AccueilLa démocratie locale. Perspectives comparatistes France-Europe-Afrique

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Publié le vendredi 29 avril 2005 par Natalie Petiteau

Résumé

Annonce

Journée d’étude, 17 mai 2005, Université Paris 8 - Saint Denis

Organisée avec le soutien du Centre d’études africaines (EHESS/CNRS), de l’UMR Cultures et sociétés urbaines (Paris8/CNRS), du Laboratoire d’anthropologie des institutions et des organisations sociales (EHESS/CNRS), de l’équipe Théories du politique, pouvoir et relations sociales (Paris 8)

Cette journée s’inscrit dans le programme de l’ACI Internationalisation de la recherche, projet « Démocratie participative, délibération et mouvements sociaux »

La démocratie locale : perspectives comparatives France-Europe-Afrique

Depuis le début des années 90, des réformes et des expérimentations en matière de démocratie locale ont joué un rôle important dans les systèmes politiques en France, en Europe et dans nombreux pays du Sud. L'étendue mondiale de ce phénomène n'a cependant inspiré que peu de travaux scientifiques consacrés à une comparaison de ses enjeux théoriques et pratiques dans les pays du Nord et du Sud. Sur une échelle plus restreinte, notre journée d'étude suivra cette démarche à partir d'une comparaison d’expériences en France, dans d'autres pays européens et des pays de l'Afrique subsaharienne.

Ce choix est motivé par deux raisons. Premièrement, les transitions démocratiques des États d’Afrique subsaharienne ont donné lieu à de multiples échanges avec l'Europe dans le cadre de la coopération décentralisée, à des programmes de soutien de l'Union Européenne et de ses pays membres, ainsi qu’aux activités d’ONG. Ces transferts ne sont que rarement analysés dans une perspective qui revient sur les systèmes politiques des pays « donateurs ». Deuxièmement, malgré une « routinisation » des procédures démocratiques dans plusieurs États, l'Afrique continue souvent à être abordée comme une figure d'exception, associée au rôle prépondérant des cultures politiques qui soit formeraient un obstacle à la démocratisation (l'afropessimisme), soit constitueraient la base d’une démocratie spécifiquement africaine (la renaissance africaine).

Dans un effort de renversement de perspective qui signifierait à la fois « déculturaliser » l'Afrique et « décentrer » l'Europe, nous proposons de partir d'un processus qui est partagé par l'ensemble des sociétés concernées, et dont la notion de « démocratie locale » peut être conçue comme un reflet. Largement décrit par la science politique de la dernière décennie, ce processus est notamment associé à une délégitimation de l'État providence (qui dans le contexte africain a souvent pris la forme ambiguë d'un État néo-patrimonial prédateur et redistributeur), et s’inscrit dans un contexte d’affaiblissement des grandes idéologies politiques et des formes conventionnelles du militantisme au sein des partis et des syndicats. Parallèlement, l'essor des politiques néo-libérales soutient des tendances d'individualisation ou de communautarisme qui mettent en question les liens publics au fondement de l'action politique. Face à ces phénomènes qui s'expriment notamment par l'abstentionnisme des électeurs et un manque de légitimité de la classe politique et des institutions étatiques, la démocratie locale est considérée comme un moyen adéquat pour redonner un sens à la participation politique, et par ce biais, à l'État. En même temps, la participation est utilisée comme un moyen de donner du sens à la démocratie locale.

A condition de prendre en compte les contraintes spécifiques qui pèsent sur les processus de démocratisation en Afrique - telles que l'« informalisation » et la « désinstitutionnalisation » favorisées par les politiques d'ajustement structurel - ainsi que les formes de gouvernementalité héritées de la période coloniale, nos interrogations sur l’objet « démocratie locale » pourraient se situer au carrefour de trois dimensions :

La question de la production du local concerne la nature des espaces d’action politique (régions, villes, communes, villages, quartiers) et vise à comprendre comment ces espaces territoriaux se constituent à partir d’une appropriation contextuelle des différents modèles de gouvernance, ressources symboliques et idéologiques.

