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Publié le lundi 13 juin 2005 par Inès Secondat de Montesquieu

Résumé

Annonce

Appel à contribution pour TROIS articles à paraître dans l’ouvrage :

Sciences de la population – discours de vulgarisation – politiques de la population.

France – Allemagne (1914-1939)

Sous la direction de Petra Overath et Patrick Krassnitzer

On a pu observer ces quinze dernières années un « décollage » notable des recherches menées sur les théories et les politiques en matière de population, tant en Allemagne qu’en France. Néanmoins, les deux cultures de recherche ont jusqu’à présent suivi leurs propres voies, à tel point qu’il n’existe pratiquement aucun dialogue entre les chercheurs des deux pays qui travaillent sur les « questions de population ». D’une part, cela se traduit par des pratiques, des questions et des résultats de recherche asynchrones et hétérogènes. De l’autre, le peu d’échange sur les acquis récents conduit à ce que projets de recherche et avancées obtenues jusqu’à présent coexistent en étant simplement juxtaposés et n’exploitent pas entièrement leur potentiel explicatif, précisément parce qu’il leur manque une perspective comparative qui puisse offrir des éclairages sur les similarités et les différences dans l’évolution des « questions de population ». Un des objectifs principaux du livre est donc d’approfondir, voire même de donner le coup d’envoi du dialogue franco-allemand (élargi pour un article à la perspective suisse) sur l’histoire des théories et des politiques en matière de population. En dépit de l’hétérogénéité constatée des recherches menées jusqu’à présent sur l’histoire de ces questions, Petra Overath et Patrick Krassnitzer plaident pour que les perspectives de recherche soient encore plus dynamiques, et ce à deux niveaux d’analyse. D’une part les éditeurs proposent de reconceptualiser les interactions entre sciences, politiques et espaces publics. De l’autre, ils soulignent les avantages que comporte une comparaison menée à l’échelle internationale et en particulier ceux de conceptualiser les processus de transfert des savoirs. L’ouvrage est sur ce point structuré par quatre entrées analytiques autour de la notion de « population » : la population en chiffres, les visions biotechnologiques, ainsi que les perspectives de réforme sexuelle qu’elle a générés, et enfin, la population considérée par-delà ses espaces nationaux. Les contributions se concentrent sur la période de l’entre-deux-guerres, centrale tout autant pour la France et l’Allemagne que pour les relations entre les deux pays. Certains articles abordent en outre des aspects fondamentaux de la « préhistoire » de l’entre-deux-guerres.

La grande majorité des contributions s’appuient sur les interventions orales qui ont été présentées lors d’une conférence internationale organisée par Petra Overath et Patrick Krassnitzer en janvier 2005 à Berlin. Les éditeurs recherchent en outre trois contributions supplémentaires :

Deux pour la première partie, « la population en chiffres », qui explore la « population » au prisme des statistiques de l’époque. La question directrice de cette partie peut se résumer dans les termes suivants : quand et dans quels contextes politiques la notion de « population » joua-t-elle un rôle et lequel ? Comment des « faits » démographiques ont-ils été construits à partir d’enquêtes statistiques ? Existe-t-il des « styles nationaux » ? Dans l’affirmative, quelles en sont les conséquences ? Peut-on mettre en évidence des processus de transferts de savoir entre la France et l’Allemagne ? Les représentants des associations privées qui s’intéressaient aux politiques ayant trait à la population recouraient-ils également aux statistiques ? Comment se sont formées les interactions entre sciences, opinions publiques et politique dans le domaine de la démographie et de la population ?

Les contributions déjà disponibles s’intéressent d’une part à la genèse de la statistique démographique en Allemagne en tant que « science politique », illustrée à partir du cas d’Ernst Engel (Daniel Schmidt) et, de l’autre, analysent le point de départ spécifique (doublée d’implications politiques) que constitua la statistique médicale de l’armée française au 19e siècle pour « penser la population » (Odile Roynette). Les deux contributions se concentrant sur le 19e siècle et donc sur la « préhistoire » de la période de l’entre-deux-guerres à laquelle se consacre cet ouvrage collectif, les éditeurs sont en quête de deux articles supplémentaires qui examinent la statistique démographique PENDANT la période d’enquête. L’un devra se consacrer à l’Allemagne, l’autre à la France, les comparaisons ou analyses de transfert étant explicitement souhaitées.

Par ailleurs, les directeurs de publication recherchent un article pour la partie « Population et visions biotechnologiques », qui aborde la « population » en termes d’hygiène raciale et d’eugénisme. Les questions centrales de cette partie se posent ainsi : Quels fantasmes biotechnologiques la « population » a-t-elle suscités ? Comment ces fantasmes ont-ils transformé l’objet de recherche « population » ? Quels rapports ont existé entre les catégories de manipulations des structures sociales (social engeneering), telles que les concepts de « race », « Rasse » ou de « peuple », « Volk » d'un coté et celui de « population », « Bevölkerung » de l'autre ? Les visions biotechnologiques sont-elles propres aux milieux politiques et/ou scientifiques ? Ou bien se sont-elles diffusées dans les divers espaces publics, par exemple grâce à des œuvres littéraires ou pseudo scientifiques et populistes ?

Les contributions existantes pour cette partie analysent d’une part à un niveau abstrait les visions biotechnologiques de la population, entendues comme un véritable projet de modernité (Michael Esch), et, d’autre part, étudient très concrètement la pénétration et l’évaluation de la pensée hygiénique raciale dans différents milieux politiques, scientifiques et publics de l’Allemagne de l’entre-deux-guerres (Heiner Fangerau). Les éditeurs sont donc en quête d’une contribution qui analyse, dans son contexte social spécifique, le développement et le positionnement du mouvement eugénique en France. Les comparaisons ou analyses de transfert sont également explicitement souhaitées pour cet article.

Les personnes intéressées sont priées d’envoyer un bref résumé de leur contribution à :

Petra Overath : op@cmb.hu-berlin.de

Patrick Krassnitzer : kp@cmb.hu-berlin.de

Les directeurs de publication envoient volontiers une présentation détaillée de l’ouvrage, ainsi que le sommaire provisoire, aux personnes qui souhaiteraient y contribuer.

La remise des textes (max. 45000 signes) est fixée au 1er septembre 2005, afin de permettre une parution à l’automne de la même année.

Catégories

Dates

  • jeudi 01 septembre 2005

Contacts

  • Petra Overath
    courriel : op [at] cmb [dot] hu-berlin [dot] de
  • Patrick Krassnitzer
    courriel : kp [at] cmb [dot] hu-berlin [dot] de

Source de l'information

  • Bensussan Agnès
    courriel : ba [at] cmb [dot] hu-berlin [dot] de

Pour citer cette annonce

« Sciences de la population - discours de vulgarisation - politiques de la population », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 13 juin 2005, http://calenda.org/190337