AccueilLe plurilinguisme au Moyen Âge. Orient/Occident

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Publié le vendredi 18 mars 2005 par Natalie Petiteau

Résumé

Annonce

Les Groupes de recherche de Langue et Littérature d’Oc et d’Arts et Littératures Occident-Orient (CNRS UMR 8092) organisent un colloque, consacré au plurilinguisme à l’époque médiévale (Orient / Occident), intitulé :




LE PLURILINGUISME AU MOYEN AGE ORIENT / OCCIDENT



Qui aura lieu les



Mercredi 22, jeudi 23, vendredi 24 et samedi 25 juin 2005
salle Louis Liard
en Sorbonne


Pour tout renseignement

secrétariat
:

Corinne Goupil
28, rue Serpente, 75006 Paris
corinne.goupil@paris4.sorb.fr
et
Jorge de Vilhena
16, rue de la Sorbonne, 75005 Paris
tél. + fax : 01-40-46-27-44
ceroc5@hotmail.com

UMR 8092, Etude et édition de textes du Moyen Âge

Univ. Paris IV – Sorbonne. 1, rue Victor-Cousin

75005. Paris. Directrice : Jacqueline Cerquiglini-Toulet


Présentation

Ce colloque international et transdisciplinaire, organisé par l’UMR 8092, « Etude et édition de textes du Moyen Age », sous la direction de Suzanne Thiolier (professeur émérite à Paris IV – Sorbonne) et de Claire Kappler (C. R., CNRS, UMR 8092), se tiendra dans les locaux de l’université Paris IV - Sorbonne durant quatre jours, du 22 au 25 juin 2005 : il réunit d’ores et déjà 32 conférenciers venant de neuf pays, tous représentants de leur université.

Soit Israël : 1 participant, Espagne : 2, Italie : 4, USA : 3, Canada : 3, Allemagne :1, Angleterre : 4, Brésil :1, Suisse : 1 ; la France réunit 13 participants.

Cet intérêt des chercheurs internationaux et venant de diverses disciplines s’explique par le choix des axes de recherche qui portent à la fois sur le Moyen Age européen et sur le Moyen Age proche-oriental, dont les relations méritent d’être encore précisées et approfondies. Nous envisagerons, dans les deux champs de recherche, Europe et Proche-Orient :

1-Les textes fondateurs (La traduction du Coran, Abélard, Raymond Lulle, Matfre Ermengaud, Frédéric II)

2- Langues et civilisations en contact : Les civilisations plurilingues (L'Angleterre, La Sicile, L’Espagne, la France du Sud) ; traducteurs et traductions (les traducteurs juifs en France, Italie et Espagne, les savants byzantins) ; grammairiens et linguistes (aux sources de la linguistique romane, Dante, le De Vulgari Eloquentia, Brunet Latin).

3- Le plurilinguisme comme objet littéraire : du plurilinguisme en poésie (la barbarolexie, les troubadours) ; le langage des animaux, la langue de la prophétie, langue et musique.

Depuis le mythe de la tour de Babel, le langage n’a cessé d’être au centre de la pensée médiévale occidentale. Or la structure en escaliers de cette tour en fait, dans l’iconographie médiévale, le pendant diabolique de la montagne du Purgatoire.

La seule langue possible, la langue sacrée, celle qui est fixée, qu’on doit apprendre sans l’altérer, c’est le latin. Comme le grec, il est la langue sacrée, celle qui unit Dieu et les hommes.

Mais, quand la grande mystique Hildegarde de Bingen veut évoquer la langue du Paradis, elle doit l’inventer à partir des langues sacrées et utilise un lexique d’où le verbe, marque de la temporalité, est exclu.

Si on veut véritablement comprendre la culture médiévale, il faut étudier les relations qui s’établirent entre le latin et les langues maternelles. Le latin se caractérise alors par l’ordre, la fixité de ses règles et la systématique de la grammatica. Les langues vernaculaires, au contraire, représentent un certain désordre, sont en rivalité les unes avec les autres pour la domination culturelle. Et cette histoire, infiniment complexe, est au cœur de bien des œuvres.

