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Publié le mardi 25 janvier 2005 par Inès Secondat de Montesquieu

Résumé

Sciences démographiques – Discours de vulgarisation – Politiques démographiques France - Allemagne 1914-1940

Annonce

Date: 27. - 28. Januar / Janvier 2005
Lieu:
Humboldt-Universität zu Berlin, Mohrenstr. 41, Raum 211
Organisée par: Petra Overath, Patrick Krassnitzer (Centre Marc Bloch/HU Berlin)

Ces dernières années, en France comme en Allemagne, l’histoire des doctrines et politiques démographiques a été étudiée par vagues successives et dans des perspectives disciplinaires, temporelles et thématiques diverses. Dans les deux pays, la littérature scientifique sur ces questions se distingue par son hétérogénéité : on dispose d’études spécifiques sur la statistique, l’eugénisme, l’hygiène raciale, la migration, l’histoire de la discipline, et d’autres aspects. Chacune de ces recherches explore le champ très varié des doctrines et politiques démographiques par sa petite lorgnette disciplinaire. Mais ni en France, ni en Allemagne, il n’existe d’examen synthétique des différentes dimensions que recouvre le phénomène « population ». Dans le même temps, les historiographies des deux pays donnent à voir des « styles nationaux » qu’il s’agira de mettre en perspective lors du colloque.

En Allemagne, l’histoire des doctrines et politiques démographiques a été principalement analysée par rapport au « point de fuite » que constitue le national-socialisme. Longtemps, les historiens allemands ont considéré que les nazis s’étaient servis des communautés scientifiques pour leurs propres desseins et avaient contaminé la science « pure » par des ambitions politiques. Depuis 20 ans, certaines recherches ont nuancé cette image dominante, et montré que, à l’inverse, les programmes nazis pouvaient parfaitement être expliqués par une logique interne propre aux sciences humaines et qu’il n’était d’ailleurs pas rare que des scientifiques aient donné l’impulsion ou fourni les conditions de telles mesures. Mais, au final, l’histoire des doctrines et politiques démographiques reste essentiellement conçue comme une « préhistoire » de l’époque nazie et l’accent est donc mis sur la continuité. Les études récentes, en effet, se concentrent toujours principalement sur les domaines de l’hygiène raciale et de l’eugénisme.

En France, l’histoire de la démographie a une autre tradition, plus ancienne qu’en Allemagne, notamment en raison d’un processus d’institutionnalisation différent. Il existe ainsi de nombreuses présentations générales de qualité qui s’intéressent aux sociétés et bureaux de statistiques, aux recensements comme aux relations entre science et opinion publique, y compris, pour partie, dans une perspective comparative. Mais, pour des raisons évidentes, les recherches sur l’eugénisme sont moins nombreuses qu’en Allemagne et le « point de fuite » temporel de l’historiographie des doctrines et politiques démographiques n’est pas aussi clairement établi qu’en Allemagne.

Dans ce contexte, le colloque a pour objectif d’élargir les cadres d’analyse disciplinaires trop étroits, et d’adopter un regard synthétisant sur le phénomène complexe qu’est la « population ». Les questionnements ne portent pas uniquement sur les dimensions scientifiques ou politiques du phénomène. Ils prennent en compte les entrecroisements réciproques entre ces deux champs, notamment à travers l’analyse des discours de vulgarisation, souvent utilisés comme relais. Au-delà, la population y est conçue comme un « prisme » permettant de faire ressortir et de comparer des visions administratives et statistiques, sociales, biotechnologiques et spatio-politiques, et étudiée dans ces différentes dimensions.

Nous avons ainsi structuré le colloque en quatre blocs thématiques et convié pour chacun d’entre eux un(e) expert(e) de chacun des deux pays à intervenir.

1. La population en chiffres

La première séance étudiera les approches statistiques de la « population » dans chacun des deux États. Depuis quand et dans quels contextes politiques, le concept de « population » joua-t-il un rôle en statistique et lequel ? Comment des « faits » démographiques furent-ils construits à partir d’enquêtes statistiques ? Existe-t-il des « styles nationaux » ? Et dans l’affirmative, quelles en sont les conséquences ? Les représentants d’associations privées, qui s’intéressèrent aussi à des questions de politique démographique, utilisèrent-ils aussi des statistiques ?

2. La population dans une perspective sociale

La deuxième séance s’intéressera aux propositions, élaborées par des scientifiques à l’aide de l’outil ‘population’, pour répondre à des questions sociales. Quel lien existait-t-il entre des systèmes de protection sociale et des réflexions démographiques ? Quel rôle la « population » jouait-t-elle en tant qu’objet épistémique dans les questions sociales ? Comment les associations sociopolitiques, la presse et le Parlement s’emparèrent-ils ces questions ? Dans quelle mesure les questionnements démographiques servirent-ils à traiter des phénomènes sociaux ?

