AccueilSécurité européenne : Frontières, glacis et zones d’influence de l’Europe des alliances à l’Europe des blocs

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Publié le mardi 15 mars 2005 par Claire Lemercier

Résumé

Ce colloque se tiendra aux Ecoles militaires de Saint-Cyr - Coëtquidan le 14 décembre 2005. Nous souhaiterions que les propositions de contribution nous parviennent avant le 15 mai.

Annonce

Sécurité européenne : Frontières, glacis et zones d’influence de l’Europe des alliances à l’Europe des blocs (fin XIXe siècle-milieu XXe siècle)


Ce colloque se tiendra aux Ecoles militaires de Saint-Cyr - Coëtquidan le 14 décembre 2005. Nous souhaiterions que les propositions de contribution nous parviennent avant le 15 mai 2005.



Au cœur des relations diplomatiques et militaires européennes, la délimitation des territoires influence directement les questions de sécurité internationale et de règlement des conflits. Séparation stricte ou voie de passage, la frontière reste le point de contact entre deux Etats, mais elle peut prendre l’aspect plus large et moins clairement défini d’un espace conçu comme base de rayonnement ou comme glacis protecteur.

A la fin du XIXe siècle, le système diplomatique européen reposait sur la notion d’un équilibre destiné à écarter le danger d’une conflagration générale. Le moyen d’y parvenir était de contenir les problèmes locaux que pouvaient causer les litiges territoriaux et les revendications nationales. Dans le domaine colonial, les rivalités entre puissances devaient également se trouver limitées par la négociation (conférence de Berlin de 1885) et l’établissement de zones de partage.

Au sortir de la Première Guerre mondiale, dont le déclenchement avait marqué l’échec du « concert des nations », les vainqueurs voulurent régler les problèmes territoriaux sur les décombres des anciens empires en définissant de nouvelles frontières. Les questions de puissance et d’influence nationales devaient être traitées dans le cadre de la mise en place d’un nouvel ordre politique sur le continent. Mais l’échec de 1939 montra l’impossibilité de parvenir à une résolution durable de ces questions, face aux exigences des intérêts particuliers des nouveaux Etats et des grandes puissances.

A partir de 1945, la création d’un ordre mondial bipolaire et le déclenchement du mouvement de décolonisation donna une nouvelle ampleur au problème. Pour les blocs menés par les Etats-Unis et l’URSS, zones d’influence et glacis protecteurs marquaient le cadre de « Guerre froide ». Le problème des frontières se trouva de fait gelé en Europe, pendant que les pactes de sécurité régionaux marquaient les zones d’influence des deux superpuissances. Cependant, avec la décolonisation, le problème des frontières entre Etats nouvellement indépendants devait se poser avec acuité et constituer le germe d’une instabilité croissante.

Quatre axes d’études ont été retenus :

Frontières et opérations militaires

L’étude des rapports entre frontières et opérations militaires ne peut se limiter au temps de guerre. Une telle étude nécessite de s’interroger d’une part sur la manière dont on envisage, dès le temps de paix, la défense des frontières ou leur utilisation dans le cadre d’une guerre offensive et, d’autre part, sur les mesures qui sont prises pour les équiper : fortifications, glacis, routes et voies ferrées stratégiques, etc. En définitive, les frontières du temps de paix relèvent de notre sujet, dès que leur rôle dans une guerre future est envisagé du point de vue opérationnel. Le rôle des frontières en temps de guerre constitue la suite logique de la préparation du temps de paix.

A la manière dont sont effectivement utilisées les fortifications ou lignes de défenses – qui sont aménagées dès le temps de paix – s’ajoutent d’autres domaines d’investigation comme les nouvelles frontières que constituent les fronts qui, très souvent, ne correspondent plus au tracé des frontières du temps de paix. Doit également être abordée la question des lignes de démarcation et autres séparations répondant à des impératifs militaires.

Frontières ouvertes – frontières fermées

Césures symboliques de l’espace, les frontières se matérialisent ou se subtilisent selon des modalités prégnantes ou discrètes d’une infinie variété. La frontière a besoin d’être matérialisée d’autant plus nettement que le pouvoir politique entend la rendre plus imperméable aux échanges économiques, aux influences intellectuelles ou à la circulation des personnes. En fonction de l’objectif fixé par les autorités, il convient de s’intéresser aux obstacles édifiés pour limiter – voire empêcher – le franchissement de la frontière, aux incidences de ces constructions sur la vie quotidienne des populations riveraines, à leur efficacité et à leur contournement éventuel. Le discours du pouvoir sur les frontières de l’Etat, qu’il s’efforce de justifier leur degré d’étanchéité ou de produire dans l’opinion un sentiment de sécurité, mérite une attention particulière.

