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Le travail dans les entreprises sous l’Occupation

Ve colloque du GDR du CNRS " Les entreprises françaises sous l’Occupation "

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Publié le vendredi 11 février 2005 par Natalie Petiteau

Résumé

Ce colloque, 14 ans après le grand colloque de 1992 sur les ouvriers en France pendant la 2e guerre mondiale, vise à mettre en valeur les recherches récentes sur le thème du travail sous l'Occupation, dans une perspective centrée sur le monde de l'entreprise mais élargie à l'ensemble des catégories professionnelles qui y travaillent.

Annonce

Le groupement de recherche (GDR) a pour mission d’étudier les entreprises françaises sous l’Occupation. Quel que soit que le paradigme de référence, il est impossible de ne pas faire du travail un élément essentiel de nos analyses. Cette dimension a déjà été bien présente dans toutes les précédentes manifestations scientifiques organisées par le GDR, qu’il s’agisse des rencontres sur les archives, du colloque de Caen sur l’organisation de l’économie dirigée ou de ceux d’Arras ou du Havre consacrés à des secteurs spécifiques (énergie et transports). Mais, plus de 10 ans après le grand colloque sur Les ouvriers en France pendant la seconde guerre mondiale organisé en 1992, à l’initiative de Denis Peschanski et Jean-Louis Robert, par le Centre de recherche d’histoire des mouvements sociaux et du syndicalisme (devenu CHS du XXe siècle) et l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP), il apparaît intéressant, dans la perspective propre du GDR centrée sur les entreprises et à la faveur du dynamisme historiographique de ces dernières années sur la période, d’y consacrer une manifestation spécifique.
Une réflexion préalable devra être menée sur les sources (archives allemandes, archives administratives et judiciaires, archives d’entreprises, archives syndicales, archives privées, récits autobiographiques, histoire orale) disponibles. De même, un bilan des recherches récentes sur la France de Vichy sera à effectuer, tant pour leurs problématiques, leurs sources, leurs résultats, en se posant la question de la place et du rôle du travail dans cette période.
Si le colloque ne s’intéressera qu’aux entreprises (ce qui exclut notamment les différentes administrations), il les abordera dans toute leur diversité, en s’efforçant notamment d’intégrer des branches moins connues de l’industrie (les industries de consommation, par exemple), ainsi que l’univers des petites et moyennes entreprises. De même, toutes les catégories de salariés seront prises en compte : ouvriers bien sûr, mais aussi employés, contremaîtres, ingénieurs, techniciens et " cadres ".
En dehors des catégories construites en fonction de l’activité, le contexte idéologique a mis en avant d’autres populations à l’identité alors exacerbée, qui seront plus précisément étudiées en tant que telles. La place des femmes sur le marché du travail devra faire l’objet d’un traitement particulier : comment le travail féminin était-il perçu par les différentes forces en présence, quelles ont été les politiques mises en place et la réalité de cet emploi féminin ? Le sort des immigrés économiques et des réfugiés (notamment espagnols), en distinguant selon leurs nationalités plus ou moins maltraitées par l’idéologie nazie, sera également à considérer.
Tout en prenant garde au risque d’anachronisme et sans négliger les apports de l’époque, il conviendrait également de prendre en compte les perspectives ouvertes par les autres sciences sociales dans le domaine du travail. Plus particulièrement, il serait intéressant d’étudier les différents aspects de la souffrance au travail, dont le cumul des facteurs a pu prendre une dimension paroxystique.

Parmi les questions qui méritent aujourd’hui d’être abordées, il est possible de citer, sans prétendre à l’exhaustivité, l’impact de la guerre, de l’Occupation et du régime de Vichy sur :
- les variations de la population active, les différentes formes de chômage, les politiques patronales et publiques de l’emploi ;
- les mobilités volontaires et forcées (sociales, professionnelles, géographiques, en France et vers l’Allemagne) ;
- le droit du travail (notamment dans le domaine des relations individuelles de travail, à partir du contentieux prud’homal) et de la protection sociale et son application;
- l’évolution des statuts professionnels ;
- les nouvelles formes de " représentation " des salariés (comités sociaux de la Charte du travail) et leur contribution au " dialogue social " dans l’entreprise ;
- les rémunérations, salaires, primes et avantages en nature ;
- les prestations apportées par les entreprises (ravitaillement, loisirs, accès à la culture, vacances, etc.) ;
- les conditions de travail (horaires, hygiène, sécurité, santé, etc.) ;
- l’attitude des directions d’entreprise par rapport aux politiques répressives ou racistes de l’occupant et de Vichy et leurs conséquences sur les relations sociales dans l’entreprise ;
- la perception du travail pour l’occupant, dans ses différentes formes, volontaires, subies et forcées, locales et exportées, les pressions exercées et les oppositions manifestées ;- la fréquence, la durée, les formes et les enjeux (grèves patriotiques ou mouvements revendicatifs traditionnels) des conflits de travail ;
- l’importance du changement technique ;
- la productivité et ses évolutions au cours de la période : quel a été notamment l’impact sur les rendements de la dégradation des conditions d’existence et de la malnutrition, de l’absentéisme, ou encore des actions de freinage et de sabotage du travail ?