Dans ces conditions, le traducteur, appelé « latinier », aura un rôle de première importance. Il met au contact Orient et Occident. Faut-il rappeler que la première traduction du Coran, faite en latin, fut achevée en 1141, sous l’influence de Pierre de Cluny ?

Et ils sont nombreux à connaître des langues étrangères ; le pays de la Reconquista jouera là un rôle de premier plan, avec ses traducteurs juifs au contact de la civilisation arabe. La langue cachée, codée, n’est pas inconnue des troubadours eux-mêmes. Et la langue suprême, celle des mystiques, n’est-elle pas le silence ?

Le propos de ce colloque sera de faire dialoguer Orient et Occident en évoquant d’abord les auteurs et les textes fondateurs. Un Raymond Lulle en est la figure emblématique ; grâce à lui, le Concile de Vienne (1311-1312) décida de faire enseigner l’hébreu, l’arabe et le chaldéen dans les universités de Rome, Bologne, Salamanque, Paris et Oxford.

Les chercheurs orientalistes invités à ce colloque nous présenteront leurs propres vision et expérience du plurilinguisme dans toutes les formes de transmission qu’ils ont pu observer à l’intérieur de l’ensemble des cultures du Proche-Orient, entre les cultures du Proche-Orient et celles l’Europe médiévale, entre les cultures du Proche-Orient et celles de l’Asie plus lointaine.

Au-delà de l’aspect linguistique proprement dit, la « langue des anges », la langue du secret en mystique font également partie de notre champ de recherche.

Étant donné le champ d’investigation proposé, qui offre véritablement une étude transversale et pluridisciplinaire, faisant intervenir philosophes, historiens, linguistes et littéraires d’orient et d’occident, il est essentiel d’ouvrir le débat à un large public, de donner aux travaux de ce colloque la plus grande diffusion possible et d’accorder aux organisateurs les crédits nécessaires non seulement au bon déroulement de cette manifestation mais aussi à la possibilité même de sa mise en oeuvre.

La transdisciplinarité et l’ouverture sur des perspectives européennes aussi bien que le dialogue Orient-Occident situent ce colloque dans l’axe le plus proche des recommandations de la Direction Scientifique. Ce colloque a aussi son utilité dans un cadre d’actualité : le rapprochement des personnes invitées, des publics concernés, autant que celui des disciplines pourrait permettre d’apporter une meilleure compréhension entre des cultures qui, présentement, ont bien du mal à dialoguer… sans doute parce qu’elles se connaissent mal et qu’elles ne parlent, à aucun degré, les mêmes langues !

Suzanne Thiolier-Méjean
Claire Kappler

PUBLIC CIBLÉ : Les chercheurs et enseignants-chercheurs du Moyen Âge européen et proche-oriental.

- Les doctorants de diverses disciplines (littérature, histoire, philosophie, linguistique) et divers domaines linguistiques. Les jeunes docteurs.

- Des chercheurs confirmés mais n’ayant pas de poste actuellement (plusieurs d’entre eux feront d’ailleurs une communication au colloque).

- Le grand public, auprès duquel l’information sera faite de façon plurielle (sites web de Paris IV et du CNRS), annonces dans de grands quotidiens, mailings réunissant les fichiers de plusieurs collègues, organes de diffusion propres au CNRS, et conférences mensuelles tenus par notre UMR qui prépareront le terrain pour ce colloque.

ORGANISATRICES DU COLLOQUE :

Suzanne THIOLIER-MÉJEAN (Professeur émérite Univ. Paris IV - Sorbonne)

Courriel personnel : thiolier.famille@club-internet.fr

Claire KAPPLER (Chargée de recherche, CNRS, UMR 8092)

Courriel personnel : kappler.claire@wanadoo.fr

Le plurilinguisme au Moyen Âge Orient - Occident

22, 23, 24 et 25 juin 2005

En salle Louis Liard

Communications

Occident


Aslanov, Cyril (Univ. hébraïque de Jérusalem)
« Caspi et les Juifs de Provence ».

Badia, Lola (Univ. de Barcelone, Espagne)
« L’Altérité de la littérature de Raymond Lulle et son Art general ».

