AccueilRevue Quaderni - Contribution de l’étude des nanotechnologies à une sociologie de l’action publique

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Publié le jeudi 07 avril 2005 par Inès Secondat de Montesquieu

Résumé

Annonce

Dans la décennie quatre-vingt dix, des politiques singulières relatives à l’innovation technologiques ont émergé autour de nouvelles entités produites par les secteurs de la recherche, du développement et de l’industrie : les nanotechnologies. Aujourd’hui, cette catégorie technologique constitue une priorité politique évidente aussi bien aux Etats-Unis, au Japon ou en Europe. Bien qu’elles soient indéniables, la visibilité politique des nanotechnologies et leur présence incontournable dans la construction des politiques scientifiques ne s’apparentent pourtant pas à un mécanisme classique d’inscription sur agenda et de délibération collective. En effet, les préoccupations politiques s’éprennent de pratiques dont la définition, les contours disciplinaires, l’infrastructure matérielle et les applications concrètes sont loin d’apparaître comme stabilisés aux yeux même de leurs producteurs et de leurs scientifiques.

Face aux multiples manières d’appréhender les nanophénomènes, l’objectif de ce numéro Quaderni consiste à interroger le processus qui aboutit à poser les nanotechnologies comme une chose publique, manipulable sur le plan politique et sociétal en faisant ressortir les éventuels apports que l’étude de cet objet est susceptible de fournir à l’analyse de l’action publique. Dans l’optique de constituer un inventaire international des recherches sur les nanotechnologies susceptible d’enrichir les questionnements particuliers aux politiques publiques, les propositions apportant des éléments de réponse aux interrogations suivantes recevront une attention particulière :

Ø La question de l’interface entre les politiques scientifiques et la dynamique des sciences et des technologies.

· Dans quelle mesure les régulations politiques (constitution de comités sur la question, attribution de fonds) et organisationnelles (structures nouvelles de type réseaux, clusters, pôles) de la recherche participent à la structuration du domaine des nanotechnologies, à poser des démarcations disciplinaires, des différences et/ou à uniformiser et/ou à différencier des pratiques de laboratoire disparates ? L’intervention politique constitue-t-elle une démarche expérimentale et conduit-elle à produire l’évidence des nanosciences ?

· Comment les controverses scientifiques relatives à la définition des nanosciences sont-elles traduites sur un plan politique ? Comment les acteurs politiques posent-ils une démarcation entre différentes approches, par exemple entre miniaturisation électronique et assemblages élémentaires ? Quels sont les points de rencontre entre ces deux logiques ? Il s’agit de réfléchir sur le choix des ressources mobilisées dans la construction des répertoires d’action particuliers aux acteurs industriels et publics ainsi que sur la construction de leurs intérêts.

· La politique des nanotechnologies est simultanément marquée par une territorialisation de certains secteurs de sa recherche et par la mondialisation de procédés nano. Face à cette diversité organisationnelle, peut-on déceler une normalisation, voire une standardisation des politiques publiques relatives aux nanotechnologies ? En quoi le suivi de la dynamique des sciences et des technologies nous permet de mieux comprendre la diversité institutionnelle prise par les politiques des nanotechnologies ?

Ø La politique industrielle des nanotechnologies et sa régulation

· Comment se décident les investissements industriels massifs en direction des nanosciences ? Comment s’établissent et se nivellent les priorités de politique industrielle dans les secteurs nano ?

· Comment la politique industrielle des nanotechnologies est-elle menée ? Comment se traduit-elle territorialement ? Participe-t-elle à articuler les sites locaux (comme ceux de Grenoble, Dresde…) de production des nanotechnologies à des régulations politiques nationales et internationales ? Harmonise-t-elle les orientations conduites, depuis les grosses plate-formes nationales jusqu’aux petites équipes universitaires locales ou crée-elle des tensions ?

