AccueilLes renouvellements idéologiques de l'extrême droite et l'usage des sciences sociales en France: XIXe, XXe siècles

Les renouvellements idéologiques de l'extrême droite et l'usage des sciences sociales en France: XIXe, XXe siècles

Collection "Les cahiers politiques", Editions L'Harmattan, dans le cadre de IRIS-CREDEP, Unité associée au CNRS, Paris IX Dauphine

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Publié le mardi 05 juillet 2005 par Inès Secondat de Montesquieu

Résumé

Annonce

Collection « Les Cahiers politiques »,

Editions L’Harmattan, rattaché au laboratoire IRIS-CREDEP (unité associée au CNRS),

UMR 7170 Paris IX - Dauphine

Appel à contribution :

Les renouvellements idéologiques de l’extrême droite et l’usage des sciences sociales en France : XIXe - XXe siècles

Sous la co-direction de Sébastien Mosbah-Natanson (IRIS-CREDEP, Paris–IX) et de Sylvain Crépon (GEODE, Paris-X) dans le cadre de l’IRIS-CREDEP

La date limite pour l’envoi des propositions de contribution est repoussée au 30 septembre 2005, l’ouvrage devant paraître au premier trimestre 2006.

L’histoire de l’extrême droite française depuis le début du XIXe siècle permet de constater l’existence de ponts entre les sciences sociales (principalement la sociologie et l’anthropologie) et les doctrines de ce courant politique. Alors que l’histoire des sciences sociales montre qu’elles sont le produit de la modernité – leur constitution ayant été rendue possible grâce au développement de l’esprit critique, à la remise en cause des absolutismes, à l’ouverture occidentale vers l’altérité – on s’interrogera, dans cet ouvrage collectif, sur certaines de leurs récupérations politiques inattendues, au premier abord. L’ambition de cet ouvrage est donc de proposer une réflexion sur ce phénomène en France depuis deux siècles.

Chez les penseurs contre-révolutionnaires du début du XIXe, cette articulation se met en place dans une double dimension originaire : pour la sociologie et pour l’extrême droite. De Maistre ou de Bonald ont en effet proposé une nouvelle façon de penser le social, en opposition au libéralisme individualiste des Lumières et de la Révolution. Leurs théories ont ainsi inspiré Auguste Comte, mais aussi constitué le fondement doctrinal de l’extrême droite. Leurs analyses se trouvent donc au croisement de la pensée pré-sociologique et des idées politiques anti-modernes. La période de l’entre-deux siècle illustre également ce phénomène. L’extrême droite française constitue alors sa doctrine en puisant, entre autres, dans les sciences sociales. Charles Maurras s’inspire des contre-révolutionnaires, mais aussi d’Auguste Comte et de Frédéric Le Play. La fin du XIXe siècle voit, par ailleurs, se développer des théories sociales d’inspiration biologique et racialiste (auxquelles s’opposera la sociologie durkheimienne), dans lesquelles puisera une extrême droite en quête de nouveau paradigmes. L’époque contemporaine (1970–2000) voit quant à elle le courant de la Nouvelle droite ressourcer la vieille antienne anti-égalitariste en puisant dans le savoir anthropologique. Le Front national utilise quant à lui des travaux sociologiques (statistiques, démographie) afin de légitimer ses thèses xénophobes. Ces trois exemples ne se veulent naturellement pas exclusifs. D’autres conjonctures historiques et idéologiques pourront être prises en considération.

Dans cette optique, on privilégiera deux axes problématiques dans lesquels pourront s’inscrire les contributions. D’autres pistes pourraient évidemment être explorées.

- On s’interrogera tout d’abord sur les usages des sciences sociales par l’extrême droite française. Les innovations et les renouvellements idéologiques durables de celle-ci ont-elles été, significativement, liées à cet usage ? Quelles idées et quels concepts ont fait l’objet de récupération ? Comment ont-ils été adaptés pour devenir des éléments doctrinaires ? Quels ont été les acteurs et les intermédiaires d’une telle opération ? La contextualisation d’une telle appropriation devra être au centre des préoccupations. L’écho rencontré par de tels procédés intellectuels pourra également être l’objet de questionnement.

- Ces études sur les usages des sciences sociales au sein des doctrines de l’extrême droite pourraient déboucher sur un questionnement d’ordre épistémologique et éthique. On pourra se demander comment les sociologues ont réagi face à de telles récupérations dans différents contextes historiques ? Quel type de réflexivité doit engager le praticien des sciences sociales confronté à des appropriations de ses concepts et théories par des doctrines radicales ? Le phénomène mis en avant invite donc à réfléchir à l’inscription sociale et politique des sciences sociales.

Cet ouvrage collectif est dirigé par Sébastien Mosbah-Natanson (IRIS-CREDEP, Institut de recherches interdisciplinaires en socio-économie / Centre de recherches et d’études politiques, Paris–IX) et Sylvain Crépon (GEODE, Groupe d’étude et d’observation de la démocratie, Paris-X) dans le cadre de l’IRIS-CREDEP (CNRS-Paris IX).

Les propositions de contribution (4000 signes maximum, espaces compris) devront être envoyées avant le 7 septembre 2005 par courrier électronique à l’adresse suivante :

ideoxd_cahierspolitiques@yahoo.fr

Dates

  • mercredi 07 septembre 2005

Contacts

  • sebastien Mosbah-Natanson / Sylvain Crépon ~
    courriel : smosbah [at] hotmail [dot] com

Source de l'information

  • sebastien Mosbah-Natanson / Sylvain Crépon ~
    courriel : smosbah [at] hotmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Les renouvellements idéologiques de l'extrême droite et l'usage des sciences sociales en France: XIXe, XXe siècles », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 05 juillet 2005, http://calenda.org/190376