Ce jeu d’appropriations se déploie également sur le plan des modèles de démocratie représentatifs et participatifs. Comment les pratiques en question se trouvent structurées par le rapport entre une démocratie « pragmatique » qui vise l'efficacité gestionnaire et une démocratie « citoyenne » orientée vers l'élargissement du débat public? Quelles procédures délibératives et orientations normatives ont été élaborées pour faire face à la conflictualité ou à la violence inhérents à la co-présence de majorités et minorités ?

Enfin, nos analyses s’inscrivent dans une continuité spatiale et temporelle. Sur le plan spatial, sous l’impact de la mondialisation, se pose le problème de l’articulation des espaces locaux avec différents échelons institutionnels. Quelle est la dynamique entre des relations « verticales » avec des pouvoirs régulateurs et des échanges « horizontaux » qui peuvent impliquer des réseaux transnationaux ? La dimension temporelle renvoie à la question des cadres d'intelligibilité historiques et culturels qui structurent les interactions et les orientations des acteurs.


Programme de la journée




9h-9h20: Accueil des participants

Introduction

Yves Sintomer (CSU-IRESCO, Université Paris 8)

La démocratie participative en Europe: modèles et enjeux.

Clemens Zobel (CEAF-EHESS, Université Paris 8)

La démocratie locale en Afrique : auto-organisation communautaire, décentralisation et réseaux transnationaux.

Session 1 (10h-13h) : Modèles, appropriations et idéologies


Présidence : Stéphanie Lima (Migrinter)

Discutant : (sous réserve) Jean Copans (CEAF-EHESS, Université Paris 5)

Catherine Neveu (LAIOS-CNRS)

Les usages de la proximité dans les Conseils de la vie locale de Tours.

Thomas Lacroix (Centre Jacques Berque, Rabat)

Démocratie et développement dans le Sud marocain : les illusions d’une citoyenneté communautaire ?

Alexis Roy (CEAF-EHESS)

Elections municipales et interprétation des normes démocratiques au Mali: l'exemple de Baguinéda-Camp.





Session 2 (14h30-17h30) : Pratiques délibératives, savoirs et médiations


Présidence: Boris Petric (LAIOS-CNRS)

Discutante : Chantal Pacteau (Chercheure, actuellement responsable Afrique et Moyen-Orient, Direction des relations internationales du CNRS)



Jean Schmitz (CEAF-EHESS, IRD)

La gouvernance d'une communauté multilocale (Vallée du Sénégal) : conflits, consensus et pouvoir des Tiers.

Marion Carrel (CEMS-EHESS)

Les « artisans de la participation » dans les quartiers populaires, médiateurs ou facilitateurs de délibération ? Une perspective comparée France / Pays-Bas.

Marion Ben Hammo (CSU-IRESCO, Université Paris 8)

Imbrications territoriales et démocratie participative à Paris.

Lieu :

Université Paris 8, Salle B 106 (fléchage prévu depuis l’entrée principale)

2 rue de la Liberté

93200 Saint-Denis

Accès :

- En métro : ligne 13, station Saint-Denis Université

- Depuis la gare SNCF de Saint-Denis : bus 255 direction Stains les Prévoyants, arrêt Saint- Denis Université

- En voiture depuis Paris : prendre l’autoroute A 1 (dite du Nord) à la Porte de la Chapelle, sortie N°3 direction St-Denis Universités - Pierrefitte ; après le 4ème feu tricolore, tourner à droite dans la 2ème rue, direction Stains - St-Denis Universités - Vélodrome

Contact :

m.benhammo@noos.fr , clemenszobel@yahoo.fr



Catégories

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • mardi 17 mai 2005

Contacts

  • Marion Ben-Hammo
    courriel : m [dot] benhammo [at] noos [dot] fr

Source de l'information

  • Marion Ben-Hammo
    courriel : m [dot] benhammo [at] noos [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La démocratie locale. Perspectives comparatistes France-Europe-Afrique », Journée d'étude, Calenda, Publié le vendredi 29 avril 2005, http://calenda.org/190193