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Publié le vendredi 15 avril 2005 par Natalie Petiteau

Résumé

Annonce

Comité Français pour la Métrologie Historique

journée d’étude du samedi 28 mai 2005

Métrologie et circulation

Université de Paris I - Sorbonne, salle Perroy

9 h 00 – 13 h 00



CONTACT

pierre.portet@noos.fr

pierre.portet@culture.gouv.fr





Les communications auront une durée de 20 mn suivies de 10 mn de discussions



9 h 00 – 9 h 15 : introduction

9 h 15 – 9 h 45

Yves Coativy, maître de conférences, Université de Brest

yves.coativy@univ-brest.fr



« La monnaie dans la France de l’ouest au milieu du Moyen Âge, ou comment gérer au quotidien la complexité des poids, titres et aspects. »



Aux XIIe et XIIIe siècle, les hommes sont habituées à manier des monnaies très différentes dans le poids, le titre et l’aspect, et l’ouest du royaume de France n’échappe pas à la règle. Les espèces royales et seigneuriales, laïques comme religieuses, circulent conjointement. Pour faire face à cette situation, marchands et changeurs établissent des équivalences et savent convertir « tournois » en « mansois » et « nantais à l’écu » en « poitevins ». Louis IX (1226-1270) essaie de mettre de l’ordre dans le chaos et d’imposer des règles, tandis que sous Louis X (1314-1316), les autorités monétaires proposent un document qui récapitule toutes les espèces circulant alors, ainsi que des équivalences. Ce texte important permet de mieux appréhender la façon dont les Français du Moyen Age gèrent la difficulté au quotidien.



9 h 45 – 10 h 15

Irina Gouzevitch, Centre Alexandre Koyré, EHESS, Paris et Dmitri Gouzevitch,
Centre du Monde russe et soviétique, EHESS, Paris.

gouzevit@mnhn.fr



« Mesurer dans la Russie de Pierre Ier : paradoxes et controverses de la
modernisation à l'européenne (dernier XVIIe-premier XVIIIe siècle). »



Dans cette communication, les auteurs s’attacheront à examiner deux
questions : pourquoi, malgré des emprunts d’unités de mesure étrangères à
l’époque
pétrovienne (1695-1725), le système traditionnel russe est-il resté inchangé
? Quels furent l’esprit et le parti-pris des changements qui, indépendamment
de cela, ont profondément modifié les relations de l’homme russe avec la
mesure? Leur démonstration s’appuiera sur quelques exemples tirés des
domaines des techniques et du social (construction navale, artillerie,
bâtiment, hiérarchie des grades dans la fonction publique : Table des rang)
que les auteurs ont étudié en tant qu’historiens de la circulation des
connaissances.



10 h 15 – 10 h 45

Olivier Requin, Université du Québec à Montréal

olivier.betty@videotron.ca



«Les étranges mesures agraires du Faucigny et M. de La Poix de Fréminville»



C’est l’éminent historien et géographe des Alpes Paul Guichonnet qui avait
attiré l’attention (1942) sur les mesures particulières du Faucigny, en
marge de ses travaux sur le cadastre de Savoie de 1730. Une publication du
Conseil-Général de la Haute-Savoie par A. Dhelens (1996) renouvelle leur
description. Outre les localités du bas de la vallée qui avaient adopté le
«journal commun de Savoie» (lui-même à mettre en question), les bourgs et
villages du haut ont imposé et continué d’utiliser leurs anciennes mesures
agraires ; on compte six «contenances», exprimées en perches ou en toises
distinctes elles aussi, et utilisant trois pieds différents, le tout
apparemment «sans commune mesure». Je me propose de présenter une hypothèse
selon laquelle ces mesures pourraient résulter de conversions très précises
d’unités attribuables à l’époque carolingienne en suivant une démarche
«d’archéologie
mathématique». Pour aboutir, dans ce cas, il faut encore se servir de la
remarque de La Poix de Fréminville sur les rapports entre les mesures de la
bonne terre et celles de la médiocre, usage dans lequel il voyait une
imprécision de plus, mais qui semble trouver ici une application rigoureuse.
La conclusion ouvrirait, sans y insister, sur quelques hypothèses qui
seraient à examiner à partir, entre autres, des résultats de la métrologie
historique : les étapes du peuplement de la vallée ; le rôle des
communautés monastiques ; l’influence d’immigrants d’origine germanique, les
Walser ; l’extension des pouvoirs de l’administration carolingienne.



10 h 45 – 11 h 15

Anne Conchon, maître de conférences à l’Université de Paris I, IHES-IDHE

Anne.Conchon@univ-paris1.fr



« La commission des péages et l'uniformisation métrologique des tarifs »



