AccueilEspaces thérapeutiques, saints guérisseurs et autres intercesseurs

*  *  *

Publié le vendredi 12 août 2005 par Claire Lemercier

Résumé

Fontaines guérisseuses, reliques de saints intercesseurs, tombeaux de prêtres et de marabouts sont autant de lieux et de dévotions populaires encore très vivaces aujourd'hui bien que parfois en marge des religions officielles. Qu'il s'agisse de figures extrêmement répandues ou de saints plus marginaux l'intercession obéit toujours à des conditions strictes bien que très variables d'un endroit à l'autre. Les croyances et rituels autour de ces lieux suscitent interrogations et intérêts divers que ce colloque propose de mettre en lumière.

Annonce

Espaces thérapeutiques, saints guérisseurs et autres intercesseurs

Programme

Vendredi 9 décembre 2005 de 14h à 18h30

à l'Auditorium Dom Vayssette à Gaillac


Christine Escarmant et Dominique Pauvert (Dordogne) Professeur de lettres et chercheuse rattachée à l'université de Genève. Professeur d'histoire et chercheur à l'EHESS de Toulouse
Pratiques des cultes des saints et de la Vierge en Dordogne et significations mythologiques

Replacer ces cultes dans le contexte du lieu et du calendrier de la culture populaire permet de dégager des significations et une logique mythologiques. Le choix du lieu, en vertu notamment de ses caractéristiques propres, de la toponymie, du rôle qu'ont joué les cultes antérieurs au même endroit, ainsi que des correspondances avec d'autres pratiques, comme par exemple les pratiques carnavalesques peuvent permettre de repérer ses significations. Nous évoquerons notamment le culte de Saint Blaise et ses liens avec le carnaval, la forge, la gorge, en partant de la mascarade des soufflaculs de Nontron pour rejoindre d'autres régions extra-périgourdines, puis le culte de Sainte Quitterie dans la vallée de la Crempse et sa singularité par rapport au culte officiel.

Éric Navet (Bas-Rhin) Ethnologue au Centre de Recherches Interdisciplinaires en Anthropologie (CRIA) à l'université Marc Bloch de Strasbourg
Le Bienheureux Thomas Hélye de Biville (Hague). Les saints guérisseurs en Basse-Normandie

Missionnaire, maître d'école et peut-être aumônier du roi Saint-Louis, Thomas Hélye a vécu de 1187 à 1257 dans la Hague, à Cherbourg et à Paris. Objet pendant sept siècles de la ferveur populaire grâce à sa réputation de thaumaturge, Thomas Hélye fut béatifié en 1857 et son squelette exposé dans une châsse en verre dans la nef de l'église de Biville est toujours l'objet d'un pèlerinage des plus fréquentés en Normandie. Il a notamment la réputation d'aider les écoliers à réussir leurs examens. L'étude de la vie et du culte du Bienheureux Thomas Hélye offre l'occasion de réfléchir sur l'évolution de la vie religieuse et de la foi populaire depuis le Moyen-Âge et le rôle dévolu aux saints guérisseurs.

Jean-Luc Dubart (Belgique) Professeur de philosophie et de religion dans l'enseignement supérieur
Saints guérisseurs de Picardie : Attributs et motifs d'invocation

Calvaires et chapelles se comptent par centaines en Hainaut Occidental (Belgique) et dans le Nord de la France. Une fragrance, une odeur mêlée de poésie et de médecine populaire suinte des murs votifs et des statues tutélaires. Car en cette période, teintée depuis le XIXe siècle de scientisme, survit une démarche particulière : celle où l'on vient «servir» les saints guérisseurs.

Bertrand DeViviès (Tarn) Conservateur du Musée de Gaillac
Autour de Saint Stapin en Montagne Noire, espaces thérapeutiques et cohésion sociale

Le site de Dourgne, sur le piémont de la Montagne Noire est un lieu encore fortement marqué par des relations ancestrales entre une ville et une fratrie de saints-géants autour du plus marquant d'entre eux, Stapin, énigmatique évêque de Carcassonne, dont les vertus thérapeutiques, réparties sur plusieurs sites autour de la ville, forment un très vaste et très impressionnant espace sacré dont la mémoire est réactivée chaque année à l'occasion du 6 août et à l'occasion de la fête du romarin en février.

Samedi 10 décembre 2005

Matin de 9h à 12h


Alexis Bétemps (Val d'Aoste) Ethnologue. Centre d'Etudes franco-provençales
Guérir les hommes, les animaux, la terre et le temps

Le culte des saints a toujours été très populaire en Val d'Aoste, celui des saints thaumaturges en particulier. Ils sont nombreux et guérissent (et parfois préviennent...) toutes sortes de maladies des hommes, des animaux et aussi de la nature et du temps... Ils interviennent sur la demande des fidèles : parfois il leur suffit d'invoquer leur nom ou de dire une courte prière, parfois d'effectuer une visite à leur oratoire, chapelle ou sanctuaire, parfois encore d'exécuter un rituel complexe.

