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Les lumières médiévales

Parlement des philosophes

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Publié le mercredi 27 avril 2005 par Inès Secondat de Montesquieu

Résumé

A l’heure de la montée des intégrismes, des communautarismes, il est nécessaire, pour la salubrité même de la pensée de faire retour ou tout au moins de réfléchir sur ce qui est souvent nommé « valeurs occidentales » ou « monde occidental ». Sur quel socle reposent-t-ils ? Les Lumières modernes semblent en être aussi bien l’origine que le fondement, accordant une place centrale à la raison, militant pour une égalité de tous, tout au moins quant aux instruments de connaissance, pour le recul de l’obscurantisme en faveur du savoir. Or, notre modernité n’est-elle pas par-là même hantée pas d’autres lumières, non pas celles du seul savoir mais de la foi ? Les lumières médiévales, fondant la raison sur la Révélation, qu’elle soit juive, chrétienne ou musulmane, ne viennent-elles pas hanter notre modernité et par-là même interroger son idéal de transparence, comme en creux de ses « valeurs » trop souvent insues ?

Annonce

[Présentation du Colloque]

A l’heure de la montée des intégrismes, des communautarismes, il est nécessaire, pour la salubrité même de la pensée – par-delà les prises de positions passionnées – de faire retour ou tout au moins de réfléchir sur ce qui est souvent nommé « valeurs occidentales » ou « monde occidental ». Sur quel socle reposent-t-ils ? Les Lumières modernes semblent en être aussi bien l’origine que le fondement, accordant une place centrale à la raison, militant pour une égalité de tous, tout au moins quant aux instruments de connaissance, pour le recul de l’obscurantisme en faveur du savoir. Or, notre modernité n’est-elle pas par-là même hantée pas d’autres lumières, non pas celles du seul savoir mais de la foi ? Les lumières médiévales, fondant la raison sur la Révélation, qu’elle soit juive, chrétienne ou musulmane, ne viennent-elles pas hanter notre modernité et par-là même interroger son idéal de transparence, comme en creux de ses « valeurs » trop souvent insues ?

Ce sera le projet de ces journées : comment articuler foi et savoir, rationalisme et religion en tenant ferme leurs distinctions, sans abolir l’une des deux branches de la tension ? Quelle place peut avoir la religion dans la cité ? Comment articuler laïcité et pratique d’une religion ou, plus généralement d’une croyance, sans verser dans l’intransigeance ou le fanatisme ?

Ces journées tenteront d’apporter des pistes de réflexion au travers d’un questionnement, par des philosophes, sociologues et psychanalystes autour de trois thèmes : qu’entendre par « lumières juives médiévales » à partir principalement de la figure de Maïmonide ; l’influence des « lumières d’Orient » autour d’Al-Fârâbî, d’Avicenne et d’Averroès ; la question de la mystique rhénane, avec Strasbourg au cœur de son apparition. Chaque journée sera suivie d’un débat ancrant ces réflexions aussi bien dans nos interrogations contemporaines que dans la cité.

– Programme des journées –

10 mai :

20h : Conférence inaugurale : L’invu des Lumières modernes (Jean-Luc Nancy, professeur de philosophie à l’UMB)

11 mai : Logos et Révélation

Matin :

9h : Joseph Elkouby (professeur au département d’études hébraïques et juives à l’Université Marc Bloch de Strasbourg) : « La notion de miracle dans la théologie dialectique du Maharal de Prague »

10h : Souheil Sayoud (étudiant à l’UMB, philosophie) : « « sans comment ». Ibn Taymiyya et le problème des attributs divins »

Après-midi :

14h : Alain Durel (post doctorant, Paris) : « Logos et Révélation chez Grégoire de Nysse »

15h : Géraldine Roux (AM à l’UMB, philosophie) : « L’idéal d’une croyance rationnelle ? »

16h : Pause

17h30 : Table ronde. Du langage religieux au dire sacré chez Maître Eckhart ?

Comment dire l’indicible ? Le langage religieux, tentant d’exprimer ce qui le déborde de toutes parts, ne doit-il pas être relayé par une autre approche, la voie négative, lui donnant sens par tout un travail de « déboîtement » et de fêlure ? La négation de toute approche positive du nom sacré est-elle dénuement total ou seule voie de « connaissance » du sacré chez Maître Eckhart ?

Intervenants : Benoît Beyer de Ryke, Marie-Anne Vannier, Wolfgang Wackernagel

20h : Débat. Les juifs et l’Europe

La place des Juifs dans l’Europe et leurs apports à sa culture se mesurent-ils à l’aune d’une « symbiose » ou, à l’inverse, d’une « dissimilation » ? Hypereuropéanité cosmopolite ou radicale étrangeté ? Au fond, l’adresse et l’envoi lancés par les Juifs à l’Europe, à sa civilisation, à ses valeurs, entre désir et refus, ne visent-ils pas son impossible « essence » ?

