AccueilLa vie culturelle en Occident aux XIIe et XIIIe siècles

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Publié le samedi 16 juillet 2005 par Natalie Petiteau

Résumé

Annonce

Conférence de Benoît Beyer de Ryke

Philosophe et historien, assistant à l’ULB. 

Heure : de 16h à 17h30

Dans le domaine culturel, le XIIe siècle, période de grande effervescence intellectuelle, inaugura un âge d’or de la philosophie en Occident. Qualifiée de « Renaissance du XIIe siècle », cette période est caractérisée par l’élargissement des bases du savoir - grâce, notamment, à une vaste entreprise de traduction de textes gréco-arabes -, l’essor des écoles urbaines et une production littéraire accrue. Elle constitue donc un tournant décisif dans l’histoire de la culture occidentale. La théologie est touchée par ce renouveau : profondément transformée dans ses méthodes et son esprit, elle s’adresse désormais à un public plus vaste. Mais ce renouveau de la théologie s’insère lui-même dans un mouvement plus large de réforme de l’Église et de christianisation de la société occidentale qui a commencé en l’an mille.

De nouvelles institutions d’enseignement apparurent donc, comme les écoles cathédrales et monastiques, et, à partir du début du XIIIe siècle, les premières universités. Le XIIIe siècle est le siècle des cathédrales : cathédrales de pierre qui se dressent à Paris, Chartres ou Amiens, mais aussi cathédrales de l’esprit que sont les « Sommes » d’Albert le Grand ou de Thomas d’Aquin. Au terme de plus d’un siècle de progrès intellectuel, où la méditation de l’Écriture s’est enrichie de toutes les ressources de la philosophie, la théologie médiévale semble inaugurer, après 1200, son âge d’or. L’université de Paris, qui était au XIIIe siècle la plus grande ville d’Europe, attira des étudiants de tout le continent. Un enseignement approfondi de la médecine, du droit et de la théologie fut mis sur pied, et dans chaque discipline la recherche s’intensifia. Les textes médicaux de l’Antiquité, dont beaucoup avaient été conservés par les savants arabes, furent retrouvés et traduits. Le droit romain et le droit canon, en particulier à la fameuse université de Bologne, furent formalisés, commentés et discutés comme ils ne l’avaient jamais été auparavant.

Ces recherches influencèrent le développement de nouvelles méthodologies dans tous les domaines de la connaissance. La scolastique, une méthode rationnelle d’étude et de commentaire des textes fondamentaux, s’affirma au XIIIe siècle. Elle fut appliquée aux écrits religieux, mais aussi aux textes antiques. Les doctrines et pratiques théologiques furent examinées, et les zones d’ombre de la tradition chrétienne furent débattues. De nouveaux ordres religieux, Dominicains et Franciscains, qui ont fait le pari délibéré du savoir et de la modernité, cherchent dans la théologie scolastique le langage et les moyens d’une conciliation entre l’Église et les mutations sociales et politiques du temps.

Stimulée par l’essor des villes et d’une bourgeoisie naissante, l’alphabétisation n’était plus l’apanage du clergé. Une nouvelle littérature apparut, écrite en latin, mais aussi en langue vernaculaire. Ces œuvres s’adressaient à un public alphabétisé qui avait la capacité et le goût de la lecture. L’amour lyrique, le roman courtois et les chroniques exprimaient la complexité de la nouvelle société et l’engagement dans le monde séculier.

Considéré comme une période d’obscurantisme pour tout ce qui concerne les sciences, le Moyen Âge donna naissance à des hommes remarquables et fut le témoin d’une ouverture de cette partie du monde à d’autres cultures. Les savants de l’époque, pratiquement tous hommes d’Église, découvrent les écrits grecs et arabes, les traduisent, les analysent, les commentent. D’abord dans les limites contraignantes de leur foi puis avec de plus en plus de liberté intellectuelle. Dans le même temps, des inventions comme la poudre à canon ou le papier font leur entrée en Europe. Au final, peu de réelles avancées scientifiques seront effectuées au cours du Moyen Âge, en raison d’un manque d’expérimentation et d’investigation rendues difficiles par la doctrine chrétienne, mais tout le travail fait autour des manuscrits des Anciens ne le sera pas en vain. Il permettra bientôt l’avènement de la révolution scientifique.

Le conférencier

Benoît Beyer de Ryke, historien et philosophe, ancien aspirant du FNRS (Fonds National de la Recherche Scientifique belge), est assistant à l’Université libre de Bruxelles et membre de l’Équipe de Recherche sur les Mystiques Rhénans (Université de Metz). Auteur de plusieurs publications sur Maître Eckhart* et la mystique rhénane, il poursuit actuellement des recherches sur l’encyclopédisme médiéval.

* Maître Eckhart, Paris, Entrelacs, 2004 (« Sagesses éternelles »).

Catégories

Lieux

  • Maiolati Spontini, Italie

Dates

  • samedi 30 juillet 2005

Contacts

  • Hedwige Delvaux de Fenffe
    courriel : nemerlin [dot] didier [at] scarlet [dot] be

Source de l'information

  • Unité de Recherche en Histoire Médiévale de l'ULB
    courriel : urhm [at] ulb [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« La vie culturelle en Occident aux XIIe et XIIIe siècles », Informations diverses, Calenda, Publié le samedi 16 juillet 2005, http://calenda.org/190410