AccueilDémocratie et dispositifs électroniques : regards sur la décision, la délibération et le militantisme

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Publié le lundi 11 juillet 2005 par Natalie Petiteau

Résumé

Annonce

Appel à participation au colloque international

"Démocratie et dispositifs électroniques : regards sur la décision, la délibération et le militantisme"

Paris, les 6 (après-midi) et 7 décembre 2005

Organisé par le réseau DEL (« Démocratie Electronique »)

Responsable scientifique : Gérard Loiseau

Comité scientifique et d’organisation : Gérard Loiseau, Thierry Vedel, Stéphanie Wojcik

CADRE GENERAL

Les recherches sur l’insertion de dispositifs numériques dans les processus démocratiques sont disséminées et par trop cloisonnées dans certains champs disciplinaires. Ce constat, que nous effectuions il y a trois ans, lors de la création du réseau de recherche international « Démocratie Electronique » reste réel, malgré l’accentuation des échanges interdisciplinaires. De surcroît, les travaux en ce domaine nous semblent souffrir de handicaps contradictoires. Abordés sous l’angle technologique, ils négligent parfois des éléments de contextualisation qui leur donnent sens, comme les formes « traditionnelles » de participation, de délibération et de militance, le fonctionnement complexe des organisations qui initient et gèrent ces dispositifs, les stratégies d’acteurs qui en ont la responsabilité. A l’opposé, trop dilués dans des démarches englobantes, les spécificités et les apports de ces technologies sont quelquefois amoindris au point de susciter indifférence ou sous-évaluation de leur originalité.

Notre projet est donc de proposer lors de ce colloque une lecture combinée des particularités des technologies numériques dans les actions de démocratisation et des situations socio-politiques qui les configurent pour partie. Cette lecture s’effectuera pour chaque thématique en deux temps :

- la restitution critique par un discutant d’un rapport de recherche financé par le Programme Interdisciplinaire « Société de l’Information » du CNRS sur « Démocratie et dispositifs électroniques : regards sur la décision, la délibération et la médiation » réalisé par Gérard Loiseau (CERTOP/CNRS), Thierry Vedel (CEVIPOF, Centre de recherches politiques de Sciences-Po / CNRS) et Stéphanie Wojcik (LaSSP/ IEP de Toulouse).

- la présentation synthétique par un conférencier de l’ensemble des textes sélectionnés et ordonnés par thématiques. Conformément au mode de fonctionnement des séminaires du réseau DEL, les auteurs interviendront dans un deuxième temps pour réagir aux propos du conférencier et débattre avec l’ensemble des participants au colloque.

OBJECTIFS

Afin de resituer les usages d'Internet dans des problématiques plus larges tout en soulignant les originalités et les apports des réseaux numériques dans les processus démocratiques, nous souhaitons :

1. Centrer nos échanges scientifiques sur trois thématiques :

- L’apport des TIC aux processus de décision politique ou publique (vote électronique, etc.). Les réflexions peuvent porter, entre autres, sur les problèmes rencontrés par la généralisation du vote électronique, l’authentification des électeurs, la confidentialité et l’intégrité des votes ; sur les questions relatives aux formes contemporaines de la citoyenneté, notamment liées aux conceptions de l’électeur rationnel et aux conditions de réduction de l’abstentionnisme électoral ; sur les manières dont le vote électronique est conditionné par un certain nombre de facteurs tels que les cultures politiques nationales, l’environnement institutionnel, l’histoire des élections, le niveau de développement technique, les facteurs économiques ; sur la mesure scientifique de l’impact du vote électronique, en isolant celui-ci de tous les autres facteurs qui à un moment donné peuvent influer sur les taux de participation ; etc.

- Les procédés délibératifs en ligne (forums ou liste de discussion). Les travaux sur ces dispositifs peuvent rendre compte, notamment, de la présence de courants d’opinion mal ou non représentés dans l’espace public traditionnel ; de la reformulation partielle de la question de la démocratie délibérative comme nouveau mode d’action publique ; de l’éventuelle influence des potentialités proprement techniques — discussion sous la forme d’échanges écrits asynchrones, absence de co-présence physique des participants —, et des pratiques éditoriales auxquelles elles donnent lieu : anonymat, affichage plus ou moins permanent des contributions, sur les formes de la délibération ; du réexamen subséquent des conditions selon lesquelles ces formes de débat peuvent contribuer à démocratiser la décision publique ; des formes et de l’organisation des délibérations électroniques, des argumentations employées, des règles, formelles ou informelles, qui structurent les échanges électroniques ; de l’éventuelle remise en cause ou, au contraire, du renforcement des hiérarchies sociales et culturelles qui grèvent ordinairement les prises de parole des citoyens ; de la participation ou de l’expression d’individus qui ne s’expriment pas lors de procédures plus formelles ; etc.

