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Femmes d'Orient, Femmes d'Occident

Espaces, mythes et symboles

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Publié le lundi 18 avril 2005

Résumé

Parler des femmes à partir d’une notion géographique nous interroge plus largement sur leurs fonctions dans le temps et l’espace. Ce colloque propose une lecture et un éclairage de leur rôle autour de la définition du territoire et de ses épigones : le pays, la ville, le jardin et l’architecture, le voyage et le mythe. Définir une conception spatiale féminine dans des disciplines aussi variées que la peinture, la littérature, l’urbanisme, le cinéma… pose la question des frontières de la création, des champs d’investigations. La reine de Saba venue d’un lointain royaume caravanier rend hommage au roi des Hébreux, Salomon. La souveraine sabéenne est présente dans la Bible et son iconographie connaît un large développement du Moyen-Age au XXe siècle. Sémite ou éthiopienne, chrétienne ou arabe, elle apparaît comme la première femme d’Orient et d’Occident.

Annonce

Rencontres Orient - Occident


Colloque

17 - 18 juin 2005

Villa Tamaris – Centre d’Art (TPM)

La Seyne sur Mer (France)

(Entrée Libre)

 

 

Femmes d’Orient, Femmes d’Occident

Espaces, mythes et symboles

 

 

Parler des femmes à partir d’une notion géographique nous interroge plus largement sur leurs fonctions dans le temps et l’espace. Ce colloque propose une lecture et un éclairage de leur rôle autour de la définition du territoire et de ses épigones : le pays, la ville, le jardin et l’architecture, le voyage et le mythe. Définir une conception spatiale féminine dans des disciplines aussi variées que la peinture, la littérature, l’urbanisme, le cinéma… pose la question des frontières de la création, des champs d’investigations. La reine de Saba venue d’un lointain royaume caravanier rend hommage au roi des Hébreux, Salomon. La souveraine sabéenne est présente dans la Bible et son iconographie connaît un large développement du Moyen-Age au XXe siècle. Sémite ou éthiopienne, chrétienne ou arabe, elle apparaît comme la première femme d’Orient et d’Occident. Le mythe devient réalité à travers les représentations. L’iconographie de la femme de l’époque Omeyyade (661-750) s’interprète à la lecture des textes arabes dans les régions conquises par l’Islam. Les « portraits de femmes » dans les illustrations des manuscrits persans présentent des visages dissimulés, puis révélés par le purdah. Le voile comme le rideau délimitent une surface symbolique.

Au-delà de l’imaginaire des mots et des représentations, il convient d’analyser la femme créatrice, ses moyens d’actions sur l’environnement, ses interventions, ses appropriations et réalisations. Pour dépasser les stéréotypes d’une femme d’Orient cloîtrée dans le harem, il faut dépasser les limites de la demeure familiale ou du palais pour découvrir celles qui construisent et édifient. Sa domination dans l’espace clos de la maison est bien connue : le jardin et la terrasse lui appartiennent. La fascination du « voir sans être vu » du moucharabieh conforte le stéréotype de la captive que seul le regard libère de la réclusion. Au XIXe siècle, la féminisation du terme : la moucharaby (ou mashrabiyya) conforte l’idée d’une architecture de la femme réduite à l’intérieur, alors que le monde extérieur appartient aux hommes. La réalité semble tout autre. Nombre de femmes d’Orient, parfois venues d’Occident, sont des bâtisseuses et ont laissé leurs noms à des mosquées, caravansérails, hammams, quand ce n’est pas à un quartier entier. Parfois le temps a effacé leurs noms, mais demeure l’édifice. En 859, sous le règne des Idrissides, Fatima al Fihriya fait construire à Fès, la mosquée de Karaouine et sa prestigieuse université. La liberté des Ottomanes de posséder des biens et une fortune personnelle est à l’origine de nombreuses réalisations monumentales construites pour où par des femmes. L’ère des sultanes influentes commence au XVIe siècle avec Hafsa Hatun, la mère de Soliman. L’épouse de ce dernier, une occidentale la célèbre Roxelane (d’origine russe), fait construire par Sinan, mosquée, écoles, hôpitaux et mausolées. Le quartier Haseki d’Istanbul porte son nom. Son fils Selim se marie lui avec une vénitienne : Nur Banu.

Au XIXe siècle, l’occidentalisation de l’Empire ottoman se fait par l’irruption des femmes dans l’espace public. La ville est investie de leurs présences et l’architecture des palais du Bosphore porte la trace de cette modernisation de la société.

Aujourd’hui, la femme d’Orient est architecte. Soumiya Jalal Mikou réinvente la tradition du tissage, sculpte la matière et réalise des constructions textiles.

Pour la femme d’Occident, l’Orient est aussi une conquête qui passe par le voyage. Depuis le XVIIIe siècle, elles sont nombreuses à vouloir connaître et appréhender ce monde mystérieux. Au siècle suivant, elles sont écrivains, archéologues ou plus simplement touristes, et participent à la reconnaissance d’un Orient savant, ou plus modestement espace de villégiature. Mais la frontière est franchie. Au début du XXe siècle, le voyage devient une fuite dans une Europe en guerre pour Annemarie Schwarzenbach. En Orient, elle célèbre son mariage « symbolique », l’année (1935) où la Perse devient officiellement l’Iran. Ses ouvrages (La mort en Perse, Orient exils, Visions d’Afghanistan …) sont les témoignages de son errance intérieure.

