AccueilLes écrits du for privé du Moyen Âge à 1914

Les écrits du for privé du Moyen Âge à 1914

Colloque international clôturant la première session de notre GDR

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Publié le vendredi 16 septembre 2005 par Natalie Petiteau

Résumé

Annonce

CNRS - Centre Roland Mousnier /GDR n° 2649 " Les écrits du for privé du Moyen-Age à 1914"

6, 7 et 8 décembre 2006 : Colloque international clôturant la première session de notre GDR.

Université Paris IV-Sorbonne - Amphithéâtre Louis Liard - BNF - Site Tolbiac

Les premières propositions d'ateliers thématiques sont en ligne sur le site du GDR. Si vous êtes intéressés pour participer à l'un d'eux et apporter votre contribution, inscrivez-vous sur le site. www.ecritsduforprive.fr . Le GDR transmettra vos informations aux différents directeurs d'ateliers. Nous souhaitons vivement élargir nos thèmes avec les propositions de centres de recherche des universités étrangères.


Propositions d'ateliers thématiques

Inscription en ligne avant le 15 novembre 2005

www.ecritsduforprive.fr

COLLOQUE 2006

PROPOSITION D’ATELIERS

  • SOLITUDES ET SOLIDARITÉS (E. Arnoul, S. Beauvalet, M. Trévisi)
  • LIVRES DE RAISON ET RISQUES NATURELS (René Favier)
  • LA RELIGION DANS LES LIVRES DE RAISON (Stéphane Gomis)
  • « COMMENT LE JOURNAL EST DEVENU INTIME : 1715-1814 » (Philippe Lejeune)
  • « ÉDITER LES ÉCRITURES DU FOR PRIVÉ » (Christine Nougaret et Nicole Lemaitre)
  • “ Ce sont des choses à moy seul regardant ” ÉCRIRE LE SECRET DE FAMILLE (Sylvie Mouysset)


SOLITUDES ET SOLIDARITÉS

(E. Arnoul, S. Beauvalet, M. Trévisi)

Le but de cet atelier est dans un premier temps de répertorier tous les types de solitude masculine et féminine à l’époque moderne. On considérera aussi bien la situation des enfants orphelins ou abandonnés que des célibataires, des couples séparés, des veufs et des veuves. A partir des sources du for privé, l’objectif est de voir comment ces différentes formes de solitudes sont ressenties et vécus et quels types de solidarités familiales, amicales, professionnelles ou de voisinage sont mobilisés dans ces situations.

LIVRES DE RAISON ET RISQUES NATURELS

(René Favier)

Toutes les enquêtes conduites à ce jour sur l’histoire des risques naturels conduisent à remettre en cause l’attitude de fatalité attribuée aux sociétés anciennes. En réalité, très tôt les communautés se sont préoccupées des dangers et des conséquences négatives qu’inondations, avalanches, tempêtes… faisaient peser sur la gestion des territoires. La recherche historique sur la mémoire des risques entend préciser comment et pourquoi une communauté retient et oublie, transmet ou modifie le souvenir d’évènements exceptionnels ainsi que les solutions apportées au fil du temps pour y faire face.

La mémoire individuelle véhiculée par les livres de raisons et journaux constitue une dimension essentielle de cette recherche. La collection Payot du Conservatoire d’Art et d’Histoire d’Annecy contient ainsi entre autres 209 manuscrits et carnets de guides dans lesquels on repère les récits de nombreuses catastrophes : crues, avalanche, grandes chaleurs ou grands froids. Dans un autre registre, le tremblement de terre de Lisbonne de 1755 a favorisé une sensibilité particulière et nouvelle aux secousses sismiques. Bien d’autres exemples pourraient être donnés relatifs aux grands froids, grêles, tempêtes, ouragans… Un inventaire aussi large que possible de ces sources s’impose pour comprendre à la fois les attitudes et les comportements des sociétés anciennes face aux différents événements catastrophiques, les savoirs transmis, l’inscription de ces événements dans un savoir mémoriel, ou au contraire la « mise en agenda » des nouveaux risques et les transformations des sensibilités collectives à leur égard.


