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Identités à la dérive

Conférence dans le cadre de « échanges et diffusion des savoirs »

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Publié le jeudi 05 janvier 2006 par Natalie Petiteau

Résumé

Les inquiétudes liées à la globalisation des cultures du conflit comme le nouveau « souci de soi » que l'individualisation moderne impose à chacun, appellent en effet une réflexion transversale et aiguisée autour de cette question particulièrement vive. Une question devenue obsédante dans la sphère privée comme dans la sphère publique, qui trouve un écho aigu dans l'incompréhension et la déshérence généralisées dont ont témoigné les récents événements de l'actualité nationale.

Annonce

ECHANGE ET DIFFUSION DES SAVOIRS


Septième saison de conférences à l'Hôtel du département des Bouches-du-Rhône
janvier-mai 2006

Pour cette saison 2005-2006, Echange et diffusion des savoirs propose un second cycle de conférences consacré au thème des "Identités à la dérive".

Tout comme les questions du temps, de la limite, ou de l'exception posées lors des saisons précédentes, cette question paraît centrale pour tenter de comprendre la complexité du monde contemporain et de ses représentations.

Les inquiétudes liées à la globalisation des cultures du conflit comme le nouveau "souci de soi" que l'individualisation moderne impose à chacun, appellent en effet une réflexion transversale et aiguisée autour de cette question particulièrement vive. Une question devenue obsédante dans la sphère privée comme dans la sphère publique, qui trouve un écho aigu dans l'incompréhension et la déshérence généralisées dont ont témoigné les récents événements de l'actualité nationale.

Neuf conférenciers, anthropologues, historiens, sociologues, philosophes, viendront éclairer le public de Marseille et sa région sur cette notion d'identité, du point de vue de ses significations sociales et historiques et de ses dimensions anthropologiques et philosophiques.

Ce cycle de conférences se poursuivra la saison prochaine autour, entre autres, des effets internationaux et géopolitiques de cette question.

Calendrier

La République et sa diversité - 26 janvier 2006

Patrick Weil
historien

territoriales dont souvent les enfants des immigrants sont les victimes, même s’ils n’en sont pas les seules victimes. Malgré des droits consolidés et une législation, au bout du compte, plutôt accueillante et ouverte, on constate aussi, pour les uns, la frustration accumulée, le ressentiment creusé et la relégation subie, et, pour tous, le sentiment d’incohérence des politiques d’immigration, d’intégration et de lutte contre les discriminations.

Ceci alors que, pour la première fois depuis plus d’un siècle, des populations immigrées doivent, pour s’intégrer, non seulement faire l’apprentissage de la société française, mais également affronter un chômage structurel et persistant. En outre, leurs conditions de logement ajoutent à l’exclusion sociale une relégation spatiale que les pouvoirs publics ont contribué à organiser, puis dont ils ont tardé à prendre conscience. Bref, égalité et diversité paraissent difficiles à conjuguer.

A chaque fois que la République est confrontée à sa diversité, c’est bien une politique de l’égalité qui s’impose comme la meilleure réponse. En ce domaine, réduire l’écart entre nos valeurs et nos pratiques est devenu un enjeu du futur.

Patrick Weil

Historien spécialisé dans l’étude des politiques de l’immigration et de la nationalité française, Patrick Weil est directeur de recherche au Centre d’histoire sociale du XXe siècle, à l’Université Paris-I. Il travaille actuellement sur les questions liées à la laïcité et la sécularisation, notamment l’impact des migrations sur les modèles nationaux en Europe et en Amérique du Nord.

Connu notamment pour avoir remis en 1997 à Lionel Jospin un rapport sur les législations de la nationalité et de l’immigration, Patrick Weil a été membre du Haut Conseil à l’intégration et de la Commission consultative des droits de l’homme.

La République et sa diversité. Immigration, intégration, discriminations, Le Seuil, 2005 ; Qu’est-ce qu’un français ?, Gallimard, 2005 ; La France et ses étrangers, l’aventure d’une politique de l’immigration de 1938 à nos jours, Gallimard, 2005 ; L’esclavage, la colonisation et après... (avec S. Dufoix), PUF, 2004 ; Rapports au Premier Ministre sur les législations de la nationalité et de l’immigration, La Documentation Française, 1997

Le concept d'identité - 9 février 2006

Jean Baechler
sociologue

A la question "qui es-tu ?", un être humain peut répondre en choisissant entre trois niveaux de réalité, en tant que : représentant d’une espèce distincte du règne vivant ; acteur historique acculturé dans une série de cercles sociaux ; et personnalité idiosyncrasique.

Le concept d’identité exige d’être construit de telle sorte qu’il intègre ces trois niveaux de réalité dans une unité cohérente.