 
                                                        

Ø Les inscriptions sur agenda parlementaire et médiatique

· Les approches socio-historiques comparatives s’intéressant aux mises sur agenda et à la publicisation des biotechnologies sont privilégiées. Les nanotechnologies font l’objet d’un traitement politique spécifique qui n’est pas sans rappeler, pour partie, la régulation des controverses concernant les applications relatives aux manipulations génétiques dans la décennie soixante-dix. De manière comparable, la plupart des formes et les éventuelles applications de ces nouvelles technologies sont aujourd’hui indéterminées. Cependant, si la normalisation publique est marquée par la production de nombreux rapports d’institutions savantes émanant de commandes gouvernementales à l’instar des technologies génétiques émergentes d’hier, la mise en place d’une politique d’encadrement est complexifiée par la grande hétérogénéité des secteurs que l’approche « nano » recouvre. Face à ce constat, en quoi le traitement politique des nanotechnologies se distingue-t-il de celui des technologies classiques ? Et quelles sont les spécificités propres à ces politiques de l’innovation technologique ? Quels sont les collectifs qui génèrent des lanceurs d’alerte ?

· Quels sont les effets institutionnels de cette inscription sur agenda ? Pouvons-nous parler de démocratie technologique ?

Ø La production discursive autour des nanotechnologies : expertise et prospective

· Pourquoi le registre éthique s’applique-t-il à certaines applications potentielles des pratiques « nano » ? Pourquoi prend-il tant d'importance au détriment d'un questionnement économique, politique et sociétal ? Qu'est-ce qui se joue d'un point de vue politique avec la multiplication des réflexions éthiques où il est question des utilisations déviantes plutôt que des priorités politiques et industrielles ?

· Quelles formes prennent les nanofascinations et les nanopeurs ? Sont-elles distinctes de celles engendrées par d’autres technologies (biotechnologies, NTIC…) ? Ces productions discursives utopiques ont-elles des implications dans l’encadrement des recherches et du secteur industriel des nanosciences ? Participent-elles à la négociation des infrastructures et des outillages lourds ?

Comment l’évaluation des risques s’articule-t-elle concrètement à la production d’une réglementation applicable aux nanotechnologies ? Comment ces différents registres publics interviennent-ils dans l’élaboration des protocoles de recherche ?

Contribution of nanotechnologies studies to a sociology of public action


In the nineties, singular politics linked to technological innovation were built from new entities produced by research, development and industrial sectors : nanotechnologies. Today, this technological category constitute a clear political priority in the united states, as well as in Japan or in Europe. Though there are undeniable, the political visibility of nanotechnologies’ and their inescapable presence in the building of scientific politics are not similar to any classical process of agenda setting and collective proceedings. Indeed, political cares focus on practices which, in their terminology, disciplinary outlines, material infrastructure and scopes of application, are far from being stabilized, even for those who produce and use them.

In front of the different possible ways to apprehend nanophenomenons, the goal of this issue of the " Quaderni " will be to question the process that result in considering nanotechnologies as a public thing, been on view in the public sphere. Accordingly, its aim is to bring out contributions which could be useful to public action’s analysis. In order to constitute an international stock of researches on nanotechnologies liable to enrich specific questionings of public politics, proposals who bring some answer’s elements to the next questioning may receive a particular attention :



Ø The issue of the interface between scientific politics and dynamics of sciences and technologies


· To what extent the political (incorporation of organizing committee, financing attribution) and organizational (news structures like networks, clusters, development poles) regulations of the research may give shape to the field of nanotechnologies, lay disciplinary limits, distinctions and/or standardize and/or differentiate laboratory’s different practices ? Does political intervention form an experimental plot, and does it product nanosciences-evident truth ?

· How are nanosciences’s scientific controversies translatable in a political way ? How do political actors lay down as a principle limits between various approaches, for example between electronic miniaturization and elementary assemblies ? Which are the meeting places between these two logics ? What matters is to consider the choice of the resources which take part in the construction of sets of action specific to industrial and public actors, as well as in the building of their interests.

· The politic of Nanotechnologies is simultaneously marked by the territorialization of some sectors of research and by the globalization of nano-manufacturing processes. In front of such an organizational diversity, is it possible to detect a tendency towards a normalization , and even a standardization of the public politics related to nanotechnologies? In which way do the dynamics of sciences and technologies give us a better understanding of the institutional diversity of nanotechnologies politics ?


Ø Nanotechnologies’s industrial politic and regulation issues


· How are massive industrial investment directed towards the nanosciences ? How are established and leveled the priorities of industrial politics priorities concerning the nano-sectors ?