ATELIER SUR LE THÈME DE LA « RELIGION »

(Stéphane Gomis)

L’historiographie la plus récente a démontré combien il était inexact de réduire le « livre de raison » à une froide comptabilité des événements familiaux. Pour autant, les écrits du for privé, pris dans leur acception large, ne sont pas toujours le lieu où s’épanchent les sentiments les plus intimes. Cela dit, l’étude des ego-documents pose inévitablement la question du rapport de l’auteur avec sa foi. Cet atelier se propose donc d’explorer plusieurs pistes de réflexion. Il s’agira notamment d’être attentif aux catégories d’auteurs (laïc ou clerc, homme ou femme…), à la place de la religion dans le texte, aux références à Dieu et aux saints, à l’évocation des lectures pieuses ou encore aux pratiques. Il est souhaitable que ces thèmes soient explorés sur le temps long. En effet, le choix d’un champ chronologique relativement large permettra de souligner les permanences et les inflexions majeures.


« COMMENT LE JOURNAL EST DEVENU INTIME : 1715-1814 »

(Philippe Lejeune)

Dans cet atelier notre réflexion se portera essentiellement sur la forme "journal" ; et le mot "intimité" ou "intime" sera pris en deux sens : d'une part au niveau du /contenu/ (comment le journal est passé du collectif au personnel, et dans le cadre du personnel, du privé à l'intime : vie spirituelle, vie affective, vie du corps, maladie, sexualité...), d'autre part au niveau de la /destination/ (comment est venue l'idée d'écrire pour soi-même, et la pratique du secret ; articulation de la lettre et du journal). Je propose pour champ d'observation le dix-huitième siècle, de la mort de Louis XIV à la chute de l'Empire – le but est d'observer de manière précise une mutation historique datée... Le propos de cet atelier n’est pas de s’intéresser aux écrits du for privé comme source documentaire, mais comme pratique.


« ÉDITER LES ÉCRITURES DU FOR PRIVÉ »

(Christine Nougaret et Nicole Lemaitre)

1. Le classement des papiers et ses conséquences

On pourra observer, entre autres, le rapport entre un texte principal et les autres papiers, le statut des variantes, les modifications en cas d’auteurs multiples et la manière de traiter les mélanges de couches d’écriture.

2. Les rapports entre écritures personnelles et écritures collectives

Celui (celle) qui écrit le fait parfois pour son réseau, son administration, son ordre religieux. On observera comment le groupe dans lequel vit l’auteur intervient dans l’écriture. On insistera sur les silences, les recompositions, les traductions, les reclassements chronologiques qu’il provoque.

3. Écritures et réécritures d’un même ouvrage selon le contexte éditorial

Un auteur peut modifier son expression en fonction des événements qui l’affectent. Après sa mort, les groupes qui utilisent sa pensée ou son expérience peuvent expurger son texte, le réécrire afin de le rendre présentable dans un nouveau contexte ou pour des buts collectifs précis. Comment rechercher ces altérations et pour quoi faire.

4. Les pertinences d’un choix de support d’édition

On montrera quel type d’édition est plus adapté au respect de la mise en page, à l’esprit du texte et au discours du ou des auteurs, aux situations nouvelles de lecture.

“ Ce sont des choses à moy seul regardant ” ÉCRIRE LE SECRET DE FAMILLE

(Sylvie Mouysset)

Quoi de plus insaisissable qu’un secret de famille qui, par essence, n’est pas dit et peut-être encore moins écrit ? Lire entre les lignes, expliciter le non-dit, examiner biffures et déchirures, analyser le geste qui masque, oblitère, cancelle, détruit… Tels sont les modes d’investigation des écrits du for privé tentés par l’historien qui souhaite aller au-delà du silence des mots. Comme Christiane Klapisch-Zuber nous invite à le faire avec les Ricordi florentins, il est alors nécessaire d’épier “ les insistances et les redites, les pudeurs et les silences, les réticences et les omissions ”.

