Accueil10 mars 1906 : la catastrophe des mines de Courrières... et après ?

10 mars 1906 : la catastrophe des mines de Courrières... et après ?

Colloque international, 9-10-11 octobre 2006

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Publié le mardi 10 mai 2005 par Inès Secondat de Montesquieu

Résumé

Annonce

Appel à communication

10 mars 1906 : coup de poussières à la Compagnie de Courrières : 1099 morts. Cent ans après les évènements, en dépit des nombreuses évocations de la catastrophe, bien des aspects restent encore méconnus. Dans le cadre de la Commémoration du centenaire de la catastrophe, le Centre Historique Minier du Nord-Pas-de-Calais, organise en octobre 2006 à Lewarde, un colloque international. L’objectif de ce colloque, résolument interdisciplinaire, est double : d’une part, situer la catastrophe dans son contexte historique, politique, social, culturel et économique, et, d’autre part, mieux comprendre les déterminants humains, techniques, financiers de l’industrie houillère du début du XXe siècle au travers de cet évènement dramatique, mais aussi de manière bien plus générale, la connaissance de l’histoire des risques industriels en Europe.

I. La catastrophe du 10 mars 1906 et ses conséquences

1. Les faits.

Les évènements directement constitutifs de la catastrophe peuvent être réexaminés à la lumière de toutes les informations aujourd’hui disponibles : processus du coup de poussières, réactions du personnel au fond et au jour, initiatives de l’encadrement, conduite des opérations de sauvetage (participation des sauveteurs allemands, autres corps de sauveteurs sollicités…). Il conviendra également d’apprécier les points forts et les lacunes du dispositif de sécurité de la Compagnie. Sur un plan plus large, on s’attachera à analyser l’état des savoirs scientifiques sur les poussières, les débats qui traversèrent différents cercles de réflexion et le transfert de ce savoir auprès des exploitants. Des approches comparatives avec les grands pays charbonniers (Grande-Bretagne, Allemagne, Etats-Unis…) sont souhaitables.

2. Aspects économiques et financiers.

Pour situer la catastrophe dans son contexte économique, plusieurs angles d’attaque sont envisageables : l’évolution des conditions de production, le niveau de formation des cadres, des ouvriers. Certaines communications pourront être centrées sur la Compagnie elle-même : son fonctionnement, ses administrateurs, ses ingénieurs, sa politique d’embauche et de rémunération… On envisagera des comparaisons avec d’autres grandes entreprises minières.

L’étude du fonctionnement ultérieur de la compagnie devrait être instructive : comment fut financée la « reconstruction », a-t-elle intégré des innovations technologiques ?

Comment a été « reconstituée » la main-d’œuvre au lendemain de la catastrophe ? Les politiques de rémunération et de protection sociale ont-elle été modifiées ?

Les aspects financiers afférents aux réparations des préjudices subis sont encore peu explorés. Il serait tout à fait opportun de tendre vers un bilan financier des indemnités pour déterminer notamment quels préjudices l’assurance de la compagnie de Courrières a pris en charge en vertu de la loi du 8 avril 1898. On s’attachera également à apprécier le montant total des souscriptions, les différents circuits de collecte, la gestion des fonds et les éventuels critères pris en compte pour leur distribution.

II. Dimensions humaineS, politiqueS et socialeS

1. Les acteurs du drame.

La dimension humaine de la catastrophe représente un autre champ d’investigation majeur. Un travail rigoureux centré sur les acteurs du drame (décédés, blessés et indemnes) s’impose. La reconstitution des liens familiaux des salariés de la compagnie peut être riche d’enseignements sur l’organisation des équipes de travail au fond. Certains travaux pourront porter sur les mineurs remontés indemnes le jour de la catastrophe, d’autres sur les « escapés », leurs pérégrinations, leur prise en charge, leurs contacts avec les médias, leurs itinéraires ultérieurs… Quel fut le destin des centaines de veuves ?

La confrontation à la mort, à la disparition peut donner lieu à des communications relevant de l’anthropologie. On pourra se centrer sur la symbolique des funérailles solennelles du 13 mars, sur les autres cérémonies mortuaires, sur le rapport entre pouvoir civil et religieux dans ce cadre, etc...

2. Les conséquences politiques et sociales.

La catastrophe du 10 mars 1906 intervient alors que la France connaît une situation politique et sociale exceptionnelle : vacance ministérielle, préparation des prochaines élections législatives, conflit des Inventaires, nombreuses grèves… On analysera les débats parlementaires, les enquêtes officielles consécutifs à l’accident. La catastrophe ou ses conséquences sont-elles présentes dans la campagne électorale des législatives des 6 et 13 mai 1906 ? Une telle réflexion pourra être menée pour l’ensemble national mais aussi dans un cadre local ou régional. Plus généralement, le rôle de l’appareil d’Etat dans la gestion de la catastrophe et de la grève, les initiatives des différents ministères concernés devraient être étudiés. La création du Ministère du Travail et de la Prévoyance sociale en décembre 1906 est assurément un jalon majeur du Droit social : que doit cette création à la conjoncture minière de l’année 1906 ?