Conformément aux priorités du GDR, l’accent sera mis sur le cas français, en s’intéressant à ses différentes dimensions géographiques (zones annexée, occupée, non occupée, etc. ; métropole et colonies). À titre complémentaire, des approches comparatives internationales seront toutefois bienvenues. Une comparaison diachronique avec la première guerre mondiale serait également pertinente.

Sélection des interventions
Les propositions d’intervention, d'une page au maximum, comprenant les titres et qualités des auteurs et le rappel de leurs récentes publications, seront reçues

jusqu'au 31 mai 2005

à l’adresse électronique suivante :
gdr2539@ish-lyon.cnrs.fr

Le comité scientifique fera connaître son avis aux auteurs des propositions au plus tard le 15 septembre 2005.

Les interventions orales seront limitées à 20 minutes. Elles pourront être présentées en français ou anglais.

Organisation
Les frais engagés par les intervenants au colloque pour assurer leur déplacement et leur hébergement seront pris en charge par les organisateurs.

Publication
Les actes du colloque feront l’objet d’une publication en volume. Les textes définitifs des interventions devront être remis avant le 31 octobre 2006.

COMITÉ SCIENTIFIQUE
- Christian Chevandier, maître de conférences à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, CHS, membre du conseil scientifique (CS) du GDR, initiateur du colloque
- Hervé Joly, chargé de recherche CNRS au Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA) à Lyon, directeur du GDR
- Philippe Verheyde, maître de conférences à l’université Paris VII Vincennes–Saint-Denis, secrétaire général du GDR
- Dominique Barjot, professeur à l’université de Paris-Sorbonne Paris IV, membre fondateur du CS du GDR
- John Barzman, professeur à l’université du Havre, membre du CS du GDR
- Françoise Bosman, directrice du CAMT, membre du CS du GDR
- Jean-Claude Daumas, professeur à l’université de Franche-Comté, membre du CS du GDR
- Jean-François Eck, professeur à l’université Charles-de-Gaulle Lille 3, membre du CS du GDR
- Patrick Fridenson, directeur d’études à l’EHESS, membre fondateur du CS du GDR
- Olivier Kourchid, directeur de recherche CNRS au CHS
- Jean-Pierre Le Crom, directeur de recherche CNRS, directeur du laboratoire Droit et changement social (Nantes), membre du CS du GDR
- Michel Margairaz, professeur à l’université Paris VIII Vincennes–Saint-Denis, membre fondateur du CS du GDR
- Nicolas Marty, maître de conférences à l’université de Perpignan
- Robert Mencherini, professeur des universités à l’IUFM d’Aix-Marseille
- Denis Peschanski, directeur de recherche CNRS au CHS
- Michel Pigenet, professeur à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, CHS
- Jean-Louis Robert, professeur émérite à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, CHS
- Danièle Rousselier-Fraboulet, maître de conférences à l’université Paris XIII Villetaneuse, membre du CS du GDR
- Sylvie Schweitzer, professeur à l’université Lumière Lyon 2, LARHRA.
- Serge Wolikow, professeur à l’université de Dijon, directeur de la MSH.

Catégories

Lieux

  • Dijon
    Dijon, France

Dates

  • mardi 31 mai 2005

Fichiers attachés

Contacts

  • Hervé Joly
    courriel : Herve [dot] Joly [at] ish-lyon [dot] cnrs [dot] fr

Source de l'information

  • Hervé Joly
    courriel : Herve [dot] Joly [at] ish-lyon [dot] cnrs [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le travail dans les entreprises sous l’Occupation », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 11 février 2005, http://calenda.org/189866