AccueilCorps et identité. Du pareil au (soi-) même ?

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Publié le lundi 10 janvier 2005 par Inès Secondat de Montesquieu

Résumé

Annonce

Corps et identité, du pareil au (soi-)même ?

Journée " Jeunes chercheurs "

27 janvier 2005
Laboratoire ICoTEM (EA 2252)

Le corps procède de cette matérialité par laquelle le social se donne à lui-même, toute pratique impliquant à la fois sa mise en jeu et sa production (Duret, Roussel, 2003). Bien qu’objet de déterminations biologiques, il immerge chaque individu dans un espace culturel donné et constitue l’un des principaux supports sur lesquels s’exercent les forces œuvrant à arracher l’homme à la nature. A la confluence du collectif et de l’individuel, siège du dialogue entre apparences et intériorité, il donne prise aux processus sociaux de désignation et de définition. Chacun de nous " est " en effet son propre corps, autant qu’il le possède (Warnier, 1999).

Réservoir de schèmes d’action objectivables in situ, le corps socialisé subit d’innombrables influences qui signent l’hétérogénéité dans laquelle s’origine la singularité individuelle contemporaine (Lahire, 1998). La sédimentation des expériences lui confère ainsi des caractères élaborés à travers des amendements qui se plient néanmoins aux exigences d’une unité structurelle. Mais le corps ne se réduit pas pour autant à ce " tombeau de l’âme " qu’en fait Platon. Dessinant ses frontières et clôturant le sujet sur lui-même, il peut être questionné non seulement pour " l’évidence du soi " qu’il emporte – rappelons que la mêmeté soutient certaines des abstractions dont se nourrit l’identité-ipséité (Ricoeur 1990) : nom propre, marques corporelles, etc. – mais aussi comme objet d’une construction personnelle, d’un " bricolage inlassable " (Le Breton, 2002).

L’étude du corps offre dans cette mesure une voie d’accès privilégiée aux instances du " qui " autant qu’à celles du " quoi ", incitant à interroger à nouveaux frais la notion d’identité. Incontournable mais dévaluée sur le marché des concepts scientifiques (Dubar 2000, Brubaker, 2001), cette dernière souffre, en effet, tout autant d’une polysémie dans laquelle se réfugieraient trop souvent " le chercheur [qui] n’a rien à dire " (Chapoulie, 2002) que de l’orientation subjectiviste qui grève ses usages dans le champ sociologique. Des partisans d’un tout identitaire accordant une place de choix au jeu de la conscience dans l’élaboration d’images de soi, aux néo-behaviouristes les plus indifférents aux mécanismes qui agitent les différentes composantes du self, la sociologie de l’individu ne ménage encore qu’une faible place aux travaux désireux d’examiner les articulations de dimensions pourtant fréquemment enchâssées.

Dans quelle mesure la part incorporée du social influe-t-elle sur la sélection et l’organisation des matériaux du sens que requièrent la mise en forme et la synthèse du moi ? De quelle manière en retour les mécanismes réflexifs affectent-ils les rapport au corps (apprentissages et modelages corporels) ? Quelles relations peut-on légitimement établir entre pluralité d’habitudes infra-conscientes et pluralité identitaire ? Quelle place accorder aux prolongements de soi dans l’action, c’est-à-dire aux " dilatations de la synthèse corporelle " (Warnier, 1999) et aux " extériorisations de soi " (Kaufmann, 2001) ? Nous nous proposons au cours de cette journée de mener une réflexion autour de cet ensemble non exhaustif de questions en discutant les travaux de chercheurs appartenant aux différentes disciplines des sciences humaines et sociales.

(Texte rédigé en collaboration avec Sofian Beldjerd)

Programme de la journée

9h : accueil des participants

9h15-10h05 : Michela Marzano (philosophe, CERES-CNRS/Paris V)
" L’énigme de l’identité "

10h05-10h35 : Pause

10h35-11h25 : Sylvia Faure (sociologue, Université Lyon 2, Groupe de Recherche sur la Socialisation)

11h25-12h15 : Véronique Nahoum-Grappe (anthropologue, EHESS)
" Identités sexuées et incorporation du temps "

12h15-14h15 : Pause

14h15-15h05 : Patrick Baudry (sociologue, Université Michel de Montaigne, Bordeaux 3)
" La corporéité singulière "

15h05-15h55 :i Michèle Fellous (anthropologue, CERES-CNRS/Paris V))
" L'identité paradoxale du greffé, entre don et dette "

15h55-16h25 : Pause

16h25-17h15 : Marie-Pierre Julien (anthropologue, MàP), Céline Rosselin (anthropologue, Université d’Orléans, AMCO-MàP-CNRS/Paris V)

17h15-17h45 : Yvon Lamy (sociologue, Université de Limoges, ICoTEM)

Conclusion

" Cultures matérielles incorporées et processus d’identification. Navigateurs de compétition et croisiéristes "bord à bord" "Incorporation et mises à distance des dispositions sexuées : présentation du programme de recherches à propos des rapports sociaux de sexe parmi les jeunesses populaires périurbaines "


Renseignements pratiques:

Lieu:
MSHS (salle Mélusine), 99, av. du Recteur Pineau, Poitiers

Contact:
Stéphanie Tabois
stephanietabois@yahoo.fr

Lieux

  • Poitiers, France

Dates

  • jeudi 27 janvier 2005

Contacts

  • Stéphanie Tabois
    courriel : Stephanie [dot] Tabois [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Stéphanie Tabois
    courriel : Stephanie [dot] Tabois [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Corps et identité. Du pareil au (soi-) même ? », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 10 janvier 2005, http://calenda.org/189761