Le mouvement de grève qui se déclenche au lendemain des obsèques solennelles constitue un autre champ de recherche : ses causes, son déroulement, son issue, son retentissement ont été évoqués dans plusieurs publications, mais n’ont pas fait l’objet d’études spécifiques. On pourra aussi se centrer sur les rivalités syndicales ou sur les conditions de reprise du travail, sur les sanctions d’ordre judiciaire ou disciplinaire.

III. La catastrophe MISE en perspective.

1. Représentations et mémoire.

Par son retentissement national et international, la catastrophe fut une sorte de vitrine tragique du monde de la mine. Sa couverture médiatique fut considérable. On pourra s’interroger sur les différences de traitement journalistique selon les sensibilités politiques, selon la périodicité ou le caractère local ou national de l’organe de presse. Comment les modes d’expression, le mode de vie, le travail des mineurs ont-ils été retranscrits par la presse ?

L’analyse du souvenir de la catastrophe est riche d’enseignements. Les expressions du souvenir de la catastrophe et de la grève sont encore mal identifiées. Au-delà du patrimoine monumental, des documents et œuvres tels que brochures, chansons, pamphlets, textes à diffusion restreinte, mémoire orale, oeuvres romanesques, théâtrales ou cinématographiques inspirées par la catastrophe, etc. sont dignes d’intérêt.

L’étude des commémorations pourra faire l’objet d’une communication. Quel a été l’effet du temps sur la fréquentation de ces cérémonies ? Les deux guerres mondiales ont-elles constitué des ruptures dans ces manifestations ou au contraire les ont-elles ravivées ? Comment se sont positionnés les syndicats, les administrateurs de la Compagnie puis les représentants des HBNPC ou de Charbonnages de France face aux diverses initiatives relevant du souvenir ?

2. Les enseignements d’une catastrophe.

La constitution d’un système de recherche et de prévention intégrant les enseignements de la catastrophe est connue dans ses grandes lignes mais l’analyse critique de ces dispositifs et de leur efficacité reste largement à mener. Dans quelle mesure la catastrophe fit-elle jurisprudence en matière de sécurité industrielle ? En a-t-on tiré des conséquences pour d’autres industries exposées au risque des poussières tels les silos à grains ?

La mise en regard de la catastrophe avec d’autres accidents miniers pourrait apporter de sérieux éléments d’appréciation sur les spécificités de l’accident de la compagnie de Courrières, sur le rôle respectif des poussières, du grisou et des installations électriques… On pourra aussi mettre en parallèle les moyens dont disposent aujourd’hui les puissances publiques pour définir des politiques de prévention et de secours en matière de risques industriels.

COMITE DE PILOTAGE

Membres de l’équipe scientifique permanente du Centre historique minier

André Dubuc, Directeur général

Agnès Paris, Conservateur

Virginie Debrabant, Archiviste

Gérard Dumont, Professeur agrégé d’histoire détaché

Représentants du Conseil scientifique du Centre historique minier

Serge Benoit, Professeur agrégé d’histoire à l’Université d’Evry

Arnaud Berthoud, Professeur de philosophie économique émérite de l’Université de Lille I

André Brossard, Ancien ingénieur des mines en chef

Marie-France Conus, Maître de conférences en sciences économiques à l’Université de Montpellier III

François-Xavier Debrabant, Historien du droit

Gustave Defrance, Ancien directeur des écoles des mines de Douai et d’Alès

Alexis Destruys, Ancien secrétaire général des Houillères du Nord et du Pas-de-Calais

Henri Duchâteau, Ancien ingénieur des mines en chef

Jean-François Eck, Professeur d’histoire à l’Université de Lille III

Jean-Louis Escudier, Chargé de recherche CNRS à l’Université de Montpellier I

Gérard Gayot, Directeur de l’IFRESI

Odette Hardy-Hémery, Professeur d’histoire émérite à l’Université de Lille III

Yves Le Maner, Professeur agrégé d’histoire

Michel Poilevé, Ancien ingénieur des mines en chef

PROPOSITIONS DE COMMUNICATIONS

Les propositions de communications, d’une page environ, comprenant les titres et qualités des auteurs, sont à adresser jusqu’au 15 juin 2005 à :

Mme Virginie Debrabant, Centre historique minier, BP 39 59287 LEWARDE ; email : vdebrabant@chm-lewarde.com.

Le comité de pilotage se prononcera dans le courant du mois de septembre 2005. Les interventions orales seront limitées à 20 minutes. La publication des Actes du colloque sera assurée par le Centre historique minier.

Catégories

Lieux

  • Lewarde, France

Dates

  • mercredi 15 juin 2005

Contacts

  • Virginie Debrabant
    courriel : vdebrabant [at] chm-lewarde [dot] com

Source de l'information

  • Centre historique minier du Nord-Pas-de-Calais à Lewarde
    courriel : vdebrabant [at] chm-lewarde [dot] com

Pour citer cette annonce

« 10 mars 1906 : la catastrophe des mines de Courrières... et après ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 10 mai 2005, http://calenda.org/190224