3. Population et visions biotechnologiques

La troisième séance discutera des utopies de la faisabilité, extrêmement divergentes dans les deux pays, ainsi que de leur pertinence sociale et politique. Quels fantasmes biotechnologiques la « population » a-t-elle suscités ? Comment ces fantasmes ont-ils transformé l’objet de recherche « population » ? Quels rapports ont existé entre les catégories de manipulations des structures sociales (social engeneering), telles que les concepts de « race », « Rasse » ou de « peuple », « Volk » d'un coté et celui de « population », « Bevölkerung » de l'autre? Les visions biotechnologiques sont-elles le propre des milieux politiques et scientifiques ? Ou se sont-elles diffusées dans d’autres cercles de la population, par exemple grâce à des œuvres littéraires ou pseudo scientifiques ?

4. La population au-delà des espaces nationaux

La quatrième séance sera consacrée aux visions des sciences démographiques, dans lesquelles la « population » s’est vue assigner des espaces géographiques qui ne recouvraient pas les frontières nationales.

Quelles modifications peut-on repérer tout au long de la période que couvre notre recherche dans les catégories scientifiques fondamentales telles que « État », « nation », « population », « peuple » ? Quelles sont les catégories spatiales que véhiculèrent les narrations politiques et celles des sciences démographiques ? De quelle manière les catégories sociales liées à la population se transformèrent-elles ? Dans quelle mesure ces représentations spatiales parvinrent-elles à s’ancrer dans l’espace public ? Et quel fut le rôle des différences en matière d’expériences coloniales dans la construction de ces phénomènes ?

Tagungsprogramm/Programme

Donnerstag/Jeudi 27.01.05:

10 Uhr/10h Begrüßung und Einführung / Accueil et introduction
Petra Overath (Berlin) / Patrick Krassnitzer (Berlin)

11 Uhr/11h Sektion I: Die Bevölkerung als demografisches Zahlenspiel

La population en chiffres

Moderation: Jakob Vogel (Berlin)

D/A: Daniel Schmidt (Leipzig): „Bevölkerungspolitik“ und Arbeiterfrage

F/F: Odile Roynette (Besançon): Observer, connaître et servir : la Statistique médicale de l’armée française au XIXe siècle

Kommentar/Répondant: Constantin Goschler ( Berlin)

13 Uhr/13h Mittagspause / Déjeuner

14:30 Uhr/14.30h Sektion II: Die Bevölkerung als biotechnologische Vision

Population et visions biotechnologiques

Moderation: Josef Ehmer (Salzburg)

D/A: Michael G. Esch (Berlin): "Bevölkerung" als Projekt der Moderne: Thesen und Hypothesen

F/F: Florence Vienne (Berlin/Braunschweig): Science et Politique démographiques: convergences franco-allemandes avant et après 1933

Kommentar/Répondante: Susanne Heim (Berlin)

16:30 Uhr /16.30h Kaffeepause / Pause café

17 Uhr/17h Diskussion / Discussion

Moderation: Petra Overath (Berlin)

Freitag/Vendredi 28.01.05:

10Uhr/10h Sektion III: Die Bevölkerung aus sozialer Perspektive

La population dans une perspective sociale

Moderation: Rainer Mackensen (Berlin)

D/A: Ursula Ferdinand (Berlin): Bevölkerungs- und Sexualwissenschaft - Zum Konzept der kulturwissenschaftlichen Sexualwissenschaft Julius Wolfs

F/F: Virginie De Luca (Paris): Considérations démographiques et éducation à la sexualité : quelles relations dans la France de l'entre-deux-guerres?

Kommentar/Répondant: Hartmut Kaelble (Berlin)

12 Uhr/ 12h Mittagspause / Déjeuner

13:30 Uhr/13.30h Sektion IV: Bevölkerung jenseits nationalstaatlicher Räume

La population au-delà des espaces nationaux

Moderation: Peter Schöttler (Paris)

D/A: Josef Ehmer (Salzburg): Staat, Raum und Volk im deutschen Bevölkerungsdenken

F/F: Paul-André Rosental (Paris): Le système-monde des migrations internationales dans l'entre-deux-guerres

Kommentar/Répondant: Ingo Haar (Berlin)

15:30 Uhr/15.30h Kaffeepause / Pause café

16 Uhr/16h Synthese und Abschlussdiskussion/

Synthèse et discussion de clôture

Moderation: Patrick Krassnitzer (Berlin)

Exkurs: Patrick Kury (Zürich): Weder deutsch, noch französisch: Schweizerische Perspektiven auf „Bevölkerung“

Resümee/Synthèse: Paul Weindling (Oxford)

ca. 18 Uhr/18h env. Ende der Konferenz / Fin de la conférence

Lieux

  • Berlin
    Berlin, Allemagne

Dates

  • jeudi 27 janvier 2005
  • vendredi 28 janvier 2005

Contacts

  • Petra Overath
    courriel : op [at] cmb [dot] hu-berlin [dot] de
  • Patrick Krassnitzer
    courriel : kp [at] cmb [dot] hu-berlin [dot] de

Source de l'information

  • Bensussan, Agnès ~
    courriel : ba [at] cmb [dot] hu-berlin [dot] de

Pour citer cette annonce

« Conférence sciences démographiques », Colloque, Calenda, Publié le mardi 25 janvier 2005, http://calenda.org/189812