AccueilLa violence et le judiciaire du Moyen Âge à nos jours

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Publié le jeudi 14 avril 2005 par Natalie Petiteau

Résumé

Annonce

Appel à communication

La violence et le judiciaire du Moyen Âge à nos jours : discours, perceptions, pratiques


Colloque international tenu à Angers

les jeudi 18, vendredi 19 et samedi 20 mai 2006

Organisé par Antoine Follain, Bruno Lemesle, Michel Nassiet, Éric Pierre et Pascale Quincy-Lefebvre – Équipe « Justice » du Centre d’Histoire des Régulations Sociales (HIRES)

La violence, en tant qu’acte individuel ou en tant que processus collectif occupe une place de plus en plus importante dans les sciences humaines et sociales. L’objectif de ce colloque est de considérer la violence dans ses relations avec le judiciaire. La violence du passé a souvent été analysée en se référant implicitement aux conceptions actuelles. Pourtant bien des pratiques tenues aujourd’hui pour violentes ne l’ont pas été dans le passé. Certaines formes de violence pouvaient bénéficier d’une légitimité grâce à une certaine acceptation sociale. En considérant la dimension historique de la violence, on cherchera donc à préciser les tournants et à dégager une périodisation.

Inscrire la violence dans l’espace judiciaire permet de dépasser la dimension subjective dont cette notion est porteuse : sa reconnaissance par l’institution judiciaire constitue précisément un acte qui lui confère un statut objectif en l’insérant dans un système. À cause de cela, la violence peut aussi être considérée comme une force coercitive exercée par la justice. Une telle perception existe communément dans la société. Elle est donc susceptible d’induire des effets négatifs (révoltes, manifestations collectives) ouvertement hostiles à une forme de violence judiciaire. Même si cette dimension ne manque pas d’intérêt, elle ne sera pas retenue dans ce colloque.

En revanche, l’émergence récente de la figure de la victime et la place qui lui est faite posent des questions inédites. La réintroduction de la notion de victime dans le procès pénal, après qu’elle a été niée, a provoqué dans les vingt dernières années un basculement inverse où la victime devient à la fois sacralisée et instrumentalisée.

L’un des enjeux actuels n’est-il pas d’étendre le champ de la violence reconnue par le droit, au risque que la perception subjective ne le submerge et, par là, ne mette en cause la protection que l’institution judiciaire doit aux citoyens ? D’autre part, la violence renvoie au sujet qui l’exerce, qu’il soit individuel ou collectif. On pourra se demander dans quelle mesure l’assimilation de nouvelles dimensions de la violence par le judiciaire est potentiellement productrice d’effets sur la définition du sujet. Cette dimension exige de faire appel à des contributions de champs disciplinaires variés, en particulier dans les domaines de l’histoire, du droit, de l’anthropologie et de la sociologie.

L’anthropologie historique a estimé que la violence est souvent liée à une forme de règlement des conflits et elle a mis en valeur le fait qu’elle n’exclut pas le règlement en justice. Pour le Moyen Âge central par exemple, elle a pu mettre en évidence le piège sémantique du mot « violence ». Il a, en fait, très souvent le sens d’injustice et n’apparaît pas systématiquement corrélé à la violence brutale. Des analyses récentes ont montré que bien des actes de violence sont codés et s’inscrivent dans un processus devant mener à un règlement en justice. Il faudra étudier comment le fait de nommer des actions « violentes » s’apparente à une stratégie discursive incluse dans une stratégie plus générale de luttes dans des affrontements et conflits judiciaires.

Réévaluer une société dépourvue d’institutions étatiques implique-t-il corrélativement la dévalorisation de l’État ? La violence légitime que l’État s’attribue renvoie à une rationalité que l’analyse anthropologique n’a pas nécessairement prise en considération. Dans sa longue genèse, l’État n’est pas assimilable à une seigneurie dotée de vastes dimensions. Les institutions d’État changent la donne dès que l’on considère les stratégies qui fondent les relations entre les communautés. Il faudrait étudier comment les autorités judiciaires ont réagi, ou n’ont pas réagi, aux violences intra-communautaires ; voir aussi comment les communautés sont prises elles-mêmes dans des relations de pouvoir qui peuvent être déterminantes dans l’attitude des autorités judiciaires. On pourra donc préciser dans quelle mesure la pratique de la vengeance a connu des modalités différentes dans l’espace et à partir de quand elle disparaît effectivement parce qu’elle devient inacceptable. On pourra aussi se demander comment les faits observés sont compatibles avec les grands modèles, la définition wébérienne de l’État et le procès de civilisation.

Dans son activité et son fonctionnement, le système judiciaire est soumis à des inflexions pouvant provenir de facteurs variés, sociaux et politiques. Sans pouvoir être exhaustif, méritent d’être pris en compte : les représentations scientifiques et profanes de la violence, les pratiques judiciaires (expertise, défense), les niveaux de sensibilité de la population (rumeur publique, sentiment d’insécurité), les politiques répressives nationales et locales. On peut aussi se demander quelles relations lient le discours institutionnel au discours de violence utilisé spontanément par la population. Souvent aussi, le droit pénal traite de la violence en fonction de son intensité, de sa gravité et de ses effets sur l’intégrité physique de la victime à différents niveaux de l’appareil judiciaire. Se pose alors la question des frontières entre ces niveaux. Celles-ci sont susceptibles de déplacements, de réajustements et de différences nationales qui méritent d’être précisés. Il faudrait aussi prendre en compte le nouveau traitement judiciaire des violences de guerre par les justices nationales ou des instances supranationales.

Contact

Audrey Pinard, colloque « Violence et Judiciaire »

Maison des Sciences humaines
2, rue Fleming
49066 Angers Cedex
Mail : audrey.pinard@univ-angers.fr

Ou par son intermédiaire contacter Bruno Lemesle (histoire médiévale) Antoine Follain et Michel Nassiet (histoire moderne) ou Éric Pierre (histoire contemporaine).


Proposition d'intervention (avant le 10 septembre 2005)

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Organisme de recherche de rattachement :

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Résumé de l'intervention proposée (1/2 page) :



Catégories

  • Droit (Catégorie principale)

Lieux

  • Angers, France

Dates

  • samedi 10 septembre 2005

Contacts

  • Audrey Pinard / colloque Violence et judiciaire ~
    courriel : audrey [dot] pinard [at] univ-angers [dot] fr

Source de l'information

  • Antoine Follain, Bruno Lemesle, Michel Nassiet, Éric Pierre et Pascale Quincy-Lefebvre ~
    courriel : antoine [dot] follain [at] laposte [dot] net

Pour citer cette annonce

« La violence et le judiciaire du Moyen Âge à nos jours », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 14 avril 2005, http://calenda.org/190112