AccueilRévolte et statut social, de l’Antiquité tardive aux Temps modernes

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Publié le jeudi 13 octobre 2005 par Corinne Cassé

Résumé

L’étude des révoltes et des mouvements séditieux fut jusqu’à présent essentiellement menée selon deux critères d’analyse : d’une part, pour mettre en évidence ou soumettre à une critique l’approche marxiste de la lutte des classes, notamment dans les cas où les mobiles semblent être principalement de nature économique ; d’autre part, pour servir à l’étude des formes d’exercice du pouvoir, s’agissant généralement de la contestation de l’autorité d’une personne et, plus rarement, de la contestation d’un système. La question de la stratification et de la mobilité sociales – plus particulièrement : de la circulation des élites – s’avère un élément souvent évoqué comme un champ de recherche à explorer, mais rarement placé au centre de la réflexion historique. La présente rencontre constitue donc l’occasion d’une approche diachronique de la question, de l’Antiquité tardive aux Temps modernes.

Annonce

Colloque international organisé par la Mission historique française en Allemagne (Göttingen) avec le concours de l’Institut historique allemand de Paris

24 et 25 octobre 2005

Institut historique allemand
8, rue du Parc-Royal
75003 Paris


L’étude des révoltes et des mouvements séditieux fut jusqu’à présent essentiellement menée selon deux critères d’analyse : d’une part, pour mettre en évidence ou soumettre à une critique l’approche marxiste de la lutte des classes, notamment dans les cas où les mobiles semblent être principalement de nature économique ; d’autre part, pour servir à l’étude des formes d’exercice du pouvoir, s’agissant généralement de la contestation de l’autorité d’une personne et, plus rarement, de la contestation d’un système. La question de la stratification et de la mobilité sociales – plus particulièrement : de la circulation des élites – s’avère un élément souvent évoqué comme un champ de recherche à explorer, mais rarement placé au centre de la réflexion historique. La présente rencontre constitue donc l’occasion d’une approche diachronique de la question, de l’Antiquité tardive aux Temps modernes.

Les révoltés auxquels cette rencontre est consacrée ne cherchaient pas à refaire le monde, mais essentiellement à préserver leurs conditions de vie, en réaction à une évolution qui les privait de ce dont ils pensaient avoir joui ou être en droit de jouir. On ne s’intéressera donc pas à la révolte en tant que facteur de changement, mais en tant que phénomène révélateur – en tant que moment de cristallisation – de l’évolution des rapports sociaux en général et de l’incidence du statut social sur la participation au pouvoir en particulier. Ainsi, on tentera de cerner à la fois ce qui fait la spécificité de certaines élites (économiques, sociales, politiques) à propos de leur recours à la révolte (ou de leur rejet de ce mode d’action) et des formes qu’elle revêt, et à propos des jugements de valeur portés sur les actes de révolte, variables en fonction de la personnalité des protagonistes, voire à propos de la prise de conscience de l’appartenance (ou non) à une élite. C’est à double titre que la notion de statut social intervient dans l’étude du phénomène séditieux : quant à l’appréciation, d’une part, de l’ensemble des révoltés et, d’autre part, de leurs meneurs. L’idée de « reconnaissance sociale » est ici décisive : en quoi le jugement des contemporains et l’analyse des historiens se recoupent-ils à propos de la perception du statut social (et de son incidence quant au passage à l’acte) des acteurs d’une révolte et de leurs meneurs ? En quoi tel statut social conditionne-t-il (voire autorise-t-il) le recours à telle forme de révolte ? Observe-t-on l’émergence d’une élite par le biais de la révolte, qu’il s’agisse d’un groupe social constitué comme tel (par exemple en tant qu’association jurée) ou de personnalités au sein de ce groupe ? L’acte de révolte permet-il (véritablement, c’est-à-dire durablement) une ascension sociale ? En quoi la répression de la révolte exacerbe-t-elle les différences sociales ? Pour qui vaut le « devoir de révolte » et à qui est-elle interdite (autrement dit : où se trouve le curseur social de la subversion et de l’exclusion ?) – et pourquoi ? Voilà autant de thèmes que l’on abordera lors de ce colloque.

