AccueilColloque sur le travail social

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Publié le lundi 19 septembre 2005 par Inès Secondat de Montesquieu

Résumé

L'Association Provençale pour la Recherche en Histoire du Travail Social organise un colloque les 1er et 2 décembre à Marseille sur le thème : Les politiques institutionnelles et les pratiques de terrain dans l'histoire du travail social.

Annonce

ssociation Provençale pour la Recherche en Histoire du Travail Social

Boîte aux lettres 192 La cité des associations Ville de Marseille D.A.V.A.

93 La Canebière -13233 Marseille cedex 20

courriel : aprehts@ wanadoo.fr

Issue du Réseau Histoire du Travail Social, l’Association Provençale pour la Recherche en Histoire du Travail Social s’est donnée comme objectif « le développement de la recherche sur l’histoire du travail social dans la région Provence Alpes Côte d’Azur ». Née dans la mouvance de la recherche pionnière entreprise par Yvonne KNIBIEHLER sur l’histoire du service social, elle est devenue une association conduisant des recherches et a tissé des liens avec les associations nationales travaillant sur l’histoire du travail social, du socio-éducatif et de l’éducation populaire.

Activités de l’association :

  • Promotion de l’histoire du travail social
  • Conservation des Archives des institutions
  • Edition d’une revue : « les temps du social »
  • Recherches et publications d’articles dans le domaine du travail Social (15 articles depuis sa création en 1995)
  • Participation aux travaux du groupe Femmes Méditerranée de la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme
  • Organisation de colloques
  • Conservation d’archives orales sur le travail social

Président : Paul Allard, Professeur d’histoire contemporaine à l’Université de la Méditerranée

Appel à communications pour un colloque consacré à « l’histoire du travail social »

Pour le 1er et 2 décembre 2005 à Marseille

Date limite de dépôt des propositions de communications : 10 octobre 2005

Pourquoi un colloque à Marseille sur l’histoire du travail social.

Le travail social est souvent négligé par la recherche historique, dans certaines régions les lacunes sont considérables. Certes les grandes étapes de la mise en place des institutions sont connues, mais de nombreux aspects sont négligés, en particulier tout ce qui concerne les pratiques professionnelles et le travail au quotidien des travailleurs sociaux. Ces aspects, loin d’être secondaires, constituent en réalité des portes d’entrée pour mieux connaître l’évolution des pratiques d’une profession qui a été au cœur des politiques sociales du XXème siècle. Les travailleurs sociaux ont été amenés à traduire sur le terrain des politiques sociales nationales de l’Etat Providence, mais dont personne ne savaient réellement comment les appliquer sur le terrain. A cela les travailleurs sociaux ont répondu par une grande inventivité et une capacité à s’adapter souvent remarquables. Les guerres et leurs conséquences furent des moments de grands bouleversements et de nécessaires adaptations, mais les campagnes de lutte contre les maladies vénériennes et la lutte contre la mortalité infantile en furent d’autres. En un temps où l’on parle beaucoup de gouvernance, il n’est pas inutile de rappeler comment des situations difficiles et complexes ont pu être gérées autrefois et comment s’est opérée l’articulation entre les échelons nationaux et locaux et sur le terrain.

Les variations locales sont vraisemblablement importantes et méritent des comparaisons qui permettront d’éclairer l’importance des pratiques adaptées au terrain.

Par ailleurs l’histoire du travail social permet de porter un éclairage nouveau sur la société d’une époque, sur la vie des quartiers populaires, sur la vie des familles, françaises ou immigrées. Elle donne également à voir la pauvreté sous toutes ses formes, du logement insalubre et trop petit aux difficultés quotidiennes pour assurer le minimum d’hygiène et pour se nourrir.

Tout cela fait partie de l’histoire des professions sociales, mieux connaître le passé permet de mieux comprendre le présent. Les évolutions qui ont conduit aux situations actuelles facilitent les remises en cause ou la prise de conscience des nécessaires transformations. Par ailleurs, l’histoire facilite la prise de conscience d’une identité professionnelle, celle-ci peut jouer en faveur d’un conservatisme corporatiste, mais la connaissance du passé est aussi à l’origine d’une identité professionnelle dynamique. Les exemples d’adaptabilité d’autrefois, la capacité à se mobiliser face à des situations dramatiques, montrent à quel point la profession a de la ressource ; c’est une invitation à l’action présente.

Pour toutes ces raisons il nous semble qu’il est nécessaire de faire le point des connaissances dans le domaine du travail social. Comme il n’est pas possible de traiter tous les aspects de ce travail, il nous a paru intéressant de mettre en avant les pratiques, et ce d’autant plus que les témoins commencent à disparaître. Il nous a paru également important de mettre l’accent sur la dimension locale dans la mesure où l’histoire du travail social en région PACA souffre de nombreuses lacunes, pour employer une litote. Mais comme nous croyons fortement à la comparaison comme moyen de mieux comprendre les particularismes locaux, nous avons voulu donner une dimension nationale, afin bien sûr de comparer des pratiques, mais aussi, pour essayer d’échanger des idées et des méthodes entre historiens et afin de débattre sur les problématiques en cours et de voir si de nouvelles ne se profilent pas à l’horizon.