La difficulté principale - et aussi le plaisir de la recherche en ce domaine - réside dans la relative rareté de l’information. Quand ils sont esquissés, de tels aveux paraissent avoir échappé à la plume de leur auteur, incapable de supporter plus longtemps le poids du secret dont il est le dépositaire et le garant. S’il le confie à son livre de famille, il sait qu’il ne le trahira pas, car lui seul et quelques élus choisis ont accès à sa lecture. Le secret réside ainsi tout autant dans la chose écrite que dans l’acte même d’écrire.

Trois pistes pourront être explorées ici, prolongées ou délaissées selon les souhaits de chacun :

1 - Qu’est-ce qu’un secret de famille ?

Mésentente familiale, questions d’illégitimité, revers de fortune constituent autant de ruptures le plus souvent tacites dans une logique d’écriture qui valorise au contraire l’ascension et la réussite du clan. Ces points de fracture, presque toujours mentionnés de manière allusive, constituent l’essentiel des sujets réservés à l’intimité du livre de mémoire. Il s’agit bien là de cacher au lecteur ce qui pourrait ternir l’image de la famille, sans pour autant oblitérer l’existence du secret, considéré comme marqueur de l’identité familiale.

Dans un registre plus positif, mais qui concerne tout autant la survie du groupe, les “ secrets ” désignent aussi les remèdes – notamment ceux qui préviennent ou guérissent les maladies héréditaires -, recettes de bonne femme ou de fabrique, connus d’un seul membre par génération et transmis le plus tard possible par ce dernier à son successeur.

2 – Secret et mémoire familiale

Les modes d’inscription et de conservation des secrets au sein de la mémoire familiale sont également très intéressants à observer de près. Écrire pour soi, dans l’intimité de son cabinet, en pensant inévitablement au devenir de ses écrits, est un moment suspendu, loin de tout remue-ménage, qui appartient déjà au mode du secret… mais sur lequel, hélas, hormis les sources littéraires, nous n’avons pas beaucoup de témoignages !

Le registre domestique se fait confident, il est lui-même “ le secret ”, ce coffre cadenassé décrit par Antoine Furetière dans son dictionnaire. En outre, les textes qu’il contient sont parfois verrouillés : de l’allusion à l’encodage, il est facile de rendre incompréhensible à n’importe quel lecteur – un historien trop curieux par exemple - le sens de son récit. De la biffure à la déchirure, la transmission du secret est parfois contrariée, forme ultime du silence, par un des membres de la lignée qui refuse de s’en faire le relais et s’attaque alors aux preuves mêmes de son existence.

Ce sont tous ces gestes de conservation / destruction des secrets de famille qui pourront être analysés ici, comme modes constitutifs d’une mémoire familiale composée de dits et de non-dits, de pages truffées de repentirs, de faits à retenir ou à rejeter pour la postérité et la survie du clan.

3 – L’historien et le secret de famille

Comment analyser enfin des fragments de vie qui, le plus souvent, ne sont pas immédiatement explicites ? Inventer des tactiques, élaborer des stratégies de décodage et d’interprétation, réfléchir aux modes d’investigation des textes aussi bien qu’à l’interprétation des données recueillies constituent autant de réflexions méthodologiques préalables à toute étude menée à partir de documents plus ou moins cryptés.

Ici l’interdisciplinarité s’impose et le concours des anthropologues, sociologues et psychanalystes s’avère tout à fait indispensable à la constitution d’un faisceau d’approches multiples qui rendra certainement plus facile l’appréhension d’un objet aussi complexe que le “ secret de famille ”.

Inscription en ligne avant le 15 novembre 2005

www.ecritsduforprive.fr




Catégories

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • mardi 15 novembre 2005

Contacts

  • Elisabeth Arnoul
    courriel : elisabeth [dot] arnoul [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • Elisabeth Arnoul
    courriel : elisabeth [dot] arnoul [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les écrits du for privé du Moyen Âge à 1914 », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 16 septembre 2005, http://calenda.org/190494