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Imaginaire, territoires et sociétés

Ecole d'été de géographie sociale

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Publié le mercredi 16 mars 2005 par Natalie Petiteau

Résumé

Annonce

L’appel à la réflexion

Pour ceux qui ne connaissent pas encore cet événement scientifique, les journées de l’école d’été de géographie sociale marquent un rendez-vous fort de la réflexion et du débat sur des problématiques majeures chères aux sciences sociales.

Lors de sa dernière session organisée les 23 et 24 septembre 2004 par le CIRUS-Cieu de l’Université Toulouse-Le Mirail, l’école d’été avait choisi pour thème principal la question du « temps et des territoires ». Pour son édition 2005, le GREGAU (Groupe de REcherche en Géographie Aménagement, Urbanisme) et l’UMR 5045 « Mutations des territoires en Europe » de l’Université Paul Valéry de Montpellier proposent d’explorer les rapports entre « imaginaires, territoires et sociétés ».

L’imaginaire, le territoire et la société sont des notions d’une grande richesse interprétative se prêtant usuellement au jeu de combinatoires multiples. Cela se vérifie par exemple dans la vie quotidienne où se créent régulièrement d’importants décalages entre ce que l’on souhaitait et ce qui advient vraiment. Pourtant, au-delà des apparences, peut-on envisager que ces objets théoriques entretiennent entre eux des voisinages conceptuels opérants, capables de constituer un dispositif d’analyse fécond pour l’étude générale des faits sociaux (Jean-Michel Berthelot, 2001) ?

Terrain d’exploration des débordements de l’esprit, l’imaginaire n’est cependant pas un monde à part. Son inscription dans le réel est incontournable, ne serait-ce qu’au travers du langage et des mots que l’esprit manipule. S’opère ensuite la rencontre avec le territoire, l’espace de vie qui retrace « les itinéraires, les cheminements au fil desquels chacun de nous invente son quotidien (Guy Di Méo, 1998) ». Par la faculté de se représenter des images et de les combiner entre elles pour en créer de nouvelles, l’homme et les groupes humains projettent leurs désir dans l’espace et le temps. Ce faisant, ils cherchent, inventent, composent, retenant souvent ce qui marche, fonctionne et satisfait. En cela l’on peut dire que les hommes ne se contentent pas de vivre en société, « ils produisent aussi de la société pour vivre (Maurice Godelier, 1989) » donc de l’espace pour vivre en société.

A partir de cette brève entrée en matière, le questionnement pourrait s’articuler autour des manières de penser « l’étendue de l’agir (Martin Heidegger, 1986) » et/ou ce qui relève plutôt des manières d’y vivre. Cela suppose probablement de s’interroger en même temps sur les représentations, les images, les discours, mais aussi à propos du vécu des pratiques et des usages qui y sont associés. De là, une attention particulière pourrait être portée aux adéquations entre ce qui relève de la pensée et du dire, de l’être et du faire, du projeter et du vécu, du souhaité, du souhaitable ou encore du possible…

Pour approfondir ces interrogations, l’école d’été 2005 propose de décliner la thématique principale autour de quatre grandes orientations problématiques qui feront l’objet d’ateliers de travail spécifiques. Une place privilégiée sera accordée à l’approche des villes et des sociétés urbaines.

Ø Utopies urbaines, « ville rêvée », « ville possible »…

Ø Culture de l’image, « ville virtuelle », hyperréel, métaphores…

Ø Discours, représentations, identités urbaines…

Ø Imaginaire environnemental et géographie sociale

Un premier axe aborde le thème des utopies urbaines ou comment la vision de la ville idéale rencontre-t-elle la réalité du territoire vécu ? Faire et refaire la ville : quelles leçons pour la politique de la ville et quelles perpectives pour un imaginaire habitant ? Voilà qui questionne les outils, les méthodes et surtout les principes de mixité sociale urbaine et de durabilité. Un deuxième axe permet de poursuivre l’exploration des territoires virtuels produits d’une société et d’une culture de l’image. « Ville théâtre », « ville musée », « ville virtuelle », comment ces modèles sont-ils mis en scène et participent-ils de la construction des imaginaires spatiaux ? Un troisième axe pose la question de l’identité et du rapport au lieu. On se demandera comment les discours et les idéologies fabriquent de l’identité territoriale et quelle(s) urbanité(s), sont possible(s) entre citoyenneté et citadinité. Un dernier axe invite enfin la géographie sociale à traiter de l’imaginaire environnemental, notamment en l’érigeant comme un enjeu épistémologique, théorique, méthodique et méthodologique, concernant en particulier la ville et ouvert par ailleurs sur d’autres thématiques (sports de pleine nature,…).

Objectifs scientifiques et pédagogiques


L’école d’été de géographie sociale constitue aujourd’hui pour de nombreux chercheurs et enseignants un moment fort de la réflexion et du débat scientifique. Fidèles à ce qui s’est déjà fait par le passé, les journées de l’école d’été 2005, souhaitent inscrire ce rendez-vous dans la continuité d’une double finalité, à la fois théorique et méthodologique :

§ théorique d’abord, dans le but de produire des éclairages et des réflexions concrets visant à mieux comprendre les rapports complexes et changeants que les sociétés humaines nouent avec l’espace. Et plus précisément, de s’interroger sur les manières dont les sociétés produisent de l’espace pour vivre en société.

