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Publié le jeudi 01 décembre 2005 par Natalie Petiteau

Résumé

L’histoire de l’art est toujours tributaire des vieilles oppositions hiérarchiques entre esprit et matière, entre activités libérales et activités mécaniques, qui dès la Renaissance ont conduit artistes, théoriciens d’art et historiographes à revendiquer le statut intellectuel des arts visuels et à dénigrer leur part matérielle, manuelle et artisanale. A bien des égards, le primat de la théorie dans la « nouvelle histoire de l’art » a plutôt renforcé que mis en cause cette tradition.

Annonce

L’histoire de l’art est toujours tributaire des vieilles oppositions hiérarchiques entre esprit et matière, entre activités libérales et activités mécaniques, qui dès la Renaissance ont conduit artistes, théoriciens d’art et historiographes à revendiquer le statut intellectuel des arts visuels et à dénigrer leur part matérielle, manuelle et artisanale. A bien des égards, le primat de la théorie dans la « nouvelle histoire de l’art » a plutôt renforcé que mis en cause cette tradition. Il paraît aujourd’hui possible et nécessaire de s’en libérer et de considérer sans préjugé – mais en bénéficiant d’une connaissance critique des points de vue antérieurs – ce que « l’art » doit à la « technique », en discussion avec tous ceux (artistes, scientifiques, conservateurs, restaurateurs) qui disposent à ce propos de compétences et d’outils complémentaires aux nôtres.

C’est à cette problématique que le Réseau international de formation en histoire de l’art consacre sa quatrième Ecole internationale de printemps, qui se tiendra à Lausanne et Genève du 8 au 12 mai 2006. Elle doit permettre à nouveau aux doctorants d’horizons très divers de confronter leurs recherches, approches et expériences entre elles et avec celles de chercheurs avancés. La participation à une école de printemps constitue l’un des éléments nécessaires à l’obtention du complément de diplôme de la formation internationale en histoire de l’art.

Ces journées seront donc consacrées à une reconsidération de la dimension matérielle des processus artistiques et des œuvres d’art. Cette dimension, aujourd’hui généralement désignée par le mot technique, recouvre les processus de fabrication, les matériaux utilisés, les compétences mises en œuvre ainsi que la culture matérielle, technologique, sociale et intellectuelle dans laquelle les artistes se trouvent inscrits. Nous nous interrogerons sur les moyens de connaître cette dimension, de lui rendre justice et d’en tirer parti dans les analyses et interprétations de l’œuvre d’art.

Les étudiants (master, doctorat, et post-doctorat) souhaitant participer à cette rencontre sont priés de faire parvenir une proposition de communication (et une seule) ainsi qu’un bref CV aux organisateurs dans les universités de Lausanne et de Genève ainsi qu’à leur correspondant dans leur pays jusqu’au 9 janvier 2006 : Christian Michel (Christian.Michel@unil.ch) et Dario Gamboni (Dario.Gamboni@lettres.unige.ch).

Cette proposition ne doit pas dépasser 1800 signes ou 300 mots et doit être rédigée en allemand, anglais, français ou italien.

La série de questions qui suit est destinée à suggérer des domaines et directions de recherche et n’a de valeur qu’indicative ; il n’est pas nécessaire de s’y référer dans les propositions de communication.

  • Technique, tecnica, Technik et leurs équivalents ne sont pas des termes isolés et n’ont pas toujours connu l’usage qui en est fait aujourd’hui. Quels termes ont-il été employés, dans les différentes langues des participants à ces journées d’étude, pour désigner les réalités dont nous parlons, pour en rendre compte, leur assigner une signification et une place dans la théorie de l’art et le système des activités humaines ?

  • Comment peut-ont acquérir la connaissance des matériaux employés dans la réalisation d’une œuvre d’art et des processus de mise en œuvre de ces matériaux ? Qu’est-ce que les analyses de laboratoire apportent à la compréhension d’une œuvre ? Quelles sont les contributions et les limites des restaurations effectuées à l’aide d’une autre culture technologique que celle des premiers fabricants ? Comment historiens, scientifiques, conservateurs et restaurateurs peuvent-ils collaborer pour progresser dans la connaissance de leur objet ?

  • Dans quelle mesure les hiérarchies anciennes ou actuelles entre les œuvres dépendent-elles du caractère plus ou moins « intellectuel » ou « artisanal » (manuel, matériel) qui leur est attribué ? Quelles techniques ont-elles été inventées, acceptées, modifiées ou rejetées par les artistes, le marché et les historiens de l’art ?

  • Quels sont, au cours de l’histoire, les rapports entre le progrès technologique et la redéfinition des arts et de leurs rapports mutuels ? Quels sont ceux qui lient les idées de progrès technique et de progrès artistique ? Les « nouveaux médias » sont-ils des techniques ? Comment rendre compte des phénomènes d’archaïsme technologique ?

  • Quel rôle les artistes ont-ils dévolu à la technique ou à la « facture » dans leur pratique et dans leur réflexion sur l’art ? Qu’en est-il des critiques, des marchands, des conservateurs, des historiens ? Que signifie la mise en évidence ou la dissimulation des procédés de fabrication dans l’apparence d’une œuvre ? Une compréhension de la technique est-elle indispensable à l’interprétation ?

Cet appel à candidatures sera publié sur le site internet du réseau international de formation en histoire de l’art www.proartibus.net ainsi que sur le site de l’INHA.

Catégories

Lieux

  • Lausanne, Confédération Suisse
  • Genève, Confédération Suisse

Dates

  • lundi 09 janvier 2006

Contacts

  • Christian Michel
    courriel : Christian [dot] Michel [at] unil [dot] ch
  • Dario Gamboni
    courriel : Dario [dot] Gamboni [at] lettres [dot] unige [dot] ch

Source de l'information

  • Jan Blanc
    courriel : jan [dot] blanc [at] unil [dot] ch

Pour citer cette annonce

« Art et technique », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 01 décembre 2005, http://calenda.org/190861