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Figures de l'urgence et communication organisationnelle

Colloque international, Bordeaux, 1-2 décembre 2005

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Publié le mardi 01 février 2005 par Natalie Petiteau

Résumé

Colloque international co-organisé par le GREC/O Groupe de recherche en communication des organisations de l’Université de Bordeaux 3 (CEMIC, EA 532) en liaison avec la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine et l'Institut du Journalisme et de la communication de Wuhan (Chine)

Annonce

Les rythmes sociaux de la vie contemporaine tendent à instaurer l’urgence comme une temporalité ordinaire. L’urgence imprègne l’espace public, le monde du travail, l’espace marchand. Signe pour certains de l’existence d’une époque « hyper moderne » ou « sur moderne », l’urgence serait devenue avec l’excès, la notion de dépassement permanent, un mode dominant de régulation collective.
La volonté de domination et de maîtrise du temps - on parle de « service –minute », de « manager minute » de « vente flash », de « flux tendus », de réactivité – coexiste avec le sentiment de l’existence d’une tyrannie de l’urgence synonyme d’épuisement et de stress professionnel.
Les organisations semblent prises dans un mouvement paradoxal, elles qui voudraient se penser sous le signe du projet, de l’anticipation, de la pro-activité et de la veille stratégique. Si l’urgence est bien le contraire du projet, comme certains l’affirment, vouloir se saisir à la fois de l’urgence et du projet relève du grand écart. Vers quelle métrique du temps s’oriente alors le contrôle de ces processus hautement finalisés que sont les projets ? Leur temporalité dominante semble parfois confiner à l’absurde : à la fois émancipatrice et assujettissante, équivoque ou programmée à l’excès, elle exprime les contradictions apparemment insurmontables du monde contemporain.
Si l’urgence est bien un mode dominant de régulation collective, que penser également de la montée en puissance des pratiques dites de développement durable, conjuguant éthique de la responsabilité et éloge de la pérennité.
L’urgent semble s’opposer au projet, comme il semble s’opposer au durable. Il semble échapper au discours laissant parfois supposer l’existence d’une sorte de « déni de l’urgence » tout en étant fortement valorisé dans l’action.
Qu’en est-il donc de cette forme de temporalité dans les organisations et de son rapport aux pratiques communicationnelles ? Voilà le thème que ce colloque souhaiterait approfondir.

Les rapports entre travail et temporalité font l’objet depuis quelques années d’un certain intérêt, en France notamment, mais aussi aux Etats Unis. Des travaux ont été publiés sur le thème de l’urgence et de la décision notamment. Les questions qui touchent aux formes de communication et à la temporalité semblent plus rarement étudiées. Cette manifestation scientifique voudrait permettre aux recherches menées dans cette direction d’accéder à une plus grande visibilité.
En définissant le champ d’investigation de ce colloque de façon assez large, nous souhaiterions éviter de réduire les interrogations sur le thème de l’urgence et de la communication au domaine de la communication de crise, qui a fait l’objet d’études assez nombreuses. Une analyse provisoire des phénomènes d’urgence nous conduit à définir quatre axes de travail pour structurer la réflexion collective.

1. Premier axe : L’urgence comme mode de régulation sociale
Nouvel impératif et nouvelle forme de temporalité, l’urgence semble s’imposer comme un rythme ordinaire, qui fait de l’accélération continue des pratiques une donnée incontournable de notre environnement. Les pratiques de communication participent de ce mouvement, notamment dans le domaine du travail, en l’autorisant, en l’accompagnant, et, parfois peut-être en lui résistant. De l’urgence objective à l’urgence subjective ou intersubjective, des mutations dans les représentations de l’urgence sont à l’œuvre.

2. Deuxième axe : L’urgence et la dérégulation.
Synonyme de rupture et de non-continuité, l’urgence peut advenir comme un phénomène de dérégulation et de changement auquel il faut faire face. Catastrophes, conflits, bouleversements politiques, les causes peuvent être nombreuses. La rupture ou l’abandon des systèmes de communication ordinaires qu’ils soient de nature technologique ou non, engendrent des perturbations de différentes natures, et l’émergence de pratiques communicationnelles nouvelles. L’existence d’un « risque communicationnel » lié aux situations d’urgence peut être discuté.

3. Troisièrme axe : L’urgence domestiquée
Les professionnels de l’urgence savent au travers d’un certain nombre de protocoles, de procédures, de scénarii, à la fois détecter l’urgence, mais aussi la traiter d’un point de vue communicationnel, voire la programmer. La vie au quotidien avec l’urgence « ordinaire » des services d’urgence montre les modalités d’une professionnalisation des situations d’urgence au sein desquelles les pratiques de communication sont essentielles.

4. Quatrième axe : L’urgence construite et subie, l’urgence instrumentalisée.
L’urgence construite et valorisée à travers ses corollaires, le changement permanent, la flexibilité, l’adaptabilité, la réactivité, sert de cadre de référence à un certain nombre de situations de travail qui sont source d’épuisement professionnel et de stress. La non-prévisibilité devient parfois aussi un instrument de management déstabilisant. L’urgence construite et subie met l’individu en situation « limite » ou parfois en situation d’addiction aux technologies de la communication.

Les propositions soumises devront mentionner l’axe le plus approprié en rapport avec leur sujet.

Modalités de participation :
Envoi des propositions de communication pour le 1er mars 2005
La proposition comprendra 2 éléments :

- Un 1er document ou fichier qui comportera :
Le titre de la communication , 5 mots-clés, l’axe pour lequel la contribution est proposée, votre nom, votre prénom, votre adresse électronique et postale, votre affiliation ou institution de rattachement, une courte présentation sur vos activités de recherche en 10 lignes et enfin une autorisation de mise en ligne du résumé de contribution.

-Un 2ème document ou fichier, anonyme, dont l'intitulé sera le titre de votre communication qui comprendra le résumé de 3000 signes maximum espaces compris.

Les propositions sont à adresser à la fois :
-par courrier en deux exemplaires à GRECO, Colloque « FIGURES DE L’URGENCE ET COMMUNICATION ORGANISATIONNELLE » MSHA, Esplanade des Antilles, 33607 PESSAC cedex
-et par mail (format RTF) à greco@u-bordeaux3.fr

Dans la sélection des communications, seront privilégiés les travaux reposant sur une méthodologie explicite et des données empiriques, ceci sans exclure les contributions de nature théorique et/ou interdisciplinaire susceptibles d’apporter un éclairage au thème traité. Chaque communication sera soumise de manière anonyme à au moins 3 personnes du comité scientifique, constitué de membres du GREC/O, pour expertise.
Les auteurs recevront une réponse du comité scientifique à leur proposition de contribution dans la première quinzaine d’avril.
Les textes définitifs des conférences devront être remis aux organisateurs pour le 1er septembre 2005.

Publications :Les résumés des communications retenues seront mis en ligne avant le colloque sur un site dédié. Des actes seront édités.

Catégories

Dates

  • mardi 01 mars 2005

Contacts

  • Valérie Carayol
    courriel : greco [at] u-bordeaux3 [dot] fr

Source de l'information

  • Valérie Carayol
    courriel : greco [at] u-bordeaux3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Figures de l'urgence et communication organisationnelle », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 01 février 2005, http://calenda.org/189840