AccueilAutour de Jean-Marie Vincent

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Publié le mardi 01 mars 2005

Résumé

La mort de Jean-Marie Vincent a interrompu un travail de recherche théorique qui s'est développé pendant plusieurs décennies. Nombreux sont ceux qui souhaitent poursuivre, dans les limites du possible, l'étude des problèmes qu'il a abordés dans ses livres, ses articles et son enseignement. C'est rendre l'hommage le plus adapté à la personnalité qui fut la sienne. C'est pourquoi nous organisons un colloque à partir de son oeuvre. Cette initiative sera ouverte à ceux qui ont collaboré avec lui, mais aussi à des chercheurs dont les préoccupations ont croisé les siennes et qui, sans partager nécessairement ses analyses, sont désireux de poursuivre le débat brutalement interrompu.

Annonce

Colloque « Jean-Marie Vincent »

27-28 mai 2005, Université Paris-VIII
Appel à communication

 

 

La mort de Jean-Marie Vincent a interrompu un travail de recherche théorique qui s'est développé pendant plusieurs décennies. Nombreux sont ceux qui souhaitent poursuivre, dans les limites du possible, l'étude des problèmes qu'il a abordés dans ses livres, ses articles et son enseignement. C'est rendre l'hommage le plus adapté à la personnalité qui fut la sienne. C'est pourquoi nous organisons un colloque à partir de son oeuvre. Cette initiative sera ouverte à ceux qui ont collaboré avec lui, mais aussi à des chercheurs dont les préoccupations ont croisé les siennes et qui, sans partager nécessairement ses analyses, sont désireux de poursuivre le débat brutalement interrompu.

 

Jean-Marie Vincent a eu de nombreuses activités. Toutefois, il paraît opportun de mettre l'accent sur la qualité d'enseignant-chercheur qui a été la sienne pendant des décennies. Il a en particulier participé à l'Université Paris-VIII dès sa création : il fut le véritable fondateur du Département de sciences politiques, il fut aussi pendant plusieurs années vice-président du Conseil des études et de la vie universitaire. C'est pourquoi ce colloque est organisé par cette Université, avec le soutien de sa présidence et du Département de science politique. L'invitation à participer aux travaux concerne également son personnel enseignant et administratif ainsi que ses étudiants.

 

Jean-Marie Vincent ne pouvait envisager la vie politique et la production théorique encloses dans les frontières d'une seule nation. Il avait enseigné en Allemagne et participé à de nombreuses initiatives en Europe, en Asie et en Amérique Latine. Le colloque devra donc être largement ouvert à des chercheurs d'autres nationalités.

 

L'objectif du colloque sera de dresser le bilan de l'œuvre de Jean-Marie Vincent, de la confronter avec les recherches d'autres auteurs importants, de discuter des évolutions des sociétés contemporaines et des schèmes théoriques qui permettent d'étudier celles-ci. De cette série de confrontations devrait ressortir la cohérence d'ensemble, l'ouverture et les questionnements d'une pensée qui compte parmi les contributions les plus significatives à la théorie critique contemporaine.

 

Pour faciliter les débats, et malgré le fait que les thèmes soient dans la réalité imbriqués les uns dans les autres, trois axes principaux délimiteront l'espace des discussions.

 

 

A. Critique de l'économie politique, travail et exploitation, fétichisme de la marchandise, formes de l' anticapitalisme

 

Il s'agit de reprendre à nouveaux frais, dans le cadre du capitalisme largement transformé du XXIe siècle, la démarche critique de l'économie politique qui fit l'originalité de Marx. Un accent particulier doit être mis sur l'analyse des rapports sociaux d'exploitation dans le travail salarié et sur l'évolution de celui-ci. Les relations entre travail et travail salarié ont été profondément modifiées, en particulier par la participation croissante des femmes au marché du travail. Quelle analyse peut-on en faire aujourd'hui ? La critique de la constitution de l'économie en sphère hétéronome, qui génère le fétichisme de la marchandise, n'est-elle pas plus actuelle que jamais ? Quelles formes doit-elle prendre à l'heure de la récupération marchande d'une partie de la « critique artiste » par le « capitalisme en réseau » des dernières décennies ? La confrontation avec d'autres approches (Lefebvre, Negri, Gorz...) sera sur ce point nécessaire. Les analyses devront également porter sur l'évolution globale du monde (empire, nouvel impérialisme, mondialisation ?) et sur l'apparition de nouvelles formes de contestation (« mouvement social » en France en 1995, mouvements altermondialistes...).

