AccueilGauches et identités révolutionnaires dans la France contemporaine

*  *  *

Publié le lundi 14 novembre 2005 par Natalie Petiteau

Résumé

Largement issue des contributions réunies par Jean-Jacques Becker et Gilles Candar dans L’Histoire des gauches en France, et des échos suscités par cet ouvrage depuis sa publication en 2004, cette journée d’études se propose de revenir sur l’une des questions en débat dans cette synthèse collective : la part des identités nées de la Révolution dans la construction des gauches depuis le début du XIXe siècle.

Annonce

Journée d’études à l’université d’Avignon, le 16 novembre 2005.




Largement issue des contributions réunies par Jean-Jacques Becker et Gilles Candar dans L’Histoire des gauches en France, et des échos suscités par cet ouvrage depuis sa publication en 2004, cette journée d’études se propose de revenir sur l’une des questions en débat dans cette synthèse collective : la part des identités nées de la Révolution dans la construction des gauches depuis le début du XIXe siècle.
En effet, à l’issue des colloques du bicentenaire, la Révolution de 1789 a été beaucoup lue comme point d’aboutissement de l’Ancien Régime, de sa crise et des Lumières, alors que l’on oublie – parfois – de la déchiffrer comme le point de départ de la contemporanéité, en termes d’affirmation des identités politiques comme de création de rapports spécifiques au pouvoir.
Certes, après les avancées des années 1970, de grandes entreprises collectives ont permis récemment, en affirmant la fécondité d’une histoire culturelle de la politique, de cerner la part de la Révolution dans les idées, les représentations et les liens politiques proprement républicains. Les apports concernent particulièrement les dimensions mémorielles, comme en témoigne notamment la contribution de Christian Amalvi sur « Les mémoires : la Révolution française », dans le Dictionnaire critique de la République dirigé, en 2002, par Vincent Duclert et Christophe Prochasson. Or, L’Histoire des gauches dirigée par Jean-Jacques Becker et Gilles Candar invite à poursuivre dans cette voie, sans négliger d’en emprunter d’autres, afin de faire une histoire contemporaine des gauches françaises, afin de les saisir dans leur variété et leur durée, et de combler le retard relatif par rapport à l’historiographie des droites, de René Rémond à Jean-François Sirinelli.
Il s’agit en effet de cerner, de façon aiguë, les mémoires de la Révolution, leurs caractères actifs et leurs vertus agissantes. Que ces mémoires actives et ces réappropriations de 1789 constituent un marqueur identitaire pour des gauches en mutation, des républicains de la veille en 1848 aux socialistes de 1936, ne fait plus guère de doutes, tout en laissant en suspens des interrogations lourdes, ainsi sur le devenir progressif, de 1804 à 1852, du bonapartisme, construit aussi par rapport à un modèle que Napoléon a tenté de substituer à celui de la Révolution, ou encore sur ces gauches dites extrêmes, pour lesquelles la mémoire agissante de l’événement révolutionnaire se conjugue avec un horizon d’attente propre, tendu, pour reprendre la formule de Jean-Jacques Becker, vers des changements nécessaires devant « s’opérer par la voie révolutionnaire ».
C’est pourquoi il convient de reposer aussi la question des trajectoires individuelles, lieux d’observation d’identités successivement recomposées, en fonction tant des processus de mémorisation que des conditions spécifiques du combat politique, tel qu’il s’impose dans les différents espaces sociaux. A ce titre, cette approche doit se conjuguer avec des raisonnements en termes de générations.
De ce point de vue, les contributions réunies dans les deux volumes de l’Histoire des gauches proposent, au-delà de typologies – usuelles ou rénovées – de différents courants, confrontés à la question du pouvoir, des réflexions plurielles qui ne sont pas nécessairement concordantes – ce qui constitue d’ailleurs une qualité féconde de l’ouvrage -. Parmi ces réflexions, celle – liminaire – de Maurice Agulhon pose que « la France en République (en République bourgeoise pour le moment) n’est pas divisée en deux mais en trois : la droite, la gauche et la Révolution », ce troisième terme pouvant se substituer à celui de « refus ». C’est dans le but de prolonger et d’enrichir ces débats que cette journée d’études est proposée : il s’agit, en somme, de repenser la part des altérités et identités révolutionnaires dans la définition commune des gauches, dans une perspective d’histoire culturelle du politique, attentive à une histoire sociale des affiliations et des formes de sociabilité, comme des pratiques de protestation et de révolte.
Enfin, il a paru possible d’ouvrir ce débat collectif, organisé à l’université d’Avignon, tant aux attentes locales qu’au calendrier commémoratif, celui-ci, en 2005, tournant notamment autour du bicentenaire de la naissance d’Agricol Perdiguier. Sans axer les interrogations scientifiques sur le compagnon élu représentant du peuple en 1848 – quoique l’ouvrier républicain, ayant condamné la Commune au soir de sa vie, ne soit pas absolument étranger à ces questions de fond -, cette journée d’études se justifie d’autant mieux qu’elle pourrait coïncider avec l’ouverture d’une (modeste) exposition que le conservateur de la bibliothèque Inguimbertine de Carpentras, Monsieur Jean-François Delmas, a bien voulu accepter d’organiser. En effet, la bibliothèque, qui abrite les archives privées de François-Vincent Raspail et de sa famille, compte également dans ses collections la plupart des œuvres d’Agricol Perdiguier, celui-ci en ayant fait don au printemps 1860.




Programme

10 h.15 - Introduction : Frédéric Monier, maître de conférences à l'Université d'Avignon
11 h. - Natalie Petiteau, professeur à l’université d’Avignon
11h 45. - Jean-François Chanet, professeur à l’université Charles de Gaulle, Lille-III

14h. - Gilles Candar, professeur au lycée Guist’hau de Nantes
14h 45. - Christophe Prochasson, directeur d’études à l’EHESS.

16h. - Conclusion : J.-J. Becker, professeur émérite à l’université Paris-X Nanterre, président du centre de recherches de l’Historial de Péronne





Coordination

Frédéric Monier, MCF à l’université d’Avignon
mfrederic84@aol.com


Catégories

Lieux

  • Avignon, France

Dates

  • mercredi 16 novembre 2005

Mots-clés

  • gauche, Révolution, république

Contacts

  • Frédéric Monier
    courriel :

Source de l'information

  • Frédéric Monier
    courriel :

Pour citer cette annonce

« Gauches et identités révolutionnaires dans la France contemporaine », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 14 novembre 2005, http://calenda.org/190789