Cette unité harmonieuse peut être appelée une personne, si bien que la seule identité authentique est celle de la personne, un idéal que chacun trahit plus ou moins.

Jean Baechler

Philosophe, historien, sociologue, disciple et ami de Raymond Aron, Jean Baechler est membre de l’Institut de France, Académie des Sciences morales et politiques. Il enseigne la sociologie historique et politique à l’Université Paris-IV et appartient au Groupe d’études des méthodes de l’analyse sociologique (GEMAS).

Ses travaux sur le capitalisme, le suicide ou le système des castes tentent d’éclairer et d’appréhender une réalité sociale et politique multiforme, toujours complexe, dans l’idée de répondre à la permanence d’une question qui habite toute son oeuvre : le devenir humain et ses causes.

Esquisse d’une Histoire universelle, Fayard, 2002 ; Nature et Histoire. Eléments de sociologie historique, PUF, 2001 ; Le capitalisme, Gallimard, 1995 ; Précis de la démocratie, Calmann-Lévy, 1994 ; La grande parenthèse (1914-1991). Essai sur un accident de l’histoire, Calmann-Lévy, 1994 ; Démocraties, Calmann-Lévy, 1985 ; Les suicides, Calmann-Lévy, 1981 ; Le pouvoir pur, Calmann-Lévy, 1978

Identités à la dérive, ou panne du modèle d'intégration à la française ? - 2 mars 2006

Michel Wieviorka
sociologue

Peuples, langues, races, populations - 9 mars 2006

Hervé le Bras
démographe

Comment a-t-on regroupé les humains au cours de l’histoire et comment se sont-ils agrégés ? Depuis le XVIIIe siècle, l’idée même de "population" appuie les théories essentialistes de la langue, puis les théories des races qui conduiront au darwinisme social. Le rapport de la "population" à la politique n’est pas occasionnel, mais plutôt substantiel et fondateur.

Par exemple la population des français "de souche". C’est une invention récente. On trouve le mot dans certains textes de Vichy. Puisqu’on désigne les étrangers et les juifs, il faut bien avoir un mot pour désigner les non-étrangers, les non-juifs. Ce sera le mot "souche".

Mais comment serait-il possible de fixer de l’extérieur une origine donnée à un humain ? Plus on remonte dans sa propre généalogie, plus les origines se diversifient et moins on les connaît. Pourquoi en attribuer une particulière ? C’est nier la liberté de l’être humain, la liberté fondamentale de choisir ses appartenances.

Hervé Le Bras

Hervé Le Bras est directeur de recherche à l’Institut national d’études démographiques et à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Membre fondateur de l’Université de Vincennes en 1968, Hervé Le Bras a été membre du Haut conseil de la population. Démographe, historien et mathématicien, Hervé Le Bras a travaillé à l’idée de définir une géographie sociale historique, il a développé ses réflexions dans trois directions : la répartition et l’évolution des populations en relation avec leur environnement, l’analyse historique de l’espace politique européen, l’analyse des idéologies démographiques telles que le malthusianisme, l’eugénisme ou le darwinisme social.

L’adieu aux masses : démographie et politique, Ed. de l’Aube, 2005 ; La démographie, Odile Jacob, 2005 ; Une autre France, Odile Jacob, 2002 ; Essai de géométrie sociale, Odile Jacob, 2000 ; Le démon des origines, Ed. de l’Aube, 1998 ; Les limites de la planète : mythes de la nature et de la population, Flammarion, 1996 ; Les Trois France, Odile Jacob, 1995 ; Le sol et le sang : théories de l’invasion au XXe siècle, Ed. de l’Aube, 1993 ; La planète au village, Ed. de l’Aube, 1992

L'enfer ce n'est pas les autres - 16 mars 2006

Emmanuel Todd
historien

"L’identité de la France" semble faire problème face à deux questions dont les dimensions sont, en fait, liées et en résonance, la question européenne et la question de l’immigration.

Le système culturel et anthropologique français, appuyé sur ses valeurs fondatrices de liberté et d’égalité est parfaitement valide, et intact, quoi qu’on en dise. Il est toujours générateur de révolte et d’intégration. Mais le pays n’est plus à l’échelle des processus économiques engendrés par la globalisation et qui la produisent à leur tour.

Cette culture nationale intacte risque donc de vivre à vide, sans prise sur la réalité des rapports de force, si elle ne parvient pas à reconnaître l’existence d’autres cultures nationales, d’autres traditions sociales et politiques, notamment en Europe.

S’il veut survivre et grandir, "l’homme universel" de l’hexagone, ou du moins qui se pense tel, doit apprendre à penser, considérer, voire aimer la diversité du monde réel.

