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La Paix

Esthétiques d'une éthique

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Publié le dimanche 11 septembre 2005 par Inès Secondat de Montesquieu

Résumé

Annonce

La paix en tant que valeur sociale a suivi depuis toujours, autant que la guerre, l'évolution humaine. Elle a pourtant été articulée de manière cohérente, par l'adjonction à ce que l'on pourrait appeler « le bien suprême », beaucoup plus tard que les traités de la guerre, même si ses représentations antécédentes peuvent remonter à l'état de béatitude, véhiculé par les mythes de la création du monde. C'est au cours de cette longue invention de la paix, que dans l'esprit de Kant, par exemple, apparaît l'idéal de la paix perpétuelle (repris d'ailleurs récemment par Habermas). La paix, née de la situation de conflit, s'autonomise alors; avec l'avènement de la modernité, elle se transformera en une valeur progressive. Qu'en est-il, qu'en reste-t-il aujourd'hui de la paix, dans la société dite mondiale ?

Si de nombreuses études des usages et des pratiques de la paix dans le monde historique et contemporain ont déjà démontré le caractère complexe du phénomène, qui s'inscrit dans des éthiques, des systèmes et mouvements politiques, sociaux et culturels parfois très distincts, la dimension esthétique de la représentation mérite encore une exploration approfondie. C'est que la paix, c'est aussi beau. Mais dans quelle mesure ? Quel est le véritable rapport qui régit les deux entités ?

La paix comme la fin des hostilités entre les hommes, entre les religions, entre les États ou encore entre les puissances de l'argent a souvent été vue comme la conséquence de multiples phénomènes comprenant la signature d'un traité, l'application d'une trêve ou l'augmentation des échanges économiques, mais aussi comme une réaction à l'horreur des massacres qu'elle tend repousser à l'infini ou, encore, comme le résultat direct de la guerre et des conquêtes.

Il n'en reste pas moins que les manières d'instituer, de vivre et de rompre la paix demeurent multiples et répondent à des logiques différentes; de même, la représentation, fictive ou non, des conditions de l'être humain vivant dans un état ou un univers pacifié varie souvent selon des caractéristiques particulières. D'autant plus que l'image de la paix va souvent au-delà d'un rapport institué, au-delà de la parole et du document, se donne à voir aussi dans le geste, dans le regard, dans l'habit, dans la posture : bref, la paix s'entoure d'un ethosdont la transparence et l'évidence témoignent seulement de son importance. Dans une perspective pluridisciplinaire, ce colloque souhaite réunir des chercheurs s'intéressant aux modes de représentation de la paix, tout particulièrement dans la mesure où la transposition d'une question éthique à une expression d'ordre esthétiqueau sens large permet de jeter un regard critique autre sur les problèmes ou les bienfaits, pour les sociétés des époques modernes et post-modernes, d'un univers pacifié, en voie de pacification ou vivant dans le souvenir de la paix.

Thèmes proposés

- La paix et la modernité : idéal sociopolitique de paix et d'harmonie vs un idéal philosophico-esthétique de négativité, de conflit et de rupture; formes d'expression et de représentation;

- Fin de l'Histoire, monde postmoderne, société globale, et la paix; nouvelles esthétiques de la paix;

- La paix dans la littérature et dans les arts (peinture, théâtre, cinéma, musique, danse, etc.);

- Héritages religieux et spirituels de la paix; la mémoire sociale de la paix; argumentation et narration;

- Voir et montrer la paix : l'iconographie et sa symbolique;

- Esthétique des mouvements pacifistes des hippies aux alter-globalistes;

- "Si vis pacem, para bellum" : le paradoxe du combat, de la lutte armée pour la paix (et ce, tant du côté des mouvements révolutionnaires que des pouvoirs en place); usage de la guerre dans la paix, pathos de la paix;

- Représentations de la paix en cas de victoire ou de défaite; les mises en scène de l'honneur, de la résignation, de la honte, de la révolte, etc.;

- La paix, l'éthique et la culture (aussi la corrélation posée par une certaine philosophie de l'histoire entre l'idée de pacification et celle du déclin des civilisations). La paix comme élément critique de la culture.

Les propositions de communication, en français ou en anglais, doivent inclure un résumé de 300 mots, accompagné d'un titre et des coordonnées (nom, fonction, université, département d'attache, etc.).

Important: Le comité reçoit également des propositions d'articles sur le même thème. Les articles choisis seront inclus dans le collectif qui sera publié à la suite du colloque.

La priorité sera donnée aux communications présentées lors du colloque et sélectionnées par le comité de lecture.

Les avis d'acceptation seront envoyés par le comité de sélection avant le 15 novembre 2005.

Catégories

Lieux

  • Montréal, Canada

Dates

  • lundi 31 octobre 2005

Contacts

  • François-Emmanuel Boucher, Janusz Przychodzen, Sylvain David ~
    courriel : sdavid [at] alcor [dot] concordia [dot] ca

Source de l'information

  • Janusz Przychodzen
    courriel : janusz77 [at] yahoo [dot] com

Pour citer cette annonce

« La Paix », Appel à contribution, Calenda, Publié le dimanche 11 septembre 2005, http://calenda.org/190470