La croissance et l'accélération des échanges au cours du XVIIIe siècle
réclamaient une simplification et une uniformisation des poids et mesures.
Dans la pratique, il n'était pas rare que receveurs et voituriers
s'entendent sur une convention métrologique qui s'affranchissait des
subtilités tarifaires. Pour sa part, la Ferme générale avait généralisé
l'emploi du poids de marc pour la perception des droits de traites. La
commission des péages, chargée entre 1724 et 1789 de supprimer les droits
illégitimes et de corriger les perceptions abusives, poursuivit cet effort
d'uniformisation. A travers le travail de réforme que cette institution a
mené et les archives qu'elle a compilées, on peut saisir d'abord la
complexité extrême de la question des poids et des mesures figurant dans les
nomenclatures tarifaires : une même marchandise pouvait être taxée à raison
de différents types de mesures ou de poids ; les droits étaient exigibles
en fonction du volume, du poids ou du nombre d'unités transportées. Cette
confusion ne faisait qu'alimenter la suspicion des voituriers à l'encontre
de receveurs volontiers accusés de tricher sur le calcul des droits, et
contribua plus généralement à l'impopularité des péages. La réforme des
tarifs qu'engagea la commission tout au long du XVIIIe siècle permet en
outre d'interroger les enjeux de la politique d'uniformisation métrologique
diligentée par la monarchie pour stimuler les échanges marchands. Le
procureur général de la commission, secondé par les intendants, se livra en
effet à une véritable enquête pour évaluer des poids et des mesures
éminemment localisées, et actualiser des unités parfois tombées en
désuétude. Parallèlement, la commission oeuvra à une simplification des
nomenclatures métrologiques, dont il importe de retracer les principes et
les modalités. Un examen précis des dossiers permet enfin d'étudier les
limites de ce vaste chantier, notamment la difficulté parfois à concilier
des équivalences respectueuses de la propriété de ces droits et les intérêts
du commerce.



11 h 15 – 11 h 45

Anne Bretagnolle, maître de conférences, Université de Paris I

Nicolas Verdier, chargé de recherches au CNRS : UMR Géographie-cités 8504.

nicolas.verdier@parisgeo.cnrs.fr

anne.bretagnolle@parisgeo.cnrs.fr



« Les évolutions de la mesure de poste face à l'accélération et à la
précision croissante : un indice de la mutation du rapport au territoire
(XVIIIe-XIXe siècle). »



Dans cette intervention, nous proposerons une analyse des évolutions de la
mesure postale, dite « poste » entre le début du XVIIIe et le milieu du XIXe
siècles. Dans un premier temps nous effectuerons une présentation rapide de
quelques résultats d'une recherche ayant procédé par reconstruction du
réseau des itinéraires postaux des XVIIIe et XIXe siècles sur un système
d'information géographique. C'est à partir de cette reconstruction qu'il a
été possible de se faire une idée de la signification de la mesure postale
"poste" et de son évolution aux XVIIIe et XIXe siècles. Dans un deuxième
temps, l'intervention traitera plus précisément des évolutions de cette
mesure sous ses différentes formes. On évoquera ainsi la lente
unification-réduction de cette mesure entre 1708 et 1833. On passe ainsi
d'une moyenne de 9,2 km par poste en 1708 à 7,5 km en 1833. On évoquera
ensuite l'évolution de la répartition du nombre des postes entre chaque
relais. On passe d'une très forte majorité de distance officielle d'une
poste à une belle majorité de mesures de 1,5 et 2 postes entre le début et
la fin de la période. Le pas du système postal évolue donc. On évoquera
enfin l'évolution de la distance moyenne et les informations que cette
évolution nous donne sur l'accélération des transports rapides entre le
début du XVIIIe siècle et la mise en place des chemins de fer. Dans un
troisième temps, on traitera de l'évolution de la nature de la définition de
cette mesure postale qui passe lentement d'une mesure de cheminement à une
mesure de distance, ce qui permettra de placer cette question dans le cadre
du rapport à la vitesse des XVIIIe et XIXe siècles.



11 h 45 – 12 h 15

Ambroise Garlopeau, doctorant, Université de Poitiers

agarlopeau@yahoo.fr



« L'expansion de la connaissance de l'arpentage en France au XIXe siècle. »



Plusieurs raisons expliquent le développement de la question du bornage tout
au long du XIXe siècle : accroissement démographique, émiettement des
propriétés au fil des générations, accroissement de la valeur du sol. Jusqu’à
la Révolution, il est souvent interdit aux propriétaires de se borner
eux-mêmes, le seigneur percevant une taxe pour cette opération, se réserve
la prérogative de cette question. Et ce n’est que lorsque le paysan a pu
accéder à la propriété exclusive que le droit lui a été conféré de se borner
à l’amiable et, s’il ne le peut, le juge de paix est compétent pour régler
le différend. L’arpentage n’est plus désormais une science réservée à un
corps d’élites, à quelques personnages instruits, elle tend tout au long du
XIXe siècle à pénétrer dans les différentes couches sociales : le juge de
paix assisté de son greffier se livre à des opérations d’arpentage, si
l’opération
apparaît trop complexe, alors seulement, il fait appel à un expert pour
procéder à l’arpentage : des instituteurs, des agents-voyers, des
gardes-champêtres et même parfois des médecins se rendent sur les lieux du
litige et prennent la mesure des champs pour rendre à chacun ce qui lui
appartient. La prolifération de ces méthodes de bornage ont soulevé
l’indignation
de bon nombre de géomètres. Ces arpentages effectués par des personnes n’en
ayant pas la compétence est une source infinie d’erreurs, de confusions et
de procès. La science de l’arpentage perd ses lettres de noblesse et la
justice se rend de moins en moins crédible aux yeux du propriétaire.



12 h 15 – 13 h 00

Discussion finale




Catégories

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • samedi 28 mai 2005

Source de l'information

  • URHM #
    courriel : urhm [at] ulb [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« Métrologie historique », Journée d'étude, Calenda, Publié le vendredi 15 avril 2005, http://calenda.org/190120