Carruthers, Leo (Univ. de Paris-Sorbonne)
« Les Iles Britanniques, kaléidoscope linguistique dans l’optique de Bède le Vénérable »

Chiurco, Carlo, Carlo (Univ. de Venise, Italie)
« Alan of Lille and the Quest for the perfect Theological Language ».

Cunha, Viviane (Univ. fédérale de Minas-Gerais, Brésil)
« Le plurilinguisme comme procédé stylistique dans la poésie médiévale galicienne-portugaise ».

Ferrante, Joan (Univ. de Columbia, USA)
« Le plurilinguisme chez quelques femmes écrivains du XIIe siècle ».

Guimbard, Catherine (Univ. de Paris-Sorbonne)
« Le ‘vulgaire’ pourquoi faire ? »

Hershon, Cyril (univ. of the West of England)
« Les ibn Tibbon, dynastie de traducteurs »

Liguori, Pierre (Paris)
« Langage symbolique et réalisation spirituelle dans la Divine Comédie de Dante ».

Ménard, Philippe (Univ. Paris-Sorbonne)
« Réflexions sur le mélange des langues dans les diverses versions du texte de Marco Polo » ».

Musco, Alessandro (Univ. de Palerme, Italie)
« The Stupor mundi : cultures and differences between Sicily and mediterranean World ».

Pfister, Max (Univ. de Sarrebruck, Allemagne)
« Le bilinguisme de Brunetto Latini : le Livre du Trésor ».

Ricketts, Peter (Univ. de Birmingham, Grande-Bretagne)
« l'Elucidari et ses trois versions, latine, française et occitane »

Schulze-Busacker, E. (Univ. de Montréal, Canada)
« Un poète anglo-normand méconnu : les thèmes orientaux, classiques et post-classiques chez Chardri ».

Short, Ian (Birkbeck College, Londres, Grande-Bretagne)
« Le plurilinguisme de la société anglo-normande »

Spaggiari, Barbara (Genève, Suisse)
« Le thème de l'aura : de la poésie préislamique à celle des troubadours »

Thiolier-Méjean, S. (Univ. de Paris-Sorbonne)
« Le langage du perroquet dans quelques textes d’oc et d’oïl ».

Wilkins, Nigel (Univ. de Paris-Sorbonne)
« Le plurilinguisme dans le contexte musical au Moyen Age ».

Wolfson, Elliot (New York University, USA)
« Corpus glorificatum et la langue des anges dans l'ésotérique juive ».

Orient

Antonovich, François (Paris)
« Le plurilinguisme au Caire ».

Benaïssa, Omar (Paris)
« Le bourdonnement des anges en littérature iranienne ».

Cassarino, Mirella (Univ. de Catane, Italie)
« Réflexions sur l’arabe de Sicile dans l’œuvre d’Ibn Makki ».

Fouchécour (de), Ch.-H (Univ. de Paris-III)
« Les Iraniens musulmans premiers traducteurs du Coran (Xe-XIIe siècles) : du calque de l’arabe au commentaire en persan ».

Kappler, Claire (CNRS Paris)
« Les voyageurs latins en Asie : faits et méfaits des interprètes.».

Nouri-Ortega, Manijeh (Univ. de Toulouse)
« Du langage des oiseaux au langage de Dieu, essai sur La conférence des oiseaux, œuvre mystique persane du XIIIe siècle ».

Palleja de Bustinza, Victor (Univ. d’Alicante, Espagne)
« Un cas de métaphore partagée entre Raimond Lulle et Muhyiddin Ibn Arabi ».

Spallino, Patrizia (Univ. de Palerme, Italie)
« Le langage philosophique de Frédéric entre philosophie et soufisme dans les Questions siciliennes de Ibn Sab'in ».

Subtelny, Maria (Univ. de Toronto, Canada)
« Le livre de l’échelle de Mahomet : traductions occidentales et sources orientales ».

Tajadod, Nahâl (Paris)
« La transmission des textes manichéens en Chine ».



Catégories

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • mercredi 22 juin 2005

Source de l'information

  • URHM #
    courriel : urhm [at] ulb [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« Le plurilinguisme au Moyen Âge. Orient/Occident », Colloque, Calenda, Publié le vendredi 18 mars 2005, http://calenda.org/190010