§ et méthodologique ensuite, en choisissant une démarche constructiviste permettant d’opérer oralement la déconstruction du sens des objets conceptuels en vue de proposer leur reconstruction. « L’oralité » permet en effet des remises en questionnement, invitant à la formulation de considérations concrètes, étayées par des expériences de terrains capables de donner du sens à ce qui nous entoure, et qui permettent aussi d’agir.

Dans ses objectifs pédagogiques, l’école d’été vise à favoriser la prise de parole en public. Parler devant les autres n’est pas chose facile et les jeunes chercheurs se heurtent souvent à la peur d’être contredit. A l’inverse, lorsque l’on a déjà une pensée bien structurée, il peut être parfois difficile d’admettre sa remise en question. Voilà pourquoi le déroulement des journées mettra l’accent sur un mode d’organisation conviviale, privilégiant le contact et l’expression orale des participants et sera attentif à créer des synergies entre les participants.

Pour cette nouvelle session, et afin d’aller plus loin dans la mise en perspective des regards et des connaissances sur cette problématique de l’imaginaire et des territoires, nous invitons aussi cette année autour de la table, des chercheurs, des enseignants et des intervenants qui s’interrogeront sur ce thème mais avec des approches et dans des cadres de recherche différents (sciences sociales, opérateurs publics, privés, décideurs,…). Cette démarche nous semble en effet offrir la possibilité d’alimenter les discussions et les débats et donner ainsi à cette session une dimension pluridisciplinaire dont nous espérons qu’elle permettra d’enrichir les conceptions et les réflexions de chacun.

Les actes de la session seront ensuite publiés par l'université d'accueil.

Le public visé


L’école d’été de géographie sociale est un rendez-vous scientifique qui s’adresse aux nombreux laboratoires impliqués dans la recherche en géographie sociale ainsi qu’à tous les chercheurs préoccupés par les questionnements et les problématiques des sciences humaines et sociales.

Plus précisément, il s'agit de réunir durant deux jours, des doctorants, post-doctorants, des jeunes chercheurs et des chercheurs confirmés, mais également des enseignants, des professeurs et des maîtres de conférence venus de toute la France pour débattre et échanger des regards et des perpectives autour d’un thème de recherche principal.

L’organisation des journées


Le déroulement des journées s’organise autour de plusieurs moments forts qui ponctuent le temps de la réflexion et proposent de créer les conditions d’un débat ouvert et constructif :

Première journée : Jeudi 1er septembre 2005

Matinée : accueil des participants et ouverture des journées C’est un moment important où chacun pourra se présenter et expliciter, dans leurs grandes lignes, ses préoccupations de recherche. La convivialité se poursuivra autour d’un repas commun.

Après-midi : « brain-storming » sur les concepts. Plusieurs intervenants se succéderont pour un tour d’horizon des manières d’aborder les notions d’imaginaire, de culture, de représentations, de territoire, d’identité, de ville ou de sociétés urbaines (…). Suivra le temps du débat et des échanges d’idées.

Deuxième journée : Vendredi 2 septembre 2005

Matinée : mise en place des ateliers thématiques en groupes séparés. Animés par un médiateur et ponctués par les interventions des plus jeunes chercheurs, ce sont des moments de travail privilégiés au cours desquels chacun est amené à prendre la parole pour exprimer ses idées, confronter ses expériences et réagir à d'autres points de vue.

Après-midi : le temps des synthèses et des tables rondes où tout le monde se retrouve. Chaque atelier présentera le cheminement de sa réflexion et les perspectives qui en ressortent, invitant chacun à réagir et à poser des questions qui ouvriront sur une discussion et des débats. Préparation de la session 2006.

Dernière demi-journée : Samedi 3 septembre 2005

Matinée : sortie sur le terrain et visite de Montpellier : découverte d’une métropole et de son projet urbain. Repas de fin de session.

L’appel à contribution

L’école d’été de géographie sociale lance dès à présent un appel à contribution afin d’élaborer la trame de la réflexion. Les propositions seront soumises à un comité de lecture. Il est demandé des interventions courtes (15 minutes max.) présentant des approches qui interrogent et mettent en perspective les concepts d’imaginaire, de culture, de représentation, de territoire, de ville ou de sociétés urbaines. Sont sollicitées ici autant les recherches des géographes que d’autres travaux issus d’autres disciplines des sciences sociales.

Merci de bien vouloir nous faire parvenir vos propositions avant le 15 mai 2005 et les textes définitifs avant le 30 juin 2005.


Pour de plus amples informations concernant les modalités d'inscriptions, rendez-vous sur le site Internet de l'UMR 5045 "Mutations des territoires en Europe " : http://alor.univ-montp3.fr/MTE/ (rubrique colloques)



Catégories

Lieux

  • La Grande Motte
    La Grande-Motte, France

Dates

  • dimanche 15 mai 2005

URLS de référence

Source de l'information

  • Stéphane Villepontoux
    courriel : stephane [dot] villepontoux [at] univ-montp3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Imaginaire, territoires et sociétés », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 16 mars 2005, http://calenda.org/189992