Thèmes proposés :

Nous proposons d’organiser 2 journées de travail autour de deux thèmes complémentaires portant sur la période antérieure à 1975 :

1 – Les institutions sociales ont joué un rôle essentiel dans l’application des politiques nationales au niveau local, départemental ou communal. Les marges laissées aux initiatives locales étaient certes faibles mais en fonction des populations et des spécificités du terrain les institutions ont contribué à mener des politiques plus ou moins originales et à soutenir des établissements sociaux qui d’une région à l’autre s’inscrivent dans des contextes idéologiques et/ ou religieux très différents. Cette diversité, qui peut être rendue par des approches monographiques, devrait permettre de mieux comprendre comment les directives nationales ont pu être adaptées aux particularismes régionaux. Les relations entre le pouvoir gouvernemental et les relais départementaux pourraient également faire l’objet d’un travail de recherche. Les écoles ont également contribué à diffuser les grandes orientations des politiques nationales. Les cours de pratiques et les stages ont diffusé les techniques d’intervention sur le terrain. Le cadre du diplôme était national mais les particularités locales ont certainement été nombreuses et les cours, ou des témoignages, lorsqu’ils sont disponibles devraient permettre de mieux comprendre les bases de la formation professionnelle des travailleurs sociaux.

2 – Le second thème est centré sur les pratiques de terrain des travailleurs sociaux. Face à des populations qui n’entraient pas forcément dans les cadres très stricts des lois sociales et des règlements, les travailleurs sociaux ont dû adapter leurs pratiques et souvent innover ou introduire de nouvelles méthodes. Dans cette adaptation des pratiques, les travailleurs sociaux, parfois, ne font pas seulement appel à l’esprit de la loi contre sa lettre mais aussi confrontent la loi aux valeurs religieuses ou humanistes qui donnent un cadre à leur action. Dans ces pratiques se retrouvent également tout un champ d’expérience que des enquêtes orales auprès des anciens travailleurs sociaux sont à même de faire émerger. La PMI, les particularités des milieux sociaux, les problèmes liés à l’immigration, la guerre d’Algérie, les périodes de chômage ou de reconversion de bassins d’emploi et bien d’autres ont nécessité des pratiques souvent assez différentes. Cette histoire quotidienne riche d’enseignement risque de disparaître sans laisser de traces car elle ne s’écrivait guère. La diversité des institutions dans lesquelles les travailleurs sociaux sont intervenus, en institutions ouvertes ou fermées, en entreprise et la naissance du métier d’éducateur dans les années 1965 constituent d’irremplaçables terrains d’expérience pour des pratiques innovantes.

En conclusion, nous pourrons nous interroger sur le regard que l’étude du travail social permet de poser sur les classes populaires d’une époque donnée. L’histoire sociale s’appuie sur de nombreux documents, des enquêtes, des recensements, des témoignages oraux, les archives syndicales, politiques et associatives. Les travailleurs sociaux, par leur action, peuvent nous apporter un regard différent sur la manière dont les pouvoirs publics intervenaient pour remédier à la misère et à la pauvreté, mais leurs témoignages et les sources écrites contiennent également de nombreuses descriptions qui donnent une idée des conditions de vie réelles de l’époque, des mentalités des milieux populaires, des méthodes éducatives, du fonctionnement des familles etc. Certes tout cela était vu par des travailleurs sociaux qui décrivaient la réalité au travers de leur formation, de leur subjectivité culturelle et personnelle, mais la comparaison des témoignages et l’utilisation des méthodes critiques de l’histoire devraient permettre d’avoir une vision assez précise de la réalité.

Les actes du colloque seront publiés.

Date limite de dépôt des propositions de communications : 10 octobre 2005

Contacts :

-Paul Allard, 3, impasse de la Fontaine 13770 Venelles

Tel prof : 04 91 82 90 30 (Université de la Méditerranée)

Fax : 04 91 82 93 55

Mail : paul.allard@wanadoo.fr

-Henri Pascal

Comité scientifique :

PARODI Maurice, Professeur émérite d’Economie

DE ROBERTIS Cristina, Directrice d’établissement

RICHARD Eliane, Maître de Conférence, membre de l’Académie de Marseille

KNIBIEHLER Yvonne, Professeur émérite d’Histoire

ALLARD Paul, Professeur d’Histoire

FELICIAN Jacqueline, Docteur en Histoire,

PASCAL Henri, Enseignant de sociologie à l‘IRTS

Comité organisateur : Paul Allard, Danielle Brocvielle, Annie Depardon, Jacqueline Félician, Anne-Marie Fontan, Henri Pascal, Jean-Marie Zingraff,

Catégories

Lieux

  • Marseille, France

Dates

  • lundi 10 octobre 2005

Contacts

  • ALLARD Paul
    courriel : paul [dot] allard [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Paul ALLARD
    courriel : paul [dot] allard [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Colloque sur le travail social », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 19 septembre 2005, http://calenda.org/190499