Daniel Bernard (Berry) Docteur en anthropologie sociale et historique au Centre d'Etudes Supérieures de Châteauroux (Université d'Orléans)
Protéger et guérir le bétail. Prophylaxie vétérinaire traditionnelle dans l'Indre (XIX - XXe siècles)

Pour protéger son cheptel, le paysan berrichon recourt à des saints aux pouvoirs renommés et reconnus. Dans les campagnes de l'Indre, s'affrontent des pratiques empiriques, ( véritable savoir vétérinaire populaire fondé sur l'observation et les soins quotidiens donnés au bétail), un savoir scientifique aux mains de spécialistes diplômés, et l'existence de pratiques traditionnelles parfois rituelles concernant la préservation des espèces domestiques. Dans ce département rural, les paysans, les empiriques et les vétérinaires cohabitent. Pourtant des heurts naissent de l'opposition de plusieurs secteurs thérapeutiques…

Jean Delmas (Aveyron) Conservateur des Archives Départementales de l'Aveyron, Conservateur du Musée du Rouergue
Les pèlerinages pour les animaux dans le Rouergue et ses confins : répartition et essai d'explication

Depuis la nuit des temps, le Rouergue est terre d'élevage. Ses grands terroirs se définissent encore aujourd'hui par leur spécialisation. À chaque espèce et à chaque maladie, ses lieux de pèlerinage et des saints particuliers. Les chemins de la transhumance, pratiquée peut-être depuis la préhistoire, sont jalonnés de saints protecteurs, sinon locaux, souvent naturalisés par la dévotion populaire. C'est sur ces chemins, plus qu'ailleurs, que l'on peut faire l'hypothèse de sites antiques christianisés.

Daniel Giraudon (Bretagne) Professeur de breton à l'université de Bretagne Occidentale
Les pardons des chevaux aux chapelles en Bretagne

De temps immémorial, le paysan breton a toujours placé toute sa confiance dans le pouvoir des nombreux «saints vétérinaires» que sont Eloi, Gildas, Hervé, Nicodème, Herbot et autres grands serviteurs de la médecine populaire. C'est en particulier lors de leurs pardons qu'il les prie de prendre soin de son cheptel ou qu'il les remercie de leur intercession. Ces fêtes religieuses sont l'objet de rites particuliers où se mêlent, en parfaite harmonie, profane et sacré.

Samedi 10 décembre

Après-midi de 14h à18h30


Thierry Truffaut (Gers) Doctorant en anthropologie et ethnologie à l'EHESS. Centre d'anthropologie de Toulouse
Relations symboliques entre saints guérisseurs, le calendrier et l'ours dans le Grand Sud-Ouest de la France.
Les cas de Saint Léon de Bayonne et de Saint Julien de Lescar

L'étude du corpus légendaire de l'évangélisation des territoires situés dans le grand Sud-Ouest de la France (St Waast…) et spécialement dans l'ancienne NOVEMPOPULANIE (St Léon, St Julien, St Aventin, St Amand…et les évêques fondateurs Arsuis à Bayonne, Ursinien à Auch…) met en évidence de profondes similitudes avec le légendaire oursin, les traditions des fêtes d'hiver ou de carnaval mettant en valeur des ours ainsi que les croyances et pratiques curatives liés à cet animal. Nous nous proposons d'étudier comment le début de l'année fut dans cette région, de l'ours aux saints guérisseurs locaux, durant de nombreux siècles consacrée tout à la fois au réveil du printemps, à la protection du bétail mais aussi des enfants nouvellement nés ou à naître, ainsi qu'à la guérison de maladies symbolisant l'aspect charnière et passage de cette période.

Cyril Isnart (Alpes du Sud) Ethnologue. Institut d'Ethnologie Méditerranéenne et Comparative (IDEMEC)
Les enfants, le feu et la photographie. Saint Macaire dans la vallée du Cians

Dans la vallée du Cians (Alpes-Maritimes), saint Macaire était spécialisé au XIXe siècle dans la protection des enfants. Des rituels de dépôt et de brûlage de vêtements d'enfants malades permettaient aux parents de placer leur descendance sous cette protection pendant une année. Aujourd'hui, si le rituel cyclique a disparu, une forme de pratique prophylactique se manifeste à travers le dépôt de photographies d'enfants, malades ou sains, au pied de la statue du saint. Depuis un rite annuel inscrit dans le calendrier festif local jusqu'aux usages contemporains se dessinent autant un contexte symbolique d'une société rurale en forte déprise que les dynamiques contemporaines des réaménagements rituels.

Patrick Lavaud (Aquitaine) Directeur artistique des Nuits Atypiques de Langon
Rituels de guérison et fontaines thérapeutiques dans les Landes

Au-delà de l'inventaire et de la description ethnographique des rituels thérapeutiques relatifs à l'eau et aux fontaines, cette intervention s'intéressera aux pratiques divinatoires de la « remetteuse » ainsi qu'aux discours relatifs à la maladie et à la guérison.