Emmanuel Todd

Emmanuel Todd est historien, chercheur à l’Institut national d’études démographiques. La thèse principale sur laquelle s’appuient ses travaux, est que de nombreux phénomènes socio-politiques trouvent leur explication dans la structure familiale traditionnelle des sociétés qui les génèrent. A partir d’une typologie familiale complexe, ses recherches mettent en lumière les liens qu’elle entretient avec les mouvements idéologiques, les religions, l’alphabétisation, les évolutions démographiques et le développement. Annonçant seul, dès 1976, l’implosion du système soviétique dans des conditions qui se confirmèrent 15 ans plus tard, la justesse de ses analyses font de lui, pour beaucoup, une sorte de "trublion prophétique", au sens noble du terme.

Après l’empire. Essai sur la décomposition du système américain, Gallimard, 2004 ; L’illusion économique, Gallimard, 1998 ; Le destin des immigrés, Le Seuil, 1994 ; L’invention de l’Europe, Le Seuil, 1990 ; La nouvelle France, Le Seuil, 1988 ; L’enfance du monde, Le Seuil, 1984 ; La troisième planète, Le Seuil, 1983 ; Le fou et le prolétaire, Robert Laffont, 1979 ; La chute finale, Robert Laffont, 1976


Dérive des identités juives et chrétiennes au prisme de Judas - 6 avril 2006

Pierre-Emmanuel Dauzat
philosophe

Judas a été, dès les premiers siècles, au cœur des polémiques entre Chrétiens et Juifs pour resurgir de manière inattendue au tournant des XIX-XXe siècles. Au début de sa carrière, Goebbels signe un Judas positif, alors que dix-douze ans plus tard, dans les rues de Berlin, on scandait non pas "A mort les Juifs", mais "Judas à mort !". La figure de Judas sera reprise par la culture yiddish dans quelques œuvres exceptionnelles.

Reprenant l’idée élaborée à partir de Freud, selon laquelle les Chrétiens n’ont pas pardonné aux Juifs de leur avoir donné le Dieu unique et le sauveur, Pierre Emmanuel Dauzat montre que le thème de la substitution de Judas à Jésus, que l’on trouve dans l’Islam des premiers siècles, puis dans la littérature yiddish et, encore plus près de nous, sous la plume de Gore Vidal et surtout de Romain Gary, est exemplaire.

Plus que substitution, il finit par y avoir confusion d’identité. Et la trop fameuse "question juive" du christianisme devient alors la "question chrétienne" de la modernité.

Pierre-Emmanuel Dauzat

Traducteur éminent, notamment de l’œuvre de George Steiner, Pierre-Emmanuel Dauzat est philosophe, spécialiste de patristique. Son travail s’appuie essentiellement sur la littérature des pères de l’Eglise, ses conséquences théologiques et ses résonances dans la littérature et la philosophie.

Judas. De l’Evangile à l’Holocauste, à paraître en mars 2006 aux éditions Bayard ; Les pères de leur mère, Albin Michel, 2001 ; L’invention de Marie-Madeleine, Bayard, 2001 ; Le nihilisme chrétien, PUF, 2001 ; Le suicide du Christ, PUF, 1998 ; L’homme, l’écriture et la mort. Entretiens avec Jack Goody, Les Belles Lettres, 1996

Y a-t-il une histoire du corps intime ? 13 avril 2006

Georges Vigarello
historien

Intense travail de la modernité sur les frontières du soi, les pulsions, les désirs : contrôle des politesses et des sociabilités, polissage des violences, auto-surveillance des gestes dans l’univers de l’intime. L’allure quotidienne, les manières, la sexualité, les jeux, l’espace proche en sont transformés.

L’histoire du corps c’est bien celle d’une conquête individuelle, un approfondissement de l’autonomie. C’est aussi celle d’un engagement collectif quant à son entretien. Elle devient alors l’histoire d’un ajustement toujours difficile entre la politique sanitaire et les exigences privées.

Cette histoire se doit ainsi de suivre les transformations conjointes de l’imaginaire du corps et de l’imaginaire du groupe.

Georges Vigarello

Anthropologue et historien, Georges Vigarello est directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales où il codirige le Centre d’études transdisciplinaires, sociologie, anthropologie, histoire (CETSAH). Il enseigne à l’Université Paris-V. Il est également membre de l’Institut universitaire de France et Président du Conseil scientifique de la Bibliothèque nationale de France.

Ses travaux portent sur l’histoire des représentations du corps et des pratiques corporelles, l’histoire de l’hygiène et des pratiques de santé, de la violence physique, des normes et des pratiques d’apparence physique. Ses ouvrages, souvent primés, sont traduits en de multiples langues.