- Les pratiques militantes. Il s’agit d’observer, par exemple, de quelle manière Internet peut être mis à profit par des organisations déjà structurées, comme les associations, les partis politiques et les syndicats, comme levier de leur action, pour gagner en réactivité et visibilité auprès de l’opinion publique ; comment des militants de base ou des courants minoritaires diffusent librement leurs points de vue ; en quoi Internet peut constituer une ressource pour les collectifs faiblement structurés et les mouvements sociaux, voire les individus (diminution des coûts de coordination et d’organisation, formes non conventionnelles de participation : protestations, campagnes d’e-mail, pétitions…) ; dans quelle mesure peut-on dire qu’Internet permet d’accroître la démocratie interne des organisations militantes ; en quoi de nouveaux types d’engagements sont favorisés par l’usage des réseaux numériques ; etc.

2. Etablir une synthèse des travaux récents sur ces thèmes et les intégrer dans une réflexion plus ample. Il s’agit de s’interroger sur les réels apports des techniques numériques dans le cadre d’échanges délibératifs, lors des procédés de décision (électifs ou autres), dans la mise en œuvre, le déroulement et les résultats d’actions militantes ; d’évaluer les éventuels effets structurants de ces instruments sur l’action publique ; d’appréhender ces effets comme une des manifestations des recompositions actuelles du pouvoir politique et de ses modalités d’action.

3. Susciter une lecture critique de la part de chercheurs dont les TIC ne constituent pas le domaine d’étude. La confrontation des travaux portant sur chacune de ces thématiques avec les points de vue de chercheurs travaillant sur des formes plus classiques de délibération, décision ou militance nous paraît en effet pouvoir contribuer fortement à l’enrichissement de nos réflexions. Les conférenciers sollicités synthétiseront, pour chaque thème, l’ensemble des textes retenus. Ils procéderont à une mise en perspective de ces travaux au regard de leurs propres préoccupations scientifiques et/ou des problématiques balisant ce champ de recherche.

MODALITES DE PARTICIPATION

L'appel à participation a pour objet de réunir des textes de nature très diverse. Nous sollicitons aussi bien des travaux rédigés pour ce colloque, que des textes déjà publiés dans des revues ou des ouvrages, collectifs, rapports, pré-rapports, working papers etc., ou encore une synthèse des travaux réalisés par l’auteur sur une période longue. Par ailleurs, un même chercheur peut présenter des documents dans plusieurs thématiques. L’essentiel est d’aboutir à une recension large de travaux qui reflètent le plus possible les recherches engagées sur ces sujets afin de mieux en dégager les problématiques, les caractères marquants, les acquis, mais aussi les pistes restant à explorer, les tendances actuelles, les apports à leurs disciplines respectives. Ces travaux seront autant de matériaux destinés à nourrir un échange collectif sur les thématiques choisies.

Notre démarche se veut pluridisciplinaire, internationale et inter-statutaire. L'ensemble des textes traduira, nous l'espérons, cette diversité. 20 pages maximum en Times New Roman, caractère 12, interligne 1,5, soit environ 54 000 signes, espaces compris, sont demandées.

ECHEANCIER

26 septembre : réception des textes dans leur intégralité (loiseau@univ-tlse2.fr) et ouverture des inscriptions.

3 octobre : les répondants sont informés des résultats de la sélection. Celle-ci reposera avant tout sur la conformité des propositions avec les thématiques du colloque.

15 novembre : envoi par courrier électronique des documents à l’ensemble des inscrits au colloque.

PARTENAIRES

CERTOP (Centre d’Etude et de Recherche Technique, Organisation, Pouvoir)/CNRS ; CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences-Po / CNRS) ; GDR TICS (Technologie de l’Information et de la Communication et Société) ; LaSSP (Laboratoire des Sciences Sociales du Politique)/IEP de Toulouse ; MSH-Toulouse ; Programme « Société de l’Information » du CNRS.

Catégories

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • lundi 26 septembre 2005

Contacts

  • Gérard Loiseau
    courriel : loiseau [at] univ-tlse2 [dot] fr

Source de l'information

  • Stéphanie Wojcik
    courriel : stephanie [dot] wojcik [at] u-pec [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Démocratie et dispositifs électroniques : regards sur la décision, la délibération et le militantisme », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 11 juillet 2005, http://calenda.org/190391