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L’Antiquité entre Moyen Age et Renaissance

L’Antiquité dans les livres produits au nord des Alpes entre 1350 et 1520

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Publié le mardi 18 janvier 2005 par Marin Dacos

Résumé

Annonce

Appel à communications
COLLOQUE (Mars 2006)


L’ANTIQUITE ENTRE MOYEN AGE ET RENAISSANCE

L’Antiquité dans les livres produits au nord des Alpes entre 1350 et 1520


La connaissance et l’étude de l’Antiquité demeurent pour l’historiographie traditionnelle l’un des critères de distinction entre le Moyen Age et la Renaissance. Depuis les recherches menées au sein de l’Institut Warburg par Erwin Panofsky, Jean Seznec et Jean Adhémar, cette thèse a été largement discréditée avec la mise en lumière notamment d’une « renaissance carolingienne » et d’une « renaissance du XIIème siècle », deux périodes à l’activité intellectuelle et artistique fortement tournées vers la culture classique. Pour la fin du Moyen Age, c’est l’humanisme italien qui est censé « briller » sur l’Occident. Pourtant, dans l’imaginaire des hommes du nord des Alpes, l’Antiquité est loin d’avoir disparu comme le confirment de récentes études.

Au printemps 2006, le Centre de Recherches sur l’Art de l’Université Paris X-Nanterre se propose de rassembler les chercheurs historiens, historiens de l’art et littéraires autour d’un colloque consacré au problème de la perception de l’Antiquité hors d’Italie à la fin du Moyen Age. Lorsque nous parlons d’« Antiquité », il s’agit de comprendre ce terme tel que l’entendait l’homme médiéval, à savoir moins une période historique définie que des temps « anciens » où se mêlent l’histoire et la fable. La France, considérée au-delà du seul royaume jusque dans ses frontières d’aujourd’hui, et les Etats bourguignons ont été privilégiés. Ce cadre géographique est bien sûr réduit par rapport à l’ensemble de la production du livre au nord des Alpes, mais il présente un champ d’études déjà très riche qui permet de réfléchir sur des milieux intellectuels fondamentaux pour la question qui nous préoccupe, tout en conservant une certaine cohérence sur le plan artistique. Notre cadre chronologique commence avec le règne de Jean le Bon, marqué par la commande des premières véritables traductions d’auteurs classiques aux alentours de 1350, jusqu’aux débuts traditionnels de la Renaissance, c’est-à-dire les années 1520 et l’installation de François Ier à Fontainebleau. Afin de ne pas se disperser dans un champ d’études déjà ambitieux, il nous a semblé préférable de concentrer notre réflexion sur un support particulier, à savoir le livre (manuscrit et imprimé) puisqu’il s’agit d’un lieu de création particulièrement riche qui permet d’interroger les différents témoins de ce goût pour l’antique que sont les hommes, les textes et les images.

Au cours de ce colloque, nous chercherons à déterminer s’il existe une perception particulière de l’Antiquité au nord des Alpes par rapport, notamment, à la façon dont elle s’exprime en Italie et, d’autre part, si ce regard se modifie fondamentalement durant les deux derniers siècles du Moyen Age. Réfléchir sur ces questions permettra, nous l’espérons, de nuancer l’idée convenue selon laquelle le goût pour l’antique ne serait, au nord des Alpes, qu’un phénomène d’importation, une diffusion du « modèle italien ». Sur un plan plus strictement épistémologique, ces rencontres seront aussi l’occasion de confronter les problématiques et les méthodes développées par les spécialistes des différentes disciplines concernées par la production du livre au tournant du Moyen Age et de la Renaissance.


Cerner la vision de l’Antiquité qu’expriment les livres exécutés hors d’Italie entre 1350 et 1520 environ implique de s’interroger sur les enjeux de leur production, sur la nature des reprises et de l’adaptation que subissent les formes et les thèmes antiques dans les ouvrages et sur les acteurs du « goût » pour l’antique en ce domaine.

- Les communications pourront ainsi s’attacher à des personnalités ou à des groupes dont l’attitude témoigne d’un intérêt particulier pour l’Antiquité ou qui furent impliqués, de par leur activité, dans le développement et l’entretien du goût pour l’antique : auteurs et enlumineurs, commanditaires et collectionneurs, « gens de savoir », mais aussi libraires, marchands, etc. Cette première approche inclut également toutes les questions relatives aux contacts avec l’Italie, Avignon et l’Empire byzantin.

- La considération des thèmes et des formes dérivés de l’Antiquité ou censés l’incarner amène par ailleurs à s’interroger sur la culture classique des hommes de la fin du Moyen Age, tant dans le domaine littéraire que sur le plan visuel. Il faudrait aussi définir ce que recouvrait alors exactement la notion d’antiquité, à quelle(s) entité(s) spatiale(s) et temporelle(s) elle renvoyait (antiquité latine, grecque, orientale, régionale…) et faire la part de la connaissance et de l’imaginaire pour chacune d’entre elles.

- Les modes sur lesquels se sont opérées la transmission et l’adaptation, voire la réinvention des thèmes, des motifs et des formes antiques, tant en ce qui concerne les textes que l’illustration et l’ornementation qui les accompagnent, pourront également être explorés. En contrepoint pourront d’ailleurs être évoqués des cas de résistance latente ou explicite à la tradition antique.

- Selon une autre approche, pourront être envisagés l’impact des genres littéraires sur la vision de l’Antiquité que véhiculent les ouvrages ou encore le rôle de stimulant de certaines traditions (celles de la rhétorique ou de l’ekphrasis par exemple) dans la référence à l’antique. Les propositions pourront aussi s’attacher aux liens unissant le texte et l’illustration et confronter l’interprétation que chacun d’entre eux offre de l’Antiquité.

- La question des rapports entre la production livresque et les autres media artistiques pourront également être l’objet de réflexions.

- Pourront enfin être envisagés les enjeux intellectuels, historiques, politiques, moraux (etc) attachés au choix d’une thématique antique, à son traitement et à sa réception.

Ces grandes orientations constituent une trame indicative et non exhaustive destinée à structurer la réflexion. Les propositions de communication, pour peu qu’elles respectent les cadres chronologique et géographique qui ont été précédemment définis, peuvent cependant s’en affranchir pour aborder sous d’autres angles la question du rapport à l’antique dans la production manuscrite et imprimée.

Comité scientifique :
Jean-Patrice BOUDET (Université d’Orléans), Laurence HARF-LANCNER (Université Paris III – Sorbonne-Nouvelle), Fabienne JOUBERT (Université Paris IV – Sorbonne), Marie-Hélène TESNIERE (Bibliothèque Nationale de France)


Comité d’organisation :

Chrystèle BLONDEAU (Université de Nantes), Marie JACOB (Université Paris X – Nanterre), C.R.E.A.R.T. (Université Paris X – Nanterre)


Informations pratiques :

Les projets de communication (1 page) sont à envoyer au plus tard le 30 avril 2005.
Chaque intervenant disposera d’un temps de parole de 25 min.


Contacts :
Chrystèle Blondeau : chryb_bsg@hotmail.com
Marie Jacob : mariejacob@voila.fr

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • samedi 30 avril 2005

Contacts

  • Blondeau Chrystèle
    courriel : chryb_bsg [at] hotmail [dot] com
  • Jacob Marie
    courriel : mariejacob [at] voila [dot] fr

Source de l'information

  • Blondeau Chrystèle
    courriel : chryb_bsg [at] hotmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« L’Antiquité entre Moyen Age et Renaissance », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 18 janvier 2005, http://calenda.org/189791