AccueilVivre avec son étrange voisin. Altérité et relations de proximité dans la ville, XVIIIe-XXe siècle

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Publié le mardi 03 janvier 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

Le renouveau de la recherche sur les questions relatives à la construction du lien social dans la ville nous conduit à nous interroger, au plus près du terrain, sur les relations de voisinage qui existent entre les habitants de la rue, de l'immeuble et du quartier. En nous accrochant aux paroles, aux faits et aux gestes, nous tenterons de dessiner, au ras du sol, le cours ordinaire des relations entre les personnes dans la ville européenne.

Annonce

Appel à contributions - Journées d'études

VIVRE AVEC SON ÉTRANGE VOISIN
ALTÉRITÉ ET RELATIONS DE PROXIMITÉ DANS LA VILLE
XVIIIE - XXE SIÈCLE

Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis,
30 novembre - 1er décembre 2006


Le renouveau de la recherche sur les questions relatives à la construction du lien social dans la ville nous conduit à nous interroger, au plus près du terrain, sur les relations de voisinage qui existent entre les habitants de la rue, de l'immeuble et du quartier. En nous accrochant aux paroles, aux faits et aux gestes, nous tenterons de dessiner, au ras du sol, le cours ordinaire des relations entre les personnes dans la ville européenne. Lieu d'accumulation en strates successives de la main-d'œuvre, les villes sont, d'évidence, les premières affectées par les bouleversements de l'organisation et de la répartition du travail et par les transformations sociales qui en découlent. Espaces de tous les « remue-ménages » qui privilégient la rencontre de populations hétérogènes, les villes voient s'éprouver, entre voisins, une altérité rarement définitive, presque toujours problématique. En se concentrant sur les villes, le projet ne s'interdit toutefois pas certaines incursions vers des espaces à l'urbanisation plus lâche, mais en rupture avec le monde rural : nébuleuses urbanisées sur un mode atypique, comme les zones d'habitat minier, ou encore concentrations ouvrières encastrées dans des campagnes où s'essaiment les activités manufacturières et subissant les affres d'une prolétarisation qui ne dit pas son nom. Le choix de la longue durée ne doit pas déboucher sur l'empilement des connaissances, mais sur la mise à l'expérience de procédures et de méthodes d'analyse susceptibles de mieux restituer, en deçà des représentations, toute la complexité des rapports de voisinage dans l'espace urbanisé. Historiens, géographes, anthropologues et sociologues sont invités à s'associer à un projet qui repose clairement sur la porosité des frontières disciplinaires.


L'altérité, une question de frontières

Au cours du processus d'industrialisation et d'urbanisation massive qui s'étend sur près de deux siècles, se redéfinissent, au gré des brassages de population, des milieux de vie où la communauté d'une condition n'implique ni la confusion entre les groupes ni l'uniformité des destins. Au carrefour des mouvements migratoires - à l'échelle locale, régionale, nationale, internationale - et du côtoiement des populations dans un même espace, les relations qui se nouent sur fond d'altérité sont au cœur de ce projet. Se pose ainsi la question des formes que prend la cohabitation effective entre des populations étrangères les unes aux autres, parfois étranges les unes aux yeux des autres, mais qui partagent toujours l'impérieuse nécessité de vivre les unes avec les autres.

Le projet porte tout d'abord sur le questionnement et la construction de la notion d'altérité, comprise ici comme une réalité construite par une situation sociale, directement liée à la fois à des migrations de population et à des transformations qui affectent l'ensemble du corps social. L'altérité s'impose à partir de l'expérience même du multiple et, partant, de la confrontation des individus et des groupes sociaux. Cette notion peut s'envisager à travers plusieurs ambivalences problématiques : celle de l'autre ami/ennemi, avec qui l'on peut instaurer des relations coopératives ou au contraire conflictuelles ; celle de la hiérarchisation normative de stades de civilisation - notamment dans le cadre de l'immigration étrangère ; celle, enfin, de l'opposition entre diversité et différence qui peut donner lieu à la construction de frontières autour des groupes sociaux, comme de lignes de partage en leur sein. On se demandera également de quelle manière cette altérité est vécue par des populations amenées à vivre ensemble, selon quels modes elle est ressentie, sous quelle forme elle peut être pratiquée et de quelle manière elle s'élabore : s'agit-il d'un construit exogène, édifié de l'extérieur à des fins normatives, d'une réalité endogène, porte-drapeau d'une identité revendiquée, ou encore d'une réalité sécrétée par le quotidien ?