 

 

Lundi 24 octobre 2005

 

 

 

9h30 : Mot d’accueil

 

 

 

9h40-9h55

 

Introduction — Philippe Depreux (Mission historique française en Allemagne, Göttingen)

 

 

 

Matinée sous la présidence de M. Werner Paravicini

 

(Institut historique Allemand, Paris)

 

 

 

9h55-10h40

 

Les circoncellions : révolte et formation d’élites rurales chrétiennes autonomes durant l’Antiquité tardive — Bruno Pottier (université de Paris X-Nanterre)

 

 

 

10h40- 11h00 : pause

 

 

 

11h00-11h45

 

La révolte de Sun En et Lu Xun (398-411) : révolte sociale, révolte religieuse ou révolte politique ? — François Martin (École Pratique des Hautes Études, Paris)

 

 

 

11h45-12h30

 

Ipsorum necesse est sub hanc dissensionem animas periclitari : Les révoltes dans la vie monastique médiévale en Europe occidentale — Steffen Patzold (université de Hambourg)

 

 

 

Après-midi sous la présidence de Mme Régine Le Jan

 

(université de Paris I)

 

 

 

14h30-15h15

 

Défense d’un statut et contestation d’un modèle de société – Conjuration, révolte et répression dans l’Occident du haut Moyen Âge — Philippe Depreux (MHFA, Göttingen)

 

 

 

15h15-16h00

 

Aux origines des premières communes françaises – sociétés et pouvoirs (fin du XIe – premier tiers du XIIe s.) — Alain Saint-Denis (université de Bourgogne, Dijon)

 

 

 

16h00-16h30 : pause

 

 

 

16h30-17h15

 

Die kommunalen Bewegungen in Italien (11. -12. Jahr-hundert) — Claudia Zey (université de Zurich)

 

 

 

17h15-18h00

 

Se révolter légitimement contre le basileus — Jean-Claude Cheynet (université de Paris IV)

 

 

 

Mardi 25 octobre 2005

 

 

 

Matinée sous la présidence de M. Pierre Monnet

 

(École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris)

 

 

 

9h00-9h45

 

L’Angleterre au Moyen Âge central et tardif — Jörg Peltzer (université de Heidelberg)

 

 

 

9h45-10h30

 

Le révolté « hongrois » : conflits politiques, réformes sociales et imaginaire religieux sous le règne des Angevins et de Sigismond de Luxembourg (XIVe - XVe s.) — Marianne Sághy (Central European University, Budapest)

 

 

 

10h30-11h : pause

 

 

 

11h00-11h45

 

Von Cola di Rienzo zu Stefano Porcari. Revolten im Rom des 14. und 15. Jahrhunderts — Uwe Israel (Institut historique allemand, Rome/Centro Tedesco di Studi Veneziani)

 

 

 

11h45-12h30

 

Die Frage des sozialen Status als Beweggrund aufständischen Handelns in mitteleuropäischen Städten des Spät-mittelalters : Braunschweig, Brügge, Zürich — Kai-Henrik Günther (université de Göttingen)

 

 

 

Après-midi sous la présidence de M. Yves-Marie Bercé

 

(université de Paris IV)

 

 

 

14h30-15h15

 

Peuple et élites : stratégies sociales et manipulation politique dans les révoltes paysannes (France, XIVe - XVe siècles) — Vincent Challet (université de Montpellier III)

 

 

 

15h15-16h00

 

Menu peuple et élites villageoises dans la Guerre des Paysans de 1525 — Werner Troßbach (université de Kassel)

 

 

 

16h00-16h30 : pause

 

 

 

16h30-17h15

 

Élites citadines et sédition en France à l'époque des troubles de religion — Olivia Carpi (université de Picardie-Jules Verne, Amiens)

 

 

 

17h15

 

Conclusion — Hanna Vollrath (université de Bochum)

 

 

 

 

 

Fin de la rencontre vers 18h00

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • lundi 24 octobre 2005
  • mardi 25 octobre 2005

Contacts

  • Philippe Depreux
    courriel : philippe [dot] depreux [at] uni-hamburg [dot] de
  • Margarete Martaguet
    courriel : mmartaguet [at] dhi-paris [dot] fr

Source de l'information

  • Philippe Depreux
    courriel : philippe [dot] depreux [at] uni-hamburg [dot] de

Pour citer cette annonce

« Révolte et statut social, de l’Antiquité tardive aux Temps modernes », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 13 octobre 2005, http://calenda.org/190621