Le regard et l’écrit redéfinissent un Orient des femmes à travers le voile de l’Occident.

 

Comité scientifique:

 

 

* Leïla Ammar, architecte, enseignant-chercheur à L’ENAU (Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme de Tunis (Tunisie)

* Nathalie Bertrand, présidente des Rencontres, maître de conférences en Histoire de l’art contemporain, Université de Provence Aix-Marseille I, directrice de la maîtrise des Sciences et Techniques « Patrimoine méditerranéen »

* Colette Dumas, secrétaire des Rencontres, docteur en histoire de l’art

* Florence Morali, architecte, sociologue urbain, enseignante à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Toulon

* Christine Peltre, agrégée de Lettres classiques, professeur d’histoire de l’art contemporain, directeur de l’Institut d’Histoire de l’art à l’Université Marc-Bloch, Strasbourg, membre du Comité National du CNRS

* Eve Roy, doctorante en Histoire de l’art, Paris I

 

En partenariat avec :

 

La Ville de la Seyne sur Mer

Le Conseil général du Var

T.P.M. (Toulon – Provence –Méditerranée)

Le Conseil régional –PACA

L’Université de Provence, département d’histoire de l’art

D.R.A.C - PACA

 

 

Avec le concours :

 

Des élèves de l’Ecole des Beaux-Arts de Toulon

Mnémosyne Association : visites de Tamaris

Librairie l’Alchimiste, La Seyne sur Mer

Restaurant Le petit prince, La Seyne sur Mer

Les Chantiers de la Lune, La Seyne sur Mer

Compagnie Tocoloro

Renault La Seyne sur Mer

 

 

 

 

PROGRAMME

 

 

Vendredi 17 juin 2005

 

9 h / 9 h 30

Accueil des participants – café

9 h 30 / 10 h

Ouverture

Nathalie Bertrand, Maître de conférences en Histoire de l’art contemporain, Université d’Aix en Provence :

« La femme à sa fenêtre… »

10 h / 10 h 45

Erica Deuber - Ziegler, historienne de l’art, chargée de recherche, musée d’ethnographie, Ville de Genève. « La reine de Saba : succès du mythe dans l’art d’occident »

10 h 45 / 11 h 30

Yves Porter, maître de conférences (HdR), Université Aix-en-Provence. « Lever le voile et ouvrir le visage : La synecdoque du purdah ».

11 h 30 /12 h 15

Nadia Ali, doctorante IREMAM, Université d’Aix-en-Provence « La représentation de la femme dans le premier art figuratif de l’Islam examinée à la lumière des sources textuelles arabes »

12 h 15 / 12 h 30

Débat

 

14 h / 14 h 45

Salima Naji, architecte DPLG, doctorante en Anthropologie à l’EHESS (Paris), «Le triangle et la fibule »

14 h 45 / 15 h 30

Stéphane Yérasimos, architecte, Professeur Paris VIII, « Le redéploiement de la femme dans l’espace ottoman du XIXe siècle »

15 h 30 / 16 h

Débat

16 h / 16 h 45

Ouidad Tebbaa, Professeur à la Faculté de Lettres de Cadi Ayyad, « Les femmes et l’espace du sacré : marabouts et culte des saints au Maroc »

16 h 45 / 17h 30

Christine Peltre, Professeur d’Histoire de l’art contemporain à l’Université Marc Bloch de Strasbourg :« L'orientalisme artistique : regards de femmes dans la littérature d'aujourd'hui »

17 h 30 / 18 h

Débat

 

20 heures : Inauguration du colloque et vernissage de l’exposition des Elèves de l'Ecole des Beaux – arts de Toulon

 

 

Samedi 18 juin 2005

 

9 h 30 / 10 h

Accueil des participants – café

10 h / 10 h 45

Tina D’Agostini, écrivain et traductrice, «Annemarie Schwarzenbach et Isabelle Eberhardt : la métaphore du désert »

10 h 45 / 11 h 30

Marie-Elise Palmier-Chatelain, enseignant chercheur UMLB, «Le harem sans l’Orientalisme ? Des Anglaises au Caire au XIX ème siècle»

11 h 30 / 12 h 15

Soumiya Jamal Mikou, architecte textile, «La Transformation»

12 h 15 / 13 h

Débat et clôture du colloque : Nathalie Bertrand

 

17 h :

Visite de Tamaris par l’Association Mnémosyne (s’inscrire le matin à l’accueil)

 

Soirée Libre (à partir de 21h) :

 

Aux Chantiers de la lune, exposition des œuvres des élèves de l’Ecole des Beaux-arts de Toulon, musique, danse et détente…

Catégories

Lieux

  • Villa Tamaris – Centre d’Art (TPM)
    La Seyne-sur-Mer, France (83)

Dates

  • vendredi 17 juin 2005

Contacts

  • Colette Dumas
    courriel : dumascolette [at] noos [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Rencontres Orient - Occident ~
    courriel : corinne [dot] dumas [at] laposte [dot] net

Pour citer cette annonce

« Femmes d'Orient, Femmes d'Occident », Colloque, Calenda, Publié le lundi 18 avril 2005, http://calenda.org/190130