· How is the industrial politic of nanotechnologies managed ? How does it become territorially translated ? Does it articulate local sites of nanotechnologies (like Grenoble, Dresde ...) with national and international politic regulations ? Does it harmonize the leading orientations from big national platforms to small local universitary teams or does-it create some social strain ?


Ø Parliamentary and media setting’s writings in issues


. Comparative Socio-historical approaches of agenda setting and publicization of biotechnologies will be privileged. The specific politic processing applied to nanotechnologies could be compared to the regulation of controversies about genetics manipulations practices that spread out during the seventy’s. In a similar way, most of shapes and practices of nanotechnology are still undetermined today. However, if public normalization is marked by the production of many reports elaborated by scholarly institutions on public initiative , like emergency genetic technologies of yesterday, the set up of a framing politic is made more complex by the large heterogeneity of nano-sectors. Viewing this situation, how ca we distinguish the political treatment of nanotechnologies from the treatment of classical technologies ? Which kind of technological innovation do politics bring out in the nano-case ? Which social groups could generate alert throwers ?

· What are the institutional effects of this agenda setting ? Could we speak of a technological democracy ?


Ø The discursive production about nanotechnologies : survey and prospect issues


· Why is the ethical register applied to some nano-practices’s potential applications ? Why does it takes a such a place to the detriment of economic, political or societal issues ? What are interests at stake, from political point of view, with the multiplication of ethical considerations about deviant uses rather that political and industrial priorities ?

· How are nanofascinations and nanofears materialized ? Are they distinct of the fears and fascinations generated by classical technologies (biotechnologies, NTIC...) ? Do these utopical discursive productions have some implication in the framing of researches in the industrial sector of the nanosciences? Do they have their share in the dealings concerning the infrastructures and their tool equipment ?

· How is the evaluation of risks articulated with the regulations of the production of nanotechnologies, in concrete terms ? How do these different public registers intervene in the elaboration of the protocols of research ?

Les propositions de contribution ne devront pas dépasser 3000 signes et elles devront être accompagnées du nom de leur(s) auteur(s), ainsi que des affiliations professionnelles et des coordonnées de ce(s) dernier(s)

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Abstract max. of 3000 signes. In the body of the e-mail message, please precise contributor’s name(s), department and affiliation, address, phone number and e-mail address.

Les propositions peuvent être indifféremment rédigées en anglais ou en français

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Propositions may be equally written in english or french.

Limite impérative d’envoi des propositions de contribution

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Abstract deadline : 15 juin 2005

A envoyer dans un même courriel aux deux adresses suivantes / All abstracts and proposals must be submitted using electronical submission form. Send submissions to :

Dominique Vinck : Dominique.Vinck@upmf-grenoble.fr

et/and

Virginie Tournay : virginie.tournay@mail.mgill.ca

§ Pour les propositions acceptées par le comité scientifique de la revue Quaderni, le texte des contributions (français ou anglais) sera à remettre avant

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Submission of full papers before : le 24 décembre 2005

Dominique Vinck

CRISTO (Centre de Recherche : Innovation Socio-Technique et

Organisations)

UMR CNRS 5061

Universite Pierre Mendes-France, BP 47

F- 38040 Grenoble Cedex 9

Tel. 33.4.76 82 78 48 ou 33.4.76 57 43 19

Fax. 33 .4. 76 82 58 43

Courriel : Dominique.Vinck@upmf-grenoble.fr

http://www.upmf-grenoble.fr/cristo

Virginie Tournay

SSOM (Department of Social Studies of Medicine)

McGill university

3647 Peel, Montreal, Quebec

Canada H3A 1X1

Courriel : virginie.tournay@mail.mcgill.ca

Catégories

Dates

  • mercredi 15 juin 2005

Contacts

  • Dominique Vinck
    courriel : Dominique [dot] Vinck [at] upmf-grenoble [dot] fr

Source de l'information

  • Virginie Tournay
    courriel : vtournay [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Revue Quaderni - Contribution de l’étude des nanotechnologies à une sociologie de l’action publique », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 07 avril 2005, http://calenda.org/190084