peut-on dire aujourd’hui à ce propos au moment où les questions de légitimité et de représentativité sont plus vives que jamais ? Le syndicalisme français fait-il exception aux évolutions observables à l’étranger ? Quelles nouvelles « communautés pertinentes de l’action collective » se donnent à voir aujourd’hui ? Quels sont leurs usages du droit ? De quels enjeux et de quelles logiques d’action les nouveaux mouvements sociaux sont-ils porteurs et comment bousculent-ils le syndicalisme traditionnel ? Voit-on émerger de nouvelles fonctions, autres que traditionnelles, dans les pratiques syndicales ? Le syndicalisme, forme historiquement datée, est-il désormais obsolète ? Apparaît-il de nouvelles formes de représentation des intérêts collectifs ? Ces questions relatives aux transformations de l’acteur syndical se posent avec la même acuité côté patronal. Elles invitent également à élargir le spectre de l’interrogation en direction des logiques d’usage des dispositifs (le mandatement, la délégation unique…) et des formes de coordination (du local à l’international) encore trop méconnues aujourd’hui.

2. Conflits, négociations et règles de droit

Les « modernisations » du monde de travail sont porteuses d’effets multiples : individualisation des relations de et au travail, nouvelles conditions de travail et stress, mobilisation subjective… Cela se traduit-il par une simple intériorisation des salariés ou voit-on apparaître de nouvelles formes de résistance, de conflits… à ce propos ? Comment les organisations syndicales prennent-elles en charge, ou non, ces réalités inédites ? Tels qu’ils sont objectivés dans les statistiques ou observés par les sociologues, les conflits du travail ressortissent-ils de ces évolutions du travail ou engagent-ils d’autres enjeux (gestionnaires par exemple) ? En France, mais dans d’autres pays également, on assiste depuis plusieurs années à une reconfiguration de la hiérarchie des règles relatives au travail, à l’emploi et à la protection sociale. Cela a-t-il à voir avec la « modernisation » évoquée précédemment ? Dans quelle mesure ? Quel sens, plus généralement, donner au mouvement de transformation des régulations ? Est-il similaire dans tous les espaces nationaux ? Quelle est sa portée réelle ? Quelle articulation observe-t-on entre les niveaux de négociation ? En France, l’architecture paritariste est à nouveau au cœur des préoccupations : comment ce système évolue-t-il aujourd’hui ? Est-ce la consécration d’un syndicalisme gestionnaire ou le glissement vers des formes inédites de démocratie sociale ? Les questions précédentes mènent à nouveau au cœur de la problématique de ces journées. Dans quelle mesure, en effet, de nouvelles formes de conflits et/ou de régulation peuvent-elles avoir des impacts décisifs sur les relations au travail, sur l’invention de nouvelles pratiques et normes sociales ? Comment les acteurs du monde du travail s’emparent-ils des nouvelles règles du jeu impulsées par les branches, les régions… ? Inversement comment les transformations des relations au travail sont-elles prises en charge par les normes juridiques et par les acteurs institutionnels ?

3. Segmentation et intégration des collectifs de travail

La légitimité des acteurs des relations professionnelles a longtemps reposé sur leur capacité à représenter les collectifs engagés dans les mondes du travail, à mettre en mots et en forme les conflits sociaux mais aussi à structurer les relations quotidiennes au travail. Qu’en est-il aujourd’hui alors que ces mêmes collectifs sont traversés par de multiples lignes de fracture qui tiennent autant au statut professionnel, qu’à l’âge, au genre, etc. ? Voit-on émerger de nouvelles formes d’action collective (mouvement de chômeurs ou de chômeuses, intermittents du spectacle…) ? De quelle dynamique ces dernières relèvent-elles (conflits ponctuels, priorité donnée aux références de métier…) ? Favorisent-elles l’atténuation de ces fractures dans les instances de représentation (augmentation de la participation des femmes par exemple) autant que dans les collectifs concrets de travail (réduction des distances matérielles et symboliques) ? Condamnent-elles toute forme d’action collective plus générale ou vont-elles dans le sens de la défense systématique de nouvelles formes de corporatisme ? Quel bilan tirer de ce point de vue des politiques de culture d’entreprise et de mobilisation identitaire par les valeurs, par la participation directe, etc. ? Se pose enfin une dernière question certainement déterminante pour le futur des relations de travail : comment les différents systèmes de régulation intègrent-ils les objets et enjeux directement liés à la reconfiguration des relations au travail : autonomie sous contrainte, dynamique des relations de service… ?

4. Les espaces de régulation

Dans la période récente, certaines politiques de gestion de la main-d’œuvre ont pris la forme de délocalisations et de fermetures brutales d’entreprises. Est-ce le symptôme pertinent des effets de la « mondialisation » sur l’emploi ? Comment est-ce vécu au quotidien par les salariés ? Quelles sont les marges de manœuvre des organisations syndicales en la matière ? Lieu par excellence de la régulation française des relations professionnelles, la branche cède-t-elle le pas à d’autres espaces et, si tel est le cas, selon quelles modalités ? Les organisations productives s’affirment-t-elles de ce point de vue comme un lieu pertinent pour le conflit et la négociation collective ? L’entreprise est confrontée aujourd’hui à de multiples transformations (sous-traitance, développement de la firme réseau, rôle des PME…). Quelles en sont les conséquences sur les relations au travail et de travail ? Et ailleurs, dans le tiers secteur par exemple ? Les espaces de la régulation évoluent également en relation avec le difficile accouchement de l’Europe sociale et d’une « mondialisation » multiforme. Quels en sont les effets réels : dumpings sociaux, nouvelles réglementations, mobilité, action syndicale internationale, dynamique positive, ou non, au profit de l’égalité sociale et de la lutte contre les discriminations… Le territoire lato sensu s’affirme-t-il dans ce mouvement comme un nouvel espace de régulation possible ? Selon quelles dynamiques ? Que nous apprennent à ce sujet les comparaisons internationales ?

Le colloque se déroulera les 24 et 25 novembre 2005

Université de Rouen
Maison de l'université

Catégories

Lieux

  • Rouen, France

Dates

  • samedi 15 janvier 2005

Contacts

  • Yamina Bensaadoune
    courriel : yamina [dot] bensaadoune [at] univ-rouen [dot] fr

Source de l'information

  • Yamina Bensaadoune
    courriel : yamina [dot] bensaadoune [at] univ-rouen [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Xès Journées Internationales de sociologie du travail », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 04 janvier 2005, http://calenda.org/189747