Invités : David Banon (professeur au département d’études hébraïques et juives de l’Université Marc Bloch, Strasbourg), Gérard Bensussan, Jacob Rogozinski, Jean-Michel Salanskis (Professeur de philosophie à Paris X-Nanterre)

12 mai : L’éducation par la loi

Matin :

9h : Meryem Sebti (chargée de recherche au CNRS, Paris) : "Le statut de la loi dans la cité vertueuse des falâsifa"

10h : David Banon (professeur au département d’études hébraïques et juives à l’UMB de Strasbourg) : « lois humaines, loi divine chez Maïmonide »

11h : Francesca Albertini (enseignante à la "Hochschule für jüdische Studien" de Heidelberg) : « The pedagogical influence of Aristoteles and of some Aristoteles' Arabic commentaries upon Al-Madina al-fadila by Al-Farabi »

Après-midi :

14h : Benoît Beyer de Ryke (assistant à l’Université Libre de Bruxelles, membre de l’Equipe de Recherche sur les Mystiques Rhénans à Metz, attaché au Centre Interdisciplinaire d'Etude des Religions et de la Laïcité) : « Eckhart et la naissance d’une spiritualité laïque »

15h : Jad Hatem : « Amour pur et monothéisme absolu : le Satan de Hallaj »

17h30 : Table ronde. Mystique et dialectique. L’impossible alternative

Dans le désir mystique d’union avec Dieu, qu’il soit juif, chrétien ou musulman, la dialectique, comme construction philosophique et conceptuelle, apparaît comme un chemin nécessaire. Comment comprendre cette tension entre la nécessité du concept et la volonté de son dépassement ? Une réponse pourra être esquissée par la convocation de théologiens ou de mystiques comme le Maharal de Prague, Nahmanide, Raymond Lulle, Nicolas de Cues, Maître Eckhart.

Grand Rabbin Gutman, Jad Hatem (professeur de philosophie à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth), Marie-Anne Vannier (professeur à l’université de Metz et directrice de l’Equipe de recherche sur les mystiques rhénans)

20h : Débat : La politique de l’Islam.

Plutôt que de chercher à déterminer l’Islam comme religion de la paix ou au contraire de la violence, déterminations toujours caricaturales, ce débat tentera d’esquisser, à partir des origines de l’Islam, ce que peut ou pourrait être un Islam politique. Comment articuler le message prophétique de Muhammad à la pratique historique des musulmans ?

Invités : Abdelmajid Charfi (professeur émérite d’histoire de la pensée islamique à l’Université de Tunis), Jean-Luc Nancy (professeur de philosophie à l’UMB), Hamadi Redissi (professeur de science politique à l’Université de Tunis)

13 mai : Le projet d’un Etat idéal ?

Matin :

10h : David Brezis (chercheur au CNRS) : « De la pensée talmudique à Maïmonide : entre dogmatisme et ouverture »

11h : Corine Pelluchon (enseignante, Paris) : « Leo Strauss et Maïmonide : « L’actualisation de la pensée maïmonidienne de la Loi comme promotion de la philosophie politique et des véritables Lumières »

Après-midi :

14h : Georges Khairallah (Maître de Conférences au département d'Etudes Arabes, UMB) : « La cité idéale d’Al-Farabi comme lieu philosophique de conciliation entre foi et raison »

17h : Débat. La déconstruction du christianisme

La « clôture de la métaphysique » dont le christianisme serait le plus lourd verrouillage est-elle aussi hermétiquement close qu’elle le paraît ? Comment déclore philosophie et foi afin de mener encore plus loin les Lumières ? Ne serait-ce pas là faire luire l’obscurité même, la faire luire de sa clarté propre ?

Invités : Gérard Bensussan, Joseph Cohen, Clément de Belloy (religieux de l’ordre des dominicains, Strasbourg), Philippe Lacoue-Labarthe (professeur de philosophie à l’UMB), Jean-Luc Nancy

20h : Débat. « Psychanalyse des religion, religion de la psychanalyse »

Invités : François Balmès, Fethi Benslama, Alain Didier-Weill, Gérard Haddad (psychanalystes, Paris)

14 mai : Judaïsme et christianisme à travers l’iconographie médiévale

14h : Carole Wenner (doctorante au département d’études hébraïques et juives de l’UMB de Strasbourg) : « Les Juifs dans les mentalités chrétiennes au XIIIe siècle »

15h : Annie Noblesse-Rocher (maître de conférences à la faculté de théologie protestante de Strasbourg et pasteur) : « L’iconoclasme de Claude de Turin : Lumières carolingiennes ? »

16h : Pause

17h30 : Conférence de clôture. Rémi Brague (professeur de philosophie à Paris I Sorbonne)

Soirée de clôture : Lectures-Concert

Catégories

Lieux

  • Strasbourg, France

Dates

  • mardi 10 mai 2005

Contacts

  • Géraldine Roux
    courriel : postmaster [at] parlement-des-philosophes [dot] org

Source de l'information

  • Unité de Recherche en Histoire Médiévale de l'ULB
    courriel : urhm [at] ulb [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« Les lumières médiévales », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 27 avril 2005, http://calenda.org/190171