Le voisinage, échelle pertinente de l'étude des relations sociales

La question des relations entre les personnes, que ce soit sur un mode individuel ou collectif, n'est certes pas, en soi, une question neuve. Mais nous tenterons de l'envisager dans une perspective différente, à l'échelle microscopique, pour mieux saisir le « vivre ensemble ». Nous espérons ainsi mettre en évidence tout ce qui relève, dans le côtoiement des individus, de la transaction implicite qui règle le plus souvent les rapports de voisinage entendus comme une échelle-clé pour comprendre l'effectuation des rapports sociaux. Il s'agit donc de revisiter la question des relations de voisinage, c'est-à-dire de la nature et du contenu des liens tissés ou des conflits nés de la situation de proximité, à travers un questionnement sur l'altérité vécue en milieu urbain. Les relations de solidarité ou d'entraide, a fortiori les tensions, litiges et affrontements, ont généralement produit des sources précieuses pour les historiens. Il convient également, pour balayer l'ensemble du champ concerné, d'explorer également les relations non problématiques - y compris l'indifférence -, celles qui relèvent d'un quotidien caché dont l'authenticité n'a d'égale que la banalité.
Les relations de voisinage doivent être envisagées à différentes échelles. Le primat de l'observation au ras du sol sera délibérément privilégié : rapports de mitoyenneté, relations à l'échelle de la rue, du pâté de maisons ou de l'immeuble, voire vie du quartier, sont autant d'éléments concernés par cette approche. Rien de ce qui, en procédant de l'emboîtement des échelles, influe sur le cours ordinaire des relations individuelles, ne sera ignoré pour autant. Ainsi, on pourra également s'interroger sur le regard porté par les institutions sur les rapports de voisinage nés des situations d'altérité, en questionnant par exemple les politiques publiques (logement, mixité sociale, etc.) qui, en œuvrant à la construction du lien social, induisent de nouveaux comportements et de nouvelles relations au quotidien dans l'espace local. Que ce soit dans l'ordre des réalités ou dans celui des représentations, il conviendra, pour mieux cerner des configurations toujours en mouvement, de faire la part de ce qui relève des différentes temporalités, depuis les structures séculaires jusqu'aux variations selon l'air du temps.


Initiées par le CRHiCC (EA 2444) sous l'égide conjointe de l'IFRESI et de la MSH Nord-Pas-de-Calais, ces journées d'études auront lieu à l'Université de Valenciennes les jeudi 30 novembre et vendredi 1er décembre 2006.
Les propositions de communication (un titre et 1 page de présentation) doivent être envoyées pour le 15 mai 2006. Les textes définitifs des propositions retenues devront parvenir aux organisateurs avant le 15 octobre 2006.
Une publication est d'ores et déjà prévue à l'issue des journées d'études.

Vous pouvez envoyer votre proposition de communication à :

Judith RAINHORN (MCF Histoire contemporaine, jrainhorn@nordnet.fr) ou Didier TERRIER (PR Histoire moderne et contemporaine, didier.terrier@wanadoo.fr)

Université de Valenciennes
FLLASH
Le Mont Houy
59313 VALENCIENNES Cedex 9
France


Catégories

Lieux

  • Valenciennes, France

Dates

  • lundi 15 mai 2006

Contacts

  • Judith RAINHORN, MCF Histoire contemporaine ~
    courriel : jrainhorn [at] nordnet [dot] fr
  • Didier TERRIER, PR Histoire moderne et contemporaine ~
    courriel : didier [dot] terrier [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Judith Rainhorn
    courriel : jrainhorn [at] nordnet [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Vivre avec son étrange voisin. Altérité et relations de proximité dans la ville, XVIIIe-XXe siècle », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 03 janvier 2006, http://calenda.org/190945