Daniel Loddo (Tarn) Ethnologue. Président du C.O.R.D.A.E./La Talvera
Médiateurs et conditions de l'intercession en Albigeois, Quercy, Rouergue

Christian Magne (Dordogne) Ethnologue. Directeur du Centre d'études et de Découvertes du Patrimoine du Périgord-Limousin (CPIE-CEDP)
L'ensemble des rituels de guérison traditionnels. Le culte des bonnes fontaines

Le culte des « bonnes fontaines » et le culte des saints sont extrêmement liés. On vénère le saint, la fontaine, le lieu, parfois les trois à la fois. Dans l'Histoire, les sources, domiciles de prédilection des divinités celtiques, n'ont été attribuées que secondairement à des saints. La dévotion consiste, une fois la ou les fontaines repérée(s) par la « metteuse de part » - intermédiaire nécessaire à l'accomplissement du rituel - à faire « son devoir » (« son devei ») c'est-à-dire sa dévotion.

Dimanche 11 décembre

Matin de 9h à 12h


Anne Manevy (Bouches-du-Rhône) Docteur en anthropologie sociale et historique de l'Europe
Crier au miracle. Les guérisons de Lourdes

Si Bernadette Soubirous, la voyante de Lourdes devenue sainte, jouissait de son vivant d'une solide réputation en matière de guérisons, cette réputation s'est vite émoussée au profit de la Vierge de Lourdes mais aussi de la « grotte » et de la source miraculeuse. C'est à l'examen de cette situation que s'intéresse cette communication, allant de ses répercussions actuelles sur les pratiques pèlerines à une interrogation sur la catégorie du miracle, en passant par le statut spécifique accordé aux malades dans la ville et sur le sanctuaire de N.-D. de Lourdes.


Zaïm Khenchelaoui (Algérie) Maître de recherche en anthropologie. Centre National de Recherches Préhistoriques, Anthropologiques et Historiques (CNRPAH)
Les diables guérisseurs. Pratiques psycho-thermales en Algérie.
L'exemple des bains de Salomon dans le village d'Hammam Melouane


Jacques E. Merceron (Bloomington - USA) Professeur de littérature et de civilisation françaises à Indiana University
Dévotions et rituels aux «Notre-Dame de Bon Lait»

En Bretagne notamment, dévotions et rituels sont adressés à des Vierges qui passent pour avoir le pouvoir de favoriser une lactation abondante chez les nourrices et les femmes qui allaitent ou au contraire de remédier à l'absence ou au tarissement de leur lait. J'étudierai en priorité les pratiques populaires en les confrontant éventuellement aux «propositions» et aux «réponses» apportées par la hiérarchie catholique à ces pratiques non orthodoxes. En examinant enfin quelques sites sacrés importants en rapport avec ce type de sanctuaires marials, ainsi que l'ancrage calendaire de ces pratiques, je m'efforcerai d'éclairer la nature des divinités ayant précédé la Vierge sur ces lieux.

Clémentine Roy (Paris) Doctorante du Département d'Anthropologie, d'Ethnologie, des Sciences des Religions à l'université Denis Diderot Paris VII (AESR)
Un ange passe et le monde se révèle différent.
Figure de l'ange gardien dans les Pouilles et le Salento

Du sud au nord des Pouilles italiennes, l'ange fréquente les couloirs où l'on change d'état comme un message au monde. Il apparaît, agit, guérit puis s'efface sans demander son reste quand le destin menace ou quand la vie débloque. Intercédant sur Terre au nom de l'Ailleurs auquel il appartient ou se constituant l'avocat des hommes auprès du Panthéon, son identification est complexe. Regarder ce qui fait localement phénomène est essentiel, sans quoi tout peut passer pour n'être pas.

.............................................................................


BULLETIN D'INSCRIPTION

Nom : .................................................................Prénom : .....................................................................
Adresse : ................................................................................................................................................
Code postal : .....................................Ville : ...........................................................................................


Assistera au colloque :
o vendredi après-midi
o samedi matin o samedi après-midi
o dimanche matin

(Tarif global : 25 euros - Demi-journée : 8 euros)

A retourner accompagné d'un chèque à l'ordre de :

Association C.O.R.D.A.E./La Talvera
23 Grand rue de l'horloge BP 40 - 81170 CORDES

Catégories

Lieux

  • Gaillac, France

Dates

  • vendredi 09 décembre 2005

Fichiers attachés

Contacts

  • Céline Della Savia
    courriel : talvera [at] talvera [dot] org

Source de l'information

  • CORDAE (Centre Occitan de Recherches, de Docmentation et d'Animation Ethnographique) / La Talvera ~
    courriel : talvera [at] talvera [dot] org

Pour citer cette annonce

« Espaces thérapeutiques, saints guérisseurs et autres intercesseurs », Colloque, Calenda, Publié le vendredi 12 août 2005, http://calenda.org/190434