 

 

B. Critique de l'Etat et des organisations, théorie du pouvoir et de la domination

 

Quelles sont les fonctions de l'Etat dans la situation actuelle, caractérisée par une évolution marquante des rapports de forces entre les classes et groupes sociaux ? Après l'involution des perspectives des mouvements révolutionnaires qui visaient le dépérissement de l'Etat, quelle place convient-il de donner à la politique, au droit, à démocratisation de la gestion publique ? Une recherche systématique sur la nature du pouvoir s'impose, qui prenne en compte les travaux les plus contemporains qui ont été élaborés sous l'influence des sinistres développements du siècle, en particulier par Michel Foucault.

 

Les institutions et les organisations qui se présentaient comme étant au service des intérêts d'une classe ou d'un groupe ont trop souvent fini par confisquer le pouvoir qu'elles étaient censées recevoir de leurs mandants. Le débat sur le totalitarisme ne saurait être écarté, mais il ne saurait se mener fructueusement en l'absence d'études portant sur l'évolution des partis et organisations de la gauche occidentale (en particulier de matrice bolchevique ou léniniste) et sur des questions plus générales : fonctionnement des organisations bureaucratiques, professionnalisation de la politique, clôture du système institutionnel sur lui-même, crise de la représentation et recherche d'alternatives « participatives » ou « mouvementistes »... On parviendra ainsi à une vision plus aiguë du fonctionnement des institutions dans les Etats à constitution démocratique parlementaire (des Etats-Unis ou la France « chiraquienne »). Dans une large mesure, il s'agit d'adapter aux conditions de notre époque un fil de recherche théorique initié par Robert Michel ou Max Weber.

 

 

C. Cadres théoriques : Marx au-delà des marxismes, théorie critique

 

Pour rendre compte des transformations de la société, pour définir un « nouvel anticapitalisme », il n'est plus possible de faire confiance à une théorie globale ayant la valeur d'une vision du monde. Les cadres théoriques restent, dans une vaste proportion, à élaborer. Le travail dans ce domaine passe par une confrontation avec Marx, avec ses forces et ses contradictions, et par une critique des incarnations plus ou moins déformatrices qui ont reçu le monde marxisme. Mais il implique aussi une analyse des apports d'autres chercheurs, comme Max Weber par exemple. L'itinéraire théorique de Jean-Marie Vincent et le rôle historique joué par certains groupes d'intellectuels implique, dans le cadre de ce colloque, d'accorder une priorité à la discussion de la théorie critique de l'Ecole de Francfort, de Walter Benjamin à Adorno en passant par Habermas ou Honneth. D'autres courants ou penseurs, comme Pierre Bourdieu, pourront cependant être abordés.

Jean-Marie Vincent n'a guère abordé certaines théories ou, s'il l'a fait, c'est sans insister sur leur portée. C'est le cas de la psychanalyse, qui doit trouver sa place dans nos échanges, en particulier à propos de ce que peut apporter sa méthode à la recherche historique et sociologique. De la même manière, la domination masculine et les rapports de genre, qui constituent un élément décisif de la structuration hiérarchique de la société, devront être traités en tant que tel.


L'exposé des grands thèmes du colloque n'a pas valeur de programme. Il s'agit simplement d'une indication des questions qu'il serait souhaitable d'aborder, en maintenant l'équilibre entre l'analyse de la pensée de Jean-Marie Vincent et celle des problèmes que pose aux sciences sociales et à la philosophie le monde actuel. Celles et ceux qui souhaitent présenter une communication devront en présenter le titre et un court résumé.

 

Le colloque se déroulera en quatre moments. Les trois premiers correspondront aux trois thèmes ici proposés. Le quatrième sera consacré à une synthèse.

 

 

Un bref résumé de la communication doit être rendu avant le 15 mars.

 

 

Pour l'Université de Paris 8 : Pierre-Yves Chapeau, Daniel Lindenberg, Yves Sintomer Pour la revue Variations : Denis Berger, Alex Neumann, Jan Spurk.

Lieux

  • Saint-Denis, France (93)

Dates

  • mardi 15 mars 2005

Contacts

  • Hayat LARBI
    courriel : lhayat75 [at] homtmail [dot] com

Source de l'information

  • Hayat LARBI
    courriel : lhayat75 [at] homtmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Autour de Jean-Marie Vincent », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 01 mars 2005, http://calenda.org/189921