A l’inverse, le pouvoir politique peut chercher à estomper la ligne frontière existante jusqu’à la faire disparaître. Les raisons qui président à l’effacement du cadre territorial demandent à être analysées. Il peut s’agir d’un projet expansionniste (pangermanisme, panslavisme, irrédentisme italien…), de la volonté de donner corps à une idée de nation (comme ce fut la cas pour la naissance de la Yougoslavie) ou d’un cheminement vers une construction supranationale. Les modalités de chacune de ces expériences et leur évolution, la perception de ces modifications par les populations de part et d’autre de la frontière, l’inscription des individus dans le cadre territorial élargi et la valorisation d’une nouvelle identité sont autant de points sur lesquels le sujet invite à se pencher.

Zones occupées – zones contestées.

Jusqu’en 1919, Etats nations, nations sans Etat (Norvégiens, Finlandais, Polonais) et Etats multinationaux (Autriche-Hongrie, Russie, Turquie…) coexistent. La création de nouveaux Etats, attire les convoitises des grandes puissances et bouleverse des équilibres territoriaux précaires. Chaque Etat a, pour des raisons stratégiques (frontières « naturelles », accès à la mer), économiques (défense de ses intérêts, accaparer de nouvelles richesses), idéologiques ou culturelles (nationalismes, religions) la volonté de redéfinir ou tout au moins préciser le tracé de ses frontières.

Sur quoi se fondent ces revendications et existe-t-il des conditions qui en favorisent l’expression voire la réalisation (crise économique, montée des nationalismes, progression des totalitarismes) ? L’occupation est-elle le fait des puissants et la contestation celle des plus faibles ? Prépare-t-on les opinions publiques de part et d’autre à une éventuelle intervention ? Comment et pourquoi passe-t-on de la revendication sur certaines provinces à leur occupation de fait ? L’occupation se fait-elle sur le mode de ce qui se passe dans les colonies : administration directe, protectorat ou mode semi-colonial ? Quelles sont alors les conséquences pour les populations locales (mouvements migratoires) ? Comment est perçue cette occupation chez l’occupant et l’occupé ? Quelles sont les procédures de recours des Etats lésés ? Dans le contexte de l’expansion coloniale, l’échange de certains territoires et la reconnaissance mutuelle des droits particuliers d’Etats concurrents (France/Grande-Bretagne – Maroc/Egypte), constituent-ils une voie intermédiaire satisfaisante pour éviter l’escalade ? Comment les opinions européennes perçoivent-elles ces problèmes et quelles sont les solutions proposées pour y remédier ?

Aires d’influence et stratégie culturelle

L’influence d’une nation est une réalité fluctuante, puisqu’elle synthétise différents types de rayonnement (commercial, militaire, éducatif, religieux…) qui n’ont généralement pas tous la même intensité ni la même extension spatiale. Protéiforme par définition, l’influence admet des dégradés ; elle peut susciter des résistances locales ou se heurter à des forces concurrentes. A ces égards, l’aire d’influence diffère profondément de l’aire étatique, théoriquement délimitée par une frontière stricte au sein de laquelle l’Etat jouit d’un monopole juridique et administratif. Quant à la stratégie culturelle, on peut la définir comme l’ensemble des décisions par lesquelles un Etat fédère ses divers modes de rayonnement afin de créer, de maintenir ou d’étendre une zone d’influence. Un tel résultat peut être obtenu par des dispositifs émanant directement de lui (prêts financiers, missions militaires, accords de développement…), ou par des organismes bénéficiant de son appui (instituts culturels, scolaires et universitaires, missions religieuses, maisons de commerce…). On s’attachera à décrire ces stratégies et à évaluer leur portée : dans quelle mesure réussissent-elles à modeler les comportements et les mentalités dans les zones où elles s’exercent ? Ces comportements et mentalités contribuent-ils dès lors à créer une solidarité diplomatique entre les zones réceptrices et le pays émetteur ? Existe-t-il enfin une grammaire des luttes d’influence ?

Lieux

  • Guercif, Maroc

Dates

  • dimanche 15 mai 2005

Mots-clés

  • frontière, guerre, occupation, territoire

Contacts

  • Thebault Frédéric
    courriel : frederic_thebault [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • UR Histoire CREC - St-Cyr ~
    courriel : frederic_thebault [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Sécurité européenne : Frontières, glacis et zones d’influence de l’Europe des alliances à l’Europe des blocs », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 15 mars 2005, http://calenda.org/189980

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