Histoire de la beauté, Le Seuil, 2004 ; Du jeu ancien au show sportif, la naissance d’un mythe, Le Seuil, 2002 ; Le corps redressé, Armand Colin, 2001 ; Histoire des pratiques de santé, Le Seuil, 1999 ; Histoire du viol. XVIe-XXe siècles, Le Seuil, 1998 ; Une histoire culturelle du sport, Robert Laffont, 1988 ; Le propre et le sale, l’hygiène du corps depuis le Moyen Age, Le Seuil, 1987

L’irrésistible ascension des identités - 4 mai 2006

Jean-Claude Kaufmann
sociologue

L’époque nouvelle dans laquelle nous sommes engagés depuis les années 60 a vu l’émergence du sujet, devenant maître de son présent et de son futur : le "chacun fait ce qu’il veut" a remplacé l’implacable et reposant "c’est comme ça".

Hélas, ce beau modèle de l’individu démocratique, réfléchissant à tout et rationnellement maître de son existence, est impossible à vivre dans le concret. L’enfer c’est soi-même quand soi-même pense tout le temps, et trouve toujours de nouveaux arguments à mettre en débat empêchant toute décision.

Pour donner un sens à sa vie, et pour permettre très simplement les actions les plus ordinaires, l’individu moderne en vient, pour exister, à s’enfermer dans des certitudes, répondant au besoin de constituer des évidences fondatrices. Aujourd’hui, le besoin de se former une image de soi donnant un sens clair et un seul, est devenu aussi vital que dormir ou manger, rendant la question de l’identité quasi obsessionnelle.

Pour autant, cette opportunité, cette liberté, sont-elles accessibles à tous de la même façon ? Si ceux qui occupent des positions sociales les protégeant des atteintes à l’estime de soi, peuvent multiplier des expériences déclinant leurs diverses facettes identitaires, la tâche est moins évidente pour les plus pauvres. En effet, alors que sortir de la grande pauvreté est mission quasi impossible, la souffrance psychologique née de l’impossibilité de sortir de cette identité est intense. Secrète et intense à la fois.

Jean-Claude Kaufmann

Sociologue, Jean-Claude Kaufmann est directeur de recherche au CNRS. Il enseigne au Centre de recherche sur les liens sociaux (CERLIS) à l’Université Paris-V.

Ses travaux développent une approche et des outils novateurs en prise directe avec les terrains d’enquête. Ils ont révélé des mécanismes sociaux de la subjectivité et de l’identité peu connus concernant la construction du couple et de la famille, les attentes des individus en matière de vie conjugale et d’amour. Dans son dernier ouvrage, il démonte notamment les rouages de la tentation communautariste.

Casseroles, amour et crises. Ce que cuisiner veut dire, Armand Colin, 2005 ; L’invention de soi. Une théorie de l’identité, Armand Colin, 2004 ; Ego. Pour une sociologie de l’individu, Nathan, 2001 ; La femme seule et le Prince charmant, Pocket, 2001 ; Le cœur à l’ouvrage. Théorie de l’action ménagère, Pocket, 2000 ; Corps de femmes, regards d’hommes. Sociologie des seins nus, Pocket, 1998 ; La trame conjugale, Pocket, 1997

Diversité biologique, diversité culturelle, développement durable - 11 mai 2006

Philippe Descola
anthropologue

Les conférences se déroulent à 18 h 45 à l'Hôtel du département des Bouches-du-Rhône
52 avenue de Saint-Just 13004 Marseille . Métro Saint-Just . Parking gratuit
ENTREE LIBRE dans la limite des places disponibles

Pour recevoir le programme détaillé ou pour toute information contacter :
Echange et diffusion des savoirs
16 rue Beauvau 13001 Marseille
tel. 04 96 11 24 50 fax. 04 96 11 24 51 contact@des-savoirs.org

Parallèlement à ce cycle de conférences, l'association Peuple & culture Marseille propose une programmation de films documentaires autour de ce thème.

Informations : 04 91 42 87 63 ou peupleculture.marseille@wanadoo.fr
Saison 2005-2006 organisée en partenariat avec le Conseil Général des Bouches-du-Rhône, principal partenaire de l'activité d'Echange et diffusion des savoirs et en partenariat avec Marseille l'Hebdo et le bureau du Parlement européen à Marseille

Catégories

Lieux

  • Hôtel du département des Bouches-du-Rhône - 52 avenue de Saint-Just
    Marseille, France

Dates

  • jeudi 26 janvier 2006
  • jeudi 09 février 2006
  • jeudi 02 mars 2006
  • jeudi 09 mars 2006
  • jeudi 16 mars 2006
  • jeudi 06 avril 2006
  • jeudi 13 avril 2006
  • mardi 04 avril 2006
  • jeudi 11 mai 2006

Source de l'information

  • Echanges et diffusion des savoirs ~
    courriel : contact [at] des-savoirs [dot] org

Pour citer cette annonce

« Identités à la dérive », Cycle de conférences, Calenda, Publié le jeudi 05 janvier 2006, http://calenda.org/190957

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