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Le goût comme enjeu du capitalisme

publication d'un ouvrage collectif

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Publié le vendredi 25 mars 2005 par Inès Secondat de Montesquieu

Résumé

Annonce

Le goût comme enjeu du capitalisme

Ce projet de recherche de l’Institut français de la mode et de publication d’un ouvrage collectif puise sa justification dans l’inscription du goût au cœur du consumérisme. Lorsqu’on sait que les marchandises consommées répondent moins à des propriétés utilitaires, fonctionnelles, qu’à des motivations immatérielles, aux loisirs et à la consommation culturelle, le capitalisme vise alors moins à produire des objets qu’à susciter, exciter, des goûts et des désirs (notamment en scénarisant l’acte de consommer et en usant de ressorts esthétiques).

Tout en contribuant à redessiner les contours du goût et de l’esthétique, l’investissement marchand de la sphère subjective se concentre sur le champ des désirs, des passions, des imaginaires, des souvenirs ou des émotions. Se pose entre autre problème celui de la contribution de l’individu à l’élaboration de ses goûts, ou au contraire, dans une perspective plus idéologique, la réduction du goût des individus à leur position sociale.

Loin d’être définitivement soldée par les travaux de Bourdieu, la question du goût, qui exige la reconstruction d’une trame historique, est aujourd’hui au carrefour de préoccupations culturelles, individuelles et économiques, mais aussi l’épicentre de questions et de tensions sociales et politiques majeures. Les possibles orientations des textes :

1) Histoire du goût : Esthétique et goût : discours et pratiques, différences et similitudes ; La naissance du goût : émergence de la figure de l’honnête homme et du courtisan ; Libération d’un espace public de discussion avec les Salons, les Académies et la critique ; Le rôle des amateurs et des experts ; L’importance des médiations : initiatrices, normatives ou directives ? ; Les marchés de masse et la naissance de la consommation.

2) Goût et capitalisme : Renouvellement des marchandises et versatilité des goûts ; Les débats autour de la postmodernité : diffraction des normes et justification du libéralisme ; Critique de la culture de masse et des effets des industries culturelles ; L’alternative marxiste de libération des sens, de la sensibilité, des goûts, et de la division sociale du travail ; Rôle des médiations : introduction et effets du marketing ; La mesure des goûts et des préférences : du pragmatisme économique aux modèles scientifiques ;

3) Sociologie et anthropologie du goût : Apport et limites des travaux de Bourdieu ; Hiérarchisation des goûts ; Approches pragmatiques du goût ; Le goût comme expérience du corps, de l’attention et souci de soi ; Le dégoût en tant que forme exclusive des goûts ; Des universels et des invariants en matière de goût ; Le goût entre expérience familière et effet de surprise ; Les facteurs d’apprentissage du goût.

4) La question de la sensibilité : genèse du passage du goût sensoriel au jugement de goût ; la reconstitution du goût du passé ; Goût et hiérarchie des sens ; disqualification des sens subjectifs (goût et odorat) au profit des sens objectifs ; Goût et civilisation : acuité contre sensibilité ; les prolongement technique de la perception ; Transformation des usages techniques en pratiques sociales ; L’apport des neurosciences.


Date limite des propositions de texte (sous forme d'un résumé d'une vingtaine de ligne + CV) : 30 avril 2005.

Date de remise des textes : septembre 2005

Date de parution de l'ouvrage : Mars 2006

Catégories

Dates

  • samedi 30 avril 2005

Contacts

  • Olivier Assouly
    courriel : oassouly [at] ifm-paris [dot] org

Source de l'information

  • Olivier Assouly, Institut Français de la mode ~
    courriel : recherche [at] ifm-paris [dot] org

Pour citer cette annonce

« Le goût comme enjeu du capitalisme », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 25